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SUS-Christ , Agé do 969 ans : c'est le plus grand Age qu'ait atteint aucun mortel sur la terre. — Il faut éviter de le confondre avec Mathislem , arrière-petit-'^!- de Gain, et père d'un autre Lainech.
MATTEI I Alexandre ) , car linal , naquit à Home le 20 février 17VV , de la famille des princes Matlei. Devenu prélat et chanoine de Saint-Pierre , il se plaisait à catéchiser les enfants dans les paroisses , a visiter les malades dans les hôpitaux , à prêc 1er dans les oratoires et les couvents , etc. Il fut successivement nommé, en 177 et 1782, archevêque de Ferrare et cardinal, et tint dans son aiocèse des synodes , des retraites et des conférences ecclésiastiques. Il en! retint seul, et à ses frais , plus de trois cents prêtres français qui, comme leurs confrères, étaient proscrits pour avoir refusé le serment constitutionnel. Lorsque Bonaparte marcha sur Rome en 1797, le cardinal Matlei fut chargé de négocier avec lui, et eut part au traité de Tolentino qui sauva Rome de l'invasion des Français, mais non pour longtemps ; car elle s'effectua l'année suivante , et Mattei fut banni et privé de ses biens. Le cardinal , de retour dans cette capitale après la délivrance de l'Italie, pa^sa dans l'ordre des cardinauxévôques , et devint évêque de Palestriue, en conservant jusqu'en 181)7 l'administration de l'archevêché de Ferrare. En 180i , il tint dans son nouveau diocèse un synode dont on a imprimé les Actes , Rome , 1 vol. in-4°. Il renouvela les anciens statuts , et il en fit de nouveaux. A peine avait-il été transféré, en l.v09 , à l'évêché de Porto , auquel est attaché le titre de sous-doyen du sacré collège , que Napoléon le força de venir en Fiance avec les autres cardinaux. N'ayant pas voulu assister au mariage de l'empereur avec Marie-Louise , il fut privé de ses bénéfices , de ses revenus , et exilé à Rhctel. Apiès le retour de Pie VII à Rome, Mattei fut nommé évêque d'Ostie et doyen du sacré collège. Il tint un synode à Vell tri, dont le siège est uni à celui d'Ostie , et continua de résider à Rome. Il succo.nba dans cette ville aux suites d'une attaque d'apoplexie , le 20 avril 1820. On a de lui : Méditations des vérités éternelles pour faire les exercices spirituels suivarit la méthode de saint Ignace, distribuées en huit jours, Rome, 1814, in-12.
MATTER (Christophe), jésuite, né en Silésie l'an 16!il , se dévoua aux missions parmi les infidèles, et partit pour les Indes en 1708. 11 n'était pas prêtre* et ne pouvait que seconder les travaux des anires. Il rendit de grands services por ses connaissances médicales. On a de lui une Relation curieuse de son voyage et des notions exactes sur les peuples et les différentes productions des environs de Goa. Stœcklein l'a insérée dans son Weltbote, tome XXIV, n" 508.
MATTHIEU S (Antoine), jurisconsulte distingué, né à Ulrecht le 18 décembre 1035, d'une famille originaire de ia Hesse, qui a produit un grand nombre de professeurs renommés, fut nommé professeur extraordinaire à Utrecht, en 1660, puis professeur de
droit a l'académie de Leyde, où il mourut le 25 floiit 1710. On lui doit, entre autres ouvrages : De nobilitate, de principibus, de ducibus, de comitibus, de baronibus, etc., Amsterdam, 1686, in-V, où l'on trouve des dociiu ent> très-curieux sur l'origine et rétablissement d s dignités militaires, civiles et ecclésiasti pies au moyen âge; De jure qladii, et de toparchis qui id exercent in diœcesi ultrajectina, Le de, 1089, in-i° ; Vetcris œvi anafreta, seuvclrra aliquot monumenta, ibid., 1098-1710, 10 vol. in-8°, collection précieuse pour l'histoire fies Pays-Bas. On l'a réimprimée à La Haye, en 1738, 5 vol. in-i" ; Manuductio ad jus canonicum, Leyde, 1700, que l'auteur regardait comme le meilleur de ses ouvrages; Fundationes et fata ecclesiarum ultrajecti diœcesis, ibid., 170k, in-V". La liste complète des ouvrages de Matthœus se trouve dans le Trajectum erudilum, de Rurmann, et dans YOnomasticon de Sax, V, 75.
MATTHIAS (Jean), évêque protestant de Strengnès en Suède, précepteur de Christine, naquit en 1592 dans la province d'Ostrogothie, où son père était pasteur, et mourut le 18 avril 1070, dans la retraite à laquel'e il s'était voué, depuis sa démission de son évêché en 160'+. Son extrême tolérance lui attira des désagréments de la part du clergé suédois. On cite de lui : un Catéchisme élémentaire en cinq langues, sous le titre de Libellas puerilis... quinque linguis, latina, suetica, gallica, germanica, anglica, etc., Stockholm, 1626, in-8" de 278 pages; une Grammaire latine, à l'u âge de. Christine, in-12, Stockholm, <635, 169s ; Leyde, 1650; un traité relatif à la loléi ance religieuse, intitulé : Rami olivœ septentrional) s < 1656, 1601, in-12.
MATTHIEU ou LEVI (saint), fils d'Alphée, et sel n toutes les apparences, du pays de Galilée, élait commis du receveur des impôts qui se levaient à Canharnaum. Il avait son bureau hors de la ville, et sur le b >rd de la mer de Tibi'riade. Jésus-Christ enseignait depuis un an dans ce pays; Matthieu quitta tout pour suivre le Sauveur, qu'il mena dans sa maison, où il lui fil un grand festin. 11 lut mis au nombre des douze apôtres. Voilà tout ce que l'Evangile en dit. Les sentiments sont fort partagés sur sa mort et sur le lieu de sa prédication. Le plus commun parmi les anciens et les modernes, est qu'après avoir prêché pendant quelques années l'Evangile en J .dée, il al a porter la parole de Dieu dans la Perse, ou che/Jes Parthes, où il souffrit le mart re. (Voy. la réflexion qui est à la fin de l'arti le saint Jacouks le Majeur.) Avant que d'aller ann ncer la foi hors de la Judée, Il éciivit, par l'inspiration du Saint-Esprit, YEvangile qui porte son nom, vers l'an 36 de Jésus-Christ. On croit qu'il le composa en la langue que parlai ni alors les Juifs, c'est-à-dire en un hébreu mèl^de clnldéen et de syriaque, et que l'original fut corrompu pe i de temps après par les Nazaréens ou Juifs convertis, qui élaient attachés aux cérémonies légales. Le texte grec que nous avons aujourd'hui, qui est une ancienne version faite du temps des apôtres, nous tient
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lipu d'originai. Le texte chaldaïque, imprimé plusieurs fois, n'est qu'une traduction moderne faite d'après le grec. Aucun évangéliste n'est entré dans un plus grand détail .les actions de Jésus-Christ que saint Matthieu. Voij. saint Marc. Voy. sur ce qui regarde saint Matthieu, Mdlius Vossius, Luc de B uges, Louis de Dieu, Y Histoire ecclésiastique de Tillemont, le Dictionnaire de la Bible de dom Calmet. revu par M. James, édition de M. Migne ; Y Histoire critique du tex e du Nouveau Testament, par Richard Simon.
