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ment; Massaeus lui répondit solidement, mais avec autant de modération que Desnautère avait mis d'emportement à l'attaquer. Chronicorum multiplicis historiée utriusque Testament lib. xx , Anvers, 1540, in-fol. Celte chronique est estimée. On dit que l'auteur employa cinquante ans à la faire, il a mis à la lêt.' un calendrier égyptien, hébraïque, macédonien et romain; ce qui montre qu'il était versé dans les mathématiques aussi bien que dans l'histoire et les belles-lettres.
MASSÉ (Pierre), dénionographe, né dans le xvr siècle au Mans, où il exerça la profession d'avocat, est auteur d'un ouvrage intitulé : De l'imposture et tromperie des diables, devins, enchanteurs, sorciers, noueurs d'aiguillettes, chevilleurs, nécromanciens, chiromanciens cl autres qui, par telle invocation diabolique, artsmaqiques et superstitions, abusent le peuple, Paris, 15*79, in-8°, rare et curieux. A la suite on trouve deux opuscules intitulés, l'un: Traite' des maléfices, sortilèges et autres sciences diaboliques, arec les Scolies sur le livre de Tobie, dont se veulent aider et fonder les sorciers, par René Benoît; l'autre : Déclamation contre l'erreur desdits maléficiers et sorciers, par le P. Nodé , minime. Massé mourut postérieurement à 1584. Il avait promis une Suite à ton ouvrage, où il traiterait de la divination légitime ou permise; et il av;<it de plus composé un livre contie les athées, juifs et autres sectes, sous ce titre : Les cinq points d'erreur.
MASSIEU (Guillaume), membre de l'académie des belles-lettres et de l'académie française, naquit à Caen en 1665. Etant venu achever ses études à Paris, il entra chez les jésuites. Il en sortit dans la suite, et se chargea de l'é :uca ion du tils de M. de Sacy, de l'académie française. L'abbé Massieu contracta une amitié étroite avec Tourreil et avec plusieurs autres savants. Il fut nommé, en 1710, professeur en langue grecque au collège royal, place qu'il remplit avec distinction jusqu'à sa mort, arrivée à Paris en 1722. L'a bé Massieu était un homme vrai, simple, modeste, orné seulement de sa ve.tu et des richesses de son savoir. Profond dans la connaissance des langues anciennes, il en profita pour connaître les génies des plus beaux siècles d'Athènes et de Rome. On a de lui : plusieurs savantes Dissertations, dans les mémoires de l'académie des Inscriptions; une belle Préface à la tête des OEuvres de Tourreil, dont il donna une nouve'le édition en 1721. Il avait entrepris une Traduction de Pindare avec des notes; mais il n'en a donné que six odes. Le feu et l'enthousiasme de l'original ne se retrouvent point dans celte version. On estime davantage les notes que M. de Vauvilliers a jugées propres à orner son Essai de Traduction du même poète. Histoire de la poésie française, in-12, etc. Les recherches curieuses dont elle est remplie et l'élégante ^implicite du st., le rendent cet ouvrage aussi utile qu'agréable. Un Poè'/ne lalin sur le café, que l'abbé d'Ol.ve-; a publié dans son recueil ue quelques poètes latins modernes. L'ouvrage de l'abbé Massieu ne dépare.
point cette collection. Une édition très-correcte du Nouveau Testament en grec, Paris, 1715. 2 vol. in-12. Boze a publié l'Eloge de Massieu dans le recueil de l'académie des Inscriptions.
MASSIEU (Jean-Baptiste), évêque constitutionnel du département dç l'Oise, né à Vernon, en Picardie, était curé de Sergy en 1789, et fut député <*u clergé du bailliage de Senlis aux Etat>< généraux. Il fut un des prend rs curés qui se réunirent au tiers état, dev nt secrétaire de l'assemblée en décembre 1789, prêta serment à la nouvelle conslit' tion civile du clergé, et fut élu évoque constitutionnel de l'Oise en février 1791. Nommé député à la convention , il vota la mort de Louis XVI sans appel et sans sursis. Le 11 novembre 1793, i' écrivit a la convention qu'il renonçait à ses fonctions et qu'il allât se marier; en effet, il épousa la (ille du maire de Givet. Massieu était alors en mission dans les Ardennes. Il y signala son zèle patriotique par des vexations et des cruautés do toute espèce, particulièrement contre les prêtres. ' Toi t ce qui avai rapport au culte fut l'objet particulier de ses fureurs. On lit dans les Annales de la religion, rédigées par les constitutionnels, qu'il fq joignit aux clubistes de Mé/ières et <ie Charles ille pour promener un mannequin représentant le pape, vêtu d'habits pontificaux et perte sur un fine ; que de là il se rendit avec sa bande dans les é lises, où l'on mit tout au pillage, et où l'on commit toutes sortes de profanations. Il prononça lui-même, dans l'église de Sedan, un discours contre le fanatisme. Sa conduite donna lieu à de vives plaintes après !a terreur. Il fut arrêté le 9aoA;t 1795, ma-s amnistié par la loi du 2Y octobre de la înênif année. 11 obtint, en 1797,1a piacede professe! r à l'école centrale de Versailles, et ensuite celle d'archiviste au buieau de li guerre. Ob'igé de quitter la France par la loi du 12 janvier 1816, comme régicide, il se retira dans les Pays- Bas, et rnour. t a Bruxelles le 6 juin 1818, On a de 1 i une Traduction d • Lucien, Paris, 6 vol. in-12, qui passe po.ir être mieux écrite que celle de Belin de Bailu; mais elle lui est bien inférieure pour l'exactitude et l'érudition. MASSILLON (Jean-Baptiste), fis d'. n notaire d'Hières en Provence, né le 24 juin 1663, entra dans la congrégati. n de l'Oratoire en 1681. Ses supérieurs lui ayant soupçonné, pendant son cours de régence, des intrigues avec quelques femmes, l'envoyèrent dans une de leurs maisons au diocèse de Me ux. Il fit les premiers essais de l'art oraoire à Vienne en Dauphiné, pendant qu'il professait la théologie. L'Oraison funèbre de Henri de Viliars, archevêque de celte ville, obtint tous les suffrages. Ce succès engagea le P. de La Tour, alors général de sa congrégaiion, à l'app 1er à Paris. Lorsqu'il y eut fait quelque séjour, il lui demanda ce qu'il pen>ait des prédicateurs qui brillaient sur ce grand théâtre : « Je leur trouve, répondit-il, bien de Kespiït et du talent; mai-s si je prêche, je ne prêc'.erai pas comme eux. » Il tint paroie : il precha^et U s'ouvrit une roule nou--
