‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 283 sur 323 · MA II · texte numérisé non relu

MA II

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i-ieure. Elle mourut saintement à Avignon en 1678. à 62 ans, après avoir fohié plusieurs maisons de son ordre. Voy. sa Vie, par le l\ Croiset, jésuite, Lvon, 1696, in-8°.

MARIE de L'INCARNATION, carmélite.

Vol/. ACARIE.

MARIE de L'INCARNATION, nommée auparavant Marie Guyert, ou Guyard, naquit à Tours le 18 octobre 1599. Après la mort de son mari, elle entra, à l'Age de 32 ans, chez les Ursulines, à Tours, où elle composa, pour l'instruction des novices, un très-bon livre intitulé : L'Ecole chrétienne. Appelée à la conversion des filles du Canada, elle passa à Québec en 1639, où elle établit un couvent de son ordre, qu' elle gouverna avec beaucoup de sagesse et de prudence. Elle y mourut en 1672, a 73 ans. Outre son Ecole chrétienne, on a d'elle un volume in-'i° de Retraites et de Lettres. Dom Claude Martin, son fils, a publié sa Vie; elle a aussi été écrite par le P. de Charlevoix, jésuite, 172V,in-12. Les écrits de cette religieuse respirent cette onction sublime qu'on ne trouve que dans )es sainte.

MARIE, dame du bourg de Bathecor, fille d'E:éazar, s'é ait réfugiée avec son mari dans Jérusalem; elle s'y trouva pendant le siège de cette ville par Titus. Une horrible famine réduisit les habitants à se nourrir de corps morts. Un jour les soldats, après lui avoir vidé ses bijoux, lui prirent encore tout ce qui lui était nécessaire pour la v e. Cette femme, mourant de faim, arracha de sa mamelle son fils, le tua, le fit cuire, en mangea une partie, et garda le reste pour une autre fois. Les soldats entrèrent à l'odeur de ce mets cruel, et la forcèrent de leur montrer ce qu'elle avait fait cuire. Elle leur offrit d'en manger ; mais ils en eurent tant d'horreur, qu'ils se retirèrent en frémissant. Ainsi se vérifiait la prophétie de Moïse, dans le cantique Audite, Cœii, faite quinze siècles auparavant : Congreqabo super illos mala, et sagittas mcas complebo in eis : consumentur famé.

MARIE-CLOïTLDE-ADÉLAIDE-XAVIÈRE de Fiance, reine de Sardaigne, née à Versailles le 23 septembre 1759, eut pour père le vertueux dauphin, fils de Louis XV, pour mère Marie-Josèphe de Saxe, et était par conséquent sœur de Louis XVI, de Louis XVlil et de Charles X. Placée entre les mains d'une sage institutrice, la comtesse de Marsan, et trouvant au sein de sa famille les modelés de la vertu la plus pure, la jeune princesse parut dans un âge très-tendre un modèle de sagesse et de piété. Après la mort de ses augusœs parmts et de son aïeul Louis XV, prémunie contre la séduction du monde et effrayée de ses dangers, elle se préparait à imiter l'héroïque sacrifice de sa tante, Madame Louise ue France, religieuse carmélite à Saint-Denis. Mai-. Dieu voulait donner au monde le modèle d'une piété courageuse et sublime ; il la retint sur un plus vaste théâtre, et par principe d'obéissance elle céda au vœu de son auguste frère Louis XVI, qui l'unit à Charles-Emmanuel, prince héréditaire de Piémont, le 27 août 1775. Madame

Clotilde touchait à peine à sa seizième année : elle se ren lit en Savoie. Au milieu des fêtes les plus brillantes, elle se fit remarquer par la modestie et la décence de ses vêtements, par son aimable affabilité et son res pect pour le roi et la reine de Sardaigne. Attentive à obliger son époux et à lui plaire, elle gagna son cœur tout entier, et sut constamment allier ce qu'elle devait à son Dieu avec les devoirs d'épouse, de fille et de princesse. Sa vigilance sur sa maison ne se démentit jamais; une rare prudence, une discrétion parfaite dirigeaient chacun de ses pas, et prêtaient à sa piété un nouveau lustre Son zèle pour la religion lui fit saisir avec empressement toutes les occasions de lui être utile par son pouvoir et ses biens, et surtout par ses exemples. Le chrétien fervent trouvait en elle un modèle et un sujet d'encouragement, le malheureux un appui, le pauvre une mère tendre, tous les genres de bunnesœuvres une protectrice, son époux, sa famil'e et sa maison un ange de paix et d'aménité. Le trône où la plaça, en 1796, la mort de son beau-père, Victor-Amédée III, ne fit que prêter un nouvel éclat à son mérite. Les secousses de la révolution française, après avoir désolé son âme par les maiheurs de sa famille, se firent sentir jusque dans le Piémont et renversèrent le trône de Charles-Emmanuel. La famille royale fugitive quitta ses Etats le 9 décembre 1798. La reine, négligeant ses douleurs, ne s'occupa que du soin de calmer et d'adoucir les peines de son époux et de ceux qui l'entouraient. L'adversité l'avait trouvée forte et préparée, et l'Italie qu'elle parcourut fut témoin de sa noble résignation; elle redoubla dès lors ses exercices de piété, ne chercha plus qu'à nourrir sa foi par les offices de l'Eglise et la fréquentation des sacrements, et ne parut plus tenir au monde que pour soulager encore les infortunés. Après avoir édifié tour à tour la capitale du monde chrétien et le royaume de Naples, elle tomba malade dans la capitale de ce royaume, reçut les derniers secours de l'Eglise, et mourut, le 7 mars 1802, figée de 42 ans. Aussitôt que sa mort fut connue, des personnes de tous les rangs accoururent en foule aux portes du palais du roi, et demandèrent avec ins tance quelques morceaux des vêtements de celle qu'ils proclamaient déjà pour sainte; ils les conservèrent comme de précieuses reliques. Pie VII, accédant au vœu de toute l'Italie et à sa propre conviction, la déclara vénérable, par un décret du 10 avril 1808. Sa béatification a été prononcée eu 1817.

MARIE (l'abbé Joseph-François), docteur de Sorbonne, né à Rodez le 25 novembre 1738, montra de bonne heure des talents pour l'instruction publique, et fut nommé professeur de philosophie au collège du Pie sis. Il succéda à l'abbé La Caille dans la place de censeur royal et dans la chaire de mathématiques au collège Mazarin. Il fut en 1782 nommé sous-précepteur des enfants du comte d'Artois. Voy. Guénée. Il sortit de France avec eux et suivit Louis XVIII dans

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ses différents voyages. Ce prmco l'employa dans plusieurs affaires. Il était aimé de la famille royale pour son caractère facile, et recherché pour l'agrément de sa conversation. On le trouva mort dans son lit, à Memel, le 25 février 1801. 11 avait un couteau enfoncé dans le côte" : on n'a rien pu savoir de positif sur ce triste événement. Il a aidé l'abbé Godescard dans la traduction des Vies des Pères et (hs Martyrs, 12 vol. in-8°; et donné une excellent!1 Edition des Leçons de mathématiques de l'abbé La Caille, considérablement augmentée et souvent réimprimée. On lui doit aussi une bonne réimpression des Tables de logarithmes de ce savant astronome, et de s 's Leçons d'optique. Les Mémoires de Chateaubriand sur le duo de Beiry renferment plusieurs lettres de l'abbé Marie a ce prince.

