‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 275 sur 323 · MAL MAL J · texte numérisé non relu

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Louis XVIII, et on voulut à ce sujet le met- Malezieu mourut en 1727, à 77 ans. On a de tre en jugement. Il fut depuis tour à tour lui : Eléments de géométrie de M. le duc premier président de la cour royale de Metz, de Bourgogne , in-8° , 1715. C'est le recueil de celle d'Amiens, et conseiller à la Cour de des leçons données pendant 4 ans à ce cassation. En 1824, il succéda à son père prince, qui écrivait le lendemain les leçons dans la chambre des pairs. Il parut pour la de la veille. Elles furent assemblées par dernière fois à la tribune le 27 mars 1832, Boissière, bibliothécaire du duc du Maine, pour parler contre le projet de loi qui ton- 11 y a a la fin quelqr.es problèmes résolus dait à rétablir le divorce, instilulion révo- par la méthode analytique, que l'on croit être lutionnaire contre laquelle son père s'était de Malezieu. On voit par plusieurs passages vainement élevé en 1800. Le marquis P.-J. de cet ouvrage, combien la philosophie de de Maleville est mort du choléra le 12 avril l'auteur était sage, et son attachement à la 1832, entouré des secours de la religion, religion réfléchi et conséquent. « Notre rai- Outre le discours sur Luther, dont nous « son, disait-il, est réduite à d'étranges exavons parlé, on a de lui : Les Benjamites ré- « trémités. La raison nous démontre la ditablis en Israël, poème traduit de Viié'orcu, « visibilité de la matière à l'infini, et nous 1816, in-8° : l'original de ce poème tfaja- « trouvons en même temps qu'elle est coinmais existé. Quoique l'auteur dise dans sa « posée d'indivisibles. Humilions-nous encore préface qu'il a été composé du temps des « une fois, reconnaissons qu'il n'appartient Machabées, on peut croire qu'il ne comp- « pas à une créature, quelque excellente tait point passer pour un simple traducteur. « qu'elle puisse être, de vouloir concilier des Maleville travaillait depuis plusieurs années « vérités, dont le Créateur a voulu lui caà un grand ouvrage pour lequel il avait fait « cher la compatibilité. Ces dispositions nous beaucoup de recherches : c'était une couina- « rendront plus soumis aux mystères, et raison des anciennes mythologies ; cette « nous accoutumeront à respecter des vériproduction importante qui est achevée, al- « tés qui sont par leur nature impénétrables lait être publiée lorsqu'il succomba. L'ou- «' à notre esprit, que nous venons de trouver vrage a pour titre : Conférences des mytholo- « assez borné, pour ne pouvoir pas même mes , ou les mythes et les mystères des « concilier des démonstrations malhématidifférentes nations païennes, anciennes et rno- « qaes. » Voy. Bettim. Plusieurs pièces de dernes, ainsi que des cabalislcs juifs et des vers, chansons, lettres, sonnets, contes, dans anciens hérétiques comparés ensemble et ex- les Divertissements de Sceaux, Trévoux, in-12, pliqués, et formerait 8 vol. in-8°. 1712 et 1715. On lui attribue Polichinelle de- MALEZIEU (Nicolas de), né à Paris en mandant une place à l'académie, comédie en un 1650 d'une famille noble, reçut de la nature acte, représentée à plusieurs reprises par les des dispositions heureuses pour toutes les marionnettes de Brioché. Elle se lit dans les sciences, et fut cité comme un des enfants les Pièces échappées du feu, Plaisance, 1717, in-12. plus précoces. Le grand Bossuet et le dira de MALLEMANS. 11 y a eu quatre frères de Montausier le connurent, et ils n'eurent pas ce nom, natifs de Beaune, d'une ancienne fabesoin de leur pénétration pour sentir son mille, et auteurs de divers ouvrages. — Le mérite. Ces deux grands hommes, chargés premier, Claude, fut d'abord oratorien, puis de chercher des gens de lettres propres à pendant 3k ans professeur de philosophie au être mis auprès du duc du Maine, jetèrent collège du Plessis, à Paris, se retira ensuite les yeux sur Malezieu. Ce choix eut l'agré- dans la communauté des prêtres de Saintment du roi elle suffrage du public. Sun François de Sales, et mourut en 1723, à 77 ans, élève se maria avec la petite-fille du grand laissantplusieursouvrageslittéraireset scien- Condé. Cette princesse, avide de savoir et tifiques. — Le second était chanoine de propre à savoir tout, trouva le maître qu'il Sainte-Opportune. On lui attribue quelques lui fallait dans sa maison. Les conversations ouvrages de géographie. — Le troisième , devinrent instructives. On voyait Malezieu, Etienne, mourut à Paris en 1716, âgé de un Sophocle, un Euripide à la main, traduire plus de 70 ans, laissant quelques poésies. — sur-le-champ en français une de leurs tragé- Le quatrième, Jean, d'abord capitaine de dies. L'admiration, l'enthousiasme dont il dragons et marié, embrassa ensuite l'état éiait saisi, lui inspiraient des expressions ecclésiastique, et devint chanoine de Saintequi approchaient de la mâle et harmonieuse Opportune à Paris, où il mourut en i7i0, énergie des vers grecs. En 1696, Malezieu à 91 ans. On a de lui un très-grand nombre fut choisi pour enseigner les mathématiques d'ouvrages. Les principaux sont : diverses au duc de Bourgogne. L'académie des scien- Dissertations sur des passages difficiles de ces se l'associa en 1699, et, 2 ans après, il l'Ecriture sainte; Traduction française de entra à l'académie française. C'était l'homme Virgile, en prose, 1706, 3 vol. in-12. L'aude toutes les sociétés et de toutes les heu- teur prétend avoir expliqué cent endroits de res. Fallait-il imaginer ou ordonner à Sceaux ce poète, dont toute l'antiquité avait ignoré une fête? il était lui-même auteur et acteur, le vrai sens. Cette traduction, entreprise Les impromptus coulaient de source; mais pour les dames, a été trouvée généralement ces fruits de l'imagination étaient souvent lé- rampante et même barbare. Histoire de la gers comme elle, et il faut avouer qu'il n'a KcJigion, depuis le commencement du monde rien laissé en poésie qui mérite une atten- jusqu'à l'empire de Jocien, 6 vol. in-12 : oution particulière. Le duc du Maine le nomma vrage qui eut peu de succès, parce qu'il est chef de ses conseils, et chancelier de Bombes écrit d'un style languissant. Pensées sur le

