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espèces de contrariétés qu'on trouve dans l'ordre moral , el même dans l'ordre physique. Peu/. .M ircion.
MANGEANT (Luc-Urbain) , pieux et savai.O prêtre de Paris, naquit dans cette ville e.Ti 1650, et y mourut en 17:27. Nous avons
de lui deux éditions estimées, l'une de saint Fulgcrice , évêque de Ruspe, Pans, 1GSV, )ii-V'; et l'autre, de sainl Prosper, Paris, 1711, in-l'ol. , avec des Avertissements fort instructifs. On doit aussi h Mangeant une édition de la Bible de Sac? . avec If latin et des notes, Liège, 1702. • ! vol. in-folio.
MANGEART (dom Thomas . bénédictin de la congrégation de Saint- Vannes et «le Saint- Hidulphe, né à Metz en 1095, lit beaucoup d'honneur à son ordre par ses connaissances. Elles lui méritèrent les titres d'antiquaire, bibliothécaire et conseiller du «lue Charles de Lorraine, il préparait un ouvrage fort considérable , lorsque la mort l'enleva en 1762, avant qu'il eût nus le dernier ordre à son livre, dont on doit la publication à AI. l'abbé Jacquin. Cette production a paru en 1763, in-folio, sous ce titre : Introduction à la science des médailles, pour servir à la connaissance des dieux, de lu religion, des sciences , des arts, et de tout ce qui appartient à ihistoire ancienne, avec les preuves tirées des médailles. Les traités élémentaires sur la science numismatique étant trop peu étendus, et les dissertations particulières trop prolixes, le savant bénédictin a réuni en un seul volume tous les principes contenus dans les premiers, et 1rs notions intéressantes répandues dans les autres. Son ouvrage peut servir de supplément à l'Antiquité expliquée de dom Montfaucon. On a encore de lui : une Octave de sermons , avec un Traité sur le purgatoire, Nancy, 1739, 2 vol. in-12.
MANGEY (Thomas), savant théologien anglais , chapelain de White-Hail , à Londres , prébendier de Durham, né à Lceds en 16Si, mourut le 11 mars 1755. C'est à ses soins que l'on doit la belle édition de Philon le Juif, grec et latin , Londres , \Tv2 , 2 vol. in-lol. il a publié aussi plusieurs Traités contre Toland , pour prouver la divinité de Jésus-Christ , et il a encore laissé des Sermons.
MANGIN, grand-vicaire du d:ocè»e de Langres, sa patrie , a publié : Question nouvelle et intéressante sur l'électricité, 17i9, in-12; Introduction au saint ministère, 1750, in-12; Annonces dominicales, 1757, 3 vol. in-12; Science des confesseurs , 1757 , 6 vol. in-12; Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Langres et de celui de Dijon, 1706, 3 vol. in-12.
MaNGOLD ( Joseph ) , né à Rhelingen, en Souabe, en 1716, entra chez lesjésiuies, et enseigna avec réputation la philosophie dans l'université d'ingolstadt. 11 y publia sur la nature de la lumière et sur les couleurs un Traité qui fit beaucoup de bruit , intitulé : Systema luminis et colorum, novam de refractione theoriam complectens, cum prœvia dissertation de sono, Ingolstadt , 1753 , in-8". On y observa des vues neuves , qui , dans
une matière où il s'en faut bien que toutes les recherches soient épuisées, pouvaient conduire à des -ésultats intéressants. Il donna ensuite un cours entier de Philosophie, ïnfeolstadt, 1755,3vol. ui-'i". Il enseigna la théologie pendant sepl ans . et remplit divers emplois honorables , jusqu'à la suppression de la société. A cette époque, il fut continué dans le gouvern nient du collège , par la volonté expresse de l'évêque prince et du magistrat d'Augsbourg, et s'acquitta de cette charge avec autant de zèle (pie de prudence pondant li ans. Le pape Pie VI , à son passage par Augbourg, en 1782, lui lit un accueil très-distingué, l'appelant venerabilis pater. Il mourut à Augsbourg, le 11 mai 1787, à l'âge de 71 ans.
