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bien n'être pas celle de la candeur, delà cha- aube, sans qu'elle en fût brûlée. Voy. Pierrb
rit»'1 et de la vérité. Voy. Pascal. Ignée. 11 nous reste de Monlan deux Epi-
MONTAN, en latin Mmtanus, hérésiarque, très qui décèlent beaucoup de savoir et de
né à AnlalKin dans la Mysie au second siè- piété.
cle. t'ul un insensé qui joua le prophète, 11 MONTAN (Phiuph:), ou plutôt Philippe de
prétendit que Dieu avait voulu sauver le la Montaigne, savant docteur de Sorbonne,
monue par Moïse et par les prophètes; natif d'Armcntières, était bon critique, et se
qu'ayant échoué dans ce dessein, il l'était distingua autant par ses mœurs et sa piété
imarné ; et que. n'ayant pas encore réussi, que par sa science. 11 vécut dans le célibat
il était descendu en lui par le moyen du et ne l'ut point élevé aux ordres sacrés. Il
Saint-Esprit, et dans deux prophétesses, enseigna le grec avec réputation dans l'uni-
Priscille et Maximille, toutes deux femmes versité de Douai, où il fonda trois bourses
de qualité, mais de mauvaise vie, qui aban- pour de pauvres écoliers, et où il mourut,
donnèrent leurs maris pour suivre ce non- l'an 15U7, âgé de plus de 80 ans. Erasme
veau prophète. Destiné ( comme le préten- était son ami. On lui doit la révision de
dent être tous les i-luminés ) à réformer les quelques traités de saint Jean Chrysoslome
abus, et à tirer les fidèles de l'enfance où et la traduction du grec en latin des Com-
ils avaient Técu jusqu'alors, Montan faisait mmtaires de Théophylacte, archevêque d'A-
plusicurs carêmes, regardait les secondes cride, sur les Evangiles, les Epîtres de saint
noces comme illicites, ordonnait de ne point Paul et plusieurs petits prophètes, Bàle, 1554
fuir la persécution et de refuser la pénitence et 1570.
à ceux qui étaient tombés. L'austérité appa- MONTARGON (Robert-François de), dit
rente de ses mœurs servit beaucoup à accré- le père Hyacinthe de V Assomption, augustin
diter les délires de son esprit. Ses disciples de la place des Victoires, né à Paris le 27
furent appelés montanistes; de son nom, et mai 1705, se distingua dans la chaire. Le
pépuzéniens, à cause de la petite ville do Pé- roi Stanisl-as de Pologne l'honora du titre de
puzium dans la Phrygie, dont ils avaient son aumônier, en témoignage de sa satisfac-
fait leur chef-lieu, et qu'ils nommaient Je- tion d'un Avent qu'il avait prêché devant ce
rusalem. Eusèbe dit que Montan et Maxi- prince. Il périt malheureusement à Plom-
mille tombèrent dans le désespoir et se pen- bières, dans la crue d'eau qu'éprouva cette
dirent. Saint Apollinaire d'Hiéraple fut le ville la nuit du 24 au 25 juillet 1770. On
plus zélé adversaire des montanistes, qui, compte parmi ses ouvrages : le Dictionnaire
ainsi que leurs maîtres, étaient enlhousias- apostolique, 13 vol. in-8°; et 14 vol. in-12;
tes jusqu'à la démence. Ils furent condamnés le Recueil d'éloquence sainte, 1 vol. in-12;
et excommuniés par le concile d'Hiéraple Y Histoire de l'institution de la fête du Saint-
avec Théodose le Gorroyeur. Leurs erreurs Sacrement, 1 vol. in-12. Le Père Bertholel
ont été réfutées par divers auteurs sur la fin en a donné une plus ample. Le Dictionnaire
du second siècle : par Melchiade, savant apo- apostolique de Montargon est un répertoire
logiste de la religion chrétienne; par Astérius utile; et il le serait davantage, si l'auteur
Urbanus, prêtre catholique; et par Eusèbe, avait eu plus de goût et un style moins in-
dans son Histoire ecclésiastique, liv. v, ch. correct.
