‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 282 sur 323 · MA II · texte numérisé non relu

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(ils. Amsterdam, Kl/.évir, 1660,5 vol. iii-i'ol. \,,ici le jugemenl qu'en porte Richard Simon : « Des Marets cite les endroits qu'il

• n'est pas besoin de citer, et OÙ il n'y a « d'ordinaire aucune difficulté. S'il rapporte

• quelque chose qu'il ait pris dos lions au-

« leurs, ii le g,1te entièrement par ce qu'il y « môle. De plus, son langage estun galimatias « perpétuel... Dans les potSfl qu'il a prises « des autres, il choisit ordinairement celles « qui favorisent le plus ses préjuges, sans « examiner si elles sont vraies... En un mot, « tout ce grand ouvrage de remarques sur « la version de Genève a été entièrement « gâté par des additions peu judicieuses de « des Marets qui les a recueillies, outre qu'il « n'a pas eu assez, de capacité pour en fairo « un bon choix. » [Hist. crit. du V. T., p. 359.) On a encore de ce théologien un Catéchisme latin sur la qrâce, publié en 1651. Ce n'est presque qu'une traduction de celui que Fëydeau, janséniste fameux , avait publié l'année d'auparavant. Dans ce catéchisme, des Marets soutient que les jansénistes sont unis de sentiments avec les calvinistes, sur la grâce.

MAREUIL ( Pierre de ) , jésuite du xvmc siècle , a laissé plusieurs écrits estimables : Devoirs des personnes de qualité , trad. do l'anglais , Paris , 1728 et 1751 , 2 vol. in-12 ; Le Paradis reconquis , traduit de l'anglais de Milton, Paris, 1730, in-12 ; réimpr. à la suite de la version de Dupré de Saint-Maur, ibid., 1755 , 3 vol. in-12 ; Les OEuvres de Salvien, prêtre de Marseille , contenant ses lettres , ses traités sur l'esprit d'intérêt et sur la Providence , Paris , 1734 , in-12. Le P. de Mareuil a profité plus d'une fois du travail du P. Gorse, jésuite, qui avait donné, en 1655 , une version complète des OEuvres de Salvien, Paris, in-4°. En 1833 , Collombet et J.- F. Grégoire en ont publié une nouvelle, avec le texte en regard du français , Lyon , 2 vol. in-8°; Obstacle de la pénitence, ou Réfutation des prétextes qui font illusion au pécheur, et l'empêchent de se convertir, trad. de l'anglais du P. Pearson, Paris, 1736, in-12; Vie de la vénérable servante de Dieu , l'illustrissime et sérénissime princesse Jeanne de Valois, reine de France, fondatrice de l'ordre des religieuses de l'Annonciade, Paris, 1741, in-12.

MARGIL ( le frère Antoine ), missionnaire, naquit, lel8aoûl 1657, àValence enEspagne, d'une famille obscure, mais chrétienne. Lorsqu'il était au berceau, un saint religieux avait prédit à sa mère que cet enfant serait un |Our son collaborateur dans les missions chez les infidèles, et qu'il se rendrait célèbre par ses prédications comme par les merveilles qu'il opérerait. Ses parents, encouragés par de si consolantes espérances, s'attachèrent à lui donner une éducation aussi soignée que le leur permettait leur pauvreté. A l'âge de seize ans , Antoine entra chez les franciscains de l'Observance , à Valence , et il y fit profession le 13 avril 1674. San application au travail n'était pas moins grande 2ue la ferveur de sa piété. Après avoir étuié la philosophie au couvent de Dénia , il