MANHART (François-Xavier), né à Inspruck en 1600, jésuite, en 1712, mort à Hall, petite ville du Tyrol en 1773, s'est distingué dans divers genres de littérature, et a enseigné ia plupart des sciences dans* différents collèges et académies , avec une réputation brillante. On a de lui : Dissertationes theologicœ de indole , ortu, ac progressa et fontibus sacrée doctrinœ, Augsbourg, 17i9, in-8" ; liibliotheca domestica bonarum artium ac eruditionis studiosorum usai instructa et aperta , Augsbourg, 1762, in-8°; Idea magni Dei contra atheismum hujus œvi, Augsbourg, 1765, in -8°; Antiquitales christianorum , Augsbourg, 1707, in-8u.
MANNING (Robert), prêtre catholique, né en Angleterre , vint faire ses études à Douai dans le collège anglais, et y prit les ordres. 11 fut ensuite proiesseur. de théologie, et se livra à la controverse contre les protestants. Retourné dans son pays, il y exerça avec beaucoup de zèle les fonctions de missionnaire. On a de lui les ouvrages suivants : La Controverse moderne, 1720 ; La Conversion et la réformation de l'Angleterre comparées , 1725; Le Combat singulier. Il mourut dans le comté d'Essex le i mars
MANRIQUEZ (Ange), de Burgos, moine de l'ordre de Citeaux, docteur eh théologie à Salamanque, évèque de Badajoz l'an 164-5, naquit vers 1577, à Burgos. il est mort l'an 16'*9, après avoir donné les Annales de son ordre ; on y chercherait en vain l'exactitude el la critique. 11 a fait d'autres ouvrages dont on trouve la liste dans la Nova liibliotheca hispana, de Nicol. Antonio.
MANSI (Jean-Dominique) , savant prélat de la congrégation des clercs réguliers de la .oère de Dieu, puis archevêque de Lucques, né daits cette ville en 1692, mort le 27 septembre 1769, est connu par la traduction en latin des Commentaires et du Dictionnaire de la Bible de dom Calmet, et par le Supplément à la nouvelle édition des Conciles laite à Venise, 1728-1732. On désirerait plus de netteté et de pureté dans le latin de ce pieux archevêqu \ On peut consulter Commcntaria de vita el scriplis Joannis IJominici Mansi, par Antoine Zatta, Venise, 1772, in-folio. Alansi avait établi à Lucques, dans la maison de son ordre, une académie spécialement
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ronsacrée a l'étude de la liturgie et de l'histoire ecclésiastique.
MANTICA (François), cardinal, né àUdine en 1534, enseigna le droit à Padoue avecré- [mtation, et fut attiré à Rome par le pape Sixte-Quint, qui lui donna une charge d'auditeur de Rote. Clément VIII le fit cardinal en 1596. Il mourut à Rome le 28 janvier 1614, à 80 ans. On a de lui : De conjecturis ultimarum voluntatum libri XII, in-ibl. ; un traité intitulé : Lucubrationes vaticanœ, seu De tacitis et ambiguis conventionibus, 2 vol. in-fol. ; Decisiones Botœ romanœ, in-4°.
MARACCI ou MARRACCI (Louis), memhre de la congrégation des clercs réguliers de la Mère de Dieu, né à Lucques en 1612, mourut en 1700. 11 s'est fait un nom célèbre dans la république des lettres par plusieurs ouvrages savants, mais particulièrement par son Alcorani textus universus, Padoue, 1698, 2 vol. in-fol. C'est le texte arabe du Coran, avec une version latine fort exacte. L'auteury a joint une Vie de Mahomet, des notes et une réfutation du Coran, appuyée sur les passages formels des docteurs musulmans les plus accrédités. C'est de lui que Sale a emprunté toute son érudition arabique sans lui en faire honneur, et en le critiquant même mal à propos. Il eut une grande part à l'édition de la Bible arabe, Rome, 1671, 3 vol. in-fol. Ce savant professa l'arabe dans le collège de la Sapience avec beaucoup de succès. Innocent XI, qui respectait autant ses vertus qu'il estimait son savoir, le choisit pour son confesseur.
MARAIS (Godet des). Voy. Godet.