MAR1LLAC (Charles de), célèbre prélat, iils de Guillaume de Marillac , contrôleur général des finances du duc de Bourbon , naquit en Auvergne vers 1510. Il fut d'abord avocat au parlement de Paris, et s'y distingua tellement par son éloquence et par son savoir, que le roi François Ier le chargea de diverses ambassades importantes. Il devint abbé de Saint-Pierre de Melun , maître des requêtes, évoque de Vannes, archevêque de Vienne et chef du conseil privé. Dans l'assemblée des notables tenue à Fontainebleau , en 1560, il se lit admirer par une belle harangue. Elle roula entièrement sur la réformation des désordres de l'État, et sur les moyens propres h prévenir les troubles qui menaç ient le royaume de la part des huguenots. La douleur que lui causa la vue des maux qui allaient inonder la France le mit au tombeau le 2 décembre 1560, à 50 ans. On a de lui des Mémoires manuscrits, qu'on trouve dans plusieurs bibliolbèques. Le chancelier de L'Hôpital lui adressa un poëine.

MARILLAC ( Michel de ) , neveu du précédent , né à Paris le 9 octobre 1563 , avait été dans sa jeunesse un des plus zélés partisans de la ligue formée par les catholiques contre celle des huguenots. Porté à la piété, il se lit faire un appartement dans l'avant-cour des carmélites du faubourg Saint- Jacques , à Paris , afin de passer dans leur église quelques heures la nuit et le jour. Devenu maître des requêtes, il ne laissa pas de continuer à prendre soin des bâtiments et des affaires du couvent. C'est ce qui le fit connaître de Marie de Médicis , qui y allait souvent, parce qu'elle en était fondatrice. Cette princesse le recommanda au cardinal de Richelieu, qui le fil directeur des finances, en 162't, et garde des sceaux deux ans après. 11 fut impliqué avec son frère Louis , maréchal de France , qui fut un des principaux acteurs de la journée des dupes, dans une conspiration cwntre ce ministre, qui le fit enfermer au château de Caen, puis dans celui de Châteaudun. 11 y mourut en 1632 dans la pauvreté , quoiqu'il eût été pendant quelque temps dans les finances. 11 ne subsista dans sa prison que des libéra-

lités de Marie de Creil, sa belle-fille, qui fit encore les frais de ses modiques funérailles. ( Jean - François de Marillac , brigadier des armées du roi, gouverneur de Béthune , tué à la bataille d'Hochstet, en 170V , un an ' après son mariage , a été le dernier rejeton de sa famille.) Ce magistral publia en 1628 une ordonnance qui réglait presque tout. Mais ce code , appelé par dérision le code Michau, du nom de baptême de Marillac, fut rejeté par le parlement, et tourné en ridicule par les plaisants du barreau. Comme ce n'était qu'un recueil des anciennes ordonnances , et de celles qui avaient été faites aux derniers états généraux , on voyait bien que le mépris des officiers du parlement tombait moins sur l'ouvrage que sur son auteur. On a encore de lui : De l'érection des religieuses du Mont-Carmel en France , 1622 et 1627, in-8° ; une Traduction des psaumes, 1630, in-8°, en vers français, qui ne rendent que faiblement l'énergie de l'hébreu ; d'autres Poésies, bonnes pour le fond, mais faibles dans la manière ; une Dissertation sur l'auteur du livre de l'Imitation, qu'il attribue à Ccrsen. 11 existe deux Vies de Marillac, l'une par le Père Senault de l'Oratoire, l'autre par Lefebvre deLezeau: toutes deux sont inédites.

MARIN (Jean ) , né à Ocana, petite ville du diocèse de Calahorra en 165i, se fit jésuite en 1671, passa une grande partie de sa vie à expliquer l'Ec.iture sainte et à enseigner la théologie. 11 fut choisi pour être confesseur du prince Louis-Philippe, depuis roi d'Espagne , et mourut à Madrid le 20 juin 1725, peu de temps après son auguste pénitent , décédé à la Heur de sa jeunesse. Il est auteur d'un grand nombre d'ouvrages ascétiques et théologiques, entre autres d'une Théologie en 3 vol. in-ibl. , peu connue hors de l'Espagne.

MARIN 1" et II; Voy. Martin II et III , papes.

MARIN (Michel-Ange), religieux minime, vit le jour à Marseille en 1697, d'une famille noble originaire de Gênes, et fut employé de bonne heure en son ordre dans les écoles, dans les chaires et dans la direction. 11 fut quatre fois élu provincial. Fixé dès sa jeunesse à Avignon, il y prêcha la controverse aux Juifs avec un succès peu commun. C'est aussi dans cette ville qu'il fit imprimer différents ouvrages, qui lui firent une réputation distinguée parmi les écrivains ascétiques. Son nom pénétra jusqu'à Clément XI11, qui l'honora de trois brefs pleins d'éloges flatteurs et mérités. Ce pontife le chargea de recueillir en un seul corps d'ouvrage les Actes des martyrs. Il en avait déjà composé 2 vol. in-12 , lorsqu'une hydropisie de poitrine l'enleva à ses amis , c'est-à-dire , aux gens de bien , le 3 avril 1767, dans la 70e année ue son âge. Sa conversation respirait la vertu ; elle était animée par cette douce chaleur d'imagination qui se fait sentir dans ses livres. L s principaux sont : Conduite de la sœur Violet, décédée en odeur de sainteté, Avignon, in-12, Adélaïde de Witzbury, ou

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la Pieuse pensionnaire, in-12, souvent réimprimé; La parfaite religieuse, ouvrage solide et sagement écrit, in-12; Virginie, ou la Vierge chrétienne, roman pieux très-répandu, 2 vol. in-12; La Vie des solitaires d'Orient, 9 vol. in-12, ou 3 vol. in-4°; Le baron de Van - Hesden , ou la République des incrédules, 5 vol. in-12; Théodule , ou l'Enfant de bénédiction , in - 16 ; Farfalla , ou la Comédienne convertie, in-12; Agnès de Saint- Amour, ou la Fervente novice, 2 vol. in-12 ; Angélique , ou la Religieuse selon le cœur de Dieu,1 vol. in-12; La marquise de los Valientes, ou la Dame chrétienne, 2 vol. in-12; Retraite pour un jour de chaque mois, 2 vol. in-12; Lettres ascétiques et morales, ouvrage posthume, précédé de l'éloge de l'auteur, 17G9, 2 vol. in-12. Le Père Marin a su dans ses romans moraux conduire ses lecteurs à la vertu par les charmes de la fiction. L'éloge du Père Marin , inséré dans le Mercure du mois de juillet 1767, a été réimprimé en tête de ses Lettres spirituelles, et séparément avec des additions, Avignon, 1769, in-12 de 23 pages.

MARINE (sainte), vierge de Rithynie, vivait, à ce qu'on croit, vers le vnr siècle. Son père, nommé Eugène, se retira dans un monastère, et la laissa dais le monde à l'âge de la dissipation et des plaisirs. Cette conduite imprudente lui causa des remords.

