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premier évêque d'Embrun. Il mourut vers loi relative à ce concordat, écrivit au souve-
374. Les Actes de sa vie sont fort incertains, rain pontife pour le prier de lui tracer la voie
Il ne faut pas le confondre avec saint Mar- qu'il devait suivre. Le Saint-Père lui fit une
cellin, prêtre, qui reçut la couronne du mar- réponse assez étendue, datée du 23 février
tyre a Rome avec saint Pierre, exorciste, en 1818; mais la loi fut retirée par le ministère,
304; ni avec Flavius Marcelliv, tribun, à et la France resta sous l'empire du concor-
qui saint Augustin adressa ses premiers écrits dat de 1802. A la chambre des pairs, où il fut
contre les Pélagiens, et son grand ouvrage appelé à siéger en 1823, le comte de Mar-
de la Cité âe Dieu. Il mourut l'an 413. cellus suivit la même ligne de conduite. La
MARCELLIN, officier de l'empire et comte révolution de 1830 le rendit à la vie privée ; d'Illyrie, né dans la Dalmatie, fut chance- il se retira dans sa terre de Marcellus, où il lier de l'empereur Justin, et, selon Cassio- partageait son temps entre l'éducation de dore, de 1 empereur Justinien. Il est auteur ses enfants, ses devoirs religieux et la culd'une Chronique, intitulée : Chroniconrerum ture des lettres. C'est là qu'il fut enlevé par orientalium in ecclesia gestarum, qui com- une mort soudaine le 25 décembre 1841. On mence où celle de saint Jérôme se termine, a du comte de Marcellus : Le cri delà vérité, en 379, et qui finit en 534. L'édition la plus chanson patriotique, Paris, 1822, in-8° ; Incorrecte de cet ouvrage est celle que le très à MM. les réducteurs de la Ruche d'A- P. Sirmond donna en 1619, in-8°. On l'a con-- quitaine, 1822, in-8°; Lettres sur l'Angleterre tinuée jusqu'en 566. Cassiodore en parle avec en juin 1823, Paris, 1823, in-8°; Lettres sur éloge. Elle a été insérée dans la Bibliothèque Chambord, Paris, 1824, in-8°; Lettre sur Pédes Pères, tome IX. Cassiodore dit (Divin, Irarque au Journal des Débats, Paris, 1824, lect. cap. 17) que Marcellin avait encore in-8"; Conseils d'un ami â un jeune homme donné deux ouvrages, l'un intitulé : De tem- studieux, Paris, 1825, in-8°; Odes sacrées, porum qualitatibus et positionibus locorum; idylles et poésies diverses, 1825, in-8°; Paral'autre : De urbibus Cœli et Hierosolymis ; phrase en forme ci od( 'sacrée du psaume cxxm, mais ils ne sont pas parvenus jusqu'à nous, appliquée à la mort douce et sainte de M. le
MARCELLUS ( Marie-Louis-Auguste De- duc Mathieu de Montmorency, Paris, 1826, MAiiTiv du Tyrao, comte de), littérateur, an- in-18; Voyage étms les Hautes-Pyrénées, décien député et pair de France, naquit en 1776 dié à S. A. R. Mgr le duc de Bordeaux, en au château de Marcellus en Guiennc, d'une prose et en vers, Paris, 1826, in-8°; Odes saancienne famille originaire du Périgord. Le crées tirées des quinze psaumes graduels paratribunal révolutionnaire qui condamna sa phrasés en vers français; du Psaume exiv mère à périr sur l'échafaud en 1794, le con- appliqué à la mort de Mgr cVAviau, archevé* damna à la détention jusqu'à la paix. 11 fut que de Bordeaux; des hymnes Vexilla etPange déporté en Espagne après le 18 fructidor lingua, Paris, 1827, in-18; Cantates sacrées. (4 septembre 1797); mais il rentra peu de tirées de r