15 et 16. Ces écrivains reprochèrent tous à MONTAZET (Antoine de Malvin de), ar-
Montan et à ses prophétesses les accès de chevêque de Lyon, né l'an 1712, au diocèse
fureur et de démence dans lesquels ces vi- d'Agen, futd'abord grand-vicaire ne M. de Fitz-
sionnaires prétendaient prophétiser, indé- James, évoque de Soissons, qui lui procura
cence dans laquelle les vrais prophètes ne la place d'aumônier du roi, et qui lui inspira
sont jamais tombés ; la fausseté de leurs pi o- probablement sa manière de voir sur les
diéties, démontrée par l'événement; l'em- contestations qui s'étaient élevées dans l'E-
)ortement avec lequel ils déclamaient contre glise : toutefois, Montazet ne manifesta pas
es pasteurs de l'Eglise qui les avaient excom- tout de suite ses sentiments à cet égard,
munies ; l'opposition qui se trouvait entre Nommé à l'évêché d'Autun en 1748, il parut
leur morale et leurs mœurs ; leur mollesse, réuni de vues avec ses collègues aux assem-
leur mondanité; les artifices dont ils se ser- blées du clergé de 1750 et 1155. Il fut chargé
vaient pour extorquer de l'argent de leurs dans la première de prononcer le 'discours
prosélytes. Ces sectaires se vantaient d'avoir d'ouverture, et il s'éleva avec force contre
eu des martyrs de leur croyance ; mais As- l'incrédulité naissante. Il en signala les.
térius Urbanus leur soutint qu'ils .n'en causes qu'il attribuait au progrès de la cor-
avaient jamais eu; que, parmi ceux qu'ils ci- ruption, à l'orgueil et à l'amour de l'indé-
taient, les uns avaient donné de l'argent pendance. Il fut des plus ardents à solliciter
pour sortir de prison, les autres avaient été la justice du roi contre les entreprises des
condamnés pour des crimes. Ils trompèrent parlements. Mais le ministère delà feuille
pour un moment le pape Victor; mais il ne ayant changé peu après, l'évêque d'Autun
tarda pas à les connaître. Voy. Victor. parut changer aussi, et on profita de ses
"vIONTAN, archevêque de Tolède, vers nouvelles dispositions. La cour voulait fairo
530, aussi pieux que savant, fut en butte à cesser l'espèce d'excommunication portée
la calomnie. On dit qu'avant été. accusé par M. de Beaumont contre les hospitalières
d'impudicité , il prouva son innocence en de Saint-Marceau. On imagina de recourir à
tenant, pendant la célébration des saints la priinatie de Lyon, et le cardinal de Tenciu
mystères, des charbons ardents dans son étant mort, on nomma à ce siège l'évêque
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d'Autun, à condition, dit-on, qu'il lèverait les censures. Celui-ci se prêta à ce désir de la cour, et, même avant d'avoir obtenu ses bulles, il cassa l'ordonnance de l'archevêque dePaiis(8avril 1757). Cette complaisance rendit le prélat cher au parti qui protégeait ces tilles; mais en même temps elle excita de grandes plaintes dans le clergé. Pour se justifier, l'archevêque de Lyon publia, en 1760, une Lettre à l'archevêque de Paris, où il rend compte de ses procédés et de ses motifs. Ou a dit que cet écrit avait été rédigé par Hooke et Mey. Il fut question plus d'une l'ois de cette affaire dans les assemblées provinciales et générales du clergé; mais la cour empêcha qu'il ne fût pris aucune détermination contre un prélat qui avait favorisé ses vues. Ainsi Montazet se trouva engagé dans une route dont il ne s'écarta plus désormais. Il suivit la même ligne que M. de Fitz-James et une très-petite minorité