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voile. Le P. Bnvtnlnlou'1 fut excepté au nombre «le ceux qu'il ne se proposait point d'imiter. S'il ne le prit pas en tout pour son modèle,, c'est qu< jépie le ortait à un
Dutregenre d'élbqui : a i omme
un conquérant redoutable, i l aîn , sqhju- .111', force d ■ .se rei de la rai-
; Massill m, comme un négoi ialeur habile, irocèae avec moins de rapidité, mais avec >lus de douceur. L'un s'àdress • à l'esprit, et e domino; l'autre s'attache a l'âme, la captive et l'attendrit, 1.*' premier a la dignité, la force et le feu continu do l) mnsthènes ; le second, l'adr sse e iÇicér m. Après
■ ,, Versailles, il i ; la qi même de
Louis Xi >' : « on I ère, qi i entendu
« les auli ,-con-
« tent d'eux. Pour voi -, toutes les fois que « je vous . . . j'ai été tri ontent
« de moi-même. » Eu 1704, le Père Massil- Ion parut pou,- la s 'ronde fois à la <our, et y parut encore plus élo ruent (|ue la première. Les éloges flatteurs qu'il y recueillit n'altérèrent i oint sa modestie. Un de ses confrères le félicitant sur ce qu'il venait de prêcher admirablemi nt, suivant sa coutume : « Khi laissez, mon Pè'e, lui répond it-il, le diable me l'a déjà dit plus éloquemment que vous. » Les occupations du ministère ne l'empochèrent pas de se livrer à la société; il oubliait à la campagne qu'il était prédicateur, sans pourtant blesser la décence. S'y trouvant chez M. de Crozat, ceiui-ci lui dit un jour : « Mon Père, votre morale m'effraie; mais votre faeon de vivre me rassure. » Il se peut qu il ait quelquefois accordé un peu trop à la complaisance ou à ue pressantes sollicitations, comme il lui arriva dans la suite à 1 égard du licencieux Dubois, auquel il eut la faiblesse de donner une attestation pour être prêtre, et, ce qui est plus grave encore, de le consacrer évoque. Son esprit < e conciliation le lit choisir dans les affaires de la Constitution , pour raccommoder le cardinal de Noailles avec le saiut-siége; il ne négli0ea rien pour lui persuadei l'indispensable né ci ssité d'acquiescer aux décrets du souverain pontife, acceptés de l'Eglise universelle; mais le temps où le cardinal devait être persuadé n'était pas encore venu. Le régent le nomma, en 1717, à l'évôché de Clermont. Destiné l'année suivante à prêcher devant Louis XV, qui n'avait que neuf ans, il composa ces discours Si connus sous le nom de Petit-Carême, qu'on regarde communément comme son meilleur ouvrage, quoiqu'un homme de l'art en ait jugé très-différemment*. On souhaiterait que les ornements y fussent moins prodigués, les répétitions et les paraphrases [dus rares. Mais les circonstances peuvent servir à excuser ces défauts. L'anbayede Savigny ayant vaqué, le cardinal Dubois la lui tit accorder. L'oraison funèbre ue la duchesse d'Orléans, en 1723, fut le dernier discours qu'il prononça à Paris. Depuis, il ne sortit plus de son diocèse, où sa douceur, sa politesse et ses bienfaits lui avaient gagné tous les
cœurs. En deux ans il fit porter secrètement 20 mille [ivres à l'Hôtel-Dieu de Cderninnt. 11 se faisait un niais i d sembler desoratorions et des jésuites à sa maison de campa .ne, et de les faire jouer comble. Son d ai se le perdit en ["tk2; il éla t âgé de 79 aies. Le caractère de son éloquence, est nn
ton sine le, noble, intéressant, affectueux» naturel; un st. le pur, cor. cet, élégant, qui pénètre \ âme, s. ns la contra ndre ni l'agiter. « Maillon, dit l'abbé .»!aury, a rarece ment des tiails sublimes; mais s'il est au- « devons de sa propre renommée comme « orateur, il est sans doute au premier rang « comme écrivain, et nu) n'a porté le mérite du « style à un plus ha uj degré de perfe lion : il « s'est occupé do cette partie de l'éloquence « jusqu'à 'a tin de ses jours. On trouva dans « son portefeuilles après sa mort, douze édi- « tions de ses Soi mous qu'il retouchait sans « cesse d puis sa promotion à l'épiscopai, et « gui par conséquent n'ont jamais éié pro- « nopeés en chaire tels que nous les lisons « aujourd'hui. Massillon avait conservé dans « sa vieillesse toute la pureté de son goût; « mais il avait perdu toute la vivacité de son a imagination, et il travaillait beaucoup j lus « alors le style que le fond de ses discours; « aussi ne voulut-il jamais revenir à son Pe- « tit -Carême, qu'il avait écrit d'abord avec « plus de soin; et je ne crois point attaquer « la gloire de l'immortel Massillon, je pense « au contraire lui rendre ici un nouvel hom- « mage, en osant avancer que ce Petit-Ca- « réme, cité longtemps comme sou chef- « d'oeuvre, me parait 1 une de ses plus faibles « productions oratoires. Tous les plans de « Massillon se ressemblent; et outre cette « monotonie don! on est frappé quand on ht « ses sermons desuite, il s'j borne ord.naire- « ment à combattre les prétextes, et n'entre « peut-être pas assez avant dans le fond de « ses sujets... Souvent cet excellent auteur, « trompé par sa fécondité, ne nourrit point « assez d'idées son style enchanteur, et il « perdrait beaucoup, sans doute, s'il était « jugé sur cette maxime de Fénclon : Un bon « discours est celui où on ne peut rien rets, trancher sans couper dans le vif. Qu< Jque « fois ses raisonnements sont dénués de la « justesse, de la force, peut-être de la grâce vite qu'il était si digue de leur donner. » Le neveu de Massillon nous a donné une bonne édition des OEuvres de son oncle, à Paris, en 17i5 et 1746, en 14 vol. grand in-12, et 12 tomes petit format. Parmi les éditions qui ont été données depuis, nous mentionnerons celle de Méquigi on, 1818, en 14- vol. in-8°, impiimé • par Cellot et Hubert. On y trouve : un Avent et un Carême complets ; plusieurs Oraisons funèbres, des Discours, des Panégyriques qui n'avaient jamais vu le jour. « Les Oraisons funèbres, « dit l'auteur des Trois siècles de la littéra- « ture, sont la partie la plus fa.ble. On peut « dire que .uassiJJon, avec tout l'appareil de «l'éloquence, y c>t moins éloquent que « partout ailleurs. Quelques-uns des sujets « qu'il a traités étaient propres à lui fournir