MATTHIEU CANTACUZÈNE, fils de Jean, empereur d'Orient, fut associé à l'empire par son père en 135V. Jean Cantacuzène ayant abdiqué peu de temps après le pouvoir souverain, Matthieu resta empereur avec Jean Paléologue. Ces deux princes ne furent pas longtemps unis; ils prirei t les armes, et une bataille donnée près de Philippes, ville de la Thrace, décida du sort de Matthieu : il fut vaincu, fait prisonnier, < t relégué dans une forteresse, d'où il ne sortit qu'en renonçant à l'empire. Paléologue lui permit cependant de garder le titre ue Despote, et lui as-igna des revenus pour achever ses jours, avec ce vain nom, dans une vie privée. On prétend qu'il se retira dans un monastère du mont Athos, où il composa des Commentaires sur le Cantique des cantques, qui ont été publiés à Rome.
MATTHIEU de VENDOME, célèbre abbé de Saint-Denys, ainsi nommé du lieu de sa naissance, fut régent du royaume pendant la deuxième croisade de saint Louis, et principal ministre sous Philippe le Hardi. Il se signala par ses vertus, et surt ut par sa douceur et sa prudence. Il jouit aussi d'une grande considération sous le règne de Philippe le Bel. Il mo'irut en 1286. On lui attribue une Histoire de Tobie, en vers élégiaques, Lyon, 1505, in-4" : et ce n'est (as certainement pour honorer sa mémoire qu'on lui donne cet ouvrage, qui est d'un style barbare, et d'un autre Matthieu Vendôme, poète du xiie siècle.
MATTHIEU de WESTMINSTER, bénédictin de l'abbaye de ce nom en Angleterre, au xiV siècle, a laissé une Chronique en latin, depuis le commencement du monde jusqu'à l'an 13o7, im ri niée à Londres en 1570, infolio. Cei h.storien est crédule, peu exact, et écrivait d'une manière rampante.
MATTH EU de KROKOV, et non de Cracovie, comme plusieurs 1 l'ont dit par erreur, fut ainsi nommé d'un château appartenant à sa famille, situé en Poméranie. Docteur en théologie, il se distingua d'abord à Prague, d'où il fut chassé par les hussites, ensuite à Paris, entin à Heide.berg. Il fut élu, en 1405, évéque de Worms, où ii mourut en 1410, âgé u'environ 60 ans. On conservait ses écri's sur la messe, sur l'eucharistie, etc., dans le monastère des chanoines réguliers de Franckenthal. Rainaldi [ad an. Li08, n. 59) dit qu'ayant été envoyé à Rome par l'empereur Robert, il avait été fait cardinal par Grégoire XII. On connaît de ce prélat : Sermo ae' emendatione morum et cleri, prononcé
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au synode de Prague, en 1384; Liber de sqnalore curiœ romane, Bâle, 1551, et inséré dans le Fasciculus rcrum cxpdcndarum, de Brown; De celebratione missœ, etc., Memmingen, 1494, in-4°; pb sieurs autres ouvrages théologiques, conservés en manuscrit dans la bibliothèque impériale de Vienne. Barbier lui attribue encore YArs moriendi, petit infolio, gravé en bo s, ouvrage très-rare, sur lequel on peut consul ter le Manuel du libraire, par Brunet; Vidée d'une collection complète d'estampes, parle baron Heinecken, p. 399 et suiv., et le Dictionn. bibliogr. de L. Santander, tome II, p. 102.
MATTHYS (Christian), Matthias, docteur luthérien, né vers l'an 158'*, à Mcldorp, ville du Holstein, dans le comté de Dithmarse. Son esprit inqui t, son caractère austère et inconstant, firent'qu'il ne sut se fixer dans aucun pays. 11 fut successivement professeur de philosophie à Strasbourg, recteur du collège de Bade-Dourlach, professeur en théologie à Alturf, prédicant à Meldorp, ministre et professeur en théologie à Sora, puis se retira à Leyde; fut ensuite pasteur à La Haye, et entin alla terminer ses jours à Uirecht l'an l(i55. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de philosophie, d'histoire, de controverse, et sur l'Ecriture sainte. Les principaux sont : H isloria patriarcharum, Lubeck, 1640, in-4° ; Thcatrum hisloricum, Amsierdam, Elzevir, 1668, in-4°. Cet ouvrage est moitié moral, moitié historique.
MAUBUBNE (Jean), écrivain ascétique , abbé de Livry, né vers 1460 à Bruxelles, fit profession dans la maison des chanoines réguliers du Mont-Sainte-Agnès, et se fit connaître par la composition de plusieurs ouvrages de piété. Sa réputation engagea Nicolas de Hacqueville, chanoine d ■ l'église de Paris, et premier président de la cour de parlement, à deman er qu'il vînt en Fiance avec quelques-uns de ses confrères, pour la réforme de plusieurs maisons en France.
Mauhurne fit en effet ce voy. ge en 1495, réforma d'abord l'abbaye de Cisoing, du diocèse de Tournai, puis l'abbaye de Saint-Sév .Tin, près de Châleau-Landon, le prieuré de Saint-Sauveur de Melun, au diocèse de Sens, les abbayes de Saini-Evurce d Oréans et de Saint-Martin de Nevers. 11 s'appliqua particulièrement à la réforme de l'abbaye de Livry, dont il devint prieur en 1500, puis abbé régulier, par la cession volontaire de la commeude, que lui fit le même de Hacqueville. Les fatigues causées par son zèle ayant amené une maladie grave, il fut transporté à Paris, et y mourut en 1502. Ses principaux écrits sont : Rosetum exercitiorum spiritualium et sacrarum meditationum, B;Ue, 1491 ; plusieurs foi^ réimprimé, notamment à Douai, 1620, in-folio. « On peut attribuer principa- « lement au succès du Rosetum, dit un bio- « graphe, l'opinion introduite ou accréditée « en France, d'après laquelle les éditeu sont « réciamé Y Imitation eu faveur de Kempis, « quoique appu:vée surun seul manuscr.t, pu- « remeut apographe. » Le même biographe fait observer que du texte même et de l'ordre
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des oitotions,tjaâ se trouvent .dans \eRosetum, on in1 peut tirer aucune induction à l'avantage de ki'in))i>; De viris illustribus sui ordinis\ scu Venatoriumcanonicorum regularium.
MAUGROIX Fhançois m-:;. Dé à Noyon le . 7 janvier 1(511), chanoine d • l église de Reims, fréquenta d'abord Le bureau; mais d »gou.té de la sécberes e d ■ lajurisprudence, il se livra à la littérature; 11 mourûtà Keims 1" 9 août 1708, ;i s» ans, Sa \i illesse Fut
e d'un philosophe chrétien, qui jouit des i ms que lui accorde la Providence, et supporte les maux en attendant patiemment un sort meilleur. On a de lui plusieurs traductions écrites d'un style pur, mais languissant. Les principales sont: celles des Philippiques de bémosthènes; del'Eu'thydemus, dia-
no de Platbn ; de quelques Harangues de Cicéron ; du Rationarium iemporum du P. Petau, Paris, 1683, 3vol. in-12 ; de l'Histoire du schisme d'Angleterre,^; Nicolas Sanderus ; des Homélies do saint Jean-Chrysostome au peuple d'Àntioche, 1681, in-8°; du traité de Lactan6è,2>e mortepersecutorum; des Vies des cardinaux Polus et Campegge, 1675 et 1077, 2 vol. in-12. Maucroix était tres-lié avec Boihau, avec Racine et surtout avec La Fontaine. Cette union l'engagea à donner avec ce fabuliste, en 1G85 , en 2 vol. in-12, un recueil d'OÊuvres diverses. On publia aussi en 1726 îles Nouvelles œuvres diverses de Maucroix. On y trouve la traduction des Satires, des Epitrcs et de l'Art poétique d'Horace, ainsi que celle de la première Tusculanc, et des Traités de V amitié et de la vieillesse de Cicéron. Walckenaër a publié des poésies de Maucroix en 1820, à la suite des iSouvelles œuvres diverses de Jean de La Fontaine. Elles sont précédées d'une Notice sur la vie do cet écrivain»
MÀTJDËN ^Davidï, théologien, né à Anvers en 1575, fut prévôt de. Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles, et doyen de Saint-Pierre de Brada. 11 mourut à Bruxelles en 16*1, dans sa G(i° année. On a de lui, en latin, une Vie de Tobie, intitulée : Le miroir de la vie morale, Anvers, Î631, in-t'ol. ; des Discours moraux sur le Décalogue, Louvain, 1625, in-ibl.; Apologie des Monts-de-Piété, Louvain, 1627, in- 4°; YAléthologic, ou Explication de lu vérité, Brux-lies, IO'ïo, in-',0. Cette vérité m regarde qu'un point historique assez peu important.