Ancien et du Nouveau Testament, temps après en France, et vécut dans lare- Paris, 1829, in-8"; Première communion d'un traite jusqu'à la restauration. Le duc d'An- jeune exilé, odn, Montpellier, 1832, in-8"; goulème qu'il alla joindre à Bordeaux, avec Vêpres et compiles lyriques, selon le rit roson fils aîné, en 1814, le nomma membre de main, suivies des trois Litanies et de Psaumes son conseil. Le département de la Gironde traduits en vers français, et paraphrasés en l'ayant élu son député au mois d'août 1815, forme d'odes et d'épodes sacrées, 1841, 1 vol. il se signala dès cette époque par la ferveur in-18; Le Cantique des cantiques de Salomon, de ses opinions royalistes qui n'ont jamais trad. et paraphrasé en forme de cantates sachante. Au mois de janvier 1816, il fit par- crées, 1841, 1 vol. in-12; Bouquet de cyprès tie de la commission chargée de présenter offert aux nobles enfants de feu M. le vicomte un rapport sur une proposition qui avait de Ronald, 1841, in-8"; Souvenirs de l'Orient, pour objet de supprimer toutes les pensions 2 vol. in-8°, avec carte et grav., 2 vol. in-8°, des prêtres mariés ou qui avaient renoncé au ouvrage approuvé par l'université; Vingt sacerdoce. Dans la séance du 23 avril, Mar- jours en Sicile, ouvrage faisant suite au précellus prononça un discours en faveur du cèdent, 1 vol. in-8"; différents Discours et clergé, et vota "pour le projet de loi que pré- Opinions prononcés à la chambre des dépu- 'Sentait le ministre de l'intérieur. Réélu dé- tés, notamment sur la nécessité de réprimer puté, la même année, pour la nouvelle ses- les délits de la presse; sur l'urgence de se sion, il prit la parole, le 24 décembre, pour faire sacrer, adressés à Louis XVIII, etc. obtenir que l'on rendit aux membres du V Ami de la religion renferme de lui plusieurs clergé le droit de recevoir et de posséder. Le pièces de vers qui sont ordinairement des 5 mars 1817, il défendit avec chaleur l'invio- traductions ou des paraphrases de divers enlabilité des biens ecclésiastiques, et il de- droits de la Bible et des prières de l'Eglise, manda que la portion des bois de l'Etat ré- Le comte de Marcellus était très-lié avec servée pour la dotation des établissements M. de Bonald. Ayant adressé à cet illustre du clergé, au lieu d'être prise dans les gi ands écrivain un acrostiche sur son nom, l'auteur corps de forêts, fut composée uniquement de la Législation primitive lui donna unepede tous les bois qui leur ont autrefois ap- tite leçon ingénieuse sur l'abus de ces jeux partenu. Lorsqu'en 1817, un nouveau con- de mots, en faisant le même exercice sur le cordât avec le pape fut présenté aux cham- nom de son ami. Nos lecteurs nous pardonbres, Marcellus, qui faisait partie de la com- neront cette courte citation, en considération mission chargée de faire un rapport sur la du poète :
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Mallipur a l'écrivain qui poursuit l'acrosticne. ipollon ne veut pas que ses chers nourrissons, Ruminanl sans honneur une rime postiche, • '.(lurent avec effort après quelque hémistiche El pour ce froid labeur négligent ses leçons. Le dieu du gOÛl, ami, le donna le génie, Le sentiment du l>eui, la grâce, l'harmonie. Use de ses faveurs, mais n en ahuse pas; Sois Kousseau, sois Horace, cl non pas du Barlas.