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sens littéral <les dix-huit premiers versets île V Evangile de saint Jean, 1718, in-12. L'auteur appelle cet ouvrage V histoire de l'éternité, et cette expression énergi |ue a un sens très-vrai, relativement à l'ouvrage commenté ; mais ce commentaire esl plein de singularité-; ei de rêveries. Mallemans était un savant d'un esprit bizarre et opiniâtre, plein de lui-même, et toujours prêt a mépriser les autres.

MALLET Charles), né en 1008, à Montdidier, docteur de Sorbonne, archidiacre et • grand-vicaire de Rouen, mourut en 1680, à 72 ans, durant la chaleur des lisputes où il était entré avec Arnauld. a l'occasion de la Version du Nouveau Testament de Mous. Celte querelle pro luisit divers écrits de part et d'autre. Ceux de Mallel sont : Examen de quelques passages de la Version du Nouveau Testament, etc., 1067, in-12. 11 y accuse les traducteurs d'un grand nombre de falsifications, et même d'avoir une morale corrompue touchant la chasteté ; Traité de la lecture et de l'Ecriture sainte, Rouen, 16G9, in-12. L'auteur prétend qu'elle ne doit point être donnée au peuple en langue vulgaire. 11 est certain que cet usage peut avoir des inconvénients. Si la lecture dos livres sacrés, et particulièrement celle du Nouveau Testament est en général très-avantageuse, il y a aussi beaucoup de passages dont les ignorants ou les esprits mal disposés peuvent abuser, puisque dès le temps de saint Pierre, les hommes faibles et peu instruits, comme dit cet apôtre, trouvaient dans les Epitres de saint Paul de quoi s'égarer. Il faut donc en cela, comme dans les meilleures choses, de la circonspection, des modifications et des exceptions raisonnables, qu'on doit abandonner aux jugements des pasteurs des âmes. Voy. Algasie, Arlndel, Eustochium, Mvrcelle, Prcdicus. Réponse aux principales raisons qui servent de fondement à la nouvelle Défense du Nouveau Testament de Mons : ouvrage posthume, Rouen, 1682, in-8°. Arnauld répondit à cps écrits d'une manière qui ne lit pas plus d'h< nneur à sa modération qu'à sa théologie et à sa logique.

