ESS EST U
ESPRIT ( Jacqves), ne Il Bé/iers en 1611, vêchédcPaderhorn, prononça ses vœux, dès
entra, en 1689, dans l'Oratoire, qu'il (jnitta l'âge de 18 ans, chez les bénédictins de
ciri'i ans après pour rentrer dans le monde. Hugsburg. Sa science et son mérite lui firent
Il avait toutes les qualités propres pour y offrir, en. 1801, par le ministère ecclésiàsti-
ilaire, de l'esprit, de la figure. Le dur de que à Berlin, une chaire à l'université de
a Rochetbucault, le chancelier Séguief et le Francfort-sur-l'Oder;mais ses confrères s'cm-
prince deConti, lui donnèrent des témoigna- pressèrent de le nommer pri ur, pour le re-
ges d»! leur estime et de leur amitié. Le pre- tenir au milieu d'eux. L'abba\e de Hugsburg
niierle produisit dans le monde; le second ayant été supprimée en 180V, il devint curé
lui obtint une pension de 2,000 livres et un de la paroisse catholique de cette ville; en
brevet de conseiller d'Etat; le troisième le 1811, il joignil à ce titre les fonctions de
combla de bienfaits, el le consulta dans foutes commissaire épiscopal des églises de Magde-
ses affaires. Esprit mourut en 1078, à 07 ans, bourg, Malbeisiadt, Elmstaedt, et il mourut
dans sa patrie. Il était membre de l'académie bS 22 octobre 1824, à 54 ans. Indépendam-
française, et fut un de ceux qui brillèrent ment d'une traduction complète de l'Ancien
dans l'aurore de cette compagnie. Les ou- Testament, restée manuscrite, on a de lui:
vrages d'ËSprit sont : des Paraphrases de une Traduction du Nouveau Testament ,
quih/ues psaumes, qu'on ne peut guère lire Brunswick, 1807, faito en société avec Léan-
avec plaisir, quand on connaît celles de Mas- dre van Ess, son cousin; Premier jet d'au,
sillon; La Fausseté des vertus humaines, Paris, abrégé de l'histoire de la relie/ion , depuis le
2 vol. in-12, 1078, et Amsterdam , in-8° , commencement du monde jusqu'à nos temps,
1710 : livre médiocre, qui n'est, a quelques Dresde, 1817. Ce livre produisit une grande
égards, qu'un commentaire des pensées du sensation, non-seulement parmi les catholi-
due de La Rochetbucault, mais qui ne prête ques, mais parmi les protestants qui essayô-
pas à la môme critique, l'auteur ayant moins rent d'y répondre; Exposition de la doctrine
généralisé son objet. religieuse un iverselte de Jésus-Christ, Halbers-
ESOllVEL (Hyacinthe), religieux de l'or- tadt, 1822; Exposé des principes du christia-
dre de Saint-Dominique, naquit en Biscaye, nisme catholique, par demandes et par répon-
en 1501, d'une famille noble. 11 professa d'à- ses, sans date (1822).
bord la philosophie dans les couvents de son ESSEN1US (André), hollandais, pasteur
ordre. Ayant ensuite conçu le dessein de se d'Utrecht et professeur de théologie, né en
consacrer aux missions étrangères , et se 1018, mort en 1077, a laissé, entre autres
proposant surtout d'exercer son zèle dans le écrits polémiques: un Système de théologie
Japon, il partit pour Manille en 1625. A son (dogmatique), Utrecht, 1059, 2 vol. in-4°; un
arrivée dans cette île, il y fut nommé pro- Abrégé de ce système, 1669, in-8' ; des Dis-
fesseur de théologie, et il s'appliqua en même sertations sur la moralité du sabbat des Juifs ;
temps à l'étude de la langue japonaise. Il sur une Apologie pour les ministres non con-
passa ensuite à Formose, où il opéra des con- formistes d'Angleterre; des Considérations
versions nombreuses. Bientôt il s'embarqua (en hollandais) sur la Parabole du Semeur,
avec un frère mineur sur un navire japonais, contre Labadie, etc.
croyant atteindre enfin le but de ses désirs ESTAMPES (Léonor d'), d'une illustre constants; mais le capitaine fit périr les deux maison de Berri, fut placé sur le siège de Charreligieux pendant la traversée. Cedoublemar- très en 1620, et transféré à l'archevêché de tyreeut lieu en 1635. Esquivel avait composé Beims en 1641. Il signala son zèle pour la pour les missionnaires : Vocabulaire japonais Fiance dans l'assemblée du clergé de 1626, et espagnol, Maniile, 1630; Vocabulaire de la contre deux ouvrages où l'on soutenait des langue des Indiens de Tanchuy,en l'île de opinions alors très-communes, mais qui n'en Formose, el une Traduction, en celte languo, étaient pas moins fausses, touchant l'autorité de toute la doctrine chrétienne, Manille, 1691. des rois.