Son abbé lui a,)ant demandé 1 > sujet de sa tristesse , il lui dit qu'elle venait du regret d'avoir laissé son enfant. L'abbé, croyant que c'était un fils , lui permit de le faire venir dans le monastère. Eugène alla quérir sa fille, lui coupa les cheveux, et la revêtit d'un habit de garçon, en lui recommandant le secres de son sexe jusqu'à sa mort. Elle fut reçae dans le monastère sous le nom de frère Marin, et y vécut d'une manière exemplaire. On dit qu'ayant été accusée d'avoir abusé de la fille de l'hôtel où elle allait quérir les provisions pour le monastère , elle aima mieux se charger de cette faute, que de déclarer son sexe. On la mit en pénitence à l.i porte du monastère, et on la chargea de l'éducation de l'enfant. Enfin elle mourut environ trois ans après. L'abbé ayant reconnu, après sa mort, ce qu'elle était, eut beaucoup de douleur de l'avoir traitée avec tant de rigueur. Ses reliques furent transportées de Constantinople à Venise, en 1230. Voy.

HlLDEGONDE.

MARIN1 (Pierre), prédicateurdu xvc siècle, qui vivait en Provence, était né en Italie, fit profession dans l'ordre des Augustins , et fut évoque de Glan lèves, confesseur et prédicateur du roi René qu'il accompagna dans plusieurs voyages. 11 mourut à Aix en 1467, laissant plusieurs volumes manuscrits de Sermons , et un Enchiridion , sive Manuale Psalmorum. Son frère lui succéda sur le siège de Glandèves.

MARINI (le Père Jean-Philippe). Voyez Mariny.

MARINIS (Léonard de), célèbre dominicain , tils du marquis de Casa-Maggiore, d'une famille noble de Gènes, naquit dans

l'île de Chio, en 1509. Le pape Jules III l'envoya nonce en Espagne. Il y plut tellement au roi Philippe II, par son esprit de conciliation, qu'il le nomma archevêque de Lanciano. Il parut avec éclat au concile de Trente, et ce fut lui qui dressa les articles qui concernent le sacrifice de la messe, dans la 22e session. Les papes Pie IV et Pie V, dont il avait mérité l'estime, lui confièrent diverses affaires importantes. Ses vertus et ses lumières lui acquirent l'amitié de saint Cbarles Borrnmée. Marinis mourut évoque d'Albe, en 1573, à 64 ans. Les barnabites lui doivent leurs constitutions. C'est l'un des évoques qui travaillèrent par ordre du concile de Trente a dresser le Catechismus ad parochos, Rome, 1566, in-fol., et a rédiger le Bréviaire et le Missel Romain.

MARINIS (Jean-Baptiste de), petit-neveu du précédent, né à Rome en 1597, secrétaire de la congrégation de l'Index, puis général des dominicains, mort le 6 mai 1669, à 72 ans, écrivait bien en latin et était respectable par ses mœurs. Il avait composé un Traité de la conception de la sainte Vierge, qui n'a pas vu le jour.

MARINIS (Dominique de), frère de ce dernier, se fit aussi dominicain, et devint archevêque d'Avignon, où il fonda deux chaires pour son ordre, et où il mourut en 1669. On a de lui des Commentaires sur la Somme de saint Thomas, imprimés à Lyon, en 1663, 1666 et 1668, 3 vol. in-fol.

MARINY ou mieux MARINI (Jean-Philippe], jésuite missionnaire, né l'an 1608 à Taggia dans l'état de Gênes, s'embarqua pour les Indes en 1638, évangélisa Je Tong-King pendant quatorze ans et fut nommé recteur du collège de Macao. ApVès un voyage en Europe, il devint provincial d'une des missions du Japon, où il mourut vers 1676, laissant : Délie missioni dé padri délia comp. di Giesu nella provincia del Giappone e particular mente di quella di Tunchino, Rome, 1657 et 1663, in-4°; Venise, 1665, 2 vol. in-12 ; trad. en français sous ce titre : Relation nouvelle et curieuse du royaume de Tonquinet de Lao... trad. de l'italien du P. Mariny, Romain, par L. P. L. C. C. (le P. Le Comte, célestin), Paris, 1666, in-4°. Cet ouvrage était estimé, et il peut être encore consulté avec fruit.

MARSO-BETJTNL Voy. Bettini.

MARION (Simon-Antoine), né le 11 juillet 1686, à Villeneuve dans la Franche-Comté, vint à Paris en 1712, après avoir reçu la prêtrise, et obtint une place à la bibliothèque du roi par la protection de l'abbé d'Estrées, qui l'attacha comme chef de bureau au conseil des affaires étrangères. Un mémoire qu'il rédigea sur la situation politique de la France à l'égard de Ja Hollande lui mérita une pension sur la cassette du roi. Nommé prieur de Rouvre et chanoine de Cambrai après la mort de son prolecteur, il mourut dans cette ville le 6 mars 1758. L'abbé Marion fut l'éditeur du Recueil des statuts synodaux du diocèse de Cambrai, Paris, 1739, 2 parties in-4°, auquel il ajouta des pièces intéressantes pour

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l'histoire de cette église. 1! publia un Vanillé très-exact de ce diocèse, un Recueil de dires relatifs au siège le Cambrai, et il lit graver la suite des portraits des prélats qui l'ont occupé. Il fit paraître dans le Journal de Verdun, d'avril 1755, une Lettre critiqué sur lu nouvelle histoire de France, .Ma ruelle l'abbé Velly répondit dans la préface de son troisième tome. Marion s*était appliqué avec succès aux antiquités, a la numismatique, à la littérature, et il savait l'hébreu, l'italien, l'allemand, l'espagnol, le portugais et l'anglais.

.MARION (Eue). Voy. Allut.

MARITI (Jean), né a Florence, embrassa l'état ecclésiastique et alla dans l'île do Chypre, où il séjourna de 1760 à 1768. Il parcourut la Syrie et la Palestine, et mourut vers 1798,laissant : Voyage dansl'iledeChyprc, la Syrie et la Palestine, Lucqucs et Florence, 1769-1776, 9 vol. in-8°, figures. Les quatre premiers volumes, qui contiennent la relation des voyages de l'auteur, et qui renferment des détails curieux sur l'île de Chypre et sur la partie de la Syrie la plus voisine de la Palestine, ont été traduits en français, en 2 vol in-8°, Paris, 1791. Les derniers volumes consacrés à l'histoire de Jérusalem ne valent pas la relation du voyage. Histoire du temple de la Résurrection, ou de l'église du Saint-Sépulcre, Livourne, 1787, in-8°; Histoire de Faccardin, grand émir des Druses, Livourne, 1787, in-8" ; Sur le vin de Chypre, 1772, in-8° • etc.

MARIUS (Léonard), natif de Goës en Zélande, fut docteur et professeur en théologie à Cologne, vicaire général du chapitre de Harlem, et pasteur du béguinage à Amsterdam. Il se rendit habile dans les langues grecque et hébraïque et dans 1 Ecriture sainte, et travailla avec zèle et souvent avec un succès éclatant à la conversion des hérétiques. Il a laissé un bon Commentaire sur le Pentateugue, Cologne, 1621, in-folio, et la Défense catholigue de la hiérarchie ecclésiastique, contr e Marc-Antoine de Dominis, Cologne, 1619. Ces écrits sont en latin : l'auteur mourut à Amsterdam, le 18 octobre 1652, à l'âge de 6i ans. On conserve au collège de Sainte-Pulchérie a Louvain, un grand nombre de précieux manuscrits de ce savant sur l'hcriture sainte.

MARIUS MERCATOR. Voy. Mercator.

