MER MER
[] se distingua par son savoir et par 5a vertu tion, la congrégation de l'Oratoire se divisa
jusqu'à sa mort, arrivée à Rome le k février en deux parties, dont la plus saine refusa le
1055, à 79 ans. On a de lui des Institutions serment, tandis qu'un certain nomhre des
politiques et économiques, tirées de l'Ecri- plus jeunes membres se laissèrent séduire.
ture sainle; un savant Traité de la répùbli- Le général était mort en 1790, cl n'eut point
que des Hébreux; un Commentaire sur l'Ecri- de successeur. En 1792, le régime et plu-
ture sainte, dont la meilleure édition est celle sieurs autres membres écrivirent au souve-
du père Tournemine, jésuite, Paris, 1719, rain pontife pour protester de leurs senti-
■l vol. in-fol. Le second volume contient dif- ments sur les affaires de l'Eglise de France.
férents Traités et Dissertations sur l'Ecri- Leur lettre, en date du 10 mai, a été insérée
ture sainte par les auteurs les plus généra- à la fin du second volume de Y Histoire du
leraent estimés. Tous ces ouvrages sont en cardinal de Bérulle, par Tabaraud. Mérault
al in, et le dernier est estimé pour la clarté fut du nombre des signataires, et dut bien-
et la précision qui le caractérisent. Il s'y est tôt après se rendre à Orléans, où il avait
attaché surtout h expliquer la lettre de l'E- une partie de sa famille. Après avoir subi
criture. On l'a réimprimé en 17G7, en k vol. une année de captivité sous la terreur, il
in-4°, à Avignon, chez Aubert, et on a suivi continua de résider à Orléans, où il exer-
I édition de Tournemine. Ce môme commen- çait en secret les fonctions de son ministère. taire a été joint à une édition de la Bible de A la suite du concordat de 1802, Je nouvel ("arrière donnée à Lyon, chez llusand, en évoque, M. Bernier, le nomma chanoine ho- 1825. noraire, puis il le chargea de rétablir le sé-
MENOT (Michel), cordelier, mort en 1518, minaire. Devenu en 1806 vicaire général du et dont on ignore le lieu et l'époque de la diocèse, l'abbé Mérault continua de diriger naissance, se fit un nom- célèbre par Tes cet établissement, aux besoins duquel il confarecs qu*il donna en chaire. On a'publié ses sacrait sa fortune. Elu vicaire général capitusermons, mélange barbare du sérieux et du laire après la mort de Mgr Rernier, il le fut encomique, du burlesque et du sacré, des bouf- core après celle de Mgr Rousseau. L'évèché de fumeries les plus plates et des plus sublimes Vannes lui avait été offert, mais il le refusa, vérités de l'Evangile. Ils ont été imprimés Lorsqu'on 1815 le gouvernement, eut l'idéo eh quatre parties in-8°. Le plus recherché d'étendre aux ecclésiastiques l'obligation du des curieux est le volume intitulé : Scrmones serment qu'il exigeait des fonctionnaires puquadragesimales, olim (1508) Turonis decla- blics, Fouchô consulta l'abbé Mérault, qui mati, Paris, 1519 et 1525, in-8°. Celui qui combattit cette mesure. « Très-peu de prècontient les sermons prononcés h Paj^s l'est « très, disait-il, consentiraient au serment, beaucoup moins; il parut en 1530, in-8°. Ces « et je répondrais plutôt de la tranquillité sermons, tout burlesques qu'ils sont, ont en- « de ceux qui le refuseraient que de celle des core été défigurés par Henri-Etienne et par « hommes qui le prêteraient. » Napoléon, Voltaire. après avoir lu sa réponse, dit : Laissons les
MENOUX (Joseph de), jésuite, né à Be- prêtres tranquilles. En 1824, l'abbé Mérault
sançon en 1695, fut fait supérieur du sémi- cessa d'être supérieur du séminaire qui lui
maire de Nancy, et prédicateur de Stanislas, avait tant d'obligations; mais il n'en continua
roi de Pologne. Il mourut le 6 février 1766, pas moins de donner à l'établissement des
à 71 ans, après avoir publié : Notions philo- marques du plus vif intérêt. Le reste de sa