MARCHAND, missionnaire, n6 au village
de Passavant, près Vesoul, dans le diocèse de Besançon, partit de France en 1829, et fut destine pour la Basse-Cochinchine, au moment où la persécution éclatait dans ce pays. Seul des missionnaires européens qui s'y trouvaient alors, il refusa de céder momentanément à l'orage, et il se cacha tantôt chez des chrétiens généreux, tantôt dans les cavernes et dans les forêts. Cependant la guerre civile s'étant rallumée dans cette province, l'abbé Marchand tomba au pouvoir du parti des insurgés. Ceux-ci, se flattant sans doute d'accroître leur influence en attirant à eux les chrétiens, lui permirent de faire publiquement tous les exercices du culte. Deux ans après, la ville fut prise, et l'abbé Marchand fut conduit devant le roi, qui essaya de le faire abjurer en le soumettant aux tortures Jes plus cruelles; mais le zélé confesseur ne se laissa pas ébranler. Enfin, il alla recevoir la palme du martyre, après avoir subi les îlus cruels tourments, le 30 novembre 1835. MARCHANT (Pierre), né à Couvin dans l'Entre-Sam.bre-et-Meuse , principauté de Liège, l'an 1585, se fit récollet, se distingua par sa science et sa régularité, et fut élevé aux premières charges de son ordre. En 1639, il fut fait commissaire-général, avec plein pouvoir sur les provinces de son ordre dans l'Allemagne, les Pays-Bas, les lies britanniques, etc. Il est le fondateur de la province dite de Saint-Joseph, dans la Flandre; il est, avec la vénérable sœur Jeanne de Jésus, le principal auteur de la réforme des franciscaines, nommées Neering de Gand; cette congrégation est connue sous le nom de Réforme des sœurs Franciscaines de la pénitence de Limbourg, qui fut approuvée par Urbain VI11 l'an 163'*. Cet homme, plein de zèle pour la discipline religieuse, mourut à Gand, le 11 novembre 1661. On a de lui: Expositio litteralis in régulant sancti Francisci, Anvers, 1631, in-8"; Tribunal sacromentale, Gand, 16i3, 2 vol. in-fol., et un troisième à Anvers, 1650. Théologie aujourd'hui oubliée, qui renferme plusieurs choses plus pieuses que solides, entre autres le traité intitulé : Sanctificatio sancti Josephi in utero, qui a été aussi imprimé séparément, et condamné à Rome le 19 mars 1633, comme il devait l'être de toute raison; les Constitutions de la congrégation des religieuses qu'il a établie, etc. — Son frère Jacques Marchant, doyen et curé de Couvin, s'est distingué aussi par sa science et sa piété; on estime encore son Hortus pastorum, ouvrage savant, quoique d'une critique peu sévère , édifiant et utile, et où il y a des choses curieuses qu'il serait difficile de trouver ailleurs; et quelaues autres Traités, recueillis
eu un vol. in-fol., Cologne, 1635. Il mourut en 16V8.
MARCHE (Jean-François de La), évèque do Sainl-Pol-de-Léon, né dans le diocèse de Quimper, en 1729, d'une ancienne famille noble de Bretagne, entra au service, et fut élevé en 17V7 au grade de capitaine dans le régiment de la reine-infanterie. Après la paix d'Aix-La-Chapelle il renonça au service, reprit ses études et entra dans l'état ecclésiastique. Il devint d'abord chanoine et grandvicaire de Tréguier; il fut ensuite pourvu de l'abbaye de Saint -Aubin -des-Bois, puis nommé, en 1772, à l'évêché de Saint-Pol-de- Léon. 11 remit alors son abbaye et se livra entièrement au soin de son troupeau. Toutes les années il faisait la visite de son diocèse; il présidait lui-môme aux retraites que faisaient ses prêtres, et par une sage économie, il trouvait le moyen de suffire à d'abondantes aumônes, et même de fonder des établissements utiles. Son diocèse lui doit un beau collège et un petit séminaire. Au commencement de la révolution son siège fut supprimé; mais il n'en continua pas moins à exercer ses fonctions jusqu'au moment où, averti qu'on venait le saisir, il crut devoir se dérober par la fuite aux rigueurs dont était alors menacé le clergé fidèle. Après avoir erré quelque temps, il s'embarqua à Roscoff, en mars 1791, sur un bateau anglais, n'emportant rien avec lui ; mais il trouva à Londres, la plus généreuse hospitalité. Le marquis de Buckingham, le célèbre Burke et d'autres illustres Anglais lui vouèrent une amitié particulière. Le 20 août 1791, l'évèque de Léon donna de Londres une Lettre pastorale et une Ordonnance