‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 274 sur 323 · MAL MAL · texte numérisé non relu

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en France, mais avec quelques adoucisse- a composé, est une Chronique de l'ordre des

ments,dans sa Pratique facile pour élever l'âme Carmes, in-fol., Cordoue, 1598, en espagnol.

à la contemplation : livre qui fut censuré à 11 y avance des propositions fort singuliè-

Rome dans le temps de l'affaire du quié- res.

tisme. L'auteur n'avait erré que par surprise; MALT)ONAT ou MALDONATO (Jean), céil se rétracta , et se déclara ouvertement lèbre jésuite, né à Casas-de-la-Reina dans contre les erreurs de Molinos. Cette docilité l'Estramadure, en 1534, lit ses études à Salapetit faire croire que, comme d'autres mys- manque. 11 s'y distingua, et enseigna le grec, tiques de bonne foi, mais peu accoutumés au la philosophie et la théologie avec un succès lai. gage d'une théologie exacte, il s'était peu commun. Il entra chez les jésuites à moins égaré quant au fond des choses, que Rome en 1562, et vint a Paris l'année suiquant aux expressions. Elles sont difficile- vante pour y professer la philosophie et la ment justes dans des matières qui embras- théologie. Maldonat y eut un nombre si prosent les voies intérieures et quelquefois digieux d'écoliers que son auditoire était extraordinaires par où Dieu conduit les rempli trois heures avant qu'il commençât âmes, et dont le secret n'est pas susceptible . sa leçon; et, la salle étant trop petite, il d'une explication générale et précise. Voxj. était souvent obligé de la donner dans la Rusbroch , Tallkre , Fenelon , Jean de La cour du collège. Il enseigna ensuite à Poi- Croix , etc. La piété de Malaval lui mérita tiers. Le cardinal de Lorraine, voulant acun commerce de lettres avec plusieurs per- créditer un établissement qu'il avait à cœur, sonnes distinguées, entre autres avec le car- l'attira dans l'université qu'il avait fondée à dinal Rona, qui lui obtint une dispense pour Pont-à-Mousson. Le duc de Montpensier le recevoir la cléricalure , quoique aveugle. Ce décida à passer par Sedan, afin de ramener pieux ecclésiastique mourut à Marseille en à l'unité la duchesse de Rouillon, sa fille. 11 1719, à 92 ans. On a de lui : des Poésies spi- y entra en conférence avec vingt-trois mirituelles, réimprimées à Amsterdam en 1714, nistres protestants qu'il confondit, et en conin-8° , sous le titre de Cologne. Elles font vertit deux des plus distingués. De retour à plus de plaisir aux personnes pieuses qu'aux Paris, il continua d'enseigner avec réputagens de goût; des Vies des saints, entre tion ; mais on lui suscita des affaires qui autres celle de saint Philippe Reniti ou Re- troublèrent son repos. Il fut accusé d'avoir nizzi , cinquième général des servites ; Dis- fait faire au président Montbrununlegsunicours contre la superstitionpopulaire des jours versel en faveur de sa société, et d'enseigner heureux et malheureux , inséré dans le Mer- des erreurs sur l'immaculée Conception, cure du mois de juin 1688 ; plusieurs ou- Maldonat fut mis à couvert de la première vragos manuscrits , dont on trouvera la liste affaire par un arrêt du parlement de Paris, dans le Dictionnaire de Moréri, édit. de 1759. et de la seconde par une sentence de Pierre

MALCHUS, serviteur du grand - prêtre de ■Condi, évêque de la même ville, l'an

Caïphe , qui , s'étant trouvé dans le jarJin 1575. La Sorbonne lui avait suscité cette

des Oliviers avec ceux qui étaient envoyés querelle, parce qu'il avait dit que l'immacu-

pour arrêter Jésus, eut l'oreille coupée d'un lée Conception n'était pas une doctrine cer-

coup d'épée par saint Pierre : mais Jésus taine et incontestable. Sa justification rendit

l'ayant touchée, la guérit. l'envie encore plus ardente à le persécuter;