sophiqnes des vérités fondamentales de la re- vie fut consacré à des actes de charité, à
Union, 1738, in-8°. Cet ouvrage avait d'abord l'exécution d'utiles et pieuses entreprises,
paru sous le titre de Défi général à Vincré- qui ont laissé sa mémoire en vénération
dulité, et il est peu d'écrits, dit Fréron, aussi dans le diocèse. Il mourut à. Orléans le 13
clairs , aussi précis et aussi conséquents, juin 1835, âgé de 91 ans. On a de lui : Les
Mcnoux a donné plusieurs écrits en faveur Apologistes involontaires, ou La Religion
de la société des jésuites, et a fourni à Ce- chrétienne prouvée et défendue par les écrits
rutti les matériaux de l'apologie des je- des philosophes, 1806, in-12, anonyme; 1820,
suites. in-8°, avec le nom de l'auteur; Les Apolo-
MENTZER (Balthazak), théologien luthé- gistes, ou La Religion chrétienne prouvée par
rien, né a Allendorf, dans le landgraviat de ses ennemis comme par ses amis, 1821, in-8";
Hesse-Cassel, en 1565, se fit un nom parmi Conjuration de l'impiété contre l'humanité,
ceux de sa communion, et mourut en 1627. 1821, in-8°; Instructions pour la première
II a laissé une Explication de la confession communion, 1825, in-12; Voltaire apologiste d'Augsbourg, et d'autres ouvrages. de la religion chrétienne, 1826, in-8°; Ensei-
MÈRAULT de BIZY ( Athanase-René ), gnement de la religion, 1829, 5 vol. in-12;
oratorien, né à Paris en 174-4 d'une famille Mères chrétiennes : combien leur zèle est né-
de robe, fut élevé au collège de Juilly, di- cessaire au succès de l'éducation, 1830, in-12;
rigé par les Pères de l'Oratoire, et fut en- Preuves abrégées de la religion, offertes à la
suite admis dans leur congrégation. Du no- jeunesse avant son entrée dans le monde, 1830,
viciât de Paris il passa à la maison de in-12; Recueil de mandements sur l'instruc-
Montmorency, qui était l'école de la congre- tion des peuples, ou Méthode à suivre pour
gation pour les jeunes théologiens, et il pa- l'enseignement de la religion, 1839, in-12;
raît qu'il y professa la théologie. Il fut Aux Français, 1832, in-i2; Cours d'histoire
nommé, étant jeune encore, supérieur de la cl de morale, 1834, in-12à Instruction pour
maison de l'Institution. Lors de la révolu- les fêles de l'année.
MER
MER
MERBÈS (Bon de), natif de Montdidier , docteur en théologie et prêtre de l'Oratoire en 1630, sortit de cette congrégation, après y avoir enseigné les belles-lettres avec succès. Il composa , à la sollicitation de Le ïellier, archevêque de Reims, une théologie qu'il publia à Paris en 1683, en 2 vol. infolio, sous ce titre : Summa christiana, réimprimée à Turin, 1770 et 1771, 4 vol. in- 4°. Ses principes ne sont pas ceux des casuistes relâchés ; il parait même donner quelquefois dans l'extrémité opposée. Quelques-unes de ses assertions semblent ne pas s'éloigner assez de la doctrine de Baïus, de Jansénius et deQuesnel. Son style, quoique assez pur, est affecté et sent le rhéteur. Il mourut au collège de Beauvais, à Paris, le 2 août 1684, à l'âge de 86 ans.
MERCATOR (Marius), auteur ecclésiastique, ami de saint Augustin, écrivit contre les nestoriens et les pélagiens, et mourut vers 451. Tous ses ouvrages furent publiés en 1673, in-folio, parle Père Garnier, jésuite, avec des dissertations très-estimées, et qui jettent un grand jour sur les véritables sentiments des pélagiens. Raluze en donna une nouvelle édition à Paris, en 1684, in-8°. — M Migne a publié les OEuvres très-complètes de Marins Mercator, ou Monuments historiques qui ont rapport à l'hérésie des pélagiens et à celle des nestoriens, nouvelle édition reproduisant celle de Garnier, et enrichie de ses commentaires, revue, corrigée et augmentée d'après celles de Baluze et de Galland, 1846, 1 vol. in-4°.