MARAN (dom Prudent), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né à Sézanne en Brie, fit profession en 1703, âgé de 20 ans, et mourut en 1762, après avoir donné du lustre à son ordre par son érudition et ses ouvrages. On a de lui : une bonne édition des OEuvres de saint Cyprien; il a eu beaucoup de part à celles de saint Basile et de saint Justin; Divinitas Domini Jesu Christi manifesta in Scripturis et traditione, 1746, in-fol. ; la Doctrine de l'Ecriture et des Pères sur les guérisons miraculeuses, 1754, in-12; les Grandeurs de Jésus-Christ et la défense de sa divinité, 1756, in-12. Ces différentes productions décèlent un homme savant ; mais on y trouve rarement l'écrivain élégant et précis. La mort le surprit lorsqu'il s'occupait à une nouv. édition des OEuvres de saint Grégoire de Nazianze, dont le 1er vol. a été publié par dpm Clément, Paris, 1778, in-fol.
MARANDË (N. de), conseiller et aumônier de Louis X11I et de Louis XIV, a publié en 1654 un ouvrage curieux, intitulé : Inconvéniens d'estat, procédons du jansénisme, in-4°. L'auteur y parle d'un projet formé pour bouleverser la religion, et rapporte à ce sujet une lettre circulaire, où l'on trouve tout l'esprit de l'assemblée de Bourgfontaine (Voy. Filleau). Mais, indépendamment d'un dessein formel et prémédité, il prouve que l'esprit et les œuvres de cette secte opéreront ce funeste effet, et causeront en même temps la perte de l'Etat : événement que le
Dict. de Biographie r'elig. II.
siècle suivant a vu pleinement réalisé. Car c'est indubitablement au jansénisme réuni depuis longtemps secrètement et enfin ouvertement au philosophisme et au huguenotisme, qu'il faut attribuer les scènes de 1789 et années suivantes, et particulièrement l'esprit d'impiété et la haine de la religion, qui, comme il est évident, en furent les grands mobiles. « Indépendamment des conséquente ces pernicieuses, dit un judicieux théolo- « gien, que l'on peut tirer de la doctrine de « Jansénius, la manière dout elle a été dé- « fendue a produit les plus tristes effets ; « elle a ébranlé dans les esprits le fond mê- « me de la religion, et a préparé les voies à « l'incrédulité. Les déclamations et les sati- « res des jansénistes contre les souverains « pontifes, contre les évêques, contre tous « les ordres de la hiérarchie, ont avili la « puissance ecclésiastique ; leur mépris pour « les Pères qui ont précédé saint Augustin a « confirmé les prétentions des protestants « et des sociniens contre la tradition des « premiers siècles. Les faux miracles qu'ils « ont forgés pour séduire les simples, et « qu'ils ont soutenus avec un front d'airain, « ont rendu suspects aux déistes tous les té- « moignages rendus en fait de miracles ; « l'audace avec laquelle plusieurs fanatiques « ont bravé les lois, les menaces, les châti— « ments, a jeté un nuage sur le courage des « anciens martyrs. L'art avec lequel les écri- « vains du parti ont su déguiser les faits, ou « les inventer au gré de leur intérêt, a autorisé « le pyrrhonisme historique des littérateurs « mod. mes. Enfin le masque de piété sous « lequel on a couvert mille impostures et « souvent des crimes, a fait regarder les dé- « vots en général comme des hypocrites et « des hommes dangereux. » Le livre de Marandé est devenu fort rare ; on peut en voir le précis dans le Journ. hist. et litt., 1er septembre 1771, pag. 13. Voy. Jansénius, Montgeron, Paris, Verger, etc.
MARANGONI (Jean) , savant antiquaire, chanoine de la cathédrale a'Anagni, naquit à Vicence en 1673, et fut nommé protonotoire apostolique. Il cultivait les lettres et il s'appliqua particulièrement à l'étude des monuments antiques. Il fut pendant trente ans adjoint à Bolcletti pour l'extraction des corps saints dans les cimetières de Rome. Sur la fin de ses jours, il se retira dans la maison de Saint-Jérôme délia Carità, et y mourut dans de grands sentiments de piété, le 5 février 1753, à 80 ans. Ses principales productions sont : Thésaurus parochorum , seu Vitœ et monumenta parochorum qui sanctitate , martyrio , pietate, etc., illustrarunt Ecclesiam, Rome, 1726- 1727, 2 vol. in-4°; De Passione Christi consideraliones sexdecim ; Esercizj per la novena del santo natale; Délie memorie sacre e civili deW antica citlà di Novarra, oggidi Citta Nuova, nella provincia di Piceno ; Délie cose gentilesche e profane trasportate ad uso c ad ornamento délie chiese dissertaz. ; Délie memorie sacre e profane deW anfileatro Flavio del Borna; Chronologia romanorum pontificum,
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superstes in paricte (instruit b'asilieœ Sancti l'aiili apQstoli Ostimsis , âepicta sœculo quintç, etc. Le tome VII de la storia letteraria tl'ltalia, donna, a\ ec l'éloge de Marangoni la liste complète de ses ouvrages.