pour prémunir ses diocésains contre le schisme. Il s'occupa aussi de venir au secours des prêtres déportés qui abordaient en Angleterre : et comme leur nombre croissait tous les jours et que les dons ne répondaient plus à l'immensité des besoins, il proposa une souscription générale, que Burke seconda par un petit écrit. De riches et généreux Anglais s'assemblèrent; l'évèque de Léon exposa la délresse de ses compatriotes, et des secours abondants furent prodigués. Pie VI lui adressa, le 2 septembre 1793, un bref pour le féliciter de son zèle envers ses compatriotes, et Monsieur lui écrivit de Hamm, le 10 février 1793, pour lui témoigner combien il était touché de ses soins. Les secours particuliers ne suffisant plus pour subvenir aux besoins du grand nombre de prêtres et d'émigrés qui s'étaient réfugiés en Angleterre, une motion fut faite au parlement pour consacrer une somme annuelle au soulagement de ces honorables proscrits. Cette somme fut accordée à l'unanimité, et l'évèque de Léon fut chargé de présidera la distribution. Il obtint encore pour les ecclésiastiques français le château de Winchester, où il en rassembla plus de huit cents. Il donnait en même temps des secours spirituels et temporels aux prisonniers de sa nation. Enfin jusqu'à sa dernière maladie, qui le conduisit au tombeau, il remplit avec autant d'assiduité que de bonté les fouo-
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lions de charité qu'on lui avait confiées. Monsieur, frère du roi, vint Je visiter deux fois, et voulut recevoir sa bénédiction. Ce pieux évêque termina sa carrière le 25 novembre 1806, laissant à peine de quoi fournir aux frais de son inhumation, qui fut des plus simples, comme il l'avait recommandé.
MARCHENA (Joseph), littérateur espagnol, né en 1768 à Utrera dans l'Andalousie, fit de bonnes études et se destina à l'état ecclésiastique. Mais il se laissa égarer par la lecture d'ouvrages philosophiques, et la témérité avec laquelle il manifesta ses nouvelles opinions attira sur lui l'attention des inquisiteurs. Il se sauva en France, où la révolution venait d'éclater, et où il obtint successivement divers emplois. Rentré en Espagne, après la première invasion des Français, il fut nommé, sous le gouvernementale Joseph, chef d'une division du ministère de l'intérieur. En même temps il rédigeait un journal en faveur du nouveau système, et faisait jouer h Madrid ses traductions espagnoles du Tartufe et du Misanthrope. Il revint en France avec l'armée , s'établit à Nîmes, et publia dans cette ville un grand nomb:e de trad. espagnoles d'ouvrages philosophiques français. Après la révolution de 1820, il rentra en Espagne, et il mourut à Madrid, au mois de janvier 1821 , dans un état voisin de la misère. On a de Marchena : Réflexions sur les fugitifs français, Paris, 1795, in-8° ; Essai de théologie, Paris, 1797, in-8° : cette production, fort peu orthodoxe, fut réprimandée par Heckel dans utt écrit intitulé : Heekel à Marchena sur les prêtres insermentés, in-8°; Fragmentum Petronii ex bihliothecœ Sancii-Galli antiquissimo manuscripto excerptum, nunc primum in lucem editwn : gallice vertit ac notis perpetuis illustravit Laïlemandus , sacrœ theologiœ doctor, Baie, 1800, in-8°. Ce fragment est supposé : c'est Marchena lui-même qui en est l'auteur. Les savants y furent d'abord trompés, à cause de la pureté du latin ; Description des provinces basques , insérée dans les Annales des Voyages ; Leçons de philosophie morale et d'éloquence , tirées des meilleurs poètes et prosateurs espagnols , avec un Discours préliminaire sur l'histoire littéraire d'Espagne, Bordeaux, 1820, 2 vol. in-8°. Jl avait en outre traduit en espagnol : Coup d'œil sur la force, l'opulence et la population de la Grande-Bretagne, par le doctour Clarke, Paris, 1802, in-8°; L'Emile de J.-J. Rousseau, Bordeaux, 1817,3 vol. in-12; Lettres persanes , de Montesquieu, Nimes, 1818, in-8°; Toulouse, 1821, in-12; les Contes de Voltaire, Bordeaux, 1819, 3 vol. in-12; Manuel des inquisiteurs, à l'usage de l'inquisition d'Espagne et de Portugal , par l'abbé Moiellet, Montpellier, 1819, in-8°; Delà liberté religieuse, par Benoît, Montpellier, 1820, in- 8°; Julie, ou la Nouvelle Héloïse, par J.-J. Rousseau, Toulouse, 1821, 4 vol. in-12; etc.