d'évêques, reconnaissant l'autorité des constitutions reçues dans l'Eglise et soutenant cependant ceux qui les combattaient. Il s'entoura clans son diocèse des plus zélés Appelants, et suivit pour les affaires ecclésiastiques les conseils de l'abbé Mey , avocat-canoniste, qui jouissait alors d'une grande considération. Il s'occupa principalement de renouveler tous les livres liturgiques de son diocèse, et il donna successivement un Catéchisme, un Rituel, un Bréviaire, 1776, une Philosophie, 1783, et une Théologie, qui essuyèrent tous plus oi*-2£oins de contradiction. Cette dernière, qui fut publiée en 1784, en 6 vol., est la plus fameuse des productions auxquelles M. de Montazet a attaché son nom. On l'attribue au P. Valla, de l'Oratoire, ainsi que la Philosophie. Elle fut prescrite dans les écoles du diocèse; et les prêtres de Saint-Sulpice, qui tenaient le séminaire de Saint-Irénée, furent obligés de l'enseigner; mais ils suppléaient aux omissions qu'on reprochait à la Théologie de Lyon, ou aux inexactitudes, par des cahiers dictés, et, ce moyen leur ayant été interdit, par des observations verbales. L'abbé Pey, chanoine de Paris, publia des Observations sur cette Théologie en 178i . Il y signalait les artifices, les réticences et les principes faux du nouveau théologien, et il faisait voir que le jansénisme s'y retrouvait sous d'adroits déguisements. M. de Montazet eut de longs différends avec son chapitre, soit pour faire adopter sa nouvelle liturgie, soit pour forcer son chapitre à abandonner ses anciens usages. N'ayant pu ôter son séminaire aux prêtres de Saint-Sulpice, il avait formé deux nouveaux séminaires : l'un dans la maison des Pères de l'Oratoire ; l'autre dans celle des prêtres de la congrégation de Saint-Joseph, et il exigeait que les élèves qui avaient étudié chez les sulpiciens allassent passer quelque temps dans l'une de ces maisons avant de prendre les ordres. La fin de sa vie fui troublée par des chagrins domestiques et par des éclats scandaleux de quelques convulsionnaires. Il dut s'apercevoir alors du triste résultat de l'imprudente protection
qu'il avait accordée à un parti. Lyon, Mont brison, Saint-Galrnier, eureut des convulsionnaires ; une fille fut crucifiée le 12 octobre 1787 à Fareins, près de Trévoux, et le curé du lieu, nommé Bonjour, fut accusé d'avoir présidé à cette scène. Un cri général s'éleva contre cet excès de fanatisme, et l'autorité en poursuivit les auteurs. Ce 'fut pendant ces scandales que M. de Montazet mourut à Paris le 3 mai 1788, à 76 ans, peu aimé dans son diocèse , où il avait fomenté des disputes qu'on n'y connaissait pas. Outre l'archevêché de Lyon , il possédait l'abbaye de Saint-Victor à Paris et- celle de Monstier en Argonne. Il avait été reçu à l'académie française en 1757. Il avait de l'esprit, et il écrivait avec élégance et facilité. On dit qu'à sa mort un certain abbé s'était écrié, comme autrefois M. de Rancé en apprenant la mort de M. Arnauld : « Voilà une grande perte « pour le parti. » Il aurait dû ajouter aussi, comme M. de Rancé : « Heureux qui n'en a « point d'autre que celui de Jésus-Christ! » Outre les publications, déjà mentionnées, de Montazet, nous citerons encore : un Mandement et ' Instruction pastorale contre l'Histoire du peuple de Dieu par Berruyer, en 1762, in-12; des Mandements sur le jubilé et pour les carêmes, et une Instruction sur les sources de V incrédulité, en 1776.