MARBACH (Je.w), ministre protestant d'Allemagne, né à Lindau en J521, mort a Strasbourg en 1581, est auteur d'une satire contre les jésuites, imprimée en 1578 sons ce titre : F ides JESU et jjèsuitqrum, hoc est Collatio doit rime Domini JESU CHRISTI , cum (lortri)Ki j<'suitarii»n. Il écrivit aussi contre le P. Canisius, un des plus redoutables adversaires de sa secte. — Il ne faut pas le confondre avec Philippe M.-vrbacu, protestant, né à Strasbourg, le 29 avril 1350, et mort le 23 septembre 1011, qui a publié une Apologie du fameux, livre de la Concorde, com iosé par quelques luthériens vers l'an 1580, et qui a donné naissance a la secte des concordistes.
MARBEUF (Yves-Alex.yn»re de), archevêque de Lyon, né à Rennes en 173V, d'une famille distinguée par ses services militaires, se destina de bonne heure à l'état ecclésiastique, contre les usages de celte époque, où l'on ne permettait guère à l'aîné d'embrasser cette carrière. Il entra, à l'âge de douze ans, au collège du Plessis, et commença dans cet établissement sa théologie, qu'il termina dans la maison de Saint-Sulpice à Issy. En 1758 il fut chanoine comte de Lyon ; en 1739 grand vicaire à Rouen, et en 1707, évoque d'Autun. Après que le roi lui eut confié l'importante administration de la feuille des bénéfices, le prélat ne perdit point de vue son diocèse : il prit des mesures pour que l'ordre qu'il y avait établi fût religieusement observé, et il conserva toujours une correspondance très -active et très-suivie avec tous ses grands vicaires et avec les curés. Tous les ans il obtenait du roi la permission de venir passer trois semaines ou un mois à Autun, pour y renouveler dans toutes les parties l'ordre et l'harmoni ■ nécessaires au bien général, et dans cel intervalle il tenait de fréquents conseils. Un fait honorante pour la mémoire de A. de Marbeuf, c'est que sur le grand nombre d'évôques qui ont été nommés à leurs sièges pendant son ministère (on en compte 47}, il n'y en a eu que trois qui aient prêté le serment, et qui aient reconnu l'Eglise constitutionnelle : l'évêque de Viviers , l'évèque d'Orléans et celui d'Autun. Le prélat fut nommé élu du clergé delà province de Bourgogne. Cette commission lui imposait l'obligation de diriger pendant trois ans, concurremment avec l'élu de la noblesse et l'élu du tiers , tous les ressorts de l'administration intérieure de cette grande province. Il s'acquitta de cette nouvelle charge avec la même exactitude que s'il n'en avait eu aucune autre à porter. Les états suivants applaudirent à sa gestion, et le diocèse d'Autun se souviendra longtemps des avantages multipliés et inappréciables de cette administration, qui fit réparer toutes les routes qui le traversent, qui en fit ouvrir do nouvelles, oui vivifia ainsi
pour le commerce de vastes contrées depuis longtemps négligées , et où tout languissait parle défaut de débouchés. L'évoque d'Autun étant, par un privilège spécial de son siège, président-né des États de Bourgogne qui ' avaient coutume de se tenir tous les trois ans, M. de Marbeuf obtenait du roi la permission de s'y rendre, et il s'y faisait toujours estimer par sa raison supérieure, par ses lumières et par sa dignité. Il présidaaussi l'assemblée provinciale que le roi établit à Moulins. Le siège de Lyon étant devenu vacant en 1788, le roi le nomma 5. cet archevêché. Pour prémunir ses nouveaux diocésains contre l'esprit de révolte dont on répandait alors parmi eux les semences, le prélat leur ^dressa, aux approches du carême de 1780. un mandement rempli d'onction. Ce mandement fut dénonce comme incendiaire et pins propre a exciter des troubles qu'à les empêcher; mais le roi continua à retenir le prélat près de sa personne. Ce