‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 30 sur 323 · ETE · texte numérisé non relu

ETE

suivants s Lettre ù un Curieux , tur d'ancien* monuments découverts *«l 1697, soi*.* fc </rand autel de V abbaye de Notre-Dame, dite de Saint-

Acheul , qui était autrefois l'église cathédrale d'Amiens, 1697, in-V"; L'ombre de M. Thiers,

en réponse à la dissertation de M. Lestorq, avec ■une critique <lr la vie de Saint-Sah <■ , évéq. d'Amiens, Liège, 1712, in-8°; Remarques critiques sur la justification de la translation de suint Finnin, 171*, in-12, contre Lestorq ; Histoire de l'Abbaye de St-Acltcul, in-4°, manusc; Oraison funèb. de Susanne des Friches de Braneurs, abbesse de Notre-Dame du Paraclet, Amiens, 1681, in-»*; Oraison funèbre de Marie-Thérèse d'Autriche, Amiens, 1684, in-V°; Les curiosités de l'Aquitaine et du Languedoc, manusc. ESTOUTEVILLE (Guillaume d'), cardinal, archevêque de Rouen, était fils de Jean d'Estoutcville, d'une ancienne et illustre famille de Normandie. 11 fut chargé de commissions importantes sous les règnes de Charles Vil et de Louis XI, réforma l'université de Paris, fut grand partisan de la Pragmatique- Sanction, et protégea les savants. I! mourut à Home, étant doyen des cardinaux, le 22 décembre 1483, à 80 ans. Outre l'archevêché de Rouen, il possédait six évôchés tant en France qu'en Italie, quatre abbayes et. trois grands prieurés ; mais il en employait la meilleure partie à la décoration des églises dont il était chargé, et au soulagement des pauvres. Ce fut lui qui commença le beau château de Gaillon. 11 a paru, en 1788, un prétendu éloge de ce cardinal, barbouillage philosophique sur lequel on aurait tort de le juger. La suffisance du siècle, ajoute Feller, croit honorer les grands hommes des temps passés, en leur donnant des traits qu'ils n'eurent jamais et qu'ils eussent rougi d'avoir. . ESTREES (César d'), cardinal, abbé de St-Germain-des-Prés, né en 1628, fils du maréchal de France François-Annibal, fut élevé sur le siège de Laon en 1653, après avoir reçu le bonnet de docteur de Sorbonne. Le roi le choisit peu après pour médiateur entre le nonce du pape et les amis des quatre évêques d'Aleth, de Reauvais, de Pamiers et d'Angers. D'Estrées avait l'art de ramener les esprits les plus opposés, de les persuader et de leur plaire. Ses soins procurèrent un accommodement, qui donna à l'église de France une paix passagère, parce que les esprits qui la recevaient aimaient la guerre. Le cardinal d'Estrées passa ensuite dans la Ravière, où Louis XIV l'envoya pour traiter le mariage du Dauphin avec la princesse électorale, et pour y ménager d'autres affaires importantes. 11 se rendit quelque temps après à Rome, y soutint les droits de la France pendant les disputes de la régale, et fut chargé de toutes les affaires après la mort du duc son frère, en 1689. Il accommoda celles du clergé avec Rome, et eut beaucoup de part aux élections d'Alexandre VIII, d'Innocent XII et de Clément XL Lorsque Philippe V partit pour le trône d'Espagne, le cardinal d'Estrées eut ordre de le suivre pour travailler avec les premiers ministres de ce prince. 11 revint en France l'an 1703, et mourut à son abbaye en

1714, à 87 ans. Le cardinal d'Estrées était très-versé dans les affaires de l'Eglise et dans celles d«i l'Etat. A un génie vaste il joignait des manières polies, une conversation aimable, un caractère égal, l'amour des lettres et la charité envers les pauvres. S'il ne fut pas toujours heureux dans ses négociations, ce ne fut ni la faute de son esprit, ni celle de sa prudence.' On conserve, à la Ribliothèque de la rue Richelieu, ses Négociations à Borne, de 1671 à 1687. 11 avait succédé à Duryer à l'académie française, et on lit son éloge dans l'Histoire. des membres de cette compagnie, par d'Alembert.

ETEMARE ( Jean-Raptiste Le Sesne de Menilles d'), prêtre appelant, né au château de Menilles, en Normandie , en 1682, entra au séminaire Saint-Magloire, où était alors l'abbé Duguet, et fut ordonné prêtre en 1709. C'était l'année de la destruction de Port-Royal; mais on assure que d'Etemare eut encore le temps d'y aller faire un pèlerinage avant cette catastrophe, et qu'il promit de se consacrer à la défense des jansénistes. Son premier écrit fut des lettres 'théologiques contre une instruction pastorale du cardinal de Rissy. On y entrevoyait déjà ses idées sur l'état de l'Eglise, et ce système de figures qu|il avait puisé dans les leçons de Duguet, qu'il outra depuis d'une manière bizarre et ridicule. La bulle Unigenilus vint donner de l'aliment à son zèle, l) publia contre elle un grand nombre de mémoires, et fut dès lors de tous les conseils des appelants, et eut part à toutes leurs démarches. Il alla à Rome en 1725, dans l'espérance d'y obtenir une bulle doctrinale qui lui fût favorable, et il n'y réussit point. Il en conçut de nouvelles préventions contre la cour de Rome, et suivit de plus en plus son système favori, en publiant VEssai de parallèle des temps de Jésus- Christ avec les nôtres, l'explication de quelques prophéties, la tradition de l'Eglise sur la future conversion des Juifs, etc. Il voyait partout des figures de la défection de l'Église et de la conversion des Juifs. 11 les annonçait dans ses écrits, dans ses conférences, dans ses conversations, et devint le chef d'un parti qui s'abandonna aux plus folles illusions qui préparèrent et fomentèrent les scènes déplorables des convulsions. D'Etemare eut le triste honneur d'êlre un des directeurs de cette œuvre absurde et ridicule, qui mit la division parmi les appelants. Les plus modérés se dégoûtèrent de ses rêveries, et d'Etemare essaya inutilement de les ramener par son autorité et ses conseils. On se moqua de ses décisions. Il chercha alors à épurer le parti des convulsions, et il finit par s'apercevoir lui-même que cette œuvre n'était pas aussi divine qu'il l'avait imaginé, sans pourtant qu'il paraisse avoir reconnu sincèrement le principe et l'étendue de son illusion. Son crédit souffrit, en cette occasion, de rudes atteintes. La 'faste d'un côté, et de l'autre l'abbé Débonnaire et madame Mol, dévoilèrent de-; traits peu honorables pour d'Etemare, qui, un peu honteux, parut, en 1735, se condamner à la retraite, et il y resta près-

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