‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 305 sur 323 · V-ll · texte numérisé non relu

V-ll

Mil.

MIL

lo!2

mais ne prit pas ue décision formelle. Milnet donna, en 1818, une suite à ses Lettres ai: prébendaire, sous ce titre : Fin de la controverse religieuse, suivie d'une adresse à l'évoque anglican de Saint-David's, eu réponse a son Catéchisme protestant ; c'est sans con tredit la meilleure production de Millier. Elle a été plusieurs lois réimprimée, et traduite en français sous le litre d'Excellence de la religion catholique, ou Correspondance entre une société de protestants religieux et un théologien catholique, Paris, 1823, 2 vol. in-8-. Cet ouvrage, divisé en trois parties, renferme une discussion solide, une critique udicieuse,un heureux choix de preuves reevées par un ton de modération d'autant plus louable, que l'auteur a souvent à répondre;! des adversaires plus passionnés. La traduction que l'on doit a M. Masson de La Véronnière est fidèle et accompagnée de notes, de citations et d'une table des matières qui ajoute au mérite de l'ouvrage. Depuis, Milner a publié Apologie de la fin de la controverse religieuse contre ses adversaires, in-8°. Cette apologie, écrite en forme de lettres, par l'auteur, pour défendre son ouvrage qui avait été attaqué, n'a pas été traduite en français, parce qu'elle a été regardée comme moins intéressante en France, où les attaques dirigées contre Milner n'ont pas pénétré. 11 a encore publié, sur l'invitation des évoques d'Irlande , un Court sommaire de l histoire et des doctrines de V Ecriture, qui parait convenir spécialement aux écoles, et dont il s'est fait plusieurs éditions. Il a aussi inséré, dans YOrthodox du 19 juin 1819, une Lettre contenant quelques critiques de LMft'ttoired Angleterre, du docteur Lingard. Charles Butler avait fait paraître cette année des Mémoires historiques sur les catholiques anglais, 2 vol. in-8°, qui offrent des faits intéressants, mais où l'on trouve en même temps beaucoup d'omissions et d'inexactitudes. Milner crut devoir y ajouter un nouveau volume, qu'il publia sous le titre de Mémoire supplémentaire des catholiques anglais, où il rapporte principalement les affaires où il a pris part. Sa santé, affaiblie par d'aussi longs travaux, lui faisant pressentir une fin prochaine, il demanda un coadjuteur qu'il sacra lui-môme le 1er mai 1825; il mourut dans les sentiments les plus édifiants, le 19 avril 182G, à Wolverhampton, où il résidait ordinairement. Son savoir et son zèle lui méritèrent les éloges de ses ennemis mômes, qui le taxaient seulement de trop de chaleur et d'exagération. On cite encore de lui : Certaines considérations à l'égard des catholiques romains, 1791, in-8° ; Recherches historiques et critiques sur l'existence et le caractère de saint Georges, patron de l'Angleterre, 1792, in-8° ; Oraison funèbre prononcée à l'occasion de l'assassinat de Louis XVL, 1793, in-8°; Réplique au rapport publié par le club cisalpin sur sa protestation, 1795, in-8° ; Sérieuse demande à M. Joseph Beringlon, sur ses erreurs théologiques , touchant les miracles et autres sujets, 1797, in-12; Vie de M. Challoner} vicaire apostolique de Londres, 1798,

n-12; Explication de la conduite du pape 'ie VII à regard des évéques et des affaires eclésiastiques de France, 1802, in-8°; Court xamen des principaux arguments contre (a tétition catholique; Traité sur l'architecture les églises d'Angleterre, 1811, in-8" ; Discours vrononcé le 18 juin 1816, cl Birmingftam , en ictions de. grâces pour la paix ; Exercices jour sanctifier le dimanche et jours de fêtes, 't pour se préparer à assister utilement à la messe; enfin, un article sur l'Architecture gotique, dans Y Encyclopédie de Rees, et plusieurs Notices dans les Mémoires de la société des antiquaires de Londres, dont il était membre. On trouve une notice étendue sur ce prélat dans Y Ami de la religion, tome LUI.

MILON, bénédictin, précepteur du fils de Charles le Chauve, mort dans l'abbaye de Saint-Amand, au diocèse de Tournai, en 872, est auteur de plusieurs pièces. L'une, qui a pour titre Combat du printemps et de l'Hiver, est insérée dans l'ouvrage de Casimir Oudin, sur les auteurs ecclésiastiques; et l'autre, qui est une Vie de saint Amand, en vers, se trouve dans Surius et Bollandus.

MILTON (Jean), né à Londres le 9 décembre 1608, d'une famille noble, donna, dès sa plus tendre enfance, des marques de son talent pour les vers. A 15 ans, il paraphrasa quelques psaumes, et, à 17, il composa plusieurs pièces de poésie en anglais et en latin, pleines de chaleur et d'enthousiasme. Il parcourut ensuite la France et l'Italie, et retourni dans sa patrie vers le temps de la se-r conde expédition de Charles Ier contre les Ecossais. On le chargea alors delà tutelle de deux fils de sa sœur, auxquels il voulut bien servir de précepteur. Il prit aussi soin de l'éducation de quelques enfants de ses amis, et leur apprit les langues, l'histoire, la géographie, etc. Il épousa, en 16i3, la tille d'un gentilhomme de la province d'Oxford. Sa femme le quitta au bout d'un mois, protestant qu'elle ne retournerait jamais chez lui. Le poëte publia plusieurs écrits en faveur du divorce, et se prépara à un secona mariage ; mais sa femme se ravisa, et le supplia si ardemment de la reprendre, qu'il se laissa attendrir. La mort tragique de Charles I", en 16i8, étonna toutes les puissances de l'Europe, et fut approuvéeparMilton. Les factieux qui avaient osé, Cromwell à leurtôte, porter leurs mains parricides sur ce prince infortuné, crurent leur attentat légitime, et choisirent Milton pour le justifier. Cet écrivain, échauffé par le fanatisme de la révolte, composa son livre intitulé : Tcnure, ou Droit des rois et des magistrats. 11 veut y prouver qu'un tyran sur le trône est comptable à ses sujets; qu'on peut lui faire son procès; qu'on peut le déposer et le mettre à mort. Milton porta d'autres coups à l'autorité royale dans plusieurs libelles insolents. Les factieux récompensèrent l'écrivain qui les servait si bien : Milton fut secrétaire d'Olivier Cromwell, de Richard Cromwell et du parlement qui dura jusqu'au temps de la restauration. Saumaise prit la défense de Charles I", dans son livre intitulé : Defensio

Page 1