MALCHUS, célèbre solitaire du iv* siècle, le savant jésuite se déroba à ses poursuites natif du territoire de Nisibe, se retira dans en se retirant à Rourges. Il y demeura enviune communauté de moines qui habitaient ron 18 mois au bout desquels le pape Grêle désert de Chalcide en Syrie : il la quitta, goire XIII l'appela à Rome, pour y travailler sous prétexte d'aller consoler sa mère de- à l'édition de la Bible grecque des Septante, venue veuve ; mais il fut pris par les Sarra- Maldonat y mourut quelque temps après, sins, qui enfin voulurent le forcer d'épouser en 1583. Ce jésuite était un des plus savants une captive. Après des aventures singuliè- théologiens de sa société, et un des plus res, il lut rendu à son monastère. Saint Je- beaux génies de son siècle. 11 savait le grec rôme a écrit son histoire avec autant d'élé- et l'hébreu, s'était rendu habile dans la litgance que d'énergie ; c'est un des plus beaux térature sacrée et profane, avait bien lu les morceaux des écrits de ce saint docteur. La Pères et les théologiens; et c'est sans fon- Fontaine a mis la Vie de saint Malchus en dément que Richard Simon avance « qu'il vers français; ce poëme était estimé de « n'avait pas lu dans la source ce grand nom- Rousseau le lyrique. « bre d'écrivains qu'il cite, et qu'il a profité

MALDONADO ( DiÉGO de Coria ), carme « du travail de ceux gui l'avaient précé-

espagnol du xvr siècle, est connu par deux « dé, etc. » Le même critique rend d'ailleurs

ouvrages singuliers, à cause des prétentions justice à Maldonat, en parlant de la traduc-

ridiculesqu'ilyafait valoir. L'un est un Traité tion de la Rible. « On voit bien, dit-il, que

du Tiers-Ordre des Carmes, en espagnol. Il « ce jésuite a travaillé avec beaucoup d'ap-

y assure que les frères qui le composent , « plicationà cet excellent ouvrage. Une laisse

descendent immédiatement du prophète Elie: «passer aucune difficulté, qu'il ne l'exa-

il compte parmi les grands hommes qui en « mine à fond. Lorsqu'il se présente plu-

ont fait profession, le prophète Abdias ; et « sieurs sens littéraux d'un même passage,

parmi les femmes illustres, la bisaïeule du « il a coutume de choisir le meilleur, sans

Suiveur du monde, qu'il appelle sainte Emé- «avoir trop égard à l'autorité des anciens

reliiienne. L'autre ouvrage que ce bon Père « commentateurs, ni même au plus grand

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« nombre, ne considérant que la vérité en

» elle-même. » Son style esl clair, vit', aisé. Beaucoup de facilité à s'énoncer, beaucoup de vivacité, de présence d'esprit et de souplesse, le rendaient très-redoutable dans la dispute. Maldonat n'était point servilement attaché aux opinions dès théologiens scolastiques; il pensait par lui-même, et avait des sentiments assez libres, et quelquefois singuliers, mais toujours orthodoxes. On a de lui : d'excel ents Commentaires sur les Evangiles, dont les meilleures éditions sont celles de Pont-à-Mousson, in-fol., 1595, et les suivantes jusqu'en 1017, car celles qui ont été faites depuis sont altérées ; des Comment aires sur Jérémie, Baruch, Ezéchiel et Daniel, 1609, in-V° ; Traité des sacrements, avec d'aut;es opuscules, Lyon, 1614, in-V" ; Traité de la grâce; du péché originel ; des rites de l'Eglise; des Scolies sur les Psaumes, les Proverbes, les Cantiques, l'Ecclésiaste et Isaïe, et plusieurs Pièces publiées à Paris, en Î077, infol. Ce volume est orné d'une préface consacrée à son éloge. Son Traité des anges et des démons, Paris, 1017, ouvrage curieux et rare, n'a été imprimé qu'en français, après avoir été traduit du latin, qui n'a jamais vu le jour, par François Arnault, seigneur de Laborie. Summula casuum conscientiœ, dont la morale a j aiu un peu relâchée ; Tructatus de cœremoniis, qui a été imprimé pour la première fois à Rome en 1781, in-4°, par les soins de François-Antoine Zaccaria,dans la Btbliothcca ritualis. — Il ne faut pas le confondre avec Jean Maldonat, prêtre de Burgos, vers 1550, qui a dressé les leçons du Bréviaire romain.