MARLORAT (Augustin), né en Lorraine l'an 1506, entra jeune chez les Augustins ; mais il sortit de cet ordre pour embrasser le calvinisme, et s'acquit de la réputation dans son parti. Il déclama beaucoup contre la foi catholique au colloque de Poissy en 1561. Les calvinistes ayant commencé les guerres civiles l'année suivante, le roi prit Rouen ; et Marlorat, qui était ministre en cette ville, et un boute-feu de sédition, y fut pendu en loii2, à 56 ans. On a de lui : des Commentaires sur l'Ecriture sainte, peu estimés ; et un livre qui a été plus consulté que ses Commentaires ; il est intitulé : Thésaurus locorum communium sanctœ Scripturœ, commenté par Feuguières, calviniste de Rouen,

mort en 1613, Londres, 1574, in-folio, et Genève, 1624.

MARLOT (dora Guillaume), né on 1596, a

Reims, se lit bénédictin, fut grand prieur dé Saint-Nii ,nso à Reims, et mourut en 1667 au prieuré de FivrS, près de Cille en Flandre. 11 a donné : Metropolis Rhemrnsis llistoria, a Flodourdo primant auctius diyestu, demum aliunde accersitis plurimum aucta et illustrata, et ad nostrum hoc sœculum fideli- Irr deducta, Lille, 1666, et Reims, 1079, 2 vol. in-folio, Le Théâtre d'honneur et de magnificence préparé an sacre des rois, 1654, in-V, et d'autres ouvrages.

MARNE (J eau-Baptiste de), né à Douai lo 26 novembre 1699, se lit jésuite en 1716, devint oonfesseup de Jean-Théodore de Bavière, cardinal, évoque et prince de Liégo, et mourut dans celte ville en 1756. Nous avons de lui : La Vie de saint Jean Népomucme, Paris, 1741, in- 12; Histoire du comté de N Ormur, Liège, 175V, in-4", enrichie de plusieurs Dissertations critiques. En 1780, on en a donné à Rruxelles une nouvelle édition, en 2 vol. in-8', augmentée de la Vie de l'auteur, et de notes par AI. Paquot, qui dit que « cette « histoire est sans contredit la mieux écrite « que nous ayons parmi toutes celles des « provinces belgiques, et presque la seule « qui mér te le nom d'Histoire, toutes les « autres n'ayant ^uière que la forme d'an- « nales, ou de chroniques, sans compter « les hors-ii'œuvre, le défaut de style et de « critique. » Le P. de Marne avait entrepris une histoire de la principauté de Liéce, et les matériaux qu'il avait assemblés à cet effet lui p raissant suffire pour celle du comté do Namur, il donna celle-ci pour pressentir lo goût du public, on attendant qu'il fût en état de faire paraître l'autre; mais la mort le prévint.

MARNIX. (Philippe de), seigneur du Mont- Sainte-Al legonde, né à Bruxelles en 1538, fut disciple de Calvin à Genève, et se rendit habile dans les langues et dans le droit. A peine de retour aux Pays-Bas, il fut contraintd'en sortir, et se retira dans le Palatinat, où il lut conseiller ecclésiastique de l'él cteur. Mais C tari es-Louis-Guillaume, prince d'Orange, l'ayant redemandé quelque temps après, l'employa dans différentes affaires. Elu consul d Anvers, il défendit vainement cette ville contre le duc de Parme, qui s'en rendit maître on 1585. Marnix mourut à Leyde en 1538, à 60 ans, dans le t imps qu'il travaillait à une version flamande de la Rible. On a de lui : des Thèses de controverse, Anvers, 15^0, in-folio; une Epître circulaire aux protestants; Apiarium, sive alvearium romanum, Bois-le-I)uc, 1571 : ouvrage où l'on trouve des germes d'athéisme, réfuté victorieusement par Jean Coens, curé à Courtrai ; Tableau où Von montre la différence entre la religion chrétienne et le papisme, Leyde, 1599, in-8u. Une haine forcenée contre l'Eglise catholique fait le caractère de tous ce» ouvrages. St;ada l'appelle Hominem ingeniosissime nequam. Sa physionomie annonçait cette odieuse et dangereuse qualité. Il paraît cependant qu'à la tin de ses jours il avait perdu de son

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fanatisme. Après la prise d'Anvers il publia un livre où il comblait d'éloges Alexandre de Parme et condamnait la rébellion. Aussi, depuis ce moment, ne fut-il plus employé par les Hollandais.

MAROLLES (Michel de), abbé de Villeloin, naquit au bourg de Genille, en Touraine, le 22 juillet de l'année 1600. Il entra de bonne heure dans l'état ecclésiastique, et obtint, par le crédit de son père, maréchal-de-camp, qui s'était signalé dans la ligue, doux abbayes, celle de Beaugeraiset ccllede Villeloin. Il était né avec une ardeur extrême pour l'étude, et il Ja conserva jusqu'à sa mort. Depuis l'année 1619, qu'il mit au jour la Traduction de Lupain, jusqu'en 16S1, qu'il publia, in-V, 17//stoire des comtes d'Anjou, il ne cessa de travailler avec une application infatigable. S'il ne fut pas le plus élégant des traducteurs, on lui a du moins l'obligation d'avoir frayé le chemin à ceux qui vinrent après lui. La plupart l'ont traité avec indécence dans leurs préfaces, après avoir profité de son travail. Malgré sa sécheresse, il est communément exact et fidèle à rendre, non-seulement le sens, mais tous les mots do la phrase qu'il traduit. 11 entenda t très-bien la langue de ses originaux, mérite qui n'est pas toujours le partage de nos modernes faiseurs de traductions. L'abbé de Marolles avait beaucoup d'érudition, et il se signala dans tout le cours de sa vie par son amour pour les arts. II fut l'un des premiers qui recherchèrent avec soin les estampes. Il en rassembla près de cent mille, dont il forma un recueil qui est aujourd'hui un des ornements du cabinet du roi. il se môla d'être poète, et enfanta, en dét>it d'Apollon, cent trente-trois mille cent vingt-quatre vers, parmi lesquels il y en a deux ou trois de bons. Il disait un joui' à Liriière : « Mes vers me coûtent peu. — Ils « vous coûtent ce qu'ils valent, » lui répon it ce satirique. L'abbé de Marolles mourut à Paris en 1681, h 81 ans. A l'imitation du président de ïhou, il avait fait imprimer avant sa mort ses Mémoires que l'abbé Goujet a publiés en 1755, en 3 vol. in-12. C'est un mélange de quelques faits intéressants et d'une infinité d'anecdotes minutieuses et insipides. On a encore de lui : des Traductions de Plaute, de Térence, de Lucrèce, de Catulle, de Virgile, d'Horace, de Juvénal, de Perse, de Martial, 1635, 2 vol. in-8° ; de Stace, d'Aurélius- Victor, d'Ammien-Marcelliii, de Grégoire de Tours, 2 vol. in-8° ; d'Athénée : celle-ci est très-rare ; une suite de l' Histoire romaine de Coëtfeteau, in-fol. ; une Version du Bréviaire romain, 4 vol. in-8°; les Tableaux du temple des Muses, tirés du cabinet de Favereau, sont estimes des curieux. Ils virent le jour à Paris, en 1655, infol. ; cette édition a été etfacée par celle d'Amsterdam, 1733, in-fol. Les planches ont été dessinées par Diépenbeck, et gravées la plupart par Bloëmaert. Cet infatigable écrivain avait commencé à traduire la Bible. S rpris, dit-on, par le fameux Isaac La Peyrère, Marolles inséra dans sa version les noies de ee visionnaire. L'archevêque de Paris, de

Harlay, en fit saisir et brûler presque tous les exemplaires. Il ne nous en reste que la traduction des livres de la Genèse, de l'Exode, et des 23 premiers chapitres du Lévitique. Cette version fut imprimée à Paris en 1671, ïn-lbl. Deux Catalogues d'estampes, curieux et recherchés, 1666, in-8°, et 1672, in-12. L'une de ces collections est au cabinet des estampes du roi et forme 22i vol. reliés en maroquin. Voyez, pour avoir la suite des œuvres de Marolles, les Mémoires de Nicéron, tome XXXII. — Son neveu, Clau le de Marolles, est connu par deux volumes de Sermons assez estimés. Il avait été jésuite, et mourut a Paris en 1792.