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« do grands traits. Il paraît avoir méconnu « et le (on qui leur convenait, et les grandes « ressources par lesquelles il pouvait les faire « valoir. L'oraison funèbre du prince de Conti « sent le rhéteur; elle o lirait cependant au «grand peintre mille tableaux intéres - « sants. » Dix Discours, connus sous le nom de Petit-Carême, très-souvent réimprimés.
Les Conférences ecclésiastiques qu'il lit dans le séminaire de Sainl-Ma gloire, en arrivant à Paris; celles qu'il a faites à ses curés pendant le cours de son épiscopat , et les Discours qu'il prononçait à la tète des synodes qu'il assemblai! tous les ans; des Paraphrases touchantes sur plusieurs psaumes.
L'auteur de tant de morceaux d'éloquence aurait souhaité qu'on eût introduit l'usage de lire les sermons, au lieu de les prêcher de mémoire : il lui était arrivé, aussi bien qu'à deux autres de ses confrères, de rester court en chaire, précisément le môme jour. Ils prêchaient tous les trois à diiférentes heures un vendredi saint. Ils voulurent s'aller entendre alternativement. La mémoire manqua au premier; la crainte saisit les deux autres, el leur fit éprouver le môme sort. Quand on demandait à notre orateur quel était son meilleur sermon : Celui que je sais le mieux, répondait-il. On attribue la même réponse au Père Bourdaloue. Le célèbre Père La Rue pensait, comme Massillon, que la coutume d'apprendre par cœur avait bien des inconvénients ; mais il faut convenir que l'usage contraire en aurait de plus grands encore ; qu'il anéantirait l'action de l'orateur, gênerait la déclamation et affaiblirait infiniment 1 attention de l'auditoire. On pourrait peut-être concilier les difficultés, en autorisant l'usage de jeter de temps à autre un coup d'œil sur le papier. L'abbé de La Porte a recueilli, en 1 vol. in-12, les idées les plus brillantes et les traits les plus saillants répandus dans les ouvrages de l'évoque de Clermont. Ce recueil a paru à Paris en 1748, in-12, et forme le 15e vol. de l'édition grand in-12, et le 13e du petit in-12; il est intitulé : Pensées sur différents sujets de morale et de piété, tirées, etc. Il a paru, en 1729, sous le nom de Massillon, des Maximes sur le ministère de la chaire ; cet ouvrage est (ni Père (iaichies. [Voy. le n° 10,901 du Dictionnaire des Anonymes.) Tabaraud a donné, en tète d'une édition des OEuvres choisies de Massillon, Paris, Dcleslre-Boulage, 1824, 6 vol. in-8°, une Notice el le fac-similé d'une lettre inédite. Les OEuvres complètes de Massillon font partie de la Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés, publiée par M. Migne, en 60 vol. in-4°. D'Alembert a fait son Eloge, qui se trouve dans le premier volume de Y Histoire de V Académie, 1779; la ville d'Hières a décerné une statue à cet illustre prédicateur, en 1817
MASilNI (Chaules-Ignace), prêtre de l'Oratoire, né à Césène le 16 mai 1702, se rendit habile dans la connaissance de l'Ecriture sainte et des Pères, et de l'histoire ecclésiastique, et termina par une sainte mort, le 23 mars 1791, à l'âge de 89 ans, une vie passée
dans ,a pratique de toutes les vertus. Il était aveugle depuis 25 ans , et il supporta cette infirmité avec beaucoup de résignation. Massini a laissé : Vita dcl venerabile padre Mr.rianodeSozzinidcï Oratorio di Roma,Rome, 1747. Cette vie avait été ébauchée par le cardinal Leandro Colloredo. Le P. Massini refondit son travail et y mit la dernière main. Depuis , elle fut réimprimée avec des additions de Massini , et la Vie d'une célèbre et pieuse dame romaine , nommée Fiamiuia Papi, ouvrage du même P. Mariano Sozziui; Vita del N.-S. Gcsu-Cristo , tirée des saints Evangiles, Rome, 1759. Elle avait été composée en français par l'abbé Le Tourneux , et traduite en italien, Rome, 1757. Le P. Massini y fit des changements importants, et l'enrichit d'Observations morales ; Vita del N.-S. Gcsu-Cristo, con un appendice che con~ tiene 14 Meditazîoni sufla passione di Gesu- Cristo , uri Istruzionc per assister alla santa messa , etc., Rome, 1761 , souvent réimprimée à Venise , à Turin et ailleurs. L'Appcndix fut aussi imprimé à part , con un brève esercizio di divozioneper le DomerJchc e f-.:sie del Signore, etc. ; Raccolta délie Vite de1 Santi per ciascheduno giorno dcll'anno, erc, Rome, 1765, 13 vol. in-12; Seconda Raccolta che contiens V Appendice délie Vite de' Santi per ciascheduno giorno dcll' anno, Rome, 1767, 13 vol. in-12. A la tête se trouve la Vie de la sainte Vierge, du savant P. Micheli , de la même congrégation, qui eut une grande part à ces travaux du P. Massini. Ces deux recueils, souvent réimprimés, complètent l'hagiographie du Nouveau Testament, et offrent ce que l'histoire ecclésiastique contient de plus authentique et de plus édifiant, mis dans un ordre parlait et exposé dans un style simple , mais qui ne manque ni de clarté ni d'élégance. Parmi les autres ouvrages du P. Massini , on cite une traduction italienne du livre de l'Imitation.