MALEBRANCHE ou MALBRANCQ ( Jacques ), savant jésuite, né à Saint-Omer en 1580, mort en 1053 à Tournai, a traduit en latin plusieurs livres de piété et a donné une Histoire estimée De Morinis et Morinorurn rébus, 1629, 16W et 165i, en 3 tom. in-4°. Elle commence à Van 309 avant Jésus-Christ el tinit à l'an 1313. 11 a continué cette histoire jusqu'à l'an 1553, que Térouanne, capitale de ces peuples, fut détruite par Charles-Quint : événement exprimé par ce chronographe : Deleti Morini. On conservait ce manuscrit à Tournai, au noviciat des jésuites ; on ignore ce qu'il est devenu depuis la destruction de la société.

MALEBRANCHE (Nicolas), savant théologien, philosophe et métaphysicien habile, né à Paris le 6 août 1638 d'un secrétaire du roi, entra dans la congrégation de l'Oratoire en 1060. Il s'adonna d'abord, par le conseil de l'un de ses confrères, qui ne connaissait pas la trempe de son esprit, à un genre d'étude pour lequel il n'était pas né. Il abandonna les commentaires sur l'Ecriture sainte et les discussions théologiques, qui avaient s Tvi h fortifier ses bons principes, pour se livrer tout entier aux méditations philosophiques. Le Traité de V homme de Descartes, qu'il eut occasion de voir, fut pour lui un trait de lumière. Il lut ce livre avec transport, connut dès lors son talent, et sut, en peu d'années, autant que Descartes. Ses pro-

grès furent si rapides, qu'au bout de dix ans il avait composé le livre de la Recherche de lu vérité. Ce livre parut en 1674. 11 est peu d'ouvrages où l'on sente plus les derniers efforts de l'esprit humain. Personne ne pos-' sédait, à un plus haut degré que lui, l'art si rare de mettre des idées abstraites dans leur jour, de les lier ensemble, et de les fortifier par cette liaison. Sa diction, pure et châtiée, a toute la dignité que les matières demandent et toute la grâce qu'elles peuvent souM'rir. Son imagination forte et brillante y dévoile les erreurs <ies sens, et de cette imagination qu'il décriait sans cesse, quoique la sienne fût fort noble et fort vive. La Recherche de la vérité eut trop de succès pour n'être pas critiquée. On attaqua surtout l'opinion qu'on voit tout en Dieu; opinion chimérique peut-être, mais admirablement exposée. L'illustre philosophe compare l'Etre suprême à un miroir qui représente tous les objets, et dans lequel nous regardons continuellement. Dans ce système nos idées découlent du sein de Dieu même; mais elles se dénaturent et se corrompent dans des intelligences souillées par les erreurs el les crimes. Ces opinions déplurent à M. Arnauld. Le Traité de la nature et de la grâce, publié en 1080, ne contribua pas beaucoup à les lui faire goûter. Ce traité, dans lequel l'auteur propose sur la grâce un système différent de celui du célèbre docteur, fut l'origine d'une guerre. Voy. Arnauld. La mort de cet athlète redoutable, arrivée en 1094, la termina. Tandis que le Père Malebranche essuyait des contadictions dans son pays, sa philosophie pénétrait à la Chine. Un missionnabe jésuite écrivit à ceux de France, « qu'ils n'envoyassent à la Chine que des « gens qui sussent les mathématiques et les « ouvrages du P. Malebranche. » L'académie des sciences sut aussi lui rendre justice , elle lui ouvrit ses portes en 1099. L'illustre oratorien reçut d'autres témoignages d'estime. Jacques II, roi d'Angleterre, lui lit une visite. 11 ne venait presque point d'étrangers à Paris qui ne lui rendissent le même hommage. Des princes allemands firent, dit-on, le voyage de Paris pour le voir. Les qualités personnelles du P. Malebranche aidaient à faire goûter sa philosophie. Cet homme d'un si grand génie était, dans la vie ordinaire, modeste, simple, enjoué, complaisant. Ses récréations étaient des divertissements d'enfant. Cette simplicité, qui relève dans les grands hommes tout ce qu'ils ont de rare, était parfaite en lui. Dans la conversation il avait autant de soin de se dépouiller de la supériorité qui lui appartenait, que les petits esprits en ont de prendre celle qui ne leur appartient pas. Quoique d'une santé toujours très-faible, il parvint à une longue vie, parce qu'il sut se la conserver par le régime. Son corps était devenu transpa.ent à cause de sa maigreur; on voyait , pour ainsi dire, avec une bougie, à travers ce squelette. Sa vieillesse lut une longue mort, dont le dernier i: stant arriva le 15 octobre 1715, à l'âge de 77 ans. Le P. Malebranche, plus occupé d'é--