retourna dans celui de Valence pour y faire sa théologie, et il fut ordonné prêtre à l'âge de 24 ans. Au nombre de ses dévotions était cello de faire le chemin de la croix , pratique pieuse qu'il renouvelait chaque nui,t , après avoir terminé au chœur l'office divin. La conversion des sauvages avait toujours été l'objet de son ardent désir : ses supérieurs le choisirent pour l'envoyer en Amérique ; il alla s'embarquer à Cadix, et arriva dans le port de la Vera-Cru'. le 6 juin 1683. Des llibustiers français venaientde pillercette ville; aussi le nouveau. missionnaire y trouva-t-il , dès les premiers moments , de fréquentes occasions d'exercer sa charité envers les malheureux habitants. Il se rendit ensuite à Mexico, et partout où il passait, il exerçait toutes les fonctions de son saint ministère avec un dévouement infatigable. Il évangélisa les provinces de Yucatan et de Costarrica , et réussit a convertir la nation sauvage et féroce des Terrabi. Il commençait à prêcher la parole de Dieu dans l'immense pays de Terre-Ferme, sur l'invitation de l'évêque de Panama , lorsqu'un ordre de son évèque l'envoya à Guatimala, distant de six cents lieues de l'endroit où il se trouvait. Il étendit ensuite ses saintes conquêtes chez les Choli , les Lacandoni et divers autres peuples, non sans courir les plus grands dangers. C'est ainsi que les Choli l'attachèrent un jour, lui et son unique compagnon, à des arbres, pour les tuer à coups de flèches. La joie que manifestaient les deux religieux de mourir pour Jésus-Christ toucha tellement les sauvages, qu'ils les délivrèrent , et qu'ils reçurent ensuite leurs instructions avec docilité. Plus tard, le frère Antoine Margil fut nommé supérieur du collège de Queretaro. Après un séjour de plusieurs années dans cette ville, il fut rappelé par les principaux habitants de Guatimala , afin qu'il apaisât les graves dissensions qui troublaient leur cité, mission qu'il accomplit heureusement. Le saint religieux y construisit un couvent de son ordre, et partit pour Talamanca , d'où ses supérieurs le retirèrent bientôt pour l'envoyer fonder un collège à Zacatecas, à quatre cents lieues de là. Le frère Antoine obéit, puis il pénétra dans les montagnes de Nayarit , où se trouvaient des Indiens infidèles , qu'il essaya , mais infructueusement , d'amener à la vraie lumière. 11 fut plus heureux au Texas. Après avoir exercé avec de grands succès son zèle dans les vastes régions de la Nouvelle-Espagne , le frère Antoine était venu se reposer à Mexico , et c'est dans cette ville qu'il mourut de la mort des saints le 6 août 1726. On lui rendit les honneurs réservés aux plus grands serviteurs de Dieu, et le saint-siége, par un décret de 1836, a reconnu l'héroïsme; de ses vertus. Il a paru une Vie du frère Antoine Margil , Rome , 1836 , 1 vol. in-8° , en italien.

MARGON (l'abbé de) Voy. Planta vit.

MARGUERITE (sainte), vierge célèbre que les Grecs appellent Marine, reçut la couronne du martyre, à ce qu'on croit, à An.

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tioche de Pisidie , vers 275. Ses Actes n'ont pas d'authenticité ; aussi l'Eglise n'en a voulu rien insérer dans le bréviaire romain. Elle est nommée dans les Litanies qui ont été insérées dans l'ancien Ordre romain , ainsi que dans les plus anciens calendriers des Grecs. Ce fut dans le xie siècle , durant les croisades , que son culte passa d'Orient en Occident; il y devint bientôt célèbre. Sa fête a lieu le 20 de juillet. Vida a fait deux Hymnes en l'honneur de cette sainte.