MASSON (Innocent Le), chartreux, né à Noyon en 1628, fut élu général de cet ordre en 1675 , et fit rebâtir la grande Chartreuse, qui avait été presque entièrement réduite en cendres. Il s'acquit un nom pv sa vertu et par ses livres de piété. SonmeilLeur ouvrage est sa nouvelle collection des Statuts des Chartreux, avec des notes savantes, Paris , 1703 , in-fol. , très-rare. Il y a cinq parties. La cinquième, contenant les privilèges do l'ordre, manque quelquefois. Il avait donné, en 1683, ['Explication de quelques endroits des statuts de l'ordre des Chartreux , petit in-4° qui doit avoir 166 pages. Ceux qui finissent à la page 122 ne sont pas complets. C'est une réponse à ce que l'abbé de Rancé avait dit des chartreux dans ses Devoirs de la vie monastique. Cet auteur mourut eu 1703 , à 75 ans, après avoir été, pendant toute sa vie, ennemi zélé des disciples de Jansénius , qui ne l'ont pas épargné dans leurs écrits , et l'ont traité de mauvais théologien , de faux mystique, etc. Si , en se déclarant poar une secte, on peut être exalté jusqu'aux nues par ses partisans, il faut s'attendre aussi d'être ravalé jusqu'au néant
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lorsqu'on se déclare contre. Foy. Commiue , sainl Vincent de Pu l.
MASSON (Antoine), religieux minime, mort à Vincennes en 1700, dans un Age avancé, se lit un nom dans son ordre par sa pié é, pars >n savoir et par ses ou1 rages. Les principaux sont : Questions curieuses, historiques et morales sur In Genèse, i"-12; YHistoire de Noé et du déluge universel, 10K7, in-12; V Histoire du patriarche ibraham, 1088, in-12; un Truite des marques de la prédestination , et quelques autres livres de piété , nourris dos passages de l'Ecriture sainte et àVs Pères. —Il ne faut pas le confondre avec Claude M vsson, prêtre de l'Orat >ire, dont on a des S rmons pour un Avent , un Carême, des Myst'rcs, Panégyriques, etc., Lyon,* 1693. M. l'abbé Migne s publié les Œuvres (oratoires) comptes de Giroust, de D Orléans, et Sermons choisis deMasson, en lvol. in-V\ faisant partie de la collection des Orateurs saerés. MASSON (Jean), ministre réformé, né en France vers 1080, mort vers 1750, s'était retiré en Angleterre pour y professer les nouvelles opinions. On cite de lui : Jani Templum reseratum, seu Traetntus chronologico-historicus, etc., Ams erdam, 1700, in-8°; Lettres critiques sur la difficulté qui se trouve entre Moïse et saint Etienne, relativement au nombre des descendants de Jacob qui passèrent de Chanaan en Egypte , Utrecht , 1705 , in-8°; Vila Horatii, Leyde, 1707 ou 1708, in-8° ; Vita Ovidii , Amsterdam , 1708 , j etit in-8° ; Vila Plinii Secundi , ibid. , 1709, petit in-8° ; Vita JEl. Aristidis , à la tête de l'édition des Discours de ce rhéteur, publiée par J.'bb, Oxford, 1722; des Notes sur les inscriptions recueillies par Gruler, dans l'édition de Grœvius , Amsterdam , 1707 , h vol. in-fol. ; sur les Médailles des rois de la Comagène, dans le Tesoro britannico , par Hayin ; Ânnus solaris antiquus, in-fol., dont le prospectus seul , à ce qu'il | araît , a été publié. On lui a attribué par erreur la Vie de Uayle , publiée sous le nom de Lamonnoye, et qu'il faut, suivant Barbier, restituer à Du Revest, écrivain réfugié.
MASSON des GRANGES (Daniel Lé), prêtre, né en 1700, mort, en 1700, avait autant d'esprit que de piété. Les particularités <le sa vie sont ignorées; mais on connaît beaucoup son excellent ouvrage intitulé : Le philosophe moderne, ou V Incrédule condamné au tribunal de la raison, 1759, in-12; réimprimé en 1765 avec des additions considérables. Les v/rité-s que l'auteur traite sont rebattues; mais il les présente dans un nouveau jour, et eu dépouillant les preuves de la religion de ce qu'elles ont de trop a jstrait, il les met à la p rtée de tout le monde.