MERCATOR (Gérard), né à Rupelmonde, dans la Flandre, le 5 mars 1512, mort à Duisbourg en 1594, à 83 ans, se distingua comme géographe et mathématicien. Nous cit.rons de lui : Harmonia evangelistarum, contre le ministre Charles Dumoulin, Duisbourg, 1592, in-4°; un traité De creatione ac fubrica mundi, qui fut condamné à cause de quelques propositions répréhensibles sur le péché originel.
MERCIER (Jean) , Mercerus , d'Uzès en Languedoc, étudia le droit à Toulouse et à Avignon, et y fit de grands progrès. Il quitta la jurisprudence pour s'appliquer aux belleslettres, et aux langues grecque, latine, hébraïque et chaldaïque. Il succéda à Vatable, dans la chaire d'hébreu au collège royal à Paris, en'1547. Obligé de sortir delà France, où on le regardait comme un boute-feu des guerres civiles, il se retira à Venise, auprès de 1 ambassadeur de cette couronne qui le ramena dans sa patrie. Il mourut à Uzôs en 1570. Parmi les ouvrages dont il enrichit son siècle on distingue : des Leçons sur la Genèse et les Prophètes, Genève, 1598, in-folio; ses Commentaires sur Job, sur les Proverbes, sur l'Ecclésiaste, sur le Cantique des cantiques, 1573, 2 vol. in-folio, qui sont estimés; Tabulée in grammaticam chaldaicam , Paris , 1550 , in-4°. Il avait traduit le Manuel d'HarmenoD.ule et les Hiéroglyphes d'Horus Apolïfr
MERCURIEN (Everard), général des jésuites, né dans un petit village de la pro- Dict. i>e Biographie relig. H,
vmce du Luxembourg et du diocèse de Liège dont il porta le nom, étudia à Louvain, et s'y avança dans les lettres et la piété. Son zèle pour le salut des âmes lui fit préférer une cure de campagne à un cancnicat dans Liège. Depuis il se (it jésuite à Paris, le 8 septembre 1540, et fut envoyé à Rome l'an 1551. Saint Ignace, qui vivait encore, en porta un jugement avantageux.
Après la mort de saint François de Borgia, il fut élu général en 1573, gouverna avec beaucoup de douceur et de prudence , et mourut le 1er août 1530. On a de lui une Lettre encyclique adressée aux supérieurs de la société, remplie de sages préceptes.
MÉRIGOT (Jean-Roch), né à Saint-Amand, diocèse de Bourges, le 12 septembre 1794, étudia d'abord au séminaire de cette ville, et y reçut, en 1816, les ordres mineurs et le sous-diaconat. Il entra ensuite dans un séminaire de Paris, où on lui donna bientôt son congé, et de là il passa dans divers établissements, sans qu'il pût se fixer nulla part. En 1820, il publia un Discours sur les missions, suivi d'une pièce de vers, in-8°, qui n'était pas sans mérite ; mais on pouvait reconnaître que le zèle qui avait inspiré cet écrit n'était pas selon la science. 11 recueillit à la même époque de nombreux matériaux pour une histoire générale des missions. Puis, oubl ant sa première vocaiion, il mena dans Paris la vie la plus misérable, ne vivant que d'aumônes. Telle était sa triste position lorsqu'en 1831 , ébloui par le déplorable succès de Chàtel, il voulut aussi se faire chef de secte. Il s'affilia aux Templiers et reçut le diaconat et la prêtrise d'un prétendu évoque joannite. Bientôt dégoûté d'un parti dont il reconnut l'absurdité, Mérigot, après avoir eu soin de répondre le bruit qu'il avait été sacré par un évêque assermenté, imagina de prend; e le litre de patriarche de l'Eglise constitutionnelle. Sur la fin de septembre 1832, il ouvrit, sous le nom de Roch, une église, place de la Sorbonne, dans un local qui avait servi à des réunions saint-simoniennes, annonçant une deuxième promulgation de VEvangilc. Il y eut trois ou quatre réunions, mais elles devinrent si tumultueuses que la police fut obligée d'intervenir. Mé igot retomba peu de temps après dans une misère plus profonde qu'auparavant; dans cet état il fit quelques démarches pour être relevé