MONTE (Bartiiélemi Maria dal), en français du Mont, célèbre missionnaire, né à Bologne le 12 novembre 1726, était fils d'un banquier qui le destinait à suivre la même carrière; mais le jeune Dal Monte voulut ne s'occuper que de son salut, en travail ant à celui de ses semblables. Après avoir reçu la prêtrise le 21 décembre 1719, et le bonnet de docteur en théologie en 1751, il résolut de se vouer entièrement à l'œuvre des missions. S'étant associé quelques ecclésiastiques zélés, il parcourut pendant vingt-cinq ans l'Etat de l'Eglise, celui de Venise, de Lucques, et le Modénois, prêchant et évangélisant les riches et les pauvres. Beaucoup de conversions furent les fruits de ses travaux apostoliques. Sa mort, qui fut sainte comme sa vie, arriva à Bologne le 24 décembre 1778. En mourant, il laissa tout ce qu'il possédait à la mission qu'il avait fondéeT Le cardinal Giovanetti composa son Eloge, et l'abbé Ludovico Preti, son ami et son condisciple, prononça son oraison funèbre à Bologne le 20 mai 1779. Dal Monte est auteur de divers ouvrages de spiritualité, dont les principaux sont : Gesu al cuore del sacerdote secolare e regolare, ovvero considerazioni ecclesiastiche per ogni giorno del mese, coW aggiunta degli esayii previi alla canfessione e communione ; Raggionamento del rispetto dovuto aile persane degli ecclesiastici; Avverlimenti a gli ordinandi; Ristretto délie principale cérémonie délia santa mema privata; Opuscoli, etc., Rome et Bologne, 1775.
MONTEIL (Adhémar de). Voy. Adhémar, MONTEINABD (le P. Brlno) , religieux minime, né le 7 février 1752 à Bonnes, près de Toulon. A l'âge de 15 ans il se rendit à Marseille, où il prit, le 14 mars 1767, l'habit
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de minime, fit profession l'année suivante, et fut ordonné prêtre le 23 septembre 1775, avec dispense d'âge accordée par Pie VI. On lui confia diverses chaires, entre autres celle de théologie ,\ Aix et à Avignon. Pendant la révolution, il continua à exercer le ministère, fut arrêté et relâché plusieurs fois, et comparut même devant le tribunal révolutionnaire. Après le Concordat, il vint à Paris, où il prêcha dans plusieurs églises; il fut nommé chanoine honoraire de Notre-Dame par le cardinal du Belloy. En 1817 on l'appela à Home pour rétablir le couvent de la Trinité du Mont, sur le mont Pincio, couvent occupé autrefois par les Minimes. 11 prêcha le carême pendant six années consécutives dans l'église de Saint-Louis. Les Minimes l'élurent collègue général de l'ordre dans leur chapitre de 1823. En 1828, le bon religieux se retira au modeste couvent de Saint-Sauveur de la Cour, où il est mort le 14 mars 1833, à l'âge de 86 ans. On a de lui : Discours sur la grandeur et fa divinité de Jésus-Christ, Rome, 1819, in-8°; le Chrétien uni au cœur de Jésus, Rome, 1818; Iléfutation du principe de la souveraineté du peuple, 1821, in-8°; De l'infaillibilité du saint-siége, discours prêché d'abord à Paris en français, et traduit ensuite en latin, avec quelques additions et changements, Rome, 1822, in-4°; Poème contre le duel, 1825; Soliloque d un chrétien zélateur de la sainte Vierge, 1838.