MASSOULIÉ (Antonin), né à Toulouse en 1632, se fil dominicain en 16i7. 11 fut prieur diins la maison du noviciat à Paris , puis provincial de la province de Toulouse , enfin assistant du général de son ordre en 1686. Ci» modeste religieux refusa un évôché qui lui fut offert par le grandduc de Toscane. Il mourut à Rome en 1706, à 1% ans , honoré des regrets et de l'estime
des savants de son ordre. Son principal ouvrage est un livre en 2 vol. in-fol., intitulé : Diras Thomas sui interpres de motione divina et liber ta te creata , etc. 11 lâche d'y prouver que les sentiments de l'école des dominicains sur la prémotion physique, la grAce et la prédestination, sont véritablement les sentiments de saint Thomas , .et non point des inventions de Bannez , comme quelques auteurs l'ont prétendu. L'ouvrage fut attaqué par les théologiens de Dou ri l'an 1722, et l'affaire fut portée à Rome, qui rendit, le 18 juillet 1729, un décret favorable a Massoulié. Voy. Benoit XIII. Il réfuta aussi les quiéti^tos dans deux écrits, publiés in-12, 1699 et 170i.
MASSUET (dom René), bénédictin de la congrégation de Sainl-Maur, né h Saint-Ouen de Mancelles, au diocèse d Evreux, en 1G06, professa la philosophie et la théologie dans plusieurs maisons de son ordre. 11 étudia le grec à Rouen; et, en 1703, il se fixa à Paris, dans l'abbaye de Saint-Germain des Prés. Il a publié : une édition de saint Irénée, imprimée chez Co'gnard, à Paris, in-folio, 1710; plus ami le et plus correcte que les précédents, et enrichie de préfaces, de dissertations et de notes. Ces dissertations donnent un nouveau jour à des matières qui peutêtre n'avaient jamais été bien éclaircies. Le cinquième volume des Annales de Tordre de Saint-Benoit; une Lettre d'un ecclésiastique au II. P. E. L. J. (révérend Père Etienne Langlois, jésui'e), dans laquelle il répond à une brochure contre l'édition de saint Augustin, donnée par ses confrères {Voy. Augustin); une seconde édition du Saint Bernard fie dom Ma i Ion. Dom Massuet mourut en 1716, à 50 ans. Son érudition, son application au travail, et les qualités de son cœur, lui méritèrent les regrets de sa congrégation. Il mériterait un éioge complet, sans ses liaisons avec un parti occupé à semer dans l'Eglise la d vision et le trouMe, en combattant ses plus solennelles décisions, comme on le voit par ses Lettres, publiées par Schelhorn dans le tome XIII des Amœnitates litterariœ.
MASTROFIN1 (l'abbé), mort à Rome le k mars 18i5, âgé de pius de H0 ans, auteur de plusieurs ouvrages très-savanis, était célèbre en Italie et dans les pays étrangers, comme métaphysicien, jurisconsulte et philologue. 11 était consulteur de la congrégation des affaires ecclésiastiques et membre du collège philologique de l'université romaine. 11 n'était pas moins recommandaole par sa fervente piété que par son vaste savoir.
MATERNE (saint), succéua à saint Valère dans le gouvernement de l'Eglise de Trêves, vers la fin du me siècle. Il quitta ce siège pour fonder celui de Cologne, qu'il remplit jusqu'à sa mort. Il assista à deux conciles tenus contre les donàtistes, l'un à Rome, l'autre à Arles. Son corps fut transporté à Trêves, dans l'église de Saint-Mathias, où i! fut enterré auprès de saint Eucher et de saint Valere, ses prédécesseurs. Pappo, archevêque de Trêves, le transféra de là dans l'église métropolitaine en 10.37. Quelques lé-
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finies le font mal à propos disciple de saint
Pierre.
MATERNDS. Voy. Firmicus Maternus.
MATHA. Voy. Jean de Math a.
MATHAN, prêtre de Baal, fut tué devant l'autel de ce fa; x dieu, par les ordres du grand prèire Joiada , vers l'an 880 avant Jésus-Christ.
. MATHAN, fils d'Eléazar, fut père de saint Jacob et aeul de saint Joseph, é\ oux de la sainte Vierge.
MATHA T, fils de Lévi et père d'Héli, que Von croit être le môme que Joacbim, père de la Vierge Marie. Voy. Joachiu.
MATHATHA, fils de Nathan et père de Menna, un des ancêtres de Jésus-Christ, selon la chair.
MATHATHIAS, fils de Jean, de la famille des Machabées, prêtre du Seigneur-, descendant d'Aaron par Uéazar, se rendit f rt célèbre pendant la persécution d'Antio^us Epiphanes. Les abominai ions qui se commettaient à Jérusalem après la pri.se de cette ville l'obligèrent de se retirer avec ses fils dans celle de Modin, où il était né. Ses fils étaient Jean, Simon, Judas, Eléazar et Jnmthas. Il n'y fut pas longteums sans voir arriver Jes commissaires envoyés par Antiochus pour contraindre ceux de Modin à renoncer à la Ici de D eu et à sacrifier aux idoles. Plusieurs cédèrent à la violence; mais Mathathias déclara publiquement qu il n'obéirait jamais aux ordres iijustes d'Aniiochus. Comme il cessait de parler, il aperçut un Israélite qui •s'avançait pour sacrifier aux idoles. Ai ime à ■l'instant d'un enthousiasme divin, il se jette sur cet homme et sur l'officier qui voulait le forcer h cette impiété, et les tue tous les deux sur l'autel même où ils alla eut sacrifier. Cette action ayant fa t du brui , il s'enfuit sur les monîagnes avec ses fils et un ^rand nombre d'Israélites. Alors, formant un corps d'armée, il parcourut tout le pays, détruisit les autels dédiés aux faux dieux et rétablit le culte du Seigneur. Ce grand homme, sentant i;uj sa fin approchait, ordonna à ses fils de choisir pour général de leurs troupes Judas Machai)ée. Il les bénit ensuite, et mourut après avoir gouverné Israël durant l'espace d'une année, vers la 166e avant Jésus-Christ. C'est par lui que commença la principauté des Asmonéeus , qui dura jusqu'à Hétode. La grande sacrificature y fut toujouis j.oinle depuis son fils Judas Machabée, qui en fut revêtu le premier. Voy. Judas Machabée.