MARGUERITE ( sainte ) , reine d'Ecosse, née en Hongrie l'an 1040 , était petite-nièce du roi saint Edouard le Confesseur, et sœur d'Edgar, qui devait succéder au saint roi. Guillaume le Conquérant les obligea de chercher leur salut dans la fuite. Ils abordèrent en Ecosse , et furent accueillis par Malcolm III, qui s'intéressa d'autant plus à leur malheur, qu'il en avait éprouvé un semblable , et soutint en leur faveur une guerre sanglante contre les généraux de Guillaume. Marguerite donna à l'Ecosse le spectacle de toutes les vertus, qui touchèrent tellement Malcolm, qu'il lui demanda sa main. La princesse fut mariée et couronnée reine l'an 1070. Unie à Malcolm , elle ne se servit de l'ascendant qu'elle eut sur ce prince que pour faire fleurir la religion et la justice, pour procurer le bonheur des Ecossais, et pour inspirer à son mari ses sentiments qui en ont fait un des plus vertueux rois de l'Ecosse. Dieu bénit ce mariage en leur donnant des enfants qui ne dégénérèrent pas de la vertu de ceux dont ils avaient reçu le jour. Edgar, Alexandre et David, leurs fils, illustrèrent successivement le trône d'Ecosse par leurs vertus et leur piété. Mathilde, leur fille, épousa Henri 1er, toi d'Angleterre. Cequi distingua surtout ce couple heureux , fut leur tendresse pour les pauvres et les infortunés. Malcolm lit bâtir la cathédrale de Durham , et fonda les évêohés de Murray et de Cathnelf, réforma sa maison , et porta des lois somptuaires. Marguerite eut la douleur de perdre son mari, tué au siège du château d'Alnwick, dansleNorthumberland, et ne survécut pas longtemps à cette perte. Elle mourut le 16 novembre 1093, dans la 47" année de son âge, et fut canonisée en 1251 par Innocent IV. Sa Vie a été écrite par Tbierri, moine de Durham , son confesseur, et par saint Alfred. Le poète Vida, de Crémone, a fait deux hymnes en l'honneur de cette sainte. L'Eglise célèbre sa fête le 10 juin. On lit le nom de Malcolm III dans plusieurs calendriers d'Ecosse.

MARGUERITE de CORTONE (sainte), née à Alviano en Toscane, se livra dans sa jeunesse à tous les désirs d'une nature corrompue, mais la vue du cadavre d'un homme auquel elle s'était abandonnée la changea en un instant : elle expia ses fautes par une rude et longue pénitence , entra dans le tiersordre de Saint-François , où elle fut l'exemple de toutes les venus, et mourut à Cortonc le 22 lévrier 1207. Benoit XIII Ja canonisa «n 1728. Sa.Vie, écrite par son confesseur, a «té publiée par Bollandus. On y voit des pré-

dictions, dont quelques-unes paraissent relatives à ces derniers temps.

MARGUERITE de RAVENNE, ainsi nommée du lieu où elle fit sa résidence ordinaire , était née àRussi, petite ville entre Faenza et Ravenne. Elle perdit la vue n'ayant que trois mois , et l'on assure que , dès sa plus tendre enfance , elle s'aetoutuma aux plus grandes austérités. Les maladies dont elle fut accablée pendant quatorze ans , sa patience invincible dans les insultes qu'elle eut à souffrir , son empressement à gagner les âmes à Jésus-Christ, la rendirent l'objet de la vénération du public. On lui demanda des avis de tous côtés , et D. Séraphin de Ferme, chanoine régulier de Saint-Jean-de- Latran, écrivit ceux qu'elle lui dicta pour une société nommée du bon Jésus , où toutes sortes de personnes entrèrent alors , et qui devint depuis une congrégation de clercs réguliers. Rien n'est plus sage que ces avis, et, à l'exception de ce qui concerne les austérités qui y sont marquées pour ceux et celles qui étaient entrés dans lu société , il n'y a rien qui ne convienne parfaitement à tout chrétien. Marguerite mourut le 23 janvier 1505, étant âgée de 63 ans. A la demande de Frédéric II, duc de Mantoue , le pope Paul III fit informer , en 1537 , des miracles qui se faisaient à son tombeau ; mais on ne suivit pas cette affaire ; et c'est prématurément queFerrarius lui a donné le titre de Bienheureuse, et l'a placée dans le catalogue des saints de Fltalie.

MARGUER1TE-MARIE-ALACOQUE. Voy.

Alacoque.

MARIALES (Xantes), dominicain vénitien, d'une famille noble, enseigna quel- Îfue temps la philosophie et la (héologie. 1 se renferma ensuite dans son cabinet, sans vouloir aucun emploi dans son ordre , pour se livrer entièrement à l'étude. Il mourut à Venise en 1660 , à plus de 80 ans. On a de lui plusieurs ouvrages de théologie , dont le plus connu est en k vol. in-folio. Il parut à Venise, en 1669, sous le titre de Bibliotheca interpretum ad universam Summam D. Thomœ. L«j prolégomène Contra novatores, qui est à la tête du premier volume , a été mis à l'index par un décret du 20 juin 1662. Plusieurs déclamations en italien contre la France , lesquelles attirèrent de fâcheuses aifaires £ l'auteur, le tirent chasser deux fois des Etats de Venise.

