‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 308 sur 323 · Î517 MIN · texte numérisé non relu

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innovations qui s'introduisaient partout. Décrété d'assignation par le ChAtelet, Le Minotier fut interroge par ce tribunal, le 9 août 1790. 11 se défendit avec dignité, et fut dé chargé, le li septembre suivant, de l'accusation qui lui avait été intpntée. Une nouvelle Lettre pastorale, par laquelle il répondait au décret de l'assemblée nationale qui déclarait déchus de leurs titres et de leurs droits de citoyens, les évoques et les curés qui refuseràien' le serment, le fit mander, e U février 1791, ainsi que les évêques de Saint- Pol-de-l.éon et de Vannes, à la barre de cette assemblée. L'évêq se de Tréguier ne crut pas devoir déférer à cet appel. Comme d'un autre côté, les insultes dont il se voyait l'objet jusque dans son palais «piscopal, lui faisaient comprendre qu'il ne pouvait plus lutter ave.: avantage pour les intérêts de la religion, il passa, en avril 1791, dans lile de Jersey, d'où il continua d'entretenir des relations avec son diocèse. La crainte d'une descente ayant déterminé en 1798 le gouvernement anglais à faire passer lec- émigrés de l"ile de Jersey en Angleterre, Le Mintier se fixa à Londres, où il publia quelques écrits sur les affaires du temps, notamm ut une Dissertation concernant la promesse de fidélité exigée des prêtres catholiques par le nouveau gouvernement de France, in-8* de 16 pages. L'auteur y défendait avec force le> droits de Lonis XVlil. Le Mintier succomba le 21 avril 1801 à une affection goutteuse, chez madame de Caîuelan, veuve du premier président du parlenu nt de Bretagne. « La mort de Le Mintie° , » dit l'abbé de Lubersac, dans le Journal historique et religieux de l'émigration et déportation du clergé de France en Angleterre, Londres, 1802, in-8% « causa un deuil général, non-seulement « dans le clergé de France résidant à Lon- « dres et dans t-utes les parties de l'An- « gl -terre , mais parmi tous les ordres et « classes de l'émigration. D'une voix una- « nime, la justice publique proclama qu'en « sa vénéiable personne l'Eglise gallicane « venait de perdre une de ses premières « lumières, le clergé, en général, un modèle « d^ perf cti n évangélque, .'es dignes « coopérateurs, ministres des saints autels, « un père consolateur, et les fidèles de son «diocèse un tendre ami, toujours prêt à « leur donner l'instruction et la nourriture « s, ir ti elle. »

MINUTiUS-FÉLIX (Marcus), célèbre orateur roina nau commence j. eut du m' siècle de l'ère chrétienne, naquit en Afrique, selon la plus commune opinion. C'est inutilement que Vanhoven s'est efforcé de prouver qu'il a été contemporain de Marc-Aurèle. Né dans le sein du paganisme, comme il le dit lui-môme, il devint un des plus célèbres apologistes de la f ;i chrétienne. Saint Jérôme et Laclance nous apprennent qu'il se distingua à Rome dans 1 h morable profession d'avocat; mais les affaires du barreau ne l'empêchèrent pas d'élever son esprit à des études d'un ordre supérieur : il se fit Tavocat des chrétiens, et composa leur apo-

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logie vers le temps où Septime-Sévère lança le fameux édit qui amena la cinquième persécution. Cet écrit est intitulé Octavius. Il a introduit un chrétien ot un païen qui disputent ensemble. La forme et le sujet de cet ouvrage rappellent le traité de Cicjéron sur la Nature des dieux; il commence par les mêmes mots que le Dialogue de VOrateur : Cogitanti mihi ; mais il se rapproche surtout de YApologétique de Tertullien, qui vécut peu de temps avant Minulius. L'autpur de VOctavius emprunte même quelquefois à son devancier des arguments et des idées qu'il sait s'ap:>roprier, en les embellissant par un style infiniment plus pur et plus élégant; cependant .Yiinutius n'a pas été entièrement exempt des défauts de son siècle. Son style, remarquable par sa concision, est quelquefois inégal et surchargé d'ornements oratoires. Minutius est souvent déclamateur quand il devrait être logicien; aussi ne faitil qu'effleurer la surface du sujet, et l'on peut diro qu'il est aussi loin des auteurs de la belle la inité, qu'il surpasse lui-même les antres écrivains ecclésiastiques do cette époque. On ne sait pas ce qui a pu faire dire à quelques biographes que VOctavius était entaché de matérialisme : il faut qu'ils aient pris pour 1 , doctrine de Minutius les objections qu'il combat. \,'Octavius n'est pas le seul ouvrage qu'on lui ait attribué. « Il existe, « dit saint Jérôme, un autre dialogue sous « son nom, intitulé : Du Destin, ou Contre « les astrologues; mais bien que le style de cet ouvrage soit d'un homme éloquent, ce « n'est pas, selon moi, celui de VOctavius.» Quoi qu'il en soit, VOctavius est le seul écrit de M nu;ius qui soit parvenu jusqi'à nous. Erasme le crut perdu, parce qpie les copistes du moyen Age l'avaient joint au traité d'Arnobe contre tes gentils, dont il étai' regardé comme faisant le 8' livre. On croit que Alrien Junius, philologue hollandais, fut le premier à relever cette méprise; cependant on lui en a contesté l'honneur. VOctavius a été réim rimé pour la prenne; e fois à la suite d'Arnobe, à Rome, 15V2, in-fol.La première édition, qui en a été donnée sous le nom de son véritable auteur, par Baudouin, aétéimprmée à H diielberg, 1560, petit in-8". Les meilleures éditions sont celles Cumnolisva-> riorum, Leyde, 1709; Cambri ge, 1712; Langei'sal/a, 1/73; tout s trois in-8°. VOctavius a et j traduit en français par du M s, Paris, 1(37, in-h", avec des remarques qui ne. manquent pas d'érudition; et par Perrot d'Ablancourt, P.ris, 1660, in-12 il a été analysé par Fleury, dans son Histoire ecclésiastique, par Gouicy,-tome Ier des Apologistes de la religion chrétienne ; par Nonotie, dans les Phiïosophes des trois premiers siècles de l'Eglise , et traduit en italien par Poleti, Venise, 1756, in-8"; en allemand, par J.-G. Appel, Leipzig, 1733, et mieux -ar i nanonyme, Berlin, 1763 — Relativement à l'édition de Minutius-Féli.\ donnée par M. Migne, voy. Lucien el Tertullien.