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clairerson esprit que de charger sa mémoire, retrancha «le bonne heure de ses lectures colles qui n'étaient que de pure érudition. Un insecte le touchait plus que toute l'histoire grecque et romaine. 11 méprisait aussi, et peut-être avec plus de raison, cette espèce de philosophie qui ne consiste qu'à apprendre les sentiments des différents philosophes. On peut savoir l'histoire des pensées des hommes sans savoir penser ; et ces pensées contradictoires, inconstantes, sans sanction et sans garantie, n'apprennent rien qu'il ne soit utile d'oublier. Mais les événements, les faits historiques sont des leçons qui éclairent l'esprit, dirigent la conduite, ouvrent en quelque sorte l'abîme du cœur humain aux yeux du philosophent exaltent son Ame par le grand spectacle des malheurs et la chute de toutes les nations. Le P. Malebranche eut de son temps des disciples qui étaient tout à la fois ses amis, car on ne. pouvait être lun sans l'autre. 11 y eut des malebranchistes ; mais il y en a beaucoup moins aujourd'hui qu'autrefois. On ne sera pas surpris de cette diminution, en observant, comme l'a dit un critique judicieux, qu'un système ne peut avoir beaucoup de sec ateurs quand, pour le goûter, il ne faut pas être seulement homme de bien, mais pieux. Le P. Malebranche est plus lu a présent comme écrivain que comme philosophe. Ses systèmes sont presque généralement regardés comme des illusions sublimes. Son principal mérite, du moins celui qui le soutiendra le plus longtemps, n'est pas d'avoir eu des idées neuves, mais de les avoir exposées d'une manière brillante, et,pourainsi dire, avec tout le feud'un poëte, quoique i'auteur n'aimât pas les vers. Il riait de bon cœur de la contrainte que les poètes s'imposent : contrainte qui est plus souvent une occasion de fautes que de beautés. « Je « n'ai fait que deux vers en ma vie, disait-il « quelquefois ; les voici :

Il fait, en ce beau jour, le plus beau temps du monde, Pour aller à clieval sur la terre et sur l'onde.

« Mais, lui dit-on, on ne va point à cheval •< sur l'onde. — J'en conviens, répondait-il, « mais passez-le-moi en faveur de la rime; « vous en passez bien d'autres tous les jours « à de meilleurs poètes que moi. » On a contesté la vérité de cette anecdote: « mais « elle est aussi vraie, dit l'abbé Trublet, que « finement plaisante. » Les principaux fruits de sa plume, non moins vive et noble que brillante et lumineuse, sont : la Recherche de la vérité, dont la meilleure édition est celle de 1712, in-4°, et même année, k vol. in-12; Conversations chrétiennes, 1677, in-12. L'auteur y expose la manière dont il accordait la religion avec son système de philosophie. « Le dialogue, dit Fontenelle, y est bien en- « tendu, et les caractères finement observés; « mais l'ouvrage parut si obscur aux censeurs « que la plupart refusèrent leur approbat ou.» Mé/erai l'approuva enfin comme un livre de géométrie. Traité de la nature et de la grâce, 168i, in-12, avec plusieurs Lettres et autres écrits pour le défendre contre Arnauld, k