ESQUIVEL DE ALAVA (Diego de), prêtre ESTHLB ou EDISSA, Juive de la tribu de
et théologien distingué , naquit à Viltoria, Benjamin, fille d'Abihaïl, cousine germaine de
vers 1492, d'une famille noble et riche, et se Mardochée. Le roi Assuérus l'épousa, après
rendit très-habile dans les langues grecque avoir répudié Vasthi. Ce monarque avait un
et latine. Il s'appliqua h l'élude des Pères et favori nommé Aman, ennemi déclaré de lana-
des conciles, remarquant, dans ses nom- tion juive. Ce favori irrité de ce que Mardo-
breuses lectures, avec un soin particulier, chéc lui refusait les respects que les autres
ce qui concernait la discipline ecclésiastique courtisans lui rendaient, résolut de venger ce
et les changements qui s'y étaient introduits, prétendu affront sur tous les Juifs. Il lit don-
De ce travail et de ses propres réflexions ré- ner un édit pour les faire tous exterminer
sulta un ouvrage auquel iJ donna pour titre : dans un temps marqué. Esther ayant imploré
De Comitiis universalibus ac de Us quee adre- la clémence du roi en faveur de sa nation,
ligionis et reipublicœ christianœ reformatio- obtint la révocation de l'édii, et la permission
nem instituendam apta videntur , Grenade, de tirer vengeance de leurs ennemis, le même
15>:3, in-fol. Esquivel mourut à Viltoria en jour qu'Aman avait destiné à leur perte. Les
ib -2, et n'eut pas la satisfaction de voir son historiens ne conviennent pas entre eux du
livre imprimé. On y trouve des vues utiles temps auquel cet événement est arrivé, ni du
de réfurmation, et il fut bien accueilli. roi de Perse que l'Ecriture appelle Assuérus.
ESS (Charles van), savant bénédictin, né Cependant les circonstances marquées dans
le 25 septembre 1770, à Wartburg, dans Té- le livre û'Esther paraissent convenir à Da-
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rius, fils d'Hystaspes. La vérité ae i msioire d'Esther est attestée par un monument non suspect, par une fêle que les Juifs établirent en mémoire de leur délivrance, et qu'ils nommèrent Purim, les Sorts ou le jour des Sorts, parce qu'Aman, leur ennemi, avait fait tirer au sort, par ses devins, le jour auquel tous les Juifs devaient être massacrés. Il est parlé de cette fête dans le deuxième livre des Machabées, c. xv, v. 37. Josôphe en parle (Antiq. Jud. livre xi, c. 6). Elle est marquée dans le calendrier des Juifs, au quatrième jour du mois Adar. On ne sait pas, avec une entière certitude, qui est l'auteur de ce livre. Saint Augustin, saint Epiphane, saint Isidore, l'attribuent à Esdras, Eusèbe le croit d'un écrivain plus récent. Quelquesuns le donnent à Joachim, grand prêtre des Juifs, et j>etit-fils de Josedech; d'autres à la synagogue, qui le composa sur les lettres de Mardochée; mais la plupart des interprètes l'attribuent à Mardochée lui-même ; ils se fondent sur le chap. ix, v. 20 de ce livre, où il est dit que Mardochée écrit ces choses, et envoie des lettres à tous les Juifs dispersés dans les provinces, etc. Le texte grec dit qu'Esther y ajouta quelques passages, et ce sont sans doute ceux qui semblent être détachés du corps de l'ouvrage et ne présentent que des explications et des détails sur des choses dites sommairement. Les Juifs l'ont mis dans leur ancien canon; cependant il ne se trouve pas dans les premiers catalogues des chrétiens, mais il est dans celui du concile de Laodicée de l'an 366 ou 367. Il est cité, comme appartenant à l'Ecriture sainte, par saint Clément de Rome et par Clément d'Alexandrie, qui ont vécu longtemps avant le concile de Laodicée. Saint Jérôme a rejeté comme douteux les six derniers chapitres, parce qu'ils ne sont plus dans le texte hébreu, et il a été suivi par plusieurs auteurs catholiques jusqu'à Sixte de Sienne; mais le concile de Trente a reconnu le livre entier comme canonique. C'est un tableau admirable des ressources que la Providence sait ménager pour l'humiliation des superbes et la délivrance de ses serviteurs : rien de plus propre à nourrir l'espérance et le courage des fidèles dans les temps de persécution, du triomphe apparent et toujours éphémère de l'impiété revêtue du pouvoir.