MARCHESINI (N.) , né a Reggio, se fit relign-ux d^ns j'ordre de Saint-François. Selon Sixte de Sienne, Possevin et *Oudin , il vivait vers 1450; et, selon Wading et du
Cange, vers 1300. Ce pieux religieux est particulièrement connu par un ouvrage intitulé : Mammotreclus , sive Expositio in singula Bibliœ capitula, publié par les soins de Hélie de Lautfen, chanoine de la collégiale de Luoerne, et imprimé à Mayence par Pierre Schœlfer de Gernsheim, en 1470 ou 1480, in-folio, édition très-rare. Le même ouvrage a été imprimé plusieurs fois depuis sous les différents titres de Mammolractus, Mammetreclus et Mammotrepton. Sixte de Sienne dit que l'auteur a donné ce titre à son ouvrage pour signifier que c'était comme une mamelle qu'il présentait aux jeunes clercs qui n'étaient point versés dans les sciences. Du reste, le style en est peu soigné. Wading attribue h ce religieux d'autres ouvrages qui sont restés manuscrits et que l'on conserve à Assise et à Rome.
MARCHETTI (Jean), né le 10 avril 1753 à Einpoli en Toscane, fut d'abord secrétaire du duc Mattei à Rome ; [mis, après avoir reçu les ordres sacrés, il fut précepteur du jeune duc François Sforza-Contarini, mais il perdit celte place par suite de la publication de sa Critique de l'Histoire ecclésiastique de Flenry, critique qui ameuta contre lui les jansénistes. Il s'appliqua aux fonctions du saint ministère, se fit une grande réputation de prédicateur, et attira surtout un grand concours d'auditeurs dans l'église de Jésus, par ses conférences sur l'Ecriture sainte, qui durèrent vingt ans. Pie VI le nomma examinateur du clergé romain, puis président du collège et de l'église des jésuites. Lors de l'entrée des Français à Rome en 1798, Marchetti fut enfermé dans le château Saint- Ange, puis banni du territoire de la république romaine; il retourna dans sa patrie, où il fut encore emprisonné , la Toscane ayant été envahie par les Français. Après que Pie VII eut excommunié Napoléon, Marchetti, soupçonné d'avoir conseillé cette mesure, fut exilé pendant quelque temps à l'île d'Elbe. En 1814, Marchetti fut successivement nommé archevêque d'Ancyre, in partibus , gouverneur du fils de la reine d'Etrurie Marie-Louise, et administrateur du diocèse de Rimini, avec le titre de vicaire apostolique. Léon XII le nomma secrétaire de la congrégation des évoques ; mais il donna bientôt sa démission, et se retira à Einpoli où il mourut le 15 novembre 1829. Ses principaux ouvrages sont : Critique de l'Histoire ecclésiastique et des Discours de M. l'abbé Fleury, qui a été trad. en plusieurs langues, et a obtenu plusieurs éditions; L'autorité suprême du pontife romain, démontrée par un seul fait, in-8°; L.es Raciniennes, ou Lettres d'un catholique à un partisan de l'Histoire ecclésiastique de Ronaventure Racine, in-8°; Entretiens familiers sur l'histoire de la religion avec ses preuves, 2 vol. in-8°; De l'éducation civile et chrétienne de la jeunesse, lettres critico-morules,
2 vol. in-8°; Les devoirs du sacerdoce chrétien, exposés en forme de retraite de trente jours,
3 vol. in-8 ; Leçons sacrées depuis l'entrée du peuple de Dieu dans la terre de Chanaan,
m.ui
ton
français; Vie de M. J.-li. Gault, évèque de Marseille, 1050, plus exacte Crue celle du
jusqu'à la captivité de lialnj.one, Rome, 1803— 1808, 1*2 vol. ift-8°; Del'Egtise sous le rapport politique, l] vol. in-8"; plus divers manuscrits.