MARON (Jean), écrivain syrien, du parti des monothé ites, a donné, selon quelques auteurs, son nom aux maronites. Fauste Naironi, disciple d'Abraham Echellensis, a combattu fortement cette opinion, dans une Dissertation publiée a Borne en 1679, et a dérivé le nom de Maronites de ce Maron, célèbre anachorète du ive siècle, dont Théodore! a écrit la Vie. Il va une lettre de saint Chrysostome à un Maron, moine et prêtre ; c'est sans doute le même. On peut consulter la préface du Missel syriaque des maronites, im rimé à Borne. Voij. Naironi.

MABOT (Clément] , naquit à Cahors en' Querci l'an 1495. 11 fut, comme son père, valet de chambre de François Ier, et page de Marguerite de France, femme du duc d'Alençon. Il suivit ce prince en 1521, fut blessé et l'ait prisonnier à la bataille de Pavie. Clément Marot s'appliqua avec ardeur à la poésie, et s'y rendit supérieur à son pèr \ De re our à Paris où il complaît se dédommager des peines qu'il avait souffertes à l'armée, il éprouva plus d'une sorte de contrariétés : car au mil eu des succès qu'il avait eus à la cour, il n'avait pas laissé que de s'y faire un grand nombre d'ennemis. Ses écrits licencieux, la légèreté de sa conduite et de ses discours, le inépris qu'il semblait afficher pour les pratiquas religieuses, l'avaient fait dès longtemps soupçonner d'hérésie : il en fut ouvertement accusé à son retour, et fut obligé de comparaître devant le lieutenant criminel, auquel il protesta en vain de la pureté de sa foi ; envoyé dans les prisons du Châtelet, la seule faveur qu'il put obtenir ensuite fut d'être transféré de ce lieu obscur et malsain dans les prisons de Chartres, où les vis. tes qu'il reçut des personnes les plus distinguées delà ville adoucirent un peu l'ennui de sa captivité. Ce fut là qu'il écrivit son Enfer, satire sanglante contre les gens de jusiiee, et qu'il retoucha le Roman de la Rose. Il ne sortit de prison qu'après la d ■ 1 i— vrance de François Ier, en 1526. A peine futil libre, qu'il reprit son ancienne vie. Une nouvelle intrigue avec Marguerite, reine de Navarre, qu'il ne cacha pas plus que ia première , lui causa des chagrins non moins mérité-. Toujours fougueux, toujours imprudent, il s'avisa de tirer un criminel des mains des archers. Il fut mis en prison, obtint son élargissement, donna dans de nouveaux travers, et fut ooligé de -s'enfuir à

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r.onève. On prétend que Marot corrompit dans cette ville la femme de son hôte, et q te la peine rigoureuse qu'il avait raison aappréhetider, fut commuée en celle du fouet, h la recommandation de Calvin. Do Genève il passa a Turin, où il mourut dans l'indigence en 1544-, à 49 ans. Ce poète avait beaucoup d'agrément et de fécondité dans l'imagination; mais le goût qui devait la régler lui a manqué. On a de lui des Epîtrcs, des Elégies, des Rondeaux, des Ballades, des Sonnets, des Epigrammes. Si Marot lit fleurir les ballades, il ne montra pas pour rimer des chemins tout nouveaux, comme l'a dit Boileau. Toutes les formes de poésie légère qu'on trouve dans son recueil existaient avant lui ; mais il n'en est guère qui no lui doive quelques fleurs. On ne saurait préciser ce qu'il a changé aux règles de l'art, et h vrai dire la langue lui doit peu, si elle lui doit quelque chose. L'ouvrage de Marot, qui fit le plus de bruit est sa Traduction des Psaumes, qui fut censurée par la Sorbnnne. Cotte version est entièrement dénuée de cotte sublimité ravissante et de celte poésie d'expression qui caractérisent l'original. Etait-il possible que Marot, dont tout le mérite consiste dans l'art do plaisanter avec un tour épigrammatique, dans un style le plus souvent comique, trivial et bas, rendît l'harmonie et la noble simplicité de l'hébreu? Il chante les louanges de l'Etre suprême du même ton dont il avait célébré les charmes d'Alix. Pour chanter des objets tels que ceux dont les Psaumes sont remplis, ou pour en parler dignement, il faut être pénétré de l'esprit qui a inspiré ces divins cantiques, et cela est bien loin de l'esprit de secte et de la manie de dogmatis t. De la le ton pédant et didactique, la sécheresse et l'ennuyeuse verbosité de presque tous les ouvrages de piété composés par des gens de parti. Voy. Bauiuu., Kempis, Le Maistre, Pascal. Le langage de Marot a tellement vieilli, que ses Psaumes sont aujourd'hui inintelligibles : nouvelle preuve de la sagesse avec laquelle l'Eglise catholique emploie dans sa liturgie une langue immuable et universelle.

MARQUERONT (Dents-Simon de), cardinal, archevêque de Lyon, né à Paris en 1572, fut nommé archevêque en 1612, et mourut à Rome en 1620, à l'âge de 5V ans. Il se rendit célèbrepar ses diverses ambassades et parl'étendue de son zèle. Il avait établi une congréga ion de docteui s qui s'assemblaient une fois la semaine clans son palais, pour traiter des affaires concernant le diocèse dont il était chargé. Ce fut par son conseil que S. François de Sales mit en clôture les religieuses de la Visitation, que ce dernier avait fondées.

MARQUER (Louis), jésuite, né a Vannes le 11) octobre 1653, enseigna les mathématiques à Nantes, et la philosophie successivement à Eu, àOrléans et àRouen, puisla philosophie scolastiquedanslescollégesd' Amiens, d Vannes, de La Flèche, et à Paris, et mourut à La Flèche, le 28 avril 1725. Outre sa collaboration pendant quatorze ans aux Mémoires de Trévoux, on doit au P. Marquer

l'arrangement et la publication dos Nouveaux mémoires des missions de la Compagnie de Jésus dans le Levant, Paris, 1717 et années suiv., 7 vol. in-12. 11 laissa déplus quelques manuscrits. ■

MARQUETS (Anne des), native du comté d'Eu, religieuse dominicaine à Poissy, possédait les langues grecque et latine, et faisait asse^ bien les vers. On a d'elle : une traduction en vers français de poésies pieuses et des Epigrammes de Flaminio, avec le latin en regard, Paris, 1569, in-8° ; traduction, d'après les vers latins do Claude d'Espence, dos Collectes de tous les dimanches, Paris, 1605, in-8°. Elle entretenait un commerce hitéraire avec ce savant, qui lui lit une gratification clans son testament. Sonnets et devises, Paris, 1562. Anne perdit la vue quelque temps avant sa mort, arrivée vers 1588.