monarque, entraîné malgré lui à renvoyer ses plus fidèles sujets, fut néanmoins bientôt obligé de lui retirer la feuille des bénéfices; mais il lui écrivit en même temps une lettre très-affectueuse, où il lui témoignait la satisfaction qu'il avait de ses services. L'archevêque de Lyon songeait à se rendre dans son diocèse, lorsqu'il sut que des gens malintentionnés préparaient une émeute à l'occasion de son arrivée : il voulut éviter des scènes scandaleuses et se retira dans une campagne voisine de Paris. Pressé par les officiers municipaux de Lyon de venir prêter le serment à la constitution, il refusa courageusement, et leur écrivit même à cette occasion une lettre éloquente. Cet avertissement, en date du 8 février 1701, fut rendu public par la voie de l'impression et répandu partout. Les novateurs en craignirent l'effet et le dénoncèrent à l'Assemblée constituante. Il se retira dans le Brabant, à deux lieues de Nivelle, d'où il adressa plusieurs lettres pastorales de la plus grande force au clergé séculier et régulier, et aux: fidèles de son diocèse. Ce vénérable prélat est mort dans l'exil le 15 avril 1700, après dix mois de souffrances qu'il supporta avec une résignation toute chrétienne. Pie VI, qui avait pour lui une estime particulière , l'avait chargé dès 1701 de I administration spirituelle du diocèse d'Autun, qu'il gouverna jusqu'à sa mort avec la même sollicitude que son propre diocèse : et de celle de la partie abandonnée du diocèse de Sens, qu'il dirigea avec sa sagesse ordinaire jusqu'à la mort de l'archevêque de Sens, arrivée en 170ï. A cette époque le souverain pontife lui adressa un nouveau bref pour lui confier le soin de la totalité du diocèse de Sens; mais M. de Marbeuf, craignant de ne pouvoir suffire à cette nouvelle charge d'une manière convenable à son importance, fit à ce sujet des représentations au Saint-Père, et lui indiqua l'évêque d'Auxerre comme pius à portée et plus capable que lui de se bien acquitter de celle commission, elle Saint-Père la lui confia. — Son frère puîné, Je waroms de Marrele. fut le Dremier gou-
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verneur français do l'île de Corse; ce fut lui qui envoya à°l'école de Brienne le jeune Bonaparte, auquel l'archevêque de Lyon prenait aussi le plus vif intérêt : ni l'un ni l'autre ne purent voir l'étonnante fortune du jeune héros.
MARBODE, évoque* de Rennes, né dans Je xr siècle à Angers, et selon d'autres,%au Mans, mérita ce siège par son savoir et* sa piété : il en avait donné des preuves à Angers, dont il avait été chanoine, et où il avait présidé les écoles depuis 1067 jusqu'en 1081. Il fut fait archidiacre de la môme église, puis élevé sur le siège de Rennes l'an 1096. Il gouverna son diocèse avec beaucoup de sagesse et de capacité. Il fut aussi chargé de la conduite de celui d'Angers, pendant l'absence de Rainaud, évoque de cette ville. Son esprit brilla beaucoup au concile de Tours en 1096, et à celui de Troyes en 1114. Marbode, devenu aveugle, quitta son évêché sur la fin de sa vie, pour prendre l'habit monastique dans l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers. 11 mourut saintement dans cetle retraite en .1123, âgé de près de 88 ans. On a de lui six Lettres, les Vies de saint Licinius, évoque, et de saint Robert, abbé de la Chaise- Dieu ; des Eloges des Saints en vers ; un Commentaire sur les Cantiques, et plusieurs autres ouvrages recueillis par dom Beaugendre et imprimés à Reunes , 1708, à la suite de ceux d'Hildebert, in-fol. Ces ouvrages, estimés dans leur temps, peuvent servir dans le nôtre à éclaircir plusieurs points de discipline. On peut consulter, pour plus de détails, Y Histoire littéraire de France, tom. X, p. 3M-92.