M1PHIBOSETH, fils de Saul et de Resphî sa concubine, qire David abandonna auxGa-

baonites, avec Armoni son frère et les cinq fils de Michol (peut-être Mérob) et d'Adrii I. Le royaume de Juda étant attaqué par une cruelle famine qui porta partout la désolation pendant trois ans, le pieui roi s'adressa au Seigneur pour savoir la cause de cette vengeance du ciel, et apprit que c'était en punition de la cruauté de Sud à l'égard des Gabaonites. Pour fléchir la colère du Seigneur, David abandonna à ce peuple les malheureux entants d'un pè e coupable, qui furent mis a mo t dans la ville deGabaa, patrie de Saul. Tostat observe qu'ils avaient ou imité la cruauté de leur père, ou commis d'autres crimes qui avaient mérité cet abandon sévère : observation conforme à l'Ecriture : PropterSaul cl domum ejus sanguinum.

II Reg. 21.

MIPHIBOSETH, fils de Jonathas, petit-lils de Saul, était encore enfant, lorsque ces deux princes furent tués a la bataille de Gelboé. Sa nourrice, saisie d'effroi à cette nouvel 'e, le laissa tomber, et celte chute le rendit boiteux. David, devenu possesseur du royaume, en considération de Jonalhas, son ami, traita favorablement son (ils. Il lui fit rendre tous I ss biens de son aïeul, et voulut qu'il mangeAt toujours à sa table. Quelques années après , vers l'an 10V0 avant Jésus-Christ, lorsque Absalon se révolta contre son père, et le contraignit d i sortir de Jérusalem, Miphiboseth voulait suivre David. Siba, son domestique, profitant de l'infirmité de son maître, laquelle l'empêchait d'aller à pied, courut vers David, et accusa Miphiboseth de suivre le parti d'Ab^alon. Le monarque, trompé par le rapport de ce méchant serviteur, lui donna tous les biens de Miphiboseth ; mais ce prince, ayant prou é son innocence, David, qui était dans des circonstances où il ne croyait pas pouvoir faire une entière justice, ni punir le mensonge de l'avide et arrogant Siba, lui ordonna de restituer la moitié des biens qu'il lui avait adjugés : mais Miphiboseth, qui regaidait ces biens comme une ré om pense du service que Siba, quoique coupable envers lui, avait rendu au roi en lui portant des rafraîchissements dans le désert, répondit : C'est trop peu que la moitié de mes biens; je les cède tous volontiers à un homme assez heureux pour avoir pu vous servir à propos; je n'ai rien à désirer en ce jour que je vois mon maître et mon roi entrer triomphant dans son palais : Etiam cuncta accipiat, postquam rcversus est dominus meus rex pacifiée in domum suam. II Reg. xix.

MIQUEL (Je\3*-Claude-François-Xaviek), missionnaire, né l'an 1768 à Auxonne, où s n père était ingénieur géo raphe , fut d'abord reçu dans la communauté des clercs de. Saint-Sulpice à Paris. 11 entra en 1792 au séminaire ues Missions-Etrange -es: mais après le 10 août, il fut arrêté et enfermé aux Carmes, d'où il parvint à s'échappi r à l'époque des massacres de septembre. C'est en Suisse qu'il fui ordonné prêtre, le 25 octobre 1792, par M. de Lenzbourg, évoque de Lausanne : peu de temps après il rentra en

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