MONTFALCON du CENGLE (Joseph de), archevêque de Tarentaise, né l'an 1732 au château de Saint-Offenge , près d'Aix en Savoie, fut d'abord chanoine d'Asti, puis président de la Superga, et se livra, dans cette retraite, aux études ecclésiastiques. Nommé le 14 août 1785 à l'archevêché de Tarentaise, il s'appliqua avec beaucoup d'activité à l'administration de son diocèse, où il multiplia les écoles des campagnes, ranima le goût des hautes études, etc. Après que l'armée française se fut emparée de la Tarentaise, au mois d'octobre 1792, le prélat se vit contraint, par suite de son refus du serment, à quitter son diocèse, et sa vie fut même en danger. 11 se rendit à Turin. Les troupes sardes, commandées par le duc de M^nferrat, étant rentrées dans la Tarentaise au mois d'août suivant, l'archevêque revint au milieu de son troupeau. Mais il succomba le 22 septembre 1793. On a de lui des Lettres et des Mandements pour l'instruction de ses diocésains.
MONTFIQUET (Raoul de), théologien ascétique, docteur de Sorbonne, sur la vie duquel on manque de renseignements, mourut vers 1510, laissant : Tractalus de vera, reali atque mirabili existentia lotius Christi in SS. altaris sacramento, completus anno 1431, Paris, Geof. Masnef, in-folio; traduit en français, Paris, Verard (1505), petit in-4°, goth. ; Exposition de VOraison dominicale : Pater noster, Paris, 1485, in-V, goth., de 5G feuillets; réimprimée en 1545, in-16; Exposition de VAve Maria, sans désignation de lieu ni de date, goth., ih-4°, de 47 feuillets; Le Guidon et gouvernement des gens mariés .Paris, sans date,
goth., in-4°. Ce livre, écrit en rimes, est trèsrare et recherché. Il a été aussi imprimé h Lyon, chez Oliv. Arnoulet, in-8°, sans date. On attribue .encore à Montfiquet : Hommage . d'honneur, ou reconnaissances dues par les hommes àDicu, à leur bon ange et à Jésus-Christ étant au sacrement de V autel, Paris, Lenoir. MONTFOKT (Smo\, comte de), quatrième du nom, né dans la deuxième moitié du xn' siècle, d'une maison illustre et florissante, était seigneur d'une petite ville de ce nom, à dix lieues de Paris. Il fit éclater sa bravoure dans un voyage d'outre-mer et dans les guerres contre les Allemands et contre les Anglais. On le choisit pour chef de la croisade contre les Albigeois, en 1209. Simon de Montfort se rendit très-célèbre dans cette guerre. 11 prit Béziers et Carcassonne, fit lever le siège de Castelnau, et remporta une grande victoire, en 1213, sur Pierre, roi d'Aragon; sur Raimond, comte de Toulouse, et sur les comtes de Foix et de Comminges. Le pape Innocent III et le quatrième concile général de Latran lui donnèrent en 1215 l'investiture du comté de Toulouse , dont il fit hommage au roi Philippe-Auguste. Simon de Montfort fut tué au siège de Toulouse, le 25 juin 1218, d'un coup de pierre. Les catholiques lui donnèrent le nom de Machabée et de Défenseur de l'Eglise. C'était un des plus grands capitaines de son siècle. La force de son tempérament le rendait propre à soutenir les plus violents exercices de la guerre. Sa haute stature le faisait distinguer au milieu des batailles, et le mouvement de son sabre suffisait pour épouvanter les plus fiers ennemis. 11 avait un sang-froid à l'épreuve des plus terribles dangers, jusqu'à remarquer tout et pourvoir à tout pendant qu'il cherchait le plus brave de ceux qu'il avait en tête, pour l'abattre. Il était, hors du combat, d'un commerce très-aimable. On le respectait et on ne pouvait craindre de l'approcher; on trouvait dans lui cette noble franchise qu'on traite quelquefois de simplicité, mais qui n'est au fond qu'un bon sens supérieur, qui va droit et avec honneur au but où d'autres ne peuvent parvenir que par de lâches artifices. En matière de politique, comme en matière de guerre, il découvrait précisément ce que peut voir un homme sage. 11 avait naturellement de l'horreur pour le vice; rien ne faisait impression sur lui que ce qui était raisonnable.il était éloquent, heureux, ferme, équitable ; personne