MATHATHIAS, fils de Simon, petit-fils du grand Mathathias, fut tué en trahison avec son père et un de ses frères, par Piolémée, son beau-fré.pe , dans le château de Doeh, l'an 135 avant Jésus-Christ.
MATHENEZ, en latin Mathenesius ou Matenesius (J: an-Frédéric de), né à Cologne vers 1570, docteur en théologie, professeur d'histoire et de langue grecque, puis chanoine et curé de Saint-Cunibert, dans- sa ville natale, donna ses soins aux pestiférés, et mourut de la contagion le 2i août 16i2. <:'éùùl un critique savant, qui exerça sa Diurne sur des matières singulières; son
style est trop négligé. On a de lui : De triplici coronationc germanica , lombardica et romana, Cologne, 1622, in-4°; De luxu et abusu vestium; Crilices christianœ Ubri duo, Cologne, 1611, in-8°. Voyez Biblioth. Colon., du P. Hartzheim.
MATHER (le R'W. Richard), ecclésiastique anglican, né l'an 1596 dans le comié de Lancasfer, passa en Amérique, devint ministre de Dorchesfer , dans le Massachusseis , et mourut en 1669, laissant : un Discours sur l'Eglise presbytérienne; Modeste et fraternelle réponse nu livre de Herle , '646 ; un Catéchisme; Traité de la justification, 1652, etc. Il eut trois fils, Samuel, Nathanael et Ei.éazar, qui embra seront aussi l'état ecclésiastique.— Le premier, qui naquit en 16 16, suivit son pèr ■ en Amérique, puis, revenu dans sa patrie, devint ministre à Dublin, et mourut en 1671. On cite de lui : Avertissement salutaire pour un temps de liberté, 1652; Défense de la religion protestante contre le papisme, 1671; lrenicum, ou Essai pour l'union contre les presbi/tériens, les indépendants et les anabaptistes ; Traité contre les liturgies forcées; Pamphlet contre Valentin Greatrakes, qui prétendait g éi w les malades en les frappant ; un recueil de Sermons sur des sujets de l'Ancien Testament. — N thanaël, né en 1630, mort en 1697, avait obtenu de Cromw 11, en. 1656, un bénéfice à Rarnstable. Lors de la rentrée des St.iarts, il s'enfuit en Hollande, et, après avoir été quelque temps ministre à Roterdam, fut rappelé pour remplacer S"n frère à Dublin. Enfin il devint ministre d'une église congrégationnelle à Londres. Outre 23 Sermons proches à Piners-Hall, on a de lui : La justice de Dieu pour tous ceux qui croient, 169i ; Discussion sur le pouvoir qu'a le pasteur d'une église d'officier dans une autre. — Eléazar, né en li>37, mort en 1669, après avoir été pasteur d'une église nouvellement établie à Northampton , e t auteur d'un livre qui fut publié sous ce titre : 5erieuse exhortation au peuple de la Nouvelle- Angleterre et à la génération suivante, 1671. C'est un abrégé de ses sermons.
MATHER (Lcrease). théologien puritain, né l'an 1644 à la Nouvelle-Angleterre, obtnt l'emploi de desservant d'une chapelle à Glocester, sous le protectorat de Cromwell, retourna en Amérique lors du rétablissement de Charles II, et y mourut en 1722. Nous citerons de lui : Droit divin du baptême des enfants, in-8°; Discours sur la personne de Jésus-Christ, in-8"; Diatribe de signo Filii hominis et de secundo Messiœ adventu, in-8°; De successu Evangelii apud Indos in Nova An g lia, in-8°.
MATHIAS ou MATTHIAS (saint). Le perfide Judas ayant laissé, par sa mon, la (lace d'apôtre vacante, Joseph app< lé Barsabas, que sa piété avait fait surnommer le Juste, et Màtbias, fu enl les deux hommes sur lesquels on jeta les yeux pour l'apostolat. Les fidèle-- prièrent Dieu de se déclarer sur un des deux. Le soit tomba sur Mâthias, l'an 33 de Jésus-Christ. On ne sait rien de certai» sur la vie et la mort de cet apôtre. Ce que
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l'on dit de sa prédication en Ethiopie et de. son martyre, n'est poim appuyé sur des téges contemporains. )'»//. la fin de l'article sainl Jacques le Majeur. I.'"; anciens hérétiques lui ont attribué un Evangile cl un Livre de tradition», reconnus pour apocryphes par toute l'Eglise. Ou croit avoir à Home les relique* de cet apôtre, mai-- la fameuse abbaye de Saiiii-.Matliias. près de Trêves, prétend, avec aulant de fondement, avoir cet avantage : prétentions douteuses de pari et d'autre. 11 se pourrait faire, disent les Rollandistes, que les reliques qui sont à Sainte- Marie-Majeure, ne fussent point de l'apôtre, mais d'un saint de ee nom, é\ I ■ Jéru-
salem, ver-; l'an 1-20. Voij. s r saint Mathias une Dissertation d'Henschénius, dans le Recueil des Huila (li-tes.
MATHIAS A CORONA, carme de Liège, mort l'an i!i76, âgé de 73 ans, est auteur d'une vaste Théologie en plusieurs volumes in-folio, Liège, 1663, aujourd'hui ignore. MATHIAS DE SUÈDE, que quelques-uns nomment mal à propos Matthieu, fut chanoine de Linkceping, confesseur de sainte Brigitte, et mourut à Stockholm avant c tte sainte; car, selon lesaute irsdesa S ie, elle eut connaissance de sa mort par révélation, lorsqu'elle était à Rome. Mathias a traduit la iïiblc en gothique ou suédois, et y a joint de courtes notes pour l'usage de sainte Brigitte : le P. Possevin croit quecet ouvrage a été anéanti pendant les révolu' ions de la Suède.