MAUDRO (Jean-À.ntoine), né à,Adomp, départementd sVosges,le5mail748, était curé de»a commune d'Aidoillesà l'époque delà révolution.! *ant prêt i serment à Iâ constitution civile du clergé, il l'ut élu évêque des Vosges, et sacré le 20 mars 1791. Arrêté en mai 1794, il fut conduit à Paris et passa sept mois à la Conciergerie ; mis en liberté après Je 9 thermidor, il revint à Saùnt-Dié, où il s'occupa de relever le culte et essaya n'établir à Sénones un collège chrétien. 11 fut un des é ques constitutionnels. qui assî itèrent au concile national de 1797 et à celui do 1801. Après le concordat, Maudru donna sa démission et lut nommé à la* le Stenay.
Au commencement do la second.; restauration, il fut exilé a Tours, parce qu'il s'était .
pendant les cent-jours, en faveur de l'era iereur. Après l'ordonnance du 5 septembre, il vint habiter Belleville, près paris, où i! est morl le 13 septembre 1820. Lal.iùr-et-C 1er, Grégoire, dont ilavait pari igé ' ;s principes, a fait son «'loge funèbr lorape. On a de Maudru : Let-
tre pastorale, ja il-l)ié. 15 avril 1795, in-V"; Les brefs attr Unies à Pic VI , convaincus de supposition, ou Lettres de Jean- Antoine Maudru, évêque des Vosges3 au citoyen T humer y, prêtre de Saint-Dié, 1795, in -8" ; Sur les rétractations , 1797, in-8° ; Mandement pour le (■■trente, mars 1797, iu-8° ; Instruction faim'11ère sur la Constitution, in-8" ; Instruction pastorale sur les excommunications, in-8°; Instruction adx pasteurs de notre diocèse, in-8° ; Instruction pour les convocations du synode général, in-S° ; Instruction au presbytère de Reims, in-V' ; Sur le serment, in-V ; Lettre sur la liberté du culte,m-ï0; Lettre sur le concile, in-V ; Lettre aupréfet du département des Vosges sur la préi éti aclation, in-V.
. LTf (Michel), prêtre de l'Oratoire, né l'an 16*4, à Vire en Normandie, mort à Paris en 1709, à 05 ans, professa les humanités dans sa congrégation avec succès. 11 se consacra ensuite a la chaire et aux missions. Après a-ou* rempli dignement ce ministère, il donna plusieurs ouvrages au public. Les principaux sont : Traité de la religion contre les athées, les déistes et les nouveaux pyrrhoniens : livre solide, dont la meilleure édition est ne 1698 ; les Psaumes de David, traduits en vers français, in-12. La versification en est faible et incorrecte ; des Mélanges de diverses poésies, en 1681, in-12, recueil mêlé de bon et de mauvais; des Analyses des Evangiles, h vol. in-12; des Actes des apôtres, 2 vol. ; desEpitres 2 vol. ; de l'Apocalypse, 1 vol., à Paris, Rouen et Lyon, avec des Dissertations qui sont très-recherchées aujourd'hui, et qui ont été réimprimées à Toulouse avec quelques changements. Ces Analyses prouvent l'esprit d'ordre, le jugement et Je savoir dâ l'auteur; on lui reproc le cependant, non sans fondement, d'avoir rerché plutôt la subtilité que la solidité, et d'avoir souvent adopté des sentiments qui ne pouvaient lui plaire que parce qu'ils étaient nouveaux. II s'appesantit sur des détails inutileSj eu laveur de quelques points d'érudition très-: rents au résultat de
la chose, el n' lësite point à critiquer, nonseulement la I • 'e, mais encore l'opinion commune des interprèles et des Pères, en leur opposant quelque subtilité grammaticale grecque ou i .-bra.que ; Méditations pour une lelrj.te ecc iastique de dix jours, in- 12; Dissertation sur la goutte, 1689, iu-12. Voy. l'Eloge de 3iauduit dans le Mercure do mai 1709.
IlUGIs (Joseph), né à Namur en 1711, entra dans l'ordre ue Saint-Augustin, où il se distingua par sa piété et son savoir. 11 seigna avec réputation la théologie dans l'université de Louvain, où il mourut en 1780. On a de lui plusieurs Dissertations imprimées, et des Traités manuscrits.
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MAUGRAS (Jean-François), parisien, prêtée de la doctrine chrétienne, enseigna avec succès les humanités clans les collèges de sa congrégation. Les chaires de Paris retentirent ensuite de son éloquence. Il se signala surtout par ses instructions familières ; mais l'ardeur extrême avec laquelle il se livra a ce saint exercice lui causa un crachement de sang, dont il mourut en 1723, à hï ans. On a de lui : Instructions chrétiennes pour foire un saint usage des afflictions, en 2 petits vol. in-12; une instruction chrétienne sur les dangers du luxe; quatre Lettres, en forme de consultation, en faveur des pauvres des paroisses; les Vies des deux Tobie, de sainte Monique et de sainte Geneviève, avec des réflexions à l'usage des familles et des écoles chrétiennes. Une piété tendre et éclairée, une douceur et une modestie peu communes, étaient les vertus qui distinguaient le P. Maugras dans le monde. On les retrouve dans ses ouvrages.
MAUGUIN (Gilbert), ; résident de la cour des monnaies de Pans, publia contre le P. Sirmond une dissertation intitulée : Vindiciœ prœdèstinationis et gratiœ, qu'on trouve dans le recueil pùbl é à Paris en 1(35 >, 2 vol. in- Y", sous ce titre: Veterum scriptorum qui in noria sœculo de gratîa scripsere opéra. Voy. Quatremaiive. 11 y soutient que Gotescalc n'a point enseigné l'hérésie pié.icsiinatienne. L'auteur n'a pas raison; mais il n'a rien oublié pour l'avoir. Voy. Gotescalc. Ce magistrat mourut en 1674, dans un âge fort avancé.