MALLET (Antoine;, dominicain, né l'an 1593 à Rennes, fut reçu docteur en théologie à Paris, devint prieur de Saint-Jacques, fut successivement vicaire général de la congrégation de France et provincial de cette congrégation, lorsqu'on l'érigea en province, et mourut I an 16G3, à Blois, où il avait suivi Gaston de France, duc d'Orléans. On a de Mallet : Histoire des saints papes, cardinaux, patriarches, archevêques, évêques, docteurs de toutes les facultés de l'université de Paris, et autres hommes illustres qui furent supérieurs ou religieux du couvent de Suint-Jacques de l'ordre des frères-prêcheurs, Paris, 163i , in-8°, ouvrage qui a été l'objet de critiques assez vives ; Discours sur le Rosaire perpétuel, Paris, 166V, in-2V. Selon M. de Kerdanet, Antoine Mallet avait encore écrit une Histoire da Séjan.

MALLÏNKROT (Bernard), savant philologue du xvn' siècle , doyen de l'é-

glise cathédrale de Munster, donnait à l'étude une partie de la nuit, et passait le jour à se divertir. L'empereur Ferdinand le nomma à l'évôché de Ratzbourg, et quelque t'»»m s après il fut élu évéque dé Minden; mais il ne put prendre possession de l'un ni de l'autre de ces deux évêchés. S m mbition était extrême : il voulut se faire (dire, en 1650, é'èque de- Munster; mais n'ayant pu réussir, il s'éleva contre le nouveau prélat, et suscita des séditions jusqu'en 1655, qu'il fut dé osé de sa dignité de doyen. Cependant, aidé par le peuple ameuté, il s'enfuit dans le comté de la Marck, où il demeura deux ans; mais il eut l'imprudence de venir dans son pays natal. L'évoque de Munster le fit aussitôt arrêter et conduire au château d'Oltenstein, où on lui donna des gardes (1057). Mallinkrot mourut dans ce château en 166'+, regardé comme un génie inquiet et un homme fier et hautain. On a de lui, en latin : un Traité de i invention et du progrès de l'imprimerie, en manuscrit, Cologne, 1639, in-V°; un Traité de la nature et dei usage des lettres, Cologne, 1656, in-4' ; un Traité des archichancelicrs du saint empire romain, des papes et des cardinaux allemands, de la primauté des trois métropoles d'Allemagne, et des chanceliers de la cour de Rome, 1715, in-i°. Cette dernière édition est ornée d'une préface historique , par Gott Strave, qui contient des détails intéressants sur la vie et les ouvrages de l'auteur. Ces ouvrages sont recommandables par la profondeur des recherches.

M\LO,ouMACLOU, ou MAHOUT (saint), fils d'un gentilhomme de la Grande-Bretagne, et cousin-germain de saint Samson et de saint Magloire, fut élevé dans un monastère d'Irlande, reçut la prêtrise des mains de saint Brendan, etfut élu évêque de Gui-Castel; son humilité lui fit refuser cette dignité. Le peuple voulant le contraindre de l'accepter, il passa en Bretagne, et se mit sous la conduite d'un saint solitaire nommé Aaron, proche d'Aleth, en Bretagne. Quelque temps après, vers 5V1, i! fut élu évèque de cette ville, et y lit fleurir la religion et la piété. 11 se retira ensuite dans la solitude auprès de Saintes, et y mourut le 15 novembre 565. C'est do lui que la ville de Sainl-Malo lire son nom, parce que son corps y fut transporté, après que la ville d'Aleth eut été réduite en un village nommé Guidalet, ou Guichalet, et que lu siège épiscopal fut transféra à Saint-Malo.

MALVENDA (Tbomasj, dominicain, né à Xativa en 1566, professa, dans son ordre, la philosophie et la théologie avec beaucoup de succès. Le cardinal Baronius, à qui il écrivit pour lui indiquer quelques fautes qui lui étaient échappées dans son Martyrologe, trouva tant de discernement dans la lettre de ce dominicain, qu'il souhaita l'avoir auprès de lui. Il engagea son général à le faire venir à Rome , afin de profiter de ses avis. Malvenda fut d'un grand secours à ce célèbre cardinal. Ou ie chargea en môme temps de rélorm r les livres ecclésiastiques de son ordre, commission dont il s'acquitta avec

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