MARQUETTE (Joseph), jésuite, natif de Laon, fut envoyé comme missionnaire au Canada. La grande connaissance qu'il avait acquise de ces contrées, et le respect que sa vertu inspirait aux Indiens, engagèrent l'intendant Talon à le choisir avec Jolyet, bourgeois de Québec, pour aller reconnaître le cours du Mississipi. Ceux-ci accompagnés de quelques Français accomplirent avec succès leur mission, puis Marquette resta chez les Miamis, qui habitaient le fond du lac Michigan, tandis que Jolyet allait à Québec rendre compte de leurs recherches. Marquette mourut le 18 mai 1675, au moment où il venait de dire la messe, près d'une petite rivière où il était entré en allant de Chicagou à Michillimakinac. La Relation de ce jésuite a été publiée par Thévenot, dans un petit volume imprimé pour faire suite à sa grande collection, et intitulé : Recueil de voyages, Paris, 1681, 1 vol. in-8°.

MARQUEZ (Jean), religieux augustin, né à Madrid en 156'*, professa la théologie avec distinction à l'université de Salamanque, fut élevé aux premières dignités de son ordre, et mourut le 17 février 1621, laissant : Les deux situations de la Jérusalem spirituelle, sur les Psaumes cxxv et cxxxvi, Médina del Campo, 1603, in-4° ; Salamanque, 1610, in- 4°; Le Gouverneur chrétien, tiré des Vies de Moïse et deJosué, princes du peuple de Dieu, Salamanque, 1612 et 1619, in-fol. ; plusieurs fois réimprimé ; trad. en français, Nancy, 1621 ; en Italien, Naples, 16V6*; Origine de Vordre de Saint-Augustin, Salamanque, 1618, in-fol.; Vie du P François deOrozco, qui a été publiée par Fr.-Th. de Herrera.

MARR1ER (dom Martin), religieux de Cluny, fut pendant quinze ans prieur de Saint-Martin-des-Champs. 11 était né à Paris le 4 juillet 1572, et mourut dans la même ville en 1644, à 72 ans. On lui doit un recueil curieux et très-utile aux historiens ecclésiastiques : il le publia in-fol., en 1614, sous le titre de Ribliotheca cluniacensis , avec des notes que lui fournit André Duchesne, son ami. C'est une collection de titres et de pièces concernant les abbés de Tordre de Cluny ; on v trouve ouelaues Vies

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des hommes illustres de cet ordre. On a encore de lui l'Histoire latine du monastère de Saint-Martin-des-Champs, où il avait fait profession, in-4-% Paris, 1637. D. Germ. Cheval a publié la Vie de D. Marrier, Paris, 1G44, in-8° de 30 pages, avec son portrait.

MARRON (Paul-Henri), pasteur calviniste et président du consistoire de Paris , né à Leyde , le 12 avril 1754 , d'une famille protestante réfugiée , originaire du Dauphiné, fut nommé , en 1782 , chapelain de la légation hollandaise à Paris. Après l'édit de novembre 1787, il quitta cette place, et les calvinistes de Paris l'élurent pour leur pasteur. Il se montra favorable à la révolution, fut un des premiers à renoncer à son culte, et, le 15 oct. 1793, il porta à la Convention quatre coupes d'argent , en faisant remarquer que c'étaient les seules pièces d'argenterie de son culte. Cependant il fut incarcéré, et, après la terreur , il reprit ses fonctions. En 1802 il proposa un projet d'organisation du culte protestant qui ne fut pas adopté; mais il réussit à se faire nommer président du consistoire et pasteur du temple établi à l'Oratoire. En 18 M Mgr Lecoz , archevêque de Besançon , ayant imaginé d'écrire aux ministr s protestants, à Paris , pour les inviter à trava lier h la réunion des deux églises, Marron lui répondit par une lettre qui a été imprimée dans le recueil de Rabaut, sous ce titre : Détails historiques sur les projets de réunions. L'auteur y déclare qu'il a adopté pour règle de ses instructions religieuses le catéchisme de Vernes , à l'usage de toutes les communions chrétiennes; or, comme dans cet ouvrage, Vernes no parle ni de la Trinité, ni du péché originel , ni des sacrements, ni même d ' l'Incarnation, il s'ensuit que le ministre Marron n'enseignait lui-même que le déisme ou le socinianisme. Marron était un homme de lettres; il avait de l'habileté et de l'adresse; ses confrères lui reprochaient même d'aimer l'intrigue et de rechercher les faveurs. 11 a fait des vers latins pour l'empereur et pour les Bourbons. Sous la restauration , il obtint quelque crédit au/très de l'abbé de Montesquiou , et plus tard du diic Decazes. Il prit une part active, en î.817, à la réunion des luthériens et des calvinistes, qui se fit dans le temple des Billettes. Il fournit un gran 1 nombre d'articles au Journal encyclopédique, au Magasin encyclopédique, à la Revue encyclopédique, recueils dans lesquels il était spécialement chargé de rendre compte des ouvrages de la littérature hollandaise ; donna plusieurs notices à la Biographie universelle , de Michaud , et était un des rédacteurs de la Galerie française. Marron mourut le 31 juillet 1832 , âgé de 78 ans.

MARSILE, ou MARSILLE, ou MARCILLE de Padoue, surnommé Menandrin , fut recteur de l'université de Paris , dans laquelle il avait étudié et professé la théologie en 1312. On a de lui plusieurs ouvrages sur les droits du sacerdoce et de l'empire; mais en voulant défendre les empereurs contre les entreprises des papes, il tombe dans l'extré-

mité opposée, et écrit en homme passionné. Il est le premier qui, sans désavouer expressément la puissance ecclésiastique, entreprit de la ruiner , par un système qui l'enlevait des mains des premiers pasteurs. Il enseigna, dans son livre intitulé : Defensor pacis (car c'est toujours au nom de la paix que les défenseurs de l'Eglise lui déclarent la guerre), qu'en tout genre de gouvernement, la souveraineté appartenait à la nation ; que le peuple chrétien avait seul la juridiction ecclésiastique en propriété; que, par conséquent, il avait seul le droit de faire des lois, de les modifier, de les interpréter, d'en dispenser, d'en punir l'infraction, d'instituer ses chefs pour exercer la souveraineté en son nom , de les juger et de les .déposer, même le souverain pontife; que le peuple avait confié la juridiction spirituelle au magistrat politique, s'il était fidèle; que les pontifes la recevaient du magistral; mais que si le magistrat était intidèle , le peuple la conférait immédiatement aux pontifes mêmes; que ceux-ci ne l'exerçaient jamais qu'avec subordination à l'égard du prince et du peuple, et qu'ils n'avaient , par leur institution, que le pouvoir de Tordre , avec une simple autorité de direction et de conseil , sans aucun droit de juridiction dans le gouvernement ecclésiastique , telle que serait l'autorité d'un médecin ou d'un jurisconsulte sur les objets de leur profession. Ce monstrueux système était trop favorable aux hérétiques pour ne pas trouver des partisans. Le moyen le plus sûr d'accréditer l'erreur est de détruire, s'il est possible, l'autorité qui la proscrit. Aussi tous les sectaires qui sont venus après Marsile ont-ils adopté la môme doctrine , non-seulement contre l'Eglise , mais encore contre le prince. (Yoy. RicHER.)Mais jamais cette erreur n'a fait plus de progrès que dans le xvme siècle , où chez toutes les nations , des compilateurs ont entassé des volumes, pour faire de la hiérarchie un chaos politique et une véritable anarchie. Outre le Defensor pacis, on a de Marsile : De translatione imper ii romani; un traité De jurisdictione imper iali in causis matrimonial ib us , in-fol. Marsile, se mêlant de tout, avait aussi exercé la médecine. 11 mourut en 1328.