MAULTROT (Gabriel-Nicolas), canoniste et jurisconsulte, né à Paris en 171*, fut reçu avocat au parlement de Paris en 1733; il plaida peu, et dut uniquement sa réputation à ses nombreux écrits. Parmi les mémoires qu'il rédigea, on cite celui qu'il fit en faveur de La Chalotais, condamné à mort par le parlement; Louis XV, après l'avoir lu, lui accorda sa grâce. Les ouvrages de Maultrot annoncent qu'il avait embrassé toutes les parties du droit. Alors les démêlés de la magistrature avec le clergé attiraient l'attention de tous les avocats. Maultrot, quoique assez versé dans les quest.ons de droit civil et de politique , s'attacha presque tout entier au droit canon, et se dévoua au parti appelant. 11 se créa le défenseur de tous ceux qui refusaient de se soumettre à la bulle, et publia dans ce but de nombreux mémoires, dans lesquels il cherchait à diminuer les prérogatives de l'épiscopat. Le spectacle de la révolution le ramena à d'autres sentiments. Il devint tout à coup un ardent défenseur des droits de l'épiscopat, et fut un de ceux de son parti qui se prononcèrent avecle plus de force contre la constitution civile du clergé : il composa un grand nombre de brochures à ce sujet, de 1790 à 1792. Les premiers troubles de ia révolution lui ayant fait perdre sa fortune, placée en rentes sur l'Etat, il fut obligé, pour subvenir à ses besoins, cie vendre ses livres, il soutint c tte perte avec courage, et mourut le 12 mars 1803, âgé de 89 ans. On a heu d'être surpris du grand nombre
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d'ouvrages que Maultrot a laissés, surtout si l'on fait réflexion qu'il en composa une grande partie dans un état de cécité dont il avait été frappé à l'âge de 50 ans. Il dictait à un secrétaire, et sa mémoire était si sûre qu'il lui indiquait de la manière la plus précise les livres et les passages dont il avait besoin. Ses principaux ouvrages sont : Apologie des jugements rendus en France contre le schisme par les tribunaux séculiers, 1752, 2 vol. in-12, et 1753, 3 vol. in-12. La première partie est de l'abbé Mey, son ami. Benoît XIV rendit, le 20 novembre 1752, un bref contre cette apologie ; Maximes du droit public français, ouvrage publié, en 1772, par l'abbé Mey, qui en donna, avec Blonde, une nouvelle édition augmentée, 1775, 2 vol. in-V ou 6 vol. in-12. Les auteurs de ce livre assez hardi, et pas toujours exempt de déclamations, se sont bornés le plus souvent , au lieu d'offrir une discussion substantielle et approfondie, à rassembler des opinions. Dissertation sur le formulaire, 1775, in-12. 11 se déclare hautement contre la signature j quoique prescrite avec le concours des deux autorités. Les droits de la puissance temporelle, défendus contre la 2' partie des actes de l'assemblée du clergé de 1705, 1777, in-12; le clergé y est traité d'une manière très-défavorable. Mémoire sur la nature et l'autorité des assemblées du clergé de France, 1777, in-12. Il prétend réduire ces assemblées à ne prononcer que sur des objets temporels. L'Institution divine des curés, et leur droit au gouvernement générai de l'Eglise, 1178, 2 vol. in-12. Maultrot , dans cel ouvrage , exalte beaucoup les prérogatives des curés ; c'est ce qui lui a valu le surnom d'avocat du second ordre. Les droits du second ordre défendus contre les apologistes de la domination épiscopale, 1779, in-12. Cet écrit avait pour but de soutenir les curés du diocèse de Lisieux contre leur évoque. Le droit des prêtres dans le synode, 1779, in-12. Les prêtres juges de la foi, ou réfutation du Mémoire dogmatique et historique de l'abbé Corgne, touchant les juges de la foi, 1780,2 parties in-12. Les prêtres juges dans les conciles et avec les évêques, ou Réfutation du traité des conciles en général, de l'abbé Ladvocat, 1780, 3 vol. in-12. Dissertation sur les interdits arbitraires de la célébration de la inesse aux prêtres qui ne sont pas du diocèse, 1781, in-12. Dissertation sur l'approbation des prédica* leurs, 1782, 2 vol. in-12. Elle est encore dirigée contre l'ouvrage de l'abbé Corgne.
L'approbation des confesseurs introduite par le concile de Trente, 1783,2 vol. in-12. Dissertation sur l'approbation des confesseurs, 1784, in-12. Examen du décret du concile de Trente , sur l'approbation des confesseurs, 178V, 2 vol. in-12. Juridiction ordinaire, immédiate sur les paroisses, 178-V, 2 vol. in-12. 11 cherche à prouver que la juridiction pour toutes les fonctions qui ne sont pas expressément réservées au caractère épiscopal appartiennent aux curés. Traité de la confession des moniales (ou religieuses), 1780, 2 vol. in-12. Défense du second ordre contre les con-
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férencrs ecclésiastiques d'Angers, 1787, 3 vol. in-12. L'usure relativement an droit naturel,
1787, V vol. in-12. Los (Jeux demi -rs sont cont e le livre de l'abbé Beurrey. Véritable
nature du mariage, droit exclusif dm princes d >/ opposer des empêchements dirimants,
1788, 2 vol. in-12. Examen des décrets du concile de Trente et de la jurisprudence française sur le mariage en France, 1788, 2 vol. in-12. Examen des principes du pastoral de Paris, publié par M. deJuigné, I7S8 et 1783, 2 vol. in-12. Dissertation sur les dispenses matrimoniales, 1789, in-12. Défense du droit des prêtres dans le synode contre les conférences d'Angers, 1788, in-12. Discipline de l'Eglise sur le mariage des prêtres, 1790, in-8". C • livre est dirigé contre I'ouviage de Gandin, ii'titulé: Inconvénient^ du célibat des piètres. Origine et justes bornes de la puissance temporelle, suivant les hvres saints et la tradition, 1789, et 1799, 3 vol. i;i-12. Il y combat cette maxime que la pu ssance vient de Dieu, et soutient que c'est du peuple que la souveraineté émane, et qu'il peut la donner ou lot r. C'est une chose assez remarquable, dit un écrivain jud'eieux, qu'un parli qui avait mis l'autorité de l'Eglise edre les mains des princes, ait Uni par mettre la puissance des princes ent, e les maus d.s pe ip], s. Défense de Richer et Chim're du richérisme, 1790, in-8°. C'est une répo e à l'ouvrage de l'abbé Barruel, in ilul 5 : Découverte inij ortante sur le vrai sy-lèrae de la constitution du clergé. Lettres à Jabineau sur l'opinion de Camus, touchant la constitution du clergé, in-S°. Lettres à un ami sur le rapport de Martineau, et sur l'opinion de Treilnard, relativement à l'organisation du clergé, 17.;0. in-8". Son Histoire du schisme d'Antioche, et son Histoire de suint Ignace, patriarche de Constantinople, méritent aussi d'être citées. Apres la mort de Jdbineau, Maultrot continua avec Blo.. do les Nouvelles ecclésiastiques, ou Mémoires pour servir à l'histoire de la constitution civile du clergé. Enfin il avait travaillé avec Mey h la première édition du Droit public français, attribuée à M. chaut de Montb'.in, conseiller au parlement. Le Dictionnaire des anonymes <le Barbier donne la liste complèle de ses productions.