MARCHETTY (François , oratorien, natif
de Marseille, mort dans celle ville en 10K8, a laissé : Paraphrase sur tes Epttres de saint Pierre, 1039; Traite sur la messe, avec l'explication de ses cérémonies en latin et en
r ni ue
celle
Père Senault : Fauteur avait bien connu ce prélat à qui il tut attaché; Vie de M. (ialuup de (hastruit, célèbre solitaire du Mont-Liban, 1000, in-12, revue par le docteur Arnauld ; Discours sur le ue'(/oce des gentilshommes de Marseille, et sur ta qualité de nobles marchands qu'ils portaient, 1(771, iu-k", où Fauteur s'attache à prouver que le commerce ne faisait point déroger à Marseille. L'ouvrage dédié au roi tendait à obtenir le renouvellement de ce privilège; Coutumes sacrées de Marseille, en forme de dialogue, où Fauteur fait l'apologie des usages populaires de cette ville, notamment de la procession du bœuf-couronné qu'on promenait dans les rues, comme le symbole de FEuciuu\stie, la veille et le jour de la Fête-Dieu. MARCION, hérésiarque, né dans le second siècle à Sinope, ville du Pont, dont son père était évèque, s'attacha d'abord à la philosophie stoïcienne. Ayant été convaincu d'avoir corrompu une vierge, il fut chassé de l'Eglise par son père. Le désespoir l'obligea de quitter sa patrie et de se rendre à Rome , où il prit l'hérétique Cerdon pour son maitre, Fan l't'3 de J.-G. Cet enthousiaste initia son disciple dans la doctrine des deux principes, l'un bon et l'autre mauvais, auteurs du bien et du mal, et partageant entre eux l'empire de l'univers. Pour mieux soutenir ce faux dogme, il s'adonna tout entier à l'étude de la philosophie et à Fart des sophismes. Le fanatique élève de Cerdon ajouta de nouvelles rêveries à celles de son maître. Il attaquait l'Ancien Testament par de mauvaises chicanes : on en jugera par l'objection suivante : Dieu, dans la Genèse, dit à Adam, après le péché : Adam, où êtes-vous ? « Pourquoi cette « demande ? observe gravement Marcion : « Dieu ignorait donc où était Adam? » Une aussi misérable subtilité lui paraissait un argument, tout comme aux philosophes d'aujourd'hui, qui ne rougissent pas de faire des objections plus puériles encore : Voltaire surtout s'est distingué en ce genre. Marcion n'admettait de résurrection que pour ceux qui suivraient sa doctrine. Ce corrupteur de vierges condamnait le mariage, et ne recevait que ceux qui faisaient profession de continence. La chair était, selon lui, l'ouvrage du mauvais principe, et Jésus-Christ n'avait paru sur la terre qu'avec un corps fantastique. Il assurait que le Messie, descendu aux enfers, avait délivré Cain, les Sodomites et tous les autres impies, ennemis du Dieu créateur; mais qu'il y avait laissé les patriarches , les prophètes et les justes, qui étaient ses adorateurs fidèles. Quelques anciens ont prétendu qu'il avait admis trois
principes , un bon, père de Jésus-Christ ; un méchant, qui était le diable: un troisième, entre l'un et l'autre, qui étail le Créateur du monde. On assure qu'il admettait aussi la métempsycose el V éternité 4e la matière. Cette hérésie, partagée en plusieurs sectes partiticulières, se répandit à Rome, en Egypte, dans la Palestine, la Syrie, la Perse et l'île de Chypre. Les marcioriites s'abstenaient de la chair, n'usaient que de l'eau, même dans les sacrifices, et taisaient îles jeûnes fréquents. Les disciples de Marcion avaient un grand mépris et une grande aversion pour lo Dieu créateur. Théodorel avait connu un marcionite, âgé de 90 "ans, qui était pénétré de la plus vive douleur toutes les fois que le besoin de se nourrir l'obligeait à user des productions du Dieu créateur. « Comble « d'absurdité, dit un auteur, et dont on ne « croirait pas l'esprit humain capable, s'il « n'en existait tant d'autres exemples; punice tion éclatante de l'envie de dogmatiser « contre la foi de l'Eglise, et qui devrait suf- « tire pour ôter toute croyanee aux novateurs « quelconques. » On a vu courir ces fanatiques à la mort comme à une félicité assurée ; niais l'on voit assez la grande différence qu'il faut mettre entre le délire de quelques forcenés, et le courage calme et réfléchi avec lequel des millions de chrétiens , des sages , des philosophes, des magistrats, des témoins oculaires , instruits et convaincus des faits par leurs yeux et leurs sens, ont souffert la mort dans toutes les plages de la terre. Tertullien dit, De Prœscript., chap. 3, que Marcion se repentit, et qu'on lui promit, à Rome, de le recevoir dans l'Eglise, à condition qu'il s'efforcerait de détromper ceux qu'il avait pervertis. Il mourut en travaillant à ce qu'on lui avait prescrit. Quelques auteurs pensent que cela convient .plutôt à Cerdon qu'à Marcion. On dit que Marcion avait fait un livre intitulé les Antithèses, dans lequel il prétendait montrer plusieurs contrariétés entre l'Ancien et le Nouveau Testament. C'est lui qui, rencontrant saint Polycarpe à Rome, et lui demandant : Noscis nos ? reçut pour réponse : Nosco primogenitum Satanœ. Leffier, J.-E.-C. Schmidt, et autres théologiens allemands , ont écrit de nos jours des Dissertations particulières sur les falsifications du Nouveau Testament, attribuées à Marcion. Voy. aussi Schelling , De Marcionc epistolarum Pauli emendatore.