ESTIUS (Guillaume) ou William Hessels van Est, né l'an 1542, à Gorcum, en Hollande, de l'ancienne famille d'Est, prit le bonnet de docteur à Louvain en 1580. Ses talents le firent appeler à Douai, où il fut à la fois professeur en théologie, supérieur du séminaire, prévôt de l'église de Saint-Pierre et chancelier de l'université. Estius mourut dans cette ville en 1613, a 71 ans, avec la réputation d'un savant laborieux et modeste, et d'un prêtre vertueux. Benoît XIV le qualifie de doctor fundatissimus. On doit à ses veillesun excellent Commentaire sur le Maître des sentences, en 2 vol. in-fol., Paris, 1696 ; Naples, 1720, avec des notes de l'éditeur. Cet ouvrage, nourri des passages de l'Ecriture et des Pères, est fort recommandé aux jeu-
nes meologiens par Dupin. Un Commentaire sur les épîtres de saint Paul, 2 vol. in-fol., Rouen, 1709, rempli d*une vaste et solide érudition. On en a donné un abrégé, dont la meilleure édition est celle de Louvain, 17"/ 6. Un auteur moderne avertit qu'en lisant ee commentaire il faut se souvenir qu'Eslius, quoique bon catholique, a été disciple de Hessels et de Baïus, et qu'il a emprunté quelquefois leur façon de parler. Des Notes sur les endroits difficiles de l'Ecriture sainte, Douai, 1628, in-fol., et Anvers, 1699, avec des augmentations. Cet ouvrage est très-inférieur a. l'autre, quoiqu'il y ait de la clarté et de la solidité. Orationes theologicœ XIX, Louvain. Il y en a une (la cinquième), contre ceux qui sont économes de leur savoir, et qui, renfermant leurs lumières dans le cabinet, refusent de les communiquer au dehors, soit au public en général par de bons ouvrages, soit aux particuliers par des avis. On la trouve tout entière à la suite du Tractatus triplex, de ordine amoris, de François van Viane ; Historia Martyrum Gorcomiensium , Douai, 1603, in-8°; MartyriumEdmundi Catnpiani S. J. e gallico sermonc in latinum translation. Tous les écrits d'Estius sont en latin.
ESTL1N (John-Prior), ecclésiastique anglais, né à Hinckley, le 9 avril 1747, entra, en 1764, à l'académie non-conformiste de Warrington, reçut les ordres en 1770, et fut appelé, en 1771, à Bristol, par la congrégation unitaire de Lewins Mead, pour y seconder le titulaire dans les fonctions de son ministère. 11 devint lui-même titulaire après la mort de son supérieur, et mourut le 10 août 1818. Lorsqu'il n'était que vicaire, il avait fondé une maison d'éducation qui réussit. Ses ouvrages roulent sur la liturgie et la controverse ; ils sont intitulés : Preuves évidentes de la religion révélée, et particulièrement du christianisme, 1796, in-8°, en réponse au fameux Siècle de la raison, de Thomas Paine ; De la nature et des causes de Vathéisme, avec des Remarques sur l'Origine de tous les cultes, par Dupuis, 1797, in-8°; Apologie du Sabbat, 1801, in-8°; Sermons, 1802, 1 vol. in-8°, dont le but est spécialement de fournir des préservatifs contre l'incrédulité et l'indifférence en matière de religion. D'autres sermons ont paru séparément, parmi lesquels on en remarque un sur la Réintégration universelle, laquelle réintégration n'est autre chose que l'admission finale du genre humain à la béatitude céleste ; VEucologe universel, recueil de prières à l'usage des communautés, des familles, des individus, et que l'auteur s'est efforcé de composer de manière à ce qu'il puisse servir à toutes les communions chrétiennes. Il a pris ses matériaux dans l'Ecriture , les Pères, et divers auteurs religieux. Enfin Estlin donna une édit . des Serm ons de David Jardine de Bath, 1798, 2 vol. in-8°.
ESTOILE (Pierre Poissesiothe de l), fils du poëte Claude de l'Estoile , et petit-fils de Pierre, qui fut grand audieneier de la chancellerie de Paris sous Henri III, devint chanoine régulier, abbé de St-Acheul d'Amiens, et mourut en 1718. Il a laissé les ouvrages
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