MAUMONT Maulmont ou Malmont (Jean de;, savant théologien et orateur fécond, né au château «Je Maumont, ancienne baron nie du Limousin, était, en 15S4-, principal du collège de Saint-Michel, autrement appelé de Ciianac, qui avait été fondé en 1530 p r la maison Pompadour, pour les étudiants limousins. On a de Maumont : Les OEuvres de saint Justin, philosophe et martyr, contenant plusieurs traités, savoir : 1° Une Epître consolatrice à Zenex et à Sirène; 2° Concion parenélinique aux Grecs, fidèles et gentils; 3" Dialogue avec Tryphon,juif; 4° Apologie ou défense pour la chrétiens, au sénat de Rome; 5° Apologie seconde pour les chrétiens, à l'empereur Anlonin dit le Débonnaire; 6° De la monarchie de Dieu; 7° Exposition de la foi selon la vraie et droite créance, ou De la sainte et consubslantielle Trinité; 8 Constitutions
de certaines, maximes, ou Propositions aristotéliques' 9" Interrogations chrétiennes aux Grecs; 10° Les réponses grecques et la confu— tation d'icelles réponses; 11' Réponses aux chrétiens et.ormodoxes sur certaines questions importantes; 12" Interrogations grecques et ethniques, faites aux chrétiens, touchant l'essence incorporelle, et touchant Dieu et la résurrection des morts; 13° Réponses aux dites interrogations, avec additions et corrections mises à la fin des dites œuvres en un extrait à part ; ensemble, un prologue du même auteur au très-chrétienroide France, Henry II, de ce nom, Paris, Vascosan, 1538, in-folio; Les histoires et chroniques du monde, tirées lant du gros volume de Jean Zonare, auteur byzantin, que de plusieurs autres scripteurs héb eux et grecs, mises de leurs primes et nayfves langues hébraïque et grecque en la franco se, avec annotât. on sur la marge pour les diverses lectures grecqu-s, Paris, Vascosan, 15)3, in-folio; Les graves et saintes remontrances de l'empereur Ferdinand à notre saint Père le pape Pie IV, sur le sujet du concile de Trente, et des choses proposées en icelui, Paris, Nie. C esne r, 1563, in-8°; Remontrances chrétiennes en forme d't pitres à la reine d'Angleterre , contenant un beau et doct> discours touchant les affaires du monde, t p.incinalement sur le gouvernement politique des royaumes et républiques, et rétablissent ntde l'ancienne et catliolique religion, selon la doc'uine des saints Pères et anciens docteurs de l'Eglise de Dieu, trad. du latin de Hiéiosme O^erias, évesque Portugal uis, Paris, Nie. Chesneur, 1563, in-8°. Jea.i de Maumont était de la môme famille que Bertrand de Maumont, évoque de Poiliers en 1375, qui se lit une réputation comme théologie. i et comme prédicateur.
MAUNOiR (Julien), né au bourg de Saint- Georges de Raintambaut, diocèse de Rennes en Bretagne, en ItiOJ, entra chez les jésuites, où il se distingua par les missions qu'il lit dans sa patrie, depuis 16r*0 jusquen 1683. Epuisé de travaux et de fatiguas, il mourut s (interne it a Pievin en Bretagne, âgé de 77 a.. s. Le Père Boschet, son confrère, a écrit sa Aie sous ce litre : Le parfait missionnaire, 1697, in-12. Le Père Maunoira laissé des ouvrages ue piété écrits en breton.
MAUPAS DU TOUR (Henri Calchon de), né l'an 1606, au château de Cos.*,on, d'une famille illustre, fut tenu sur les fonts de baptême p.r Henri IV. il fut abbé de Saint- Denys de Reims, où il introd isit, eu 1635, la nouvelle réforme de la congrégation de Saune-Geneviève , grand aumùnier de la reine Anne d'Autriche, évêque du Puy en Vêla et d'Evieux, où il mourut le 12 août lOiiO. On a de lui : Discours funèbre sur l'archevêque de Reims (Guillaume de Gifford, mort en 1629), Reims, 1629, in-^°; Vie de madame de Chantai, Paris, 164-4, in-4°. Elle a eu plusieurs éditions, et a été traduie en ita.ien ; Vie de saint François de Sales, Paris, 1657, in 4°, avec sept gravures. Une sixième parue, imprimée en 16fi8, contient la bulle de canonisation du saint , pour laquelle
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Maupas avait été envoyé à Rom6 ; Oraison que saint Maur, abbé en Anjou , était diffé-
funèbre de saint Vincent de Paul, Paris, 1661, rent de saint Maur, d'sciple de saint Benoit;
in-4°; Statuts synodaux, Evreux, 1664-1665, mais dom Ruinart les a réfutés dans son Ap-<
in-8°. Ils furent dressés, à ce qu'on croit, pendice des Annales des Bénédictins, tom. 1",
par le célèbre archidiacre Boudon, auteur pag. 630. 11 y a une congrégation de Béné-
de la Sainteté' de l'état ecclésiastique, et autres dictins qui porte le nom de Saint-Maur. C'est
bons ouvrages. une réforme approuvée par le pape Gré-
MAUPERTUY (Jean-Baptiste Drouetde), goire XV, en 1621. (Voy. Couu.) Cette conné à Paris en 1650, d'une famille noble, ori- grégation s'est distinguée par les vertus et ginaire du Rerry, fit ses études au collège le savoir de ses membres; mais elle n'a pas de Louis le Grand. Son esprit et son goût eu le don de persévérance. Voici, dit Feller, pour l'éloquence et pour la poésie lui ce que nous écrivions en 1783 : « Elle se firent de ses maîtres des admirateurs. Il « soutient encore avec assez de gloire, lî y a parut ensuite dans le barreau et s'en dé- « peut-être moins d'érudition, moins d'actigoûta. Les fleurs d'une littérature légère « vite et do zèle qu'autrefois; mais il faut et frivole lui avaient fait perdre le goût des « s'en prendre au siècle, qui , entièrement fruits de la jurisprudence. Un de ses oncles, « livré à la frivolité , ne fait aucun accueil fermier général, crut le guérir de son pen- « aux recherches savantes î ou bien le malchant pour le théâtre et les romans, en lui « heur des temps influerait-il sur cette esprocurant un emploi considérable dans une « pôce de relâchement ? Le bruit des ruines des provinces du royaume. Maupertuy, qui « réprimerait-il l'essor du génie qui nourrit et n'avait alors que 22 ans, se reposa sur des « qui provoque le travail ? Regarderait-on commis fidèles et laborieux; et bien loin « comme un décret de silence l'incertitudeque d'amasser du bien, il dissipa son patrimoine. « la Providence semble avoir répandue sur la De retour à Paris, à l'âge d'environ 40 ans, « durée de ces solitudes illustrées par de si il renonça subitement au monde : après une «longues et si utiles études?» En 1789, retraite de deux ans, il prit l'habit ecclé- lorsque ces religieux voulurent se charger siastique en 1692, passa cinq ans dans un de l'instruction publique, en secondant l'esséminaire, se retira dans l'abbaye de Sept- prit et les œuvres de la révolution, nous fû- Fonts, et cinq ans après dans une solitude mes obligé , dit encore Feller, de changerez du Berry. Son mérite lui procura un cano- jugement contre celui-ci : « Malheur à la nicat à Bourges, en 1702. De Bourges il passa « jeunesse dont l'éducation tomberait en parai Vienne, d'où il revint à Paris, après avoir « tage à des religieux que l'esprit du monde, reçu les ordres sacrés. Il se retira quelque « l'esprit d'apostasie, de corruption et d'ertemps après à Saint-Germain-en-Laye, où il « reur, engage à quitter ces retraites saintes, mourut le 10 mars 1730, âgé de 80 ans. On « où des vœux inviolables les avaient enfera de lui un grand nombre de traductions « mes; à faire des offrandes consacrées au françaises : les principales sont celles : du « Seigneur la proie de la politique mondaine premier livre des Institutions de Lactance, « et des violences de l'anarchie. » Les anin-12; du Traité de la Providence, et du Ti- nées suivantes présentèrent une dissolution mothée deSalvien, chacune en un vol. in-12; plus complète encore, et, en