MARSILE de INGEN, ainsi nommé du lieu de sa naissance, qui est un bourg dans le duché de Gueldre, fut chanoine et trésorrier de Saint-André de Cologne, et fondateur du collège d'Heidelberg. 11 mourut dans cette ville en 1394, après avoir mené une vie extrêmement pénitente. On a de lui des Commentaires sur le Maître des sentences, imprimés à Strasbourg, en 1501, in-fol.

MARSIS (Ambroise) , né à Gourdon , dans le Quercy , en 1733 , fut curé de cette ville, et y mourut en 1815, laissant plusieurs productions : Exercices de dix jours de retraite, pour toute sorte de personnes, et en particulier pour celles qui sont consacrées à Dieu dans l'état religieux, Paris, 1775, 2 vol. in-12; Discours pour convaincre l'incrédulité, ramener les prolestants, convertir les pécheurs, 1777, in-12; Portrait du saint prêtre dans

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1'Histoirç de M. Raudus, vicaire général, Vil— lefranche, in-12.

MARSOU IKR (Jacques), né a Paris, on 1647, d'une bonne famille de robe, pril l'habit de chanoine régulier de Sainte-Geneviève. Il fut envoyé à Uzès pour rétablir le bon ordre dans le chapitre de cette ville , pour lors régulier. Marsollier s'y fixa , et en fut ensuite prévôt, dignité dont il se dém t en faveur de î*abbé Poncet, depuis évoque d'Angers. On travaillait alors à séculariser la cathédrale d'Uzès; mais cette affaire n'ayant pas été terminée dans ce temps-là, Marsollier fut fait archidiacre. 11 mourut dans cette ville en 1724 , a 78 ans , après avoir publié plusieurs histoires qu'on lit avec plaisir. Son style est en général assez vif et assez coulant. Quoiqu'il emploie quelquefois des expressions très-familières et môme basses, il est pourtant facile de sentir qu'il cherche l'ornement. 11 y a un air trop oratoire dans la plupart :e ses discours : extrêmement long dans ses réc ts , il ne les finit qu'à regret, et y môle souvent des circonstances minutieuses. Ses digressions sont trop fréquentes et trop prolixes. Ses portraits ont une espèce d'uniformité ennuyeuse, et plus de vérité que de finesse. Il a encore le défaut .s'annoncer fréquemment ce qu'il doit dire dans la suite de son histoire, et ces annonces interrompent la narration et enlèvent le plaisir de la surprise. On a de lui : Y Histoire du cardinal Ximenès, 16 3, 2 vol. in-12, et réimprimée plusieurs fois depuis. (Voy. Fléchier.) Histoire de Henri VU, roi d'Angleterre, réimprimée en 1727, en 2 vol. in-12. C'est , suivant quelques critiques, le chef-d'œuvre de l'auteur. Histoire de l'inquisition et de son origine, in-12, 1G93, reproduite plus tard h Paris, avec des augmentations, en 2 volumes in-12. ( Voy. Limborch. ) La Vie de saint François de Sales , en 2 vol. in-12. Elle a été réimprimée plusieurs fois , et traduite en italien par l'abbé Salvini. La Vie de Mme de Chantai, 2vol.in-12, souvent réimprimée.

La Vie de dom Rancé, abbé et réformateur de la Trappe, 1703 , 2 vol. in-12. La vérité n'a pas toujours conduit sa plume, comme dom Gervaise le démontre dans un Jugement critique, etc., imprimé à Troyes, en ilkï, in-12. {Voy. Gervaise Armand-François.) La c nduite de l'abbé Marsollier est peinte d'une manière fort désavantagea se dans la préface de cet ouvrage. Entretiens sur plusieurs devoirs de la vie civile, in-12, 1715. Sa rao aie est verbeuse. L' Histoire de Henri de La Tourd'Auvergne, duc de Bouillon, en3v. in-12, peu estimée. Une Apologie d'Erasme, in-12, qui a souffert des contra, actions. {Voy. ïrasme.) Histoire de V origine des dîmes et autres biens temporels de l'Eglise, Lyon, 1689, in-12. C'est le moins commun de tous les ouvrages de Marsollier, homme savant et laborieux, mais dont la manière de voir avait quelque chose de paradoxal , et dont le jugement ne paraissait pas toujours dirigé par des principes bien fermement établis. On dirait quelquefois qu'il cherche plutôt a se distinguer qu'adiré Je vrai. Dans son Histoire de l'inquisition, il

n'a pas fait difficulté de copier le protestant et socinien Limborch; et. dans son Apologie d'Erasme, il est de si bonne composition, qu'il aurait presque lui-môme besoin d'apologie. On peut consulter sur cet écrivain, Marsollier découvert et confondu dans ses' contradictions , 170**, in-12, et les Mémoires de Nicéron, tom. Vit et X.

MARTEL (Gabriel), jésuite, né au Puyen Velay le 14 avril 168i), remplit avec succès les différents emplois de sa compagnie jusqu'à sa mort , arrivée le 14 février 1750. Il est connu par un ouvrage intitulé: Le Chrétien dirigé dans les exercices d'une retraite spirituelle, 2 vol. in-12. Ce livre a été réimprimé en 1764 avec des augmentations considérables. Ou a encore de lui : Exercice de la préparation à la mort, 1725, in-12.

MARTÈNE (Edmond), bénédictin de Saint- Maur, né le 22 décembre 165V à Saint-Jeande-Losne, au diocèse de L&ngres, se signala dans sa congrégation par des vertus et par des recherches. L'élendue de ses connaissances n'ôta rien à la simplicité de ses mœurs, et son amour pour l'étude ne ralentit point son assiduité aux offices et aux exercices claustraux. Une attaque subite d'apoplexie l'enleva à la république des lettres, en 1739, à 85 ans. On a de lui un grand nombre d'ouvrages. Les principaux sont : un Commentaire latin sur la règle de saint Benoît , Paris, 1(590, in-4°. C'est une compilation, mais elle est bien faite, et c'est en partie dans ce livre que dom Calmet a puisé le sien sur la môme matière. Un traité De antiquis monachorum ritibus , Lyon, 1690, 2 vol. in-4° ; et 1733, in-fol. ; un autre Traité sur les anciens rites ecclésiastiques touchant les sacrements, en latin, Rouen , 1700 et 1701, 3 vol. in-4°. Il y a un tome IVe, publié en 1706 ; un Traité latin sur la discipline de l'Eglise dans la célébration des offices divins, in-4°; un Recueil d'écrivains et de monuments ecclésiastiques , qui peut servir de continua' ion au Spicilége de dora d'Achery. Il parut en 1717 sous ce titre : Thésaurus novus anecdotorum, 5 vol. in-fol.; Voyage littéraire, publié avec dom Durand, Paris , 1717 et 1724 , en 2 vol. in-4° ; Velerum scrtptorum et monumentorum historicorum, dogmaticorum et moralium am-< plissima collectio , Paris , 172i-29-33 , 9 vol. in-fol.; etc. Tous ces ouvrages sont des trésors d'érudition. L'auteur y ramasse avec beaucoup de soin tout ce que des recherches laborieuses et une lecture immense ont pu lui procurer ; mais il se borne à recuei Iïf , et il ne se pique pas d'orner ce qu'il écrit. Il a laissé en manuscrit des Mémoires pour servir à l'histoire de sa congrégation. Le Père Labat , dans son Voyage d'Italie et d'Espagne, tome V, page 297 , fait contre lui une sortie qui cont ent des reproches fondés , mais qui vers la lin devient si véhémente q Telle est presque comique. On peut consulter pour plus de détails sur ce laborieux écrivain, Y Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur.