ne lui reprocha qu'il eût violé sa parole. Jamais il n'eut d'autres ennemis que ceux de l'Eglise. On ne peut avoir une loi plus vive que la sienne : c'est le témoignage que lui a rendu saint Louis, si bon connaisseur en cette matière. Son zèle, sans lui faire oublier ce qu'il était, l'égalait aux hommes apostoliques ; et si l'on pouvait lui reprocher quelque chose, ce serait de l'avoir quelquefois poussé trop loin. 11 ne faut pas s'étonner si son nom est odieux aux hérétiques : il faut convertir qu'il les traita quelquefois avec une rigueur extrême; mais il est juste d'observer que ces hérétiques n'étaient pas seulement des ennemis forcenés
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do la foi catholique, mais de mauvais citoyens, des fanatiques turbulents et sanguinaires , des scéiérats perdus de mœurs et d'honneur. Il ne faut jamais confondre le zèle pour la religion avec le zèle pour l'ordre et la sécurité publique : celui-là est toujours doux et patient, celui-ci est souvent sévère et armé du glaive de la justice. Voy. saint Dominique et Raimond VI et VII. Il a paru en 1767 un opuscule intitulé : Les Jeux de Simon de Monlfort, ou Les Jardins du parlement de Toulouse. On l'attribua à Voltaire , mais il ne se trouve dans aucune édition de ses OEuvres. On peut consulter sur ce personnage fameux! Histoire générale du Languedoc, par D. Vaissette, tomes XXI, XXII et XXIII.
MONTGA1LLARD (Bernard de Percix de), connu sous le nom de Petit Feuillant, né en 1563, d'une maison illustre, entra dans l'ordre des Feuillants, où il se distingua par ses austérités, par ses sermons et par son zèle. Il fut prédicateur ordinaire de Henri III, et remplit cette fonction avec tant d'éclat, que ce prince lui offrit plusieurs abbayes et les évêchés de Pamiers et d'Angers; mais il les refusa. Il était animé d'un si grand zèle contre les nouvelles erreurs, qu'il écrivit à Henri III une Lettre très-longue dans laquelle il l'exhortait par tous les motifs de religion et de politique à mettre un frein à l'hérésie. Cette lettre, qui est bien écrite et pleine de force, a été imprimée à Paris en 1589. Après la mort de ce prince, le feu de la ligue fut dans toute sa vivacité. L'ardeur qu'elle faisait paraître pour là défense cie l'ancienne religion engagea Montgaillard à prendre les intérêts de cette association. On l'appela le Laquais de la ligue, parce que, quoique boiteux, il ne cessa de se donner beaucoup de mouvement pour ce parti, qui lui paraissait juste. Le pape Clément VIII, instruit de son inerite, le reçut très-bien dans un voyage qu'il fit à Rome. Il passa ensuite dans les Pays-Bas avec la permission de ce pape. Il y prêcha avec beaucoup de succès à la cour d'Albert et d'Isabelle, qui le nommèrent à l'abbaje de Nivelles, en 1612, et trois ans après, à celle d'Orval, dans le duché de Luxembourg. Il fit revivre dans celle-ci toute la puretédel'anciennediscipline monastique. La réforme qu'il y introduisit est assez semblable à celle de la Trappe. Elle a paru s'affaiblir après sa mort, mais elle ne tarda pas à être rétablie par Charles Bentzeradt. Montgaillard mourut dans cette édifiante maison en 1628, aprèsavoir brûlé tous ses écrits par humilité. On a cependant conservé YOraison funèbre de V archiduc Albert, Bruxelles, 1622; la Réponse h une lettre qui lui avait été écrite par Henri de Valois (Henri III), en laquelle il lui remontre chrétiennement et charitablement ses fautes, et l'exhorte à la pénitence^ 1589, in-8". A. Valladier a publié Les sa inl es Montagnes et Collines d'Orval et de Clairvaux, vive représentation de la vie exemplaire et du religieux trépas de dom Bernard de Montgaillard, Luxembourg, 1629, in-V\ Cayet, d'abord ministre protestant, ensuite catholique assez équivoque, apologiste des lieux de dé-
bauche et de l'adultère, a déchiré la mémoire de cet homme respectable par des calomnies atroces, que l'abbé Dazès, dans son Compterendu des Comptes-rendus, et quelques compilateurs, ont inconsidérément répétées.