faisant éclater des Actes des martyrs, recueillis par dom la constance religieuse de quelques indivi- Ruinart; de ['Histoire des Goths, de Jornan- dus vertueux, oifrirent une multitude d'adès, in-12; de la Vie du frère Arsène de Jan- postais. Tous ceux qui s'étaient voilés du son, religieux de la Trappe, connu sous le jansénisme , parlicu fièrement les Blancsnom du comte de Rosemberg, in-12; de la Manteaux, se jetèrent ouvertement dans les Pratique des exercices spirituels de saint délires du philosophisme. Ignace, in-12; du Traité latin de Lessius, MAURAND (Pierre), homme riche, fut re- Sur le choix d'une religion, in-12 ; de l'Eu- gardé, dans le xne siècle , comme le chef des phormion de Bardai, 1711, 3 vol., ou 1713, albigeois en Languedoc. Maurand était d'une 1 vol. in-12. On a encore de lui plusieurs des plus illustres familles de Toulouse, holivresde piété : les Sentiments d'un chrétien noré qualre-vinyt-huit fois du capitoulat , et touché d'un véritable amour de Dieu; YHis- qui prétendait descendre des anciens ducs toire de la réforme de l'Abbaye de Sept-Fonls, d'Aquitaine. Il se disait saint Jean l'Evangéin-12 : cette histoire fut mal reçue et accu- liste , et attaqua la divinité de Jésus-Christ, sée d'infidélité; l'Histoire de la sainte Eglise tantôt à découvert, tantôt avec des mots équipe Vienne, in-4°; Prières pour le temps de voques; il entraîna dans l'hérésie la plupart l'affliction et des calamités publiques, in-12; de ses compatriotes. Raimond V, comte de De la vénération rendue aux reliques des Toulouse, l'obligea de comparaître devant le saints, in-12; Le commerce dangereux entre les légat du pape. Dans l'interrogatoire qu'on deux sexes, in-12; La femme faible, ou Les dan- lui fit subir, il déclara que le pain consacré gers d'un commerce fréquent et assidu avec les par le prêtre n'était j)as le corps de Jésushommes, in-12; etc. Le style de ces différents Christ. Les évoques , affligés du blasphèmo ouvrages est ferme et énergique, maisilman- qu'ils venaient d'entendre, et du malheurde que quelquefois de pureté et de précision, celui qui l'avait prononcé, déclarèrent Mau-
MAUR (saint), célèbre disciple de saint Re- rand hérétique, et le laissèrent entre les mains
noît , abbé de Glanfeuil , en Anjou , aujour- du comte de Toulouse. Maurand , qui avait
d'hui Saint-Maur-sur-Loire, mourut en 584. trop d'esprit pour ignorer le faible de sa
Quelques critiques modernes ont prétendu secte , eut trop de raison pour sacrifier sa
Diction n. de Biographie relig. II. hQ
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vie au iaux honneur qu'on trouve quelquefois à ne poinl se démentir. La grâce agit en même temps sur sou cœur, et il ; rit le parti
do réparer le scandale qu'il avait donné. Il alla, pieds nus et les épaules découvertes, se présenter à la porte de l'église : l'évoque de Toulouse et l'aobé de Saint-Sernin l'y reç iiMit, et le frappèrent de verges pendant qu'il avançait vers l'autel, où le légat l'attendait. Maurand y til abjuration de ses erreurs. 11 promit de partir dans quarante jours pour la Palestine, et d'y. servit trois ans les pauvres. Il vil sans regrel raser celui de ses châteaux où les hérétiques tenaient auparavant leurs assemblées» et distribuer une partie de ses biens aux malheureux qu'il avait opprimés par sa puissance, ou ruinés par ses usures. Une conversion d'un si grand éclat eut un grand ellet : l'h dvsie soutenue par le crédit de Maurand tomba en grande partie. Celui-ci mourut en 1199.
M ALKEL (Barthélevii), né en juin 1758, à Sabas , paroisse du diocèse d'Alhy, reçut les ordres à Castres, et fut nommé presque aussitôt professeur de philosophie au collège d'Alhy. En 1788, il devint vicaire de la paroisse de Sainte-Mai tianne de la même ville, et il s'y lit connaître par des conl rencessur la religion , qui étaient très-suivies. Pendant la terreur, il passa en Italie, visita successivement Nice, Rome et Aneone, et après son retour en France , au commencement de 17i)0 , il prêcha dans plusieurs villes avec beaucoup de succès. M. d'Aviau, archevêque de Bordeaux., lui donna un canonicat dans s'a métropole, et il y concourut à former un établissement de missionnaires. Depuis 1822, il s'appliqua particulièrement aux retraites ecclésiastiques, qu'il dirigea successivement dans divers diocèses , surtout du midi de la France. Une première attaque d'apoplexie, qu'il essuya en 1825, l'obli0ea de renoncer à Ci tte carrière. L'abbé Maurel avait été désigné pour prêcher à la cour le carême de 182G, mais le mauvais état de sa santé l'empêcha de se rendre à Paris. 11 mourut le 18 mai 1829. On a de lui un ouvrage estimé, intitul é : Retraite ecclésiastique, ou Choix d'instructions s,tr les principaux devoirs des prêtres, suivie d' un examen de conscience et des sentiments des Pères et des conciles sur le sacerdoce, Toulouse et Paris, 1833, 2 vol. in-8°.
MAURICE (saint) , chef de la légion thébéeune, était chrétien, avec tous lesolliciers et les soldats de celte légion, composée de 6,6 >0 hommes. Les Baguudes ayant excité des troubh s dans les Gaules , Dioctétien y envoya cette 16g. on, appelée sans doute thébétnne parce qu'elle avait été levée dans Ja Thébaïde en Egypte. Maurice ayant passé es Alpes à la tête oes troupes qu'il commandait, l'empereur Maxiiuieu ordonna que toute l'armée ferait un sacrifice aux dieux pour obtenir le succès des armes de 1 empire. Celte proposition fit horreur à Maurice et à sa troupe; il s'éloigna avec sa légion de l'armée, pour aller camper près d'Agaune , à trois lieues d'Octodurum. (On croit que l'ancienne ville d'Octodurum est aujourd'hui
Maiiigni, dans le Valais. Cette ville possédait un siège Ôpiscopal , qui fut transféré à Sion, dans le/ vr siècle.) L'empereur, irrité, de leur résistance, ordonna que la légion fût décimée. Ceux qui restaient, protestant qu'ils mourraient plutôt que de rien faire contre leur foi, l'empereur en lit encore mour.r la dixième partie. Enfin Maximien, les voyant persévérer dans la religion de Jésus-Christ, ordonna qu'on les fit tous massacrer. Ses tr iu es les environnèrent et les taillèrent en pièces. Cependant, si l'on en croit la tradition des Eglises de Trêves et de Cologne, quelques cohortes de la légion s'échappèrent, sans doute dans le temps qu'elle campait à Octodurum, et furent mues à mort en divers endroits des Caules. M lurice, chef de cette légion de héros chrétiens, Exupère et Candide, officiers de la même troupe, se signalèrent par leur constance et la vivacité ue leur foi. Ce furent eux qui engagèrent les soldats à ce généreux refus. Ce massacre fut exécuté vers l'an 285. Plusieurs années après leur supplice, on découvrit leurs corps au lieu dit Agaune, aujourd'hui Saint- Maurice. Ce saint est le patron d'un ordre célèbre dans les Etats du roi de Sardaigne, créé par Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, pour récompenser le mérite militaire, et approuvé par Grégoire XUI en 1572. Malgré les preuves qui déposent en faveur de l'histoire de ces saints martyrs, plusieurs protestants, entre autres Dubordier, Hottinger, Moyle, Burnet et Mosheim. l'ont attaquée, Georges Hickes, savant anglais, l'a défendue avec force, et a mis au néant les sophismes que Burnet avait accumulés dans sa préface sur Lactance. Félix de Balthasar en publia également la Défense, Lucerne, 1760, in-8". contre une mauvaise critique qu'en avait faite Spreng, d.ms sa Basic chrétienne. Dorn Joseph de Lisle, bénédictin de la congrégation de