MARCK (de La), ancienne maison originaire de Westphalie. — Evrard de LaMarck, nommé par quelques auteurs le cardinal de Bouillon, était d'une maison illustre et fertile en grands hommes. Elu évèque de Liège en 1505, son pr emier soin fut de méditer sur les importantes obligations de son nouvel état. Il se prépara à recevoir la prêtrise et à être évèque, par une retraite de six semaines dans la Chartreuse de Liège. Monté sur le siège épiscopal, il s'appliqua à réparer les maux que les guerres avaient faits dans la province qu'on venait de lui confier, et à la mettre en état de bonne défense, en fortifiant les villes et plusieurs châteaux. 11 empêcha
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par des lois sévères que ses sujets ne prissent parti dans les guerres qui désolaient les pays voisins, fit fleurir la religion, et signala surtout son zèle à prémunir son diocèse contre les nouvelles erreurs qui commençaient de son temps à infecter les nations voisines. Malgré sa vigilance extrême, l'hérésie s'étaut glissée dans ses Etats, il ne se donna point de repos qu'il ne l'eût extirpée : il employa à cet eff t des gens zélés et éclairés; ceux qui refusèrent de se rendre à ses instructions furent bannis, et les plus obstinés à répandre l'erreur, punis du dernier supplice. Attaché d'abord aux intérêts de la France, Evrard les abandonna, croyant, pour le bien de son Etat et pour celui de l'Allemagne, devoir s'attacher à Charles d'Autriche, roi d'Espagne, qui lui donna l'archevêché de Valence et lui obtint le chapeau de cardinal du pape Léon X, Tan 1521. Le cardinal Polus, envoyé en Angleterre par Paul III , pour y travailler à faire rentrer ce royaume dans le sein de l'Eglise, ayant appris que Henri VIII avait mis sa tête à prix, tiouva un asile sûr auprès d'Evrard, qui le reçut avec les marques d'honneur et de distinction dues à son mérite et à sa dignité. Le pape le récompensa en îe créant légat a latere. Il mourut le ISfévrier 1538. On voyait, dans la capitale et dans tout le p.iys de Liège, un grand nombre de monuments de sa munificence. Il enrichit de plusieurs pièces rares et précieuses le trésor de son église, et fonda une procession mémorable , nommée la Translation de saint Lambert. Sleidan, disciple de Luther, a dit beaucoup de mal de ce prélat ; on en sent fac lement la raison. Il avait consenti à recevoir du roi d'Espagne une abbaye des Pays-Bas en commende ; mais les Belges s'opposèrent fortement à cette violation de leurs droits. On peut voir dans la Brabantia deSanderus l'histoire de ce différend. Louis Doni d'Atlichi a publié une Vie de ce prélat dans le second tome de son Histoire des cardinaux.