vol. in-12. Le P. Malebranche y soupçonne de mauvaise foi son adversaire, mais il est peut-être plus naturel de croire que l'ardeur du théologien fit tort à ses lumières, et l'empêcha de comprendre le philosophe. Arnauld avait cru voir dans Y étendue intelligible de Malebranche une étendue réelle, et par conséquent matérielle suivant Descartes, et en tirait des conséquences qui éta:ent bien -loin des principes de l'auteur. Un des grands sujets de leur dispute fut cette proposition métaphysique et exactement vraie : Le plaisir rend heureux. Arnauld ne l'entendit pas, et prétendit y trouver cette proposition morale et fausse : Les plaisirs rendent heureux ; confondant gaudium avec voluptates, ce qui paraissait impardonnableà un vieux théologien, quisansdouteavaitludanslesEpîtresde saint Paul : Superabundo gaudio inomni tribulatione noslra. Arnauld connaissait d'ailleurs la vertu etlareligieusephilosophie de Malebranche, et ne devait pas aisément s'imaginer de trouver dans ses écrits le système d'fipicure; Méditations chrétiennes et métaphysiques , 1683 , in-12. C'est un dialogue entre le Verbe et lui, et le style a une noblesse digne d'un tel interlocuteur. L'auteur a su y répandre un certain sombre auguste et majestueux, propre a tenir les sens et l'imagination dans le silence, et la raison dans l'attention et le respect ; Entretiens sur la métaphysique et la religion, 1688, 2 vol. in-12. Il n'y a rien dans ce livre qu'il n'eût déjà dit en partie dans ses autres ouvrages; mais il présente les mêmes vérités sous un nouveau jour. Le vrai a besoin de prendre diverses formes, suivant la différence des esprits; Traité de V amour de Dieu, 1697, in-12. Cet ouvrage renferme tout ce que l'auteur pouvait dire d'instructif sur ce sujet; mais il ne produira jamais ces mouvements tendres et affectueux qu'on épiouve en lisant d'autres traités sur la même matière; Entretiens entre un chrétien et un philosophe chinois sur la nature de Dieu, 1708, in-12; une Réfutation du livre de Boursier, intitulé : Action de Dieu sur les créatures, in-12. Dans ce livre, Boursier avait détruit la liberté de l'homme. Malebranche la rétablit , quoiqu'il y ait peu d'hommes qui, dans leurs ouvrages, aient plus employé que lui l'action de Dieu. 11 la fait entrer dans toutes les parties de sa philosophie. Ses adversaires le lui ont reproché plus d'une fois, et c'est la vraie cause peutêtre pourquoi dans le temps actuel sa philosophie est si peu goûtée : « Mais ceux, dit « un critique impartial, qui regardent l'ac- « tion immédiate du Créateur comme un « agent qui intervient dans un grand nombre « de choses, surtout de celles que l'ombre « du mystère couv;e depuis cinq mille ans « aux yeux et aux spéculations des plus ha- « biles physiciens et des [dus profonds mé- « laphysiciens, n'en ont pas une opinion « défavorable; plus eurs même sont persua- « dés qu'on y tto.ive des solutions et des ixplications qu'on chercherait en vain « ailleurs : on ne peut nier qu'elles n'aient « un rapport sensible avec la doctrine du

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a grand homme qui a dit : Non longe eut ab a unof/uoquc nostrum; in ipso enim rivimus « et movnnur et sutnus. » Traité de Vante, in-

12, imprimé en Hollande. Nous ne connaissons, selon lui, noire Ame que par le sentiment intérieur, par conscience, et nous n'en avons point d'idée. « Cela peut .servir, dit-il « dans la Recherché de la irrité, l\ accorder « lei différents sentiments de ceux qui ■ <- « sent qu"il n'y a rien qu'on ne connaisse « mieux que lame, et de ceux qui assurent « qu'il n'y a rien qu'ils connaissent moins. » Quoiqu'il en soil ae cet accord, il est incontestable que Le sentiment intérieur du moi produit une connaissance plus intime, plus vive, plus évidente que toutes celles qui résultent des idées. Défense de fauteur de la Recherche de la vérité-, contre V accusation de M. de La Ville, C dogne, 1682, in-12. Ce La Ville est le père Le Valois, jésuite, auteur des Sentiments de Descartes , etc. Le Père Malebranehe, fait voir, dans celte réponse intéressante, que s'il était permis à un particulier de rendre suspecte la foi des autres hommes, sur des conséquences bien ou mal tirées de leurs principes, il n'y aurait personne à l'abri des reproches d'hérésie. L'illustre oratorien a laissé plusieurs critiques sans réponse, entre autres celles des journalistes de Trévoux. S Je ne veux pas me « battre, disait-il, avec des gens qui font un « livre tous les quinze jours. » Ou a publié en 17G9, à Amsterdam, chez Marc-Michel Rey, un ouvrage posthume du Père Malebranche avec ce titre : Traité de l'infini créé avec l'explication de la possibilité de la transsubstantiation. Ce livre renferme une métaphysique singulière, et n'est pas de Malebranche. On l'a attribué à Favdit. V. Gexoude.