Saint-Vannes, a porté la vérité de celte histoire jusqu'à l'évidence, dans son ouvrage intitulé : Défense de la vérité du martyre de la légion thébéenne, 1737, in-8°. Voy. aussi Historia di san Maurizio, par le P. Rossignoli, jésuite; les Açta Sanctorum du mois de septembre; les Eclaircissements sur les murtyrs de la légion thébéenne, etc., par le P. dé Rivaz, Paris, 177i*, in-8°. Les actes du martyre de cette légion, écrits par saint Eucher, évèque de Lyon, ont été donnés, mais fort défectueux, par Surius. Le P. Chilllet, jésuite, en ayant découvert une copie [dus exacte, la fit imprimer. Dom Ruinart soutient que c'est là le véritable ouvrage du saint évèque de Lyon. — 11 ne faut pas confondre saint Maurice, chef de la légion théb enne, avec un autre saint du même nom, martyrisé à Apamée, dans la Syrie, et dont parle Théodoret. Si Mosheim les avait distingués, ii se serait épargné bien des objections qui tombent à faux dans son Commenlurius de rébus Ecclesiœ ante Constantinum, lielmstadt, 1753, page 588. Voltaire a pris une voie toute différente et bien digne de lui pour nier le massacre de celte légion. « Nous avons, dit-il, les noms de trente-
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« deux légions qui 'faisaient les principales « forces de l'empire romain, et assurément « la légion thébéenne ne s'y trouve pas. » Si cet écrivain superficiel et si peu jaloux de sa réputation avait c insulté la liste des légions, il aurait trouvé le nom de ceile-ci en dix endroits ; il y aurait lu, sect. 7, que sous Dioclétien la troisième légion était la thébéenne : Tcrtia Diocleliana, Thebœorum. Celte môme légion se trouve encore dans la section 20 ; elle était la seconde sous F avia Conslanlia : Secunda Flavin Constantin, Thebœorum; elle conservait le môme rang sous Val ns : SecundaValentis, Thebœorum, section 6; elle élait la première sous ce môme Maximien, qui la fit massacrer : Prima Maximiana, Tfiebœorum, section 7. Yoy. la Notice des dignités de l'empire romain par le P. Lahbe. MAURY (Jean-Siffrein), cardinal, député aux états-généraux, archevôque-évèque de Montetiascone et Corneto, archevêque nommé de Paris, membre de l'académie française, de l'Institut et delà Légion-d'Honneur, grand' croix de l'ordre de la Réunion, etc., naquit le 26 juin 1746, à Valréas dans le Comat Venaissin, de parents peu pourvus des dons de la fortune; son père, honnête artisan, l'envoya au collège de son lieu natal. Le jeune Maury, après ses premières études, en ra au séminaire de Saint-Charles d'Avigeson, puis à celui de Sainte-Carde, dans la môme ville. En 1766, à peine âgé de 20 ans, il vint à Paris, où il se trouva pendant quelque temps dans une position difficile. Il fil paraître alors un Eloge funèbre du Dauphin, et un Eloge de Stanislas, in-8°. Ces deux pièces, qui n'obtinrent pas un grand succès, furent suivies de plusieurs autres qui annoncèrent le talent de l'auteur. En 1770, l'académie française avait proposé, pour piix d'éloquence, l'éloge de Fénelon ; l'abbé Maury se mit sur les rangs. La Harpe remporta le prix, et Maury obtint l'accessit. C;1 fut son premier pas vers la fortune et la réputation. Un héritier du nom de Fénelon, nommé à l'évêché de Lombez, le fit son grand-vicaire et son ofiicial ; mais l'abbé Maury, décidé à suivre la carrière de la chaire, revint bientôt à Paris, qui offrait un plus vaste théâtre à son éloquence. Il fut choisi en 1772 pour prêcher le panégyrique de saint Louis devant l'académie française. Ce discours lui valut l'abbaye de la Frénade, dans le diocèse de Saintes. Le panégyrique «le saint Augustin, qu'il prononça en 1775, devant l'assemblée du clergé, parut supérieur à tout ce qu'il avait publié jusqu'alors. Dès ce moment, il fut appelé à prêcher à la cour, où il donna un Avent et un Carême. L'abbé Maury visait à l'académie. Très-répandu dans les sociétés brillantes de la capitale, lié avec les gens de lettres et avec les philosophes, il fut élu en 1785, pour succéder à Le Franc de Pompiguan. Il prononça son discours de réception le 27 janvier, et y donna aux philosophes asse . d'éloges pour mer, 1er que le duc de Nivernais le félicitât d'avoir su allier la philosop ie à l'Evangile. Maury était étroitement lié avec l'abbé de Bois-
mont, qui, en mourant, lui résigna le riche : prieuré de Linons. Ce fut comme titulaire de ce prieuré qu'il assista, lors de la convocation des Etats-généraux, aux assemblées du clergé du bailliage de Péronne, dans lesquelles il fut nommé député. Effrayé des événements du 14 juillet, il quitta Versailles sous, un déguisement et prit la fuite; mais, arrêté à Péronne et ramené à l'Assemblée, il y déploya cette éloquence facile, et en même temps énergique, qui le plaça à la tête des plus grands orateurs de l'Assemblée. Il défendit les droits de l'Eglise et du clergé dans les séances des 17 octobre et 27 novembre 1790. Il signa ensuite la protestation du côté droit en faveur de la religion et de la monarchie, et celle du 29 juin 1791, relativement aux décrets qui avaient constitué prisonniers le roi et sa famille. Aussi intrépide en public qu'à la tribune, il évita souvent les dangers que lui faisait courir son opposition aux révolutionnaires, par son attitude imposante et un sang-froid imperturb ble. Après la discussion sur les assignats, quelques misérables ayant ci\é, lorsqu'il sortit de l'Assemblée : A la lanterne, l'abbé Maury! il s'approcha d'eux sans s'émouvoir, et leur dit : « Eh bien! le voilà l'abbé Maury; quand « vous le mettriw à la lanterne, y verriez- « vous plus clair?» Tout le monde partit d'un éclat de rire, et l'on battit des mains. Un autre jour il entendit des forcenés qui le serraient d'assez près, dire d'un ton frénétique : « Envoyons-le dire la messe à tous les « diables : Soit, répondit l'abbé Maury, mais « vous viendrez me la servir, voici mes bute rettes. » C'était une paire de pistolets qu'il leur présentait. Ses discours à l'Assemblée lui avaient acquis une réputation prodigieuse. Appelé à Rome par Pie VI, il y entra comme en triomphe, et Mesdames, tantes du roi, qui habitaient cette capitale, lui firent l'accueil le plus distingué. Le pape le nomma archevêque de Nicée in partibus, et l'envoya en qualité de nonce à la diète de Francfort , assemblée pour l'élection de François IL A son retour, il fut nommé, le 21 février 1794, cardinal et évêque de Montefiascone, l'un des meilleurs sièges d'Italie. Cependant la révolution française s'étendait comme un torrent ; bientôt lés armées de la république pénétrèrent jusqu'à Rome, et le sacré collège fut obligé de fuir. Maury, qui, plus que tout autre, devait craindre l'arrivée de ses compatriotes , se retira d'abord à Sienne , gagna ensuite Venise, après avoir couru les plus grands dangers, et passa de là en Russie. Lorsque les Russes eurent chassé les Français de l'Italie, Maury vint assister au conclave réuni à Venise le 1er décembre 1799, pour l'élection de Pie VII, qu'il accompagna à Rome en qualité d'ambassadeur de Louis XVIII, alors retiré à Mittau. 11 montra d'abord beaucoup d'ardeur pour les intérêts du roi, et se prononça vivement contre le gouvernement de Napoléon ; mais ce zèle se refroidit tout à coup. Soit qu'il regardât le cause des Bourbons comme perdue, soit qu'il fût pressé du désir de rentrer en France , il
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écrivit, le 22 août 180 V , à Bonaparte- une lettre, dans laquelle il protestait au nouvel empereur de sa soumission et de sa fidélité.