MARC (saint), évangéliste, converti à la foi après la résurrection de Jésus-Christ, fut le disciple et l'interprète de saint Pierre. On croit que c'est lui que cet apôtre appelle son fils spirituel, parce qu'il l'avait engendré à Jésus-Christ. Lorsque saint Pierre alla à Rome pour la seconde fois, Marc l'y accomagna. Ce fut là qu'il écrivit son Evangile,
la prière des tidèles, qui lui demandèrent qu'il leur donnât par écrit ce qu'il avait appris de la bouche de saint Pierre. Il existe un exemplaire de cet Evangile que l'on prétend être écrit de sa main, et qui est composé de sept cahiers, dont deux, retenus par l'empereur Charles IV qui avait trouvé le tout à Aquilée, sont soigneusement gardés à Prague ; les cinq autres sont conservés à Venise. Montfaucon et d'autres prétendent qu'ils sont écrits sur du papyrus d'Egypte ; d'autres, tels que Scipion Maifei, soutiennent qu'ils sont sur du papier fait de coton ; on dit qu'ils sont devenus presque illisibles: il faut bien qu'ils le soient, puisque l'on ne s'accorde point sur la langue dans laquelle saint Marc les a composés, les uns prétendant qu'ils sont en grec, et les autres en latin. On assure que cet Evangile n'est presque qu'un abrégé de celui de saint Matthieu. L'auteur emploie souvent les mêmes termes, rapporte les mêmes histoires, et relève les mêmes circonstances. Il ajoute quelquefois de nouvelles particularités, qui donnent un ,
grand jour au texte de saint Matthieu. On y trouve, comme dans les trois autres historiens de Jésus-Christ, cette simplicité inimitable, qui rend la vérité des faits sensible par la nature même de la narration. Ce n'est pas ainsi quon invente, dit le philosophe de Genève. Ils ne visent pas à inspirer de l'admiration pour leur maître ; ils parlent froidement de sa doctrine, de ses miracles : ils ne font point de réflexions pour en relever l'éclat ; ils racontent ses supplices et son ignournie, comme les honneurs et les acclamations des peuples : Ibi crucifixerunt eum, et latrones, unum a dextris et allerum a sinistris ; voilà la catastrophe et l'événement principal de cette histoire. Saint Jérôme rapporte que le dernier chapitre de l'Evangile de saint Marc, depuis le verset 9, ne se trouvait point de son temps dans les exemplaires grées ; mais il n'en est pas moins authentique, puisqu'il est reconnu par saint Irénée et par plusieurs anciens Pères, et que d'ailleurs il se trouve dans d'autres exemplaires. Pour ce qui est de la Liturgie et de la Vie de saint Barnabe, qu'on a attribuées a cet écrivain sacré, il est cert du que ni l'une ni l'autre n'est de lui. L'empereur Claude ayant chassé de Rome tous les Juifs, saint Marc alla en Egypte pour y prêcher l'Evangile, et fonda l'Eglise d'Alexandrie. Voilà ce qu'une tradition ancienne et constante nous apprend : les autres circonstances de la vie et de la mort de cet évangéliste, rapportées dans ses Actes, sont incertaines ; cependant ces Actes sont anciens ; ils paraissent avoir été connus en Egypte dès le ive siècle. On croit posséder ses reliques à Venise. On célèbre sa fête le 25 avril.
MARC, hérétique et disciple de Valentin dans le ne siècle, admettait une qualernite dans Dieu, composée de Vineffable, du silence, du père et de la vérité. Il s'attachait particulièrement à séduire les femmes, surtout celles qui étaient ou riches ou belles. La cupidité, la luxure et l'ambition ont été de tout temps la source des hérésies. Marc prenait des calices remplis d'eau et de vin, puis feignant de les consacrer à la façon des catholiques, il les faisait paraître pleins d'une liqueur rouge à laquelle il donnait le nom de sang. 11 permettait aux femmes de consacrer. Saint Irénée décrit avec étendue les superstitions et les impostures de ce Marc, chef des Marxiens ou Marcosiens : ils rejetaient le sacrement de baptême, et le . remplaçaient par une sorte d'initiation, qu'ils appelaient rédemption. Ils soutenaient que Jésus-Christ n'avait pas souffert réellement et ils admettaient un principe du mal. « Il « est bon d'observer, dit un habile théolo- « gien, que si, au ne siècle, la croyance de « l'Eglise chrétienne n'avait pas été que, « par la consécration de l'eucharistie , le « pain et le vin sont changés au corps et au « sang de Jésus-Christ, l'hérésiarque Marc « ne se serait pas avisé de vouloir rendre ce « changement sensible par un miracle appa- « rent ; et si l'on n'avait pas cru que le sacer- « doce donnait aux prèlrcs des pouvoirs
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