MARTHE, sœur de Lazare et de Marie, était une fille de qualité, qui demeurait avec son

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frère et sa sœur à Béthanie, près de Jérusalem. Le Sauveur honora plusieurs fois de sa présence la maison de cette vertueuse famille. Un jour que Marthe était fort occupée à le bien recevoir, et se plaignait de ce que sa sœur état assise aux pieds <!e Notre-Seigneur pour l'écouter, au lieu delà seconder dans son travail , le Sauveur lui répondit : « Marthe , Marthe , vous vous empressez et « vous vous troublez parle soin de beaucoup « de choses : une seule chose cependant est « nécessaire. » Après la mort de Lazare, son frère, elle al'a au-devant de Jésus - Christ , et lui dit : Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ; Jésus lui répondit : Votre frère ressuscitera. Marthe témoigna depuis qu'elle le reconnaissait pour le Christ et le Fils du Dieu vivant. Elle le servit à table quelque temps après à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux , et depuis ce temps il n'est plus parlé d'elle dans l'Evangile. Voy Lazare et Madeleine.

MARTHE (Anne Biget , connue sous le nom de sœur), née à Thoraise, village situé près de Besançon, le 26 octobre 174*8, s'est rendue célèbre par son infatigable charité. Elle entra fort jeune, comme tourière , au couvent de la Visitation de Besançon, où ses ve tus appelèrent sur elle l'attention de la présidente, madame de Garon, pensionnaire du couvent , et celle de M. Durfort , archevêque du diocèse , qui lui donnèrent les moyens d'exercer sa générosité parmi les malheureux et les prisonniers. Après la suppression des établissements religieux en 1792, sœur Marthe, qui n'avait [tour subsister qu'une modique pension de cent trentetrois livres et le revenu très-modique d'une petite maison , partagea ces faibles ressources avec les pauvres. Pendant nos troubles politiques, elle accourait au secours de toutes les victimes , quelle que fût la bannière qu'elles eussent suivie ; on vit surtout éclater son dévouement lorsque la guerre encombra nos hôpitaux de blessés de toutes les nations. Tous les malheureux, disait-elle, sont mes amis. En 1815, une fête lui fut donnée dans la prison militaire, située près de Chamars, par des Français, des Autrichiens, des Hongrois , des Prussiens , des Busses , des Polonais , des Espagnols , des Italiens , des Suisses, des Anglais. La société d'agriculture de Besançon lui avait décerné, en 1 anIX, une mé aille d'argent portant cette légende : Hommage à la vertu. En 1814, une croix particulière , frappée en son honneur, lui fut adressée par le ministre de la guerre, et les souverains étrangers lui envoyèrent des décorations et des secours considérables.

Louis XVilI lui avait fait aussi l'accueil lo plus flatteur. Sœur Marthe mourut le 29mars 18.^4, à Besançon, dans sa 76e année. M. Biget , son neveu , peintre distingué , obtint la sui vivance de ses décorations : ce fut son seul héritage; cartons les trésors de la sœur Marthe avaient passé dans les mains des pauvres.

MARTIAL (saint), évoque et apôtre de Limoges, sous l'empire de Dèce, est plus connu

par la tradition que par les anciens historiens. On lui attribue deux Epitres qui ne sont pas de lui.

MARTIANAY(domJEAN),néàSaint-Sever- Cap, au diocèse d'Aire, en Gascogne, le 30 décembre 16i7, entra dan, la congrégation de Saint-Maur. Il s'y distingua par son application à l'étude du grec et de l'hébreu; il s'attacha surtout à la critique de l'Ecriture «ainte, et ne cessa de travailler jusqu'à sa mort, arrivée à Saint-Germain-des-Prés en 1717 , à 70 ans. On a de lui et du Père Pouget une nouvelle édition de saint Jérôme en 5 vol. in-fol., dont le premier parut en 1693, et le dernier en 1706. Cette édition offre des prolégomènes savants ; mais elle n'est ni aussi méthodique, ni aussi bien exécutée que celles de plusieurs autres Pères données par quelques-uns de ses confrères. Elle trouva des censeurs parmi les protestants et les catholiques. Simon et Le Clerc la critiquèrent avec vivacité et quelquefois avec justesse. On lui reprocha principalement de n'avoir pas orné son texte de notes grammaticales et tbéologiques , et d'avoir distribué dans un ordre embarrassant les Lettres de saint Jérôme , qu'il a mêlées tantôt avec ses commentaires, tantôt avec ses ouvrages polémiques. Le stvle de ses préfaces , de ses prolégomènes et de ses notes, n'est pas assez naturel. Malgré ces défauts, l'édition de ce saint Père par Martianay est la meilleure que nous ayons. La Vie de saint Jérôme, 1706, in-k° : l'auteur l'a tirée des propres écrits du saint : aussi est-elle un tableau fidèle. Deux Ecrits en français, 16S9 et 1693, 2 vol. in-12, dans lesquels il défend , contre le Père Pezron , bernardin , l'autorité et la chronologie du texte hébreu de la Bible. Us sont savants , mais mal écrits et pleins u'aigreur. Vie, de 'Madeleine du Saint - Sacrement , caimélile, 1711, in-12. Il a encore donné le Nouveau- Testament en français avec des Scolics , les trois Psautiers de saint Jérôme , et une ancienne Version de l'Evangile selon saint Mathieu, qui n'avait pas vu le jour : elle parut l'an 1695; un Commentaire manuscrit sur l'Ecriture sainte, où il se proposait d'expliquer le texte sacré par lui-même; nia;s il n'eut pas le temps d'achever cet ouvrage utile. Le dernier ouvrage qu'il fit imprimer est une Apologie de la bulle Unigenil^s. On trouve sur dom Martianay un article très-étendu et très-exact dans l'Histoire littéraire de laCongrégation de Saint-Maur.

MARTIGNAC (Etienne Algay, sieur de), né à Brives-la-Gaillarde , en 1620, et selon Moréri, en 1628, a donné en français diverses traductions en prose de quelques poètes latins. Elles sont meilleures que celles qu'on avait publiées avant lui sur les mèm'S auteurs ; mais elles sont fort au-dessous de celles qui ont. vu le jour depuis. Il a traduit : les trois Comédies oe Ter» nce , auxquelles les solitaires de Port-Royal n'avaient pas voulu toucher ; Horace; Perse et Juvénal ; Virgiie ; Ovide tout entier, en 9 vol. in-12. Ces versions sont en général fidèles, exactes et claires; mais elles manquent d'élégance

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