MARIAMNE, fille d'Alexandre, fils du roi Aristobule, et d'Alexandra, fille du grand sacrificateur Hyrcan, épousa Hérode le Grand, dont elle eut Alexandre et Aristobule. Le roi l'aimait éperdument. Sa beauté et sa faveur excitèrent l'envie, et ses ennemis vinrent à bout de la perdre dans l'esprit de son mari. Elle fut accusée faussement de lui avoir manqué de fidélité. Ce prince ombrageux, cruel et crédule, la fit mourir, 28 ans avant Jésus-Christ, et en conçut ensuite un repentir si vif, qu'il en perdait l'esprit dans certains moments, jusqu'à donner ordre à ceux qui le servaient d'aller quérir la reine, pour venir le voir et le consoler dans ses ennuis. Il

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fit construire une four de marore, h laquelle, pour éterniser sa douleur un peu tardive, il donna le nom de Mariamné. Josèphe parle

souvent de cette tour, à l'occasion du siège de Jérusalem par Titus. Hérode se remaria à une princesse nommée aussi Marianne, ti Ho de Simon, grand sacrificateur des Juifs; mais cette princesse , avant été accusée d'avoir conspiré contre le roi son époux, fut envoyée en exil.

MARIANA (Jea>), né à Talavera, dans le diocèse de Tolède, en 1537, entra chez les jésuites en 155V, et devint, dans cette savante école, un des plus habiles hommes de son siècle. 11 savait les belles-lettres, le grec et l'hébreu, la théologie, l'histoire ecclésiastique et profane. 11 enseigna à Rome, en Sicile, à Paris et en Espagne, avec réputation, et mourut à Tolède en 162V, à 87 ans. On a de lui une Histoire d'Espagne en 30 livres, qu'il traduisit lui-même du latin en espagnol. Les meilleures éditions du texte espagnol sont celles de Madrid, 1780, 2 vol. in-fodo; Valence, 1783-96, 9 vol. petit in-folio, édition bien exécutée et estimée, augmentée de notes et de la Vie de l'auteur; Madrid, avec une continuation par le P. Miniana, 179V, 10 vol. in-8°. Celte continuation a été imprimée in-folio vers 1806, pour faire suite à la belle édition de 1780. Les éditions latines de Y Histoire de Mariana sont celles de Tolède , 1592, in-folio, qui ne contient que 20 livres; de Mayence en 1605, en 2 vol. in-V°, et de La Haye en 1733, en V vol. in-folio. Celle-ci est la plus belle et la plus correcte. Il en a paru une autre, à Madrid, 1819, aussi très-estimée. Nous en avons une trad. française par le P. Charenton, jésuite, impr. à Paris en 1725, en 6 vol. in-V°. Mahudel y a ajouté une Dissertation historique sur les monnaies antiques d'Espagne. Mariana, comparable aux plus fameux historiens de l'antiquité, supérieur au président de Thon pour la noblesse et pour l'élégance du style , est encore plus juste et plus impartial que ce célèbre historien. Son Histoire ne va que jusqu'en 1516. L'édition de Madrid que nous avons indiquée renferme des continuations jusqu'en 1678. Pedro Mantuano, Cohon-Truel, Ribeyro de Macedo, ont relevé dans Mariana plusieurs fautes contre la chronologie, la géographie et l'histoire; mais leurs critiques ne sont pas toutes justes. En vain l'abbé de Mably, dans son traité De la manière d'écrire l'histoire, a tenté de ruiner la réputation de Mariana comme historien, en même temps qu'il avoue ne l'avoir pas lu : inconséquence qui devient plus saillante encore par l'estime extrême de cet abbé pour Tite-Live, dont aucun historien n'a autant approché que Mariana pour le style et la manière, et qui, quant au fond des choses, montre partout une crédulité et une prévention que l'historien d'Espagne n'a certainement ni surpassées ni égalées. Des Scholies ou courtes notes sur la Bible, infolio. On y trouve une Dissertation sur l'édition de la Vulgate, très-savante et très-judicieuse; il y est -aussi traité du texte et des anciennes versions de l'Ecriture. Cette Dis-