MARCK (Guillaume de La), baron de Lumain, d'abord chanoine-tréfoncier de Liège, puis un des généraux des calvinistes dans les Pays-Bas, se signala moins par son courage que par un fanatisme sanguinaire qui le fit considérer comme le des Adrets de la Belgique. Sa figure, ressemblant assez à celle d'un sanglier, et son habitude de demeurer toujours dans la forêt des Ardennes, lui fit donner le nom de Sanglier des Ardennes. On ne peut se faire une idée des tourments qu'il faisait essuyer aux catholiques, surtout aux prêtres et aux religieux qui "tombaient entre ses mains. C'est lui qui fit périr les célèbres martyrs de Gorcum, par des supplices que les Busiris n'auraient pas inventés (Voy. Pieck), et qui exerça des tourments plus affreux encore envers le savant et pieux Musius. Dans sa jeunesse, il s'était rendu coupable de plusieurs violences à la cour de l'évêque de Liège , où il avait é:é élevé, et y tua Richard, garde du sceau de ce prélat. Chassé du palais, il se réfugia auprès de Louis XI, auquel il promit de faire révolter
Liège. Il tint parole, surprit l'évêque dans une embuscade et le tua d'un coup de hache. Nommé général des Liégeois, il ravagea le Bradant et s'unit à René de Lorraine contre l'Autriche. L'archiduc Maximilien le battit, et ayant gagné Frédéric do Storn, ami de Guillaume, celui-ci le trahit et le livra à l'archiduc, qui le fit conduire à Maëstrichl, où il fut décapité eu 1485, à 40 ans.
MARCK (Jean de), Marckius, ministre protestant, né à Sneck, dans la Frise, en 1055, fut professeur en théologie à Franeker, puis ministre académique, professeur en théologie et de l'histoire ecclésiastique à Groningue. et passa en 1689, à Leyde, où on lui confia les mêmes emplois, ii y mourut le 30 janvier 1731, laissant un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : des Dissertations contre celle du P. Crasset sur les Sibylles, Franeker, 1682, in-8°; Compendium theologiœ, Amsterdam, 1722, in-4°; plusieurs écrits contre J. Braunius, son collègue, qui donnait dans le coccéianisme; des Commentaires sur les prophètes Aggée, Zacharie et Malachie, Amsterdam, 1701, 2 vol.; sur l'Apocalypse, Ulrecht, 1699,2 vol., et plusieurs autres livres del'Ecriture sainte. Exercitationes biblicœ, en 8 vol. imprimés séparément et en différents lieux; Exereitationes miscellaneœ, Amsterdam, 1690. Elles roulent sur les hérésies tant anciennes que modernes : entre celles-ci, il compte celles des enthousiastes et des sociniens, se gardant bien, en bon protestant, d'oublier le papisme. On a rassemblé quelques-uns de ses ouvrages philologiques en 2 vol., in-4°, Groningue, 1748. Tous ces ouvrages prouvent que Jean deMarck était versé dans la science del'Ecriture sainte, di'S antiquités sacrées; mais ils prouvent aussi qu'il n'avait pas trop de jugement. Il se plaisait à les charger d'un vain étalage d'érudition ; sa haine contre les catholiques lui sert souvent de raison. Son style est obscur et entortillé.
MARCOUL (saint) , Marculphus , né à Bayeux de parents nobles, devint un célèbre prédicateur. 11 fonda, secondé par le roi Childebert, un monastère à Nanteuil, près de Coutances , et mourut saintement l'an 558. 11 y a sous son nom une église célèbre àCorbeny, au diocèse de Laon, dépendante de Saint-Remi de Reims, où l'on conserve une partie de sesreliques. On réolame particulièrement son assistance contrele mal des.écroueh les. C'est là que les rois de France vont faire eux-mêmes, ou par un de leurs aumôniers, une neuvaine après avoir été sacrés à Reims, en reconnaissance de la grâce qui leur a été communiquée de guérir les écrouelles par l'intercession de ce saint.
MARCULFE, moine français, que l'on prétend avoir vécu dans le vnr siècle, fit, à l'âge de 70 ans, un recueil des Formules des actes les plus usités à l'époque où il vivait. Si ces formules sont dans un style barbare, ce n'est pas la faute de l'auteur; on ne parlait pas mieux alors. Son ouvrage , très-ulde pour la connaissance de l'antiquité ecclésiastique et de l'histoire des rois de France de la
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