MALERMI ou MALEitRI (Nicolas), Vénitien, moine camaldule du xve siècle, est auteur d'une traduction italienne de la Rible, imprimée pour la première fois à Venise, en 2 vol. iu-fol., 1471, sous le titre de£a Biblia volgare istoriata. Cette édition est rare ; celles de 1477 et 1481 le sont beaucoup moins. C'est mal-à-propos que quelques bibliographes ont dit que cette traduction est la première qui ait été faite de la Rible en langue italienne. Elle est bien la première qui ait été imprimée ; mais on en connaît de plus anciennes en manuscrit dans quelques bibliothèques d'Italie. On aencoredeiui : La Legenda ai tutti i santi, Venise, 1475, in-folio, rare.

MALEVILLE (Guillaume de), né l'an 1699 à Domme près de Sarlat, fut curé dans son lieu natal et s'est fait connaître par divers ouvrages écrits dans un but religieux : Lettres sur l'administration du sacrement de pénitence, 1740, 2 vol. in-12; Les Devoirs des chrétiens, 1750, 4 vol. in-12; Prières et bons propos pour les prêtres, et particulièrement pour les pasteurs, 1752, in-16; Religion naturelle et révélée, ou Dissertations philosophiques, théologiques et critiques contre les incrédules, 1756-1758, 5 vol. in-12; Histoire critique de l'éclectisme ou des nouveaux platoniciens, 1766, 2 vol. in-12; Doutes proposés

aux théologiens sur des opinions, oui paraissent fortifier les difficultés des incrédules contre quelques dogmes catholique*, 1768, in-12 de 228 pages ; Examen approfondi des difficultés de l'auteur d'Emile contre la religion chrétienne, 1769, in-18. Tous ces ouvrages ont paru sans' nom d'auteur. L'abb ; Malleville a publié en outre un Mémoire sur la prétendue défense de la tradition orale, in-12 : c'est une réponse à la Défense de la tradition orale, de l'abbé Gisson, 1759, in-12. L'abbé Gisson était un ei clésiastique du diocèse de S rlat, dent il est parlé dans les Nouvelles ecclésiastiques de 173*, pour une thèse soutenue chez les jésuites de Toulouse. Les Lettres sur l'administration du sacrement de pénitence lurent critiquées dans le Dictionnaire des livres jansénistes, tome II, page 541 ; on reprochait à l'auteur d'atfecter un rigorisme outré, d'éloigner de la communion, de citer comme autorité des écrits jansénistes. L'abbé Maleville répondit par une Défense des lettres sur la pénitence, 1760, in-8°, que nous ne connaissons point. On iguore l'époque de la mort de cet auteur.

MALEVILLE ( Pierre - Joseph , marquis de), pair de France et conseiller à la cour de cassation, naquit en 1778 à Domme, dans le département de la Dordogne. 11 était tils du marquis Jacques de Maleville, membre de la cour de cassation et pair de France, dont on a plusieurs ouvrages de jurisprudence estimés. Pierre-Joseph se fit connaître de bonne heure par un Discours sur l'influence de la ré for motion de Luther, 1804, in-8°, qui obtint une mention honorable de l'institut. Nommé en 1804 sous-préfet à Sarlat, il fut appelé en 1811 à la cour d'appel de Paris, en qualité de conseiller. Le 1" avril 1814 il publia une adresse au sénat, pour demander le rétablissement des Rourbons , et, dans le mois de juin 1815, le d partement de la Dordogne le nomma membre de la chambre des représentants, où il fut de l'opposition. Au mois de juin il demanda que les paroles et les sentiments personnels du chef de l'Etat ne fussent jamais cités dans les discussions législatives, et il lit une proposition dont l'objet était de réprimer, par l'intervention des jurés, les abus de la liberté de la presse, sur lesquels Fouché, alors ministre de la police, avait appelé l'attention des députés. Dans le développement de sa proposition, Maleville exposa que si les provocations indirectes au renversement du gouvernement et les cris séditieux contre lesquels le ministre demandait une loi , devaient être réprimés , on ne devait pas "eur appliquer les dispositions sévères portées dans le Code pénal contre les provocateurs directs. Il se plaignit de ce que des acclamations réputées alors séditieuses, telles que le cri de Vive le roi, avaient été punies par quelques tribunaux , de peines qu'il qualifia d'atroces, et demanda que les provocations indirectes et les cris séditieux fussent punis correctionnellement. Après la bataille de Waterloo, il demanda, dans la séance du 23 jum 1815, que Ton reconnût

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