sertation se trouve, avec l'ouvrage suivant, dans l'édition de Menochius, par le P. Tournemine : Traite'' De ponderibus et mensuris, Tolède, 1596, in-'i ", rare et recherché de cette édition, qui est l'originale. Six opuscules, imprimés à Cologne, 1609, in-folio, parmi lesquels se trouve un traité De monetœ mutatione : cet ouvrage, où il s'avisa de blâmer les changements qui se faisaient en Espagne dans les monnaies, le fit mettre en prison. Plusieurs écrivains ont mal a propos confondu cet ouvrage avec le précédent. Voy. le Journ. hist. et litt., 1er octobre 1786, p. 189. Un fameux traité Derege et régis institutione, Tolède, 1599, in-V°. Il y enseigne, sur le tyrannicide, une doctrine qu'on ne saurait trop condamner, « et a exposé par là, dit Bayle « (au mot Mariana), les jésuites, surtout en « France, à de sanglants reproches et à des « injures très-mortitiantes, que l'on renou- « velle tous les jours, qui ne uniront jamais, « que les historiens copieront passionnément « les uns des autres. » Ce traité fut condamné par le parlement de Paris et censuré par la Sorbonne; mais, avant qu'il essuyât aucune flétrissure, les jésuites l'avaient désapprouvé. « Notre Père général , dit Richeome dans « Y Examen de l' Anti-Coton, étant adverti l'an « 1599, commanda qu'il fût corrigé; et on « n'en eût vu aucun exemplaire sans correc- « tion, si les hérétiques, qui pensaient faire « leur profit de ce livre, ne l'eussent aussi- « tôt réimprimé. » Du reste, longtemps avant lui et avant l'existence de la société, des théologiens d'un nom tout autrement illustre avaient enseigné la môme opinion sur les tyrans. Yoy. Jouvemcy, Santarrl. On lui attribue un ouvrage en espagnol, touchant les défauts du gouvernement de sa société, qui a été imprimé en espagnol, en latin, en italien et en français. Mariana, dit-on, ne voulait pas le rendre public; mais un franciscain le lui enleva dans sa prison, et le fit imprimer à Bordeaux en 1625, in-8°. Les jésuites demandèrent qu'on produisît, l'original espagnol , que personne ne put jamais montrer : d'où ils conclurent que le livre était pour le moins altéré et défiguré , et que l'éditeur, pour celte raison , ne l'avait fait paraître qu'après la mort de Mariana. Il est vraisemblable, néanmoins, que le fond de l'ouvrage était de lui. Et pourquoi n'aurait-il pas cru voir ou même vu réellement quelques défauts dans le régime de sa société? Quel est le gouvernement qui n'en ait pas? Le meilleur est celui qui en a le moins :

Optimusille est Qui minimis urgelur.

La Vie de Mariana a été écrite par Thom. Tamaio de Vargas.

MARIANO da Genezano, religieux augustin, natif de Rome, fut général de son ordre en 1500, et se fit une grande réputation comme prédicateur. On a de lui des Epitres, des Harangues , des Sermons. Laurent de Médicis, qui avait pour lui une amitié toute particulière, fit bâtir en sa faveur un vaste bâtiment dans le faubourg de Florence. Il le dota comme un monastère, et il y venait de

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teraps en temps jouir des entretiens de ce savant religieux.

MARIANUS-SCOTUS. Voy. Scotus.

MARIE, sœur aînée de Moise et d'Aaron , et fille d'Amram et de Jocabed, naquit vers l'an 1578 avant Jésus-Christ. Lorsque la fille de Pharaon trouva Moïse exposé sur le bord du Nil, Marie, qui était présente, s'offrit pour aller cherche! une nourrice à cet enfanl. La princesse ayant agréé ses offres, Marie courut chercher sa mère, à qui l'on donna le jeune Moïse à nourrir. On croit que Marie épousa Hur, de la tribu de Juda; mais on ne voit pas qu'elle en ait eu des enfants. Après le passage de la mer Rouge et la destruction entière de l'armée de Pharaon, Marie se mit à la tête des femmes de sa nation, et entonna avec elles le magnifique cantique Cantemus Domino, pendant que Moïse le chantait à la tête du chœur des hommes. Lorsque Séphora, femme de ce dernier, fut arrivée dans le camp, Marie eut quelques démêlés avec elle, et intéressa dans son différend son frère Aaron. L'un et l'autre murmurèrent contre Moïse : Dieu en fut irrité, et il frappa Marie d'une lèpre fâcheuse, dont il la guérit à la prière de Moïse, après l'avoir cependant condamnée à demeurer sept jours hors du camp. Elle mourut près de Cadôs, vers l'an li52 avant Jésus-Christ, âg^e d'environ 126 ans.