de ses engagements et rentrer dans l'état laïque. On a lieu de croire pourtant que tandis qu'il écrivait d'un côté pour réclamer les faveurs de l'Eglise, il s'adressait à d autres dans des vues bien différentes. Au commencement de l'année 1834, on annonça un ouvrage qui devait paraître sous le titre d'Histoire critique des prétendues réformes de Chdtel, Auzou, Fabré, Roch; il n'en parut qu'une livraison et l'ouvrage fut publié ensuite sous le titre de Scènes historiques des prétendus réformateurs, in-12. Mérigot fut l'auteur de ce livre dans lequel il parle avec beaucoup de mépris de tous les sectaires qu'il passe en revue, sans faire d'exception pour lui-même. Ce malheureux qui se jouaij
Iis3
MEII
do tout et qui, pour gagner de l'argent, se moquait de tous les sectaires, devait bientôt ■lettre le comble à ses impiétés par un écrit détestable. 11 publia, vers le milieu de l'aimée J ÎS3V une Abjuration de la foi catholique par rtipôtre ltoch , in-8"; «est une pièce de ver-; remplie d'outrages et de blasphèmes. Il parait que Le famélique auteur avait espéré s'attirer par eetle publication la bienveillance des ennemis de la religion; mais ils se bornèrent à de stériles compliments et le laissèrent dans la misère. Accablé de souffrances et de remords, ce malheureux est mort le 29 janvier 1835 à l'hôpital de la Charité, après une agonie terrible, pendant laquelle, tout en avouant ses Impiétés aux personnes qui l'entouraient de leurs soins corporels et spirituels, il ne put se décider à en rendre la rétractation publique.
MER1NVILLE (Charles-François de Monstiers de), évoque de Chartres, né à Paris le 2 février 1082, était neveu deGodet-Desmarais, devint son grand vicaire, fut nommé son coadjuteur le 26 avril 1709, et lui succéda la môme année. Héritier de ses vertus, il assistai aux oiïices dans sa cathédrale, faisait la prière en commun dans son palais, et visitait exactement son diocèse, réformant les abus, corrigeant les scandales et maintenant l'ordre et la paix. Sa charité était sans bornes. La ville (Je Chàtauiun ayant été consumée presque entièrement en 1723, par un violent incendie, il y courut et donna aux habitants des secours proportionnés à leurs besoins. Une disette affligeant le Perche, en 1739, il se rendit à la cour pour exposer la misère du peu ,1e et obtint du roi quelques secours, auxquels il joignit ses propres dons. Voulant les distribuer lui-môme, il partit à cheval avec un seul domestique, et visita les paroisses les plus malheureuses, où sa présence et ses bienfaits ramenèrent l'espérance. Ce pieux évoque mourut à Char.res le 10 mai 1748. Parmi ses écriis nous citeronsson Mandement pour rét blir les conférences ecclésiastiques dans son diocèse, en 1727, et une ordonnance qu'il rendit en 1736 pour condamner les Nouvelles ecclésiastiques. Mérinville eut part aux mesures prises par ;a majorité des évoques sur les cont stations qui divisaient l'Eglise, et en 17*4, il a tressa à son clergé des sujets de Conférences ecclés. sur la inorale, 2 v. in-8°. On a publié Y Esprit et les vertus de M. de Mérinville, Chartres, 1705, in-12, avec son portrait
MERLAT ( Eue), théologien de la religion prétendue réformée, né à Saintes en 1634, voyage i en Suisse, à Genève, en Hollmde et en Angleterre. Il devint ensuite minist.e de Saintes, où il se distingua pendant 19 ans par sa science etparsa probité. Une réponse violente qu'il fit au livre d'ArnaulJ, intitulé : Le renversement de la morale de Jésus-Christ par les calvinistes, l'obligea de sortir de France en 168J. Il se retira à Genève, et de là à Lausanne, où il fut pasteur et professeur, et où il mourut en 1705. Outre, l'ouvrage dont nous avons parlé, on a de lui . plusieurs Sermons; un Traité de l'autorité