L'année suivante, il le vil à Gènes, obtint la permission de rentrer en Franc:' , el parut
au mois de niai 1806 à Paris, où ses anciens amis diront bien étonnés de le voir sans cette monarchie qu'il avait défendue avec tant de talent et d'énergie. Il s'attacha de plus en plus à son nouveau maître. qui lui conféra le titre de cardinal français , et le nomma aumônier du roi Jérôme , son frère. Appelé dans la classe de lins itut, qui représentait l'académie française , Maury y succéda à Target 1 1807), et" y prononça un discours qui trompa l'attente de ses auditeurs. C'était léloge de l'abbé de Rndonvilliers. En abandonnant la cause qui avait fait sa gloire , il parut avoir perdu son talent. Cet échec le déconcerta : mais il se consola bientôt, grâce aux faveurs de Napoléon , qui, dans un moment d'humeur contre le cardinal Fesch , nommé au diocèse de Paris , nomma tout à coup Maury au mémo siège (IV octobre 1810). Il prit aussitôt l'administration du diocèse que le chapitre métropolitain lui déféra. Cependant les affaires de l'Eglise prenaient tous les jours une tournure plus fâcheuse : le Saint Père, enlevé de Rome, avait été transféré à Savone. Le 5 décembre 1810, il adressa au cardinal Maury un bref, dans lequel il lui reprochait sa conduite, et l'invitait à quitter l'administration du diocèse de Paris. La police de Bonaparte en fut instruite, et prit toutes les mesures possibles pour empêcher que ce bref ne fût connu du public. Le cardinal feignit lui -môme de n'en point avoir connaissance , et peut-être par crainte de s'exposer au ressentiment de Napoléon en obéissant au saint-siége, il continua d'administrer, et se montra même plus dévoué aux volontés de l'empereur. En 1811, il fut nommé membre d'une commission chargée de répondre h plusieurs questions sur les dispenses et les bulles, et siégea ensuite au concile tenu à Paris. Le pape , dont on rendait tous les jours la captivité plus dure , fut amené a Fontainebleau , où il reçut le cardinal. Mais Maury lassa tellement sa patience, qu'il le congédia sévèrement. A la restauration (1814) Maury se vit dépouillé de ses pouvo rs par le chapitre; après plus d'une mortification , il quitta Paris, et prit le chemin de Borne. A son arrivée dans cette capitale, on l'enferma au château Saint-Ange. Après six mois de séjour dans cette forteresse , on le confina chez les lazaristes , avec défense de se présenter chez le pape et de paraître dans les cérémonies avec le sacré collège. Son évêché de Montefiascone fut même administré par un vicaire apostolique : l'abbé Maury donna sa démission de ce siège. Il vécut dans la retraite jusqu'au commencement do mai 1817, qu'une dissolution de sang 1-e conduisit au tombeau dans la nuit du 10 au 11 du même mois , Agé d'environ 71 ans. Ainsi finit ce prélat qui , par ses talents , s'était élevé aux plus hautes dignités, et qui, après avoir rempli une carrière aussi brillante
qu'honorable, flétrit lui-même les lauriers qu'il avait cueillis , en se laissant dominer par les circonstances , et peut-être par son ambition. Toutefois, son nom rappellera toujours l'orateur distingué, qui combattit sans relâche avec autant de courage que d'éloquence les idées pernicieuses qui attaquaient la religion et le trône. On a de lui : Eloge funèbre de M. le Dauphin, Sens, 17GG, in-8° ; Eloge du roi Stanislas, 1766, in-12 ; Eloge de Charles V, roi de France, Amsterdam, 1767, in-8"; Eloge de Fénelon, 1771, in-8° ; Discours sur la pair, 1767, in-8° ; Panégyrique de saint Louis, 1772, in-8"; Réflexions sur les sermons nouveaux de Bossuel , Avignon, 1772; Discours choisis sur différents' sujets de religion et de littérature , 1777 , in-12 : Ce sont les discours cités ci-dessus ; Principes de l'éloquence pour la chaire et le barreau , 1782 , in-12 : cet ouvrage reparut sous ce titre : Essai sur l'éloquence de la chaire, 2 vol. in-8"; Panégyrique de saint Vincent de Paul : ce discours, resté manuscrit, a été regardé comme le chef-d'œuvre de Maury; Mémoire justificatif de sa conduite, daté du 12 mai 1814. Ses ouvrages ont été recueillis sous le litre d'OEuvres choisies du cardinal Maury, Paris, 1827, 5 vol. in-8°. M. Louis Maury, neveu du cardinal , a fait paraître en 1828, une Vie de son oncle , avec notes et pièces justificatives , 1 vol. in-8", qui a provoqué quelques réfutations dans Y Ami de la Religion, n° 1434 (7 mai 1828). Barbier lui attribue encore des Lettres sur Vétat actuel de la religion et du clergé de France, Paris, 1781, in-12 de 22 p., en société avec l'abbé de Boismont. Voy. le n° 10,154 du Diction, des Anonymes, 2e édit.
MAUSCHBERGER (Léopold), né à Kralup en Bohême l'an 1718, entra chez les jésuites, et enseigna les sciences avec beaucoup de réputation. On estime son Motus localis gravium solidorum, Olmulz , 1751 , in-8". On a encore de lui des Commentaires sur divers livres de l'Ecriture sainte, un Cours de théologie, el un Traité sur les lois.
MAUVIEL (Guillaume) , évêque constitutionnel de Saint-Domingue , né en 1756 , mort en 1814, est auteur d'un Précis historique et critique sur les indulgences, Paris, 1800, in-8° Il a aussi coopéré avec Grégoire à la rédaction des Annales de la religion, Paris , 1793-1803, 18 vol. in-8". Mauviel était affilié aux templiers.
MAVOR (le Rév. William Fordyce), littérateur anglais, né à Aberdeen en Ecosse le 1" août 1758, exerça d'abord les fonctions d'instituteur et de précepteur et dirigea l'éducation des enfants de l'illustre famille des Marlborough. Etant entré dans les ordres, il devint curé de Stonefield, puis curé et maire de Woodstock. Il publia plusieurs poèmes, qui obtinrent du succès, cultiva aussi les hautes sciences, et composa divers ouvrages pour l'éducation de la jeunesse. Mavor mourut en 183*8. Nous citerons de lui : Vindiciœ landavenses , ou Défense de l 'évêque de Landaff, 1792, in-8°; Les Politiques chrétiens, sermon, 1793, in-8° ; Le devoir des actions de grâces, sermon, 1797, in-8° ; L'Armure complète du chrétien ,