MARIE (amertume de la mer), vierge trèssainte, mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de la tribu de Juda et de la famille royale de David, épousa saint Joseph, que Dieu lui donna pour être le gardien de sa virginité. Voy. Joachim. Ce fut à Nazareth que l'ange Gabriel fut envoyé de Dieu, pour lui annoncer qu'elle concevrait le Fils du Très-Haut. La sainte Vierge, surprise du discours de l'ange, lui demanda humblement « comment « ce qu'il disait pourrait, s'accomplir, puisce qu'elle ne connaissait point d'homme? » L'ange Gabriel l'assura « qu'elle concevrait « par l'opération du Saint-Esprit. » Alors la sainte Vierge témoigna sa soumission par ces paroles : « Je suis la servante du Seigneur; « qu'il me soit fait selon votre parole. » Le Fils de Dieu s'incarna dès lors dans son chaste sein. Quelque temps api es, elle alla visiter sainte Elisabeth, sa cousine, qui était enceinte de saint Jean-Raptiste. L'enfant d'Elisabeth tressaillit dans les flancs de sa mère, sentant approcher celui dont il devait être le précurseur. Ce fut en cette occasion que Marie prononça l'admirable cantique : Magnificat anima mea Dominum, monument éternel de son humilité et de sa reconnaissance; cantique rempli de sentiments profonds et des [dus excellentes idées de la Divinité ; tableau touchant de la Providence, qui élève les humbles, précipite les superbes, et confond la puissance pour protéger le faible et rassasier l'indigent. Que les vieux pédagogues, qu'on appelle philosophes, hommes à sentences et à bons mots, qui ont dit ça et là quelques apophthegmes bons ou mauvais sur la Divinité, sont petits vis-à-vis de cette Vierge humble et simple, qui, sans effort comme sans prétention , nous a donné cet

Dictionn. de Biographie relig. II,

ensemble parfait de grandes et magnifiques idées \ {Voy. Anne, femme d'Elcana. ) La même année, Marie se rendit avec Joseph à Bethléem, d'où sa famille était originaire, pour se faire inscrire sur le rôle public, suivant les ordres de l'empereur Auguste. Il se trouva alors dans cette petite ville une telle affluence de peuple, qu'ils se virent forcés de '•e retirer dans une étable. C'est là que naquit Jésus-Christ, au sein de la pauvreté et de cette privation des aisances et des splendeurs humaines, qui devaient faire le caractère de son règne. Marie vit avec admiration la visite des pasteurs et l'adoration des mages; et quarante jours après la naissance de son fils, elle alla le présenter au templej et observa ce qui était ordonné pour la purification des femmes. Marie suivit ensuite Joseph, qui avait eu ordre de se retirer en Egypte, pour soustraire l'enfant à la fureur d'Hérode. Ils ne revinrent à Nazareth qu'après la mort de ce tyran. Ils demeurèrent dans cette ville, et n'en sortaient que [tour aller tous les ans à Jérusalem, à la fête de Pâques. Ils y niellèrent Jésus quand il eut atteint sa douzième année, et l'ayant perdu, ils le trouvèrent le troisième jour au temple, assis au milieu des docteurs. Il n'est plus parlé de la sainte Vierge dans l'Evangile jusqu'aux noces de Cana, où elle se trouva avec Jésus, qui y fit son premier miracle, à la prière de sa mère. Elle suivit son fils à Capharnaùm, et le voyant accablé par la foule de ceux qui venaient pour l'entendre, elle se présenta pour l'en tirer. L'Evangile dit encore que cette sainte Mère assista au supplice de son fils sur la croix, et que Jésus-Christ la recommanda à son disciple bien-aimé, qui la reçut chez lui. On croit qu'après l'Ascension, dont elle fut témoin, ce saint apôtre la mena à Ephèse, où elle mourut dans un âge très-avancé, sans qu'on sac;ie aucune particularité de sa mort. Ce n'est que par une pieuse tradition, dont on trouve néanmoins des monuments dès le vr siècle, qu'on croit qu'elle lessuscita d'abord après sa mort, et que son corps fut reçu dans le ciel. La fête de l'Assomption est proprement celle de sa mort, sans aucun rapport marqué (si on excepte les leçons tirées des ouvrages de saint Jean Damascène) à sa résurrection. C'est à to, t cependant que Launoy, et après lui un docteur de Louvain, ont compilé force autorités et arguments pour détruire l'opinion de l'assomption corporelle : opinion pieuse et raisonnable, et qu'on doit certainement mettre au nombre de celles qu'on ne risque rien de laisser adopter au peuple chrétien, et qu'on ne peut guère attaquer, sans produire une espèce de scandale. Les Pères, et entre autres saint Rernard, ont préconisé avec zèle les vertus de la Mère de Dieu. Duquesne a publié les Grandeurs de Marie, 1791, 2 vol. in-12, ouvrage qui renferme tout ce qu'on peut dire de plus solide et de plus édifiant sur les mystères de la sainte Vierge. Un prêtre du diocèse de Genève a écrit une Vie de la sainte Vierge, tirée des saintes Ecritures