MATHIAS de SAINT-JEAN le Père),natii de Saint-Malo, lit profession dans l'ordre d carmes de Rennes, le 18 février 1618, fut successivement prieur de plusieurs couvents, notamment de celui des Rillettes à Paris, devint provincial de Touraine et de Gascogne, puis procureur général des couvents de toute la province de France, et mourut à Paris le 4 mars 1681. Il s'était fait remarquer pai son zèle à maintenir ou à rétablir la régularité de la vie monastique. On a du P. Mathias : Le commerce honorable, on Considérations politiques contenant les motifs de nécessité, d'honneur et de profil qui se trouvent à former des compagnies de personnes de toutes conditions pour l'entretien du négoce de me) en France, par un habitant de Nantes, Nantes, 1646 et 1651, in-4 °; Lettre circulaire envoyée à tous les Carmes du royaume de France, au sujet de l'histoire de, Notre-Dame du Mont-Carmel qu'on se propose d'écrire, Anvers, 1643, in-V* ; La véritable dévotion du sacré scapulaire de Nuire-Dame du Mont-Carmel, Paris, 1656, in-8° ; Histoire panégyrique de l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, où l'on montre l'origine et la succession héréditaire de cet ordre, depuis le grand prophète saint Elie, son premier auteur, jusqu'à notre temps, Paris, 1658-1665, 2 vol. in-foJ : L'esprit de la réforme des Carmes dans la France, ou le Carmel refleurissant, Bordeaux, 16U6, in-4°.
MATHIAS de SAINT-BERNARD le Père), religieux de l'ordre des carmes de Rennes, où jI fit profes-ion le 16 mars 1631, était de la famille de Sérent. Son zèle, sa piété, son érudition, lui méritèrent l'estime et les suf-
frages deses confrères, Nommé' définitcur <'o sa province, il se rendit en Irlande afin d'obtenir la restitution de plusieurs monastères dont les hérétiques s'étaient emparés; mais son voyage eut peu de succès. Le P. Mathias de Saint-Bernard mourut à Rennes le 28 juillet 1652. On ade lui : Le triomphe de sainte Anne dans sa vie cachée, Paris, 1651, in-4°. .MATHIEU f.li:\\-!UrusTi:-Josi:iMi), prêtre, né le 9 février 1764, à Moniigny-le-Roi, près de Langres, fut élevé par les soins d'un oncle, l'abbé Raclot, curé de Thivet, qui tut une des victimes de la révolution, /.près avoir reçu la consécration sacerdotale en 1788, Mathieu exerça les fonctions de vicaire à Berus près Tonnerre, jusqu'après le 10 août 1792. Son refus du serment l'obligea de se cacher, et la nécessité où il fut de se réfugier soit dans des (ave- humides, soit dans (\^.^ citernes sans eau, tout en se dévouant secrètement et avec le plus grand zèle aux fonctions de son mil . autant qu'il lui
était possible, lui fit contracter de douloureuses infirmités. Lors du concordat, il ne put accepter aucu e fi nction; mais il sit pourtant se ren re utile en préparant les fantsàla première communion, en faisant des catéchismes, en recueillant des matériaux pour l'histoire ecclésiastique et civile de Langres, de Chaumont, de Cnâtillon-sur- Seine, de l'abbaye de Clairvaux, etc., et il a laissé sur ce sujet d'importants manuscrits. L'abbé Mathieu succomba à une attaque d'apoplexie foudroyante , à Autreville, le 9 juillet 1829.
MATHIEU D'A LBANO, cardinal, né à Reims, d'une famille noble, vers le milieu du xie siècle, fut d'abord pourvu d'un canonicat dans j'église de Reims; mais il y renonça pour entrer dans l'ordre de Cluny, au prieuré de Saint-Martin-des-Champs à Paris , où il devint bientôt prieur. Pierre le Vénérable l'amena à Rome pour défendre sa cause contre Ponce, abbé de Cluny , et le pape Honorius II, ayant conçu pour lui la plus haute estime, le retint près de lui, et le créa cardinal et évoque d'Albano en 1 12:5. La ponctualité avec laquelle il continua de remplir ses devoirs de religieux, le nombre et l'importance de ses travaux ne l'empochèrent pas d'entretenir une correspondance avec saint Bernard et Pierre le Vénérable; on a de l'un et de l'autre des lettres qui lui sont adressées. Il fut successivement légal en France e.t en Allemagne, convoqua en cette qualité plusieurs conciles, notamment celuide Mayence, oùBrunon, évoque de Strasbourg, fut contraint de renoncer à son évèché, et accompagna en 1134, à Milan, saint Bernard et les autres députes chargés de travailler à réconcilier Innocent II avec les Milanais qui avaient pris le parti de l'anti-pape Anaclet; la réconciliation eut lieu. Mathieu mourut à Pavie le 25 décembre 1135. On lui attribue : De perfections monachorum; De vanitate nxundi ; De votis monasticis ; Scrmones in Evangclia.
M ATH1LDE, ou MECH TILDE, ouMAH AUD (sainte), reine d'Allemagne, mère de l'empereur Othon, dit le Grand, et aïeule mater
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nelle de Hugues Capet, ('•tait fille de Thierri, comte de Ringelheiiu, seigneur saxon. Elle épousa Henri l'Oiseleur, roi de Germanie, et devint mère de l'empereur Othon, de Henri, duc de Bavière, et de Brunon, évêquedeCo? ,ogne, honoré dans l'Eglise d'un culte punl'ic. Apres la mort de son époux en 936, elle lut maltraitée par ses fils Odion et Henri, et obligée de se retirer en AYeslphalie. Othon la fit revenir, et se servit utilement de ses conseils; Henri se réconcilia aussi avec sa mère. Elle fonda plusieurs monastères et un grand nombre d'hôpitaux, et mourut dans l 'abbaye de Quedlinbourg en 968. Sa Vie, écrite kO ans après sa mort, par Tordre de l'empereur saint Henri, a été puhliée parles Bollandistes, 14 mars, avec des notes du P. Henschenius. Act. Sanct., t. VII, p. 361.