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et des témoignages (1rs saints Pères, Paris, 1810, in -14. Il 'faut p ter encore, parmi les modernes, le Père d'Argentan, qui a écrit un gros ouvrage sûr les Grandeurs de Marie; Lafitau, La Vie et les Mystères de la trèssainte Vierge, 175'); le Père de Mé/.erai, un livre sur le Sacré Cœur de Marie; l'abbé Orsini, La Vierge, hist nre de la Mère de Dieu, complétée par les traditions d'Orient, les écrits des saints Pères, et les mœurs des Hébreux, 1 vol. in-8°. Plusieurs aute rs et presque tous les orateurs chrétiens se sont essayes sur ce sujet si digne d'exercer le talent et la piété des chrétiens. Voxj. Africain.

MARIE SALÔMÉ- Voy Salomé.

MARIE de ÇLÉOPHAS , ainsi nommée parce qu'elle était é, o .se de Cleo,. lias, autrement Alphée, est appelée dans l'Evangile sœur de la Mère de Jésus. Elle ava.t pour dis saint Jacques le .Mineur, saint Simon et saint Jude, et un nommé Joseph, frères, c'est-àdire cousins germ ans du Seigneur. Elle crut de bonne heure en Jésus-Cirist, le suivit au Calvaire, et fut présente à sa sépulture. Elantailueà son tombeau le dimanche de grand matin avec quelques autres femmes, elles apprirent de la bouclie des anges que Jésus-Christ était ressuscité, et elles coururent en porter la nouvelle aux apôtres. On ne sait aucune particularité de la vie de Marie.

MARIE, suj.ur de Marthe et de Lazare.

Yoy. Madeleine.

MARIE (sainte), esclave de Tertullus, sénateur romain, consacrait spécialement au jeûne les jours où les pa;ens célébraient teuis fêtes impies. Durant la persécution de Dioclétier., son maître, qui l'estimait à cause de son exactitude et de sa fidélité à remplir tous ses devoirs, craignant de la perdre, employa tous les moyens possibles pour l'engager à sacniier aux idoles; mais rien ne put ébranler sa constance. A la du, le juge fui instruit de ce qui se passait. 11 la tit eulever et tourmenter avec tant de cruauté, que le peuple en murmura hautement, de sorte qu'on fut obligé ne la détacher de dessus le chevalet, et la sainie alla terminer sa vie par une heureuse mort dans une solitude. Baluze a publié les Actes sincères de c fcte sainie, Misccl., tom. Il, p. 115.

MARIE EGYPTIENNE (sainte), quitta son père et sa mère à l'âge de douze ans, et mena une vie déréglée à Alexandrie, jusqu'à l'âge de 17 ans. La curiosité l'ayant conduite à Jérusalem avec une troupe de pèlerins, pour assister à la fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix, elle s'y livra aux derniers excès de la débauche. S'étant mêlée dans la foule pour entrer dans l'Eglise, elle se sentit ropou-sôe par trois ou quatre fois, sans pouvoir y en'.r.r. Marie, frappée d'un tel obstacle, prit la résolution de changer de vie et d'expn r ses désordres par la pénitence. Puis, étant retournée à l'église, elle y entra facilement etaiora la croix. Le jour même, elle sortit de Jérusalem, passa le Jourdain, et se relira dans la vaste solitude qui est au delà de ce ileuve. Elle y passa 47 ans sans voir personne, vivant de ce que pro-

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duisait la terre , et menant la vie la plus austère. Un solitaire, nommé Zozime, l'ayant rencontrée vei S l'an k30, la prit d'abord pour un spectre, tant les ardeurs du soleil et les' injures do l'air l'avaient défigurée. Marie le rassura, lui demanda sa bénédiction, lui raconta son histoire et le pria de lui apporter l'Eucharistie. Zo.'.ime l'alla trouver l'année suivante, le jour du jeudi saint, et lui administra ce sacrement. Il y retourna l'année d'après, et trouva son corps étendu sur le sable, avec une inscription t acée sur la terre : « Abbé Zozime, enterre/ ici le corps de la mice sérable Marie. Je suis morte le môme jour « q.ie j'ai reçu les saints mystères. Priez pour « moi.» On ajoute que Zozime étant embarrassé pour creuser une fosse, uniion vint se charger de ce travail. L'histoire de Marie a été écrite par un auteur contemporain; cependant quelques critiques la révoquent en doute, à cause des circonstance* extraordinaires qu'elle contient. Mais si cette raison était sullisanle pour rejeter Je témoignage des contemporains, les histoires les plus avérées seraient en danger d'être reléguées pa> miles fables.

MARIE dOIGNIES (sainte), née à Nivelle vers 1177, fut mariée à l'âge de H ans, et continua les austérités qu'elle était accoutumée de pratiquer des sa plus tendre jeunesse. Les deux époux distribuèrent d'un commun accord leurs biens aux pauvres, et se consacrèrent au service des lépreux dans une ladrerie nommée Wilbrouck, peu éloignée de Nivelle. Au bout de douze ans, fatiguée par l'affluence de peuple que l'éclat de ses vertus y attirait, Marie crut devoir se retirer au prieuré d'Oign es, nouvellement bâti sur la Sainbre, et y mourut le 23 juin 1213, à l'âge de 36 ans. Le célèbre Jacques de Vitri, que la répulaiion de ses vertus avait attiré dans ce désert, a écrit sa Vie, qui a été insérée dans Surius et les Acta Sanctorum. On en garde le manuscrit à Oignies; Buisseret, évèque de Namur, l'a traduite en français, Louvain, 1609,in-12. On en a donné une nouvelle édition corrigée, Namur, 171D. Arnauld d'Audili y en a publié aussi une traduction, mais où il a fait plusieurs retranchements. Voy. Christine de Bhuzo.

MARIE-MADELEINE de LA TRINITÉ, fon jatrice de V ordre de la Miséricorde, avec le P. Y van, prêtre de l'Oratoire, naquit à Aix, en Provence, en 1616 ; son père était soldat, Elle fut élevée avec grand so n par sa mère, et fut demandée en mar;age, à l'âge de 15 ans, par un homme riche, dont elle refusa la main. Pour marche/ plus sûrement dans la voie du salut, elle se mit sous la direction du P. Yvan, qui composa pour elle un livre intitulé : Conduite à la perfection chrétienne. Une maladie dont elle fut affligée en 16-J2 lui tit prendr • la résolution de fonder l'ordre de la Miséricorde, pour y recevoir les tilles de qualité sans bi ns et sans dot. Marie-Madeleme exécut i heureusement ce pieux dessein. Cette sainte fondatrice établit à Aix, en 16^7, la première maison de son institut, dont elle fut la première supé-

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