MATHILDE ou MAUD (sainte) , fille de sainte Marguerite , reine d'Ecosse , et première femme de Henri I'r, roi d'Angleterre, imita fidèlement les vertus de sa mère. Elle fit bâtir à Londres deux grands hôpitaux , celui de l'église de Christ, et celui de Saint- Gilles. Elle mourut l'an 1118, et fut enterrée h Westminster , auprès de saint Edouard le Confesseur. C'est par son ordre que Thierri, moine de Durham, écrivit la Vie de sainte Marguerite, dont il avait été le confesseur. On l'honore le 30 avril.
MATHILDE, comtesse de Toscane, fille de Boniface, marquis vie Toscane, soutint avec zèle les intérêts des papes Grégoire VII et Urbain II contre l'empereur Henri IV, son cousin, et remporta sur ce prince de grands avantages. Elle fit ensuite une donation solennelle de ses biens au saint-siége , et mourut en 1115, à 76 ans. Les ennemis des souverains pontifes l'ont accusée d'avoir eu des liaisons trop étroites avec Grégoire VII; mais la vertu de ce pape et celle de Mathilde ont fait passer cette accusation pour une calomnie dans l'esprit de tous les historiens équitables. Aucun fait, aucun indice n'a fait tourner ces soupçons en vraisemblance. La vérité de la donation delà comtesse Mathilde n'a jamais été révoquée en doute : c'est un des titres les plus authentiques que les papes aient réclamés ; mais ce titre môme fut un sujet de querelle. Mathilde possédait la Toscane , Manloue , Parme , Reggio , Plaisance, Ferrare, Modène, une partie del'Ombrie, le duché de Spolette , Vérone , presque tout ce qui est appelé aujourd'hui le Patrimoine de Saint-Pierre , depuis Viterbe jusqu'à Orviette, avec une partie de la Marche d'Ancône. Le pape Pascal 11 ayant voulu se mettre en possession de ces Etats, Henri IV, empereur d'Allemagne , s'y opposa. 11 prétendit que la plupart des lieis que la comtesse avait donnés étaient mouvants de l'empire. Ces prétentions furent une nouvelle et ncelle de guerre entre l'empire et lapapai té; cependant à "la longue il fallut céder au saintsiége une partie de l'héritage de Mathilde. Vo'ye'z Mansi , Memorie délia gran-contessa Mali Ida, da Fr. M. Fiorenlino, édit. n, con molli documenti, Lucqucs, 1756, m-k°.
MATHON DELA COUR (Charles-Joseph),
né a Lyon en 1738, d'un père qui s'était fait une certaine réputation dans les mathématiques, vint jeune à Paris, et remporta plusieurs prix à l'académie (\es inscriptions et dans d'autres sociétés littéraires. De retour à Lyon, il y encouragea les arts, et il aidait de sa bourse les jeunes yens qui annonçaient des dispositions. C'est à lui que l'on doit les premiers succès de la société philanthropique de ceite ville , les secours pour les mères nourrices, un établissement pour arracher les jeunes enfants à l'oisiveté. Il chercha aussi a faire jouir tous les quartiers de la ville de l'eau du Rhône, fraîche, légère et salutaire en divers maux. Arrêté après le siège de sa ville natale en 1793, il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Lyon. On a de lui : deux Discours couronnés, l'un par l'académie de la Conception à Rouen, sur le danger de la lecture des litres contre la religion, Rouen, 1770, in-8"'; l'autre par l'académie de Chàlons-sur-Marne, sur les meilleurs moyens de faire naître et d'encourager le patriotisme dans une monarchie, Paris, 1788, in-8° ; Lettres sur les Rosières , 17C1 , in-12 ; Lettres sur les peintures exposées au salon en 1763, 65, et 67, où l'on remarque une foule d'observations fines; Collection des comptes rendus concernant les finances depuis 1758 jusqu'en 1787 ; des Idylles en prose ; des Eloges et beaucoup d'Analyses dans le Journal de Lyon, qu'il fonda ; etc. 11 était beau-frère de Lemierre.
MATHOU ou MATHOUD (dom Claude- Hugues), né à MAcon, d'une bonne famille, embrassala règle de Saint-Benoit dans la congrégation de Saint-Maur, Fan 1639, à l'âge de 17 ans, et s'y distingua par ses conna ssances dans la philosophie et la théologie. Gondrïn, archevêque de Sens , si connu par ses variations à l'égard du formulaire d'Alexandre VII, voulut l'avoir pour grand vicaire , et le fit ensuite entrer dans son conseil. Ce religieux mourut à Chalons -sur -Saône , le 29 avril 1705 , âgé de 84- ans , dans le monastère de Saint-Pierre, où il s'était retiré dès l'an 1685. Nous avons de lui : l'Edition en latin des Œuvres du cardinal Robert Pullus , et de Pierre de Poitiers, Paris, 1655, in-folio, avec dom Hilaiion Lefebvre ; De vera Senonum origine christ iana , contre Launoy , Paris, 1687, in-4° ; Calalogus archiepiscoporum senonensium , Paris , 1688 , in-4.°. Cet ouvrage manque d'ordre et de critique.
MATHURIN (raint) , prêtre et confesseur en Gatinais, au iv' ou au ve siècle. Les actes de sa Vie, donnés par Mouibritius, ne méritent aucune croyance. ( Voy. la Gailia christiana, et les nouveaux bréviaires de Paiis et de Sens.) 11 y avait à Paris une ancienne église sous l'invocati m de saint Mathurin. Le chapitre de Paris la donna, en 1223, aux religieux de la Sainte-Trinité , pour la rédemption des captifs. C'est de là qu'ils ont été appelés Mathui :ns.
MATHUSALEM, tds d'Hénoeh , père (je Lame h et aïeul de ÎSoé, de la race de Seth, naquit l'an 3317 avant Jésus-Christ, et mourut l'année même du déluge 2ok'ô avant Je-
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