Voyez-en la réfutation dans le Journal hist. et litt. , 15 oct. 1781, p. 257.
MONTGAILLARD (Pierre-Jean-Fraxçois de Percin de), évoque de Saint-Pons, naquit le 29 mars 1633, de Pierre de Percin, baron de Montgaillard, gouverneur de Blême dans le Milanais, et décapité pour avoir rendu cette place, faute de munitions. La mémoire du père ayant été rétablie, le fils fut élevé aux honneurs ecclésiastiques. Il termina sa carrière en 1713. On a de lui : Du droit et du devoir des évéques de régler les offices dixvins dans leurs diocèses, suivant la tradition dé tous les siècles, depuis Jésus-Christ jusqu'à présent, in-8", ouvrage mis à l'index, donec corrigaiur ; plusieurs Lettres touchant les affaires du jansénisme, adressées à l'archevêque de Cambrai; ces lettres furent condamnées par un bref de Clément XI, du 18 janvier 1710. Montgaillard qui, dans l'affaire du formulaire, se déclara pour les quatre évoques réfraclaires, et qui écrivit en faveur du rituel d'Aleth, parait être revenu sur la fin de ses jours à d'autres sentiments, comme le prouve une lettre de sa main, trouvée dans les archives du Vatican.
MONTGERON (Louis-Basile Carré de), naquit à Paris en 1G86, d'un maître des requêtes. 11 n'avait que 25 ans lorsqu'il acheta une charge de conseiller au parlement, où il s'acquit une sorte de réputation par son esprit et par ses qualités extérieures. Plongé dans l'incrédulité et dans tous les vices qui la font naître, il en sortit tout à coup pour se donner en spectacle sur le cimetière de Saint-Médard. 11 alla, le 7 septembre 1731, au tombeau du diacre Paris. Son but (à ce qu'il nous apprend) était d'examiner avec les yeux de la plus sévère critique lés miracles qui s'y opéraient ; mais il se sentit, dit-il, tout d'un coup terrassé par mille traits de lumière qui l'éclairèrent. D'incrédule frondeur il devint tout à coup chrétien fervent, et de détracteur du fameux diacre, son apôtre. Il se livra depuis ce moment au fanatisme des convulsions avec la même impétuosité de caractère qui l'avait plongé dans les plus honteux excès. Il n'avait été jusqu'alors que confesseur du jansénisme ; il en fut bientôt le martyr. Lorsque la chambre des enquêtes fut exilée en 1732, il fut relégué dans les montagnes d'Auvergne, dont l'air pur, loin de refroidir son zèle, ne fit que l'échauffer. C'est pendant cet exil qu'il formale projet de recueillir les preuves des miracles de Paris, et d'en faire ce qu'il appelait la démonstration. De retour à Paris, il se prépara à exécuter son projet, et il alla à Versailles présenter au roi, le 29 juillet 1737, 1 vol. in-4% magnifiquement relié. Ce livre, regardé par les convulsionnaires comme un chef-d'œuvre d'éloquence, et par les autres comme un prodige d'ineptie, le fit renfermer à la Bastille quelques heures après qu'il l'eut présenté
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nu roi. On le relégua ensuite dans une abbaye (Je Bénédictins du diocèse d'Avignon, d'où il tut transféré peu de temps après à Viviers. Il fut renfermé ensuite d;ms la citadelle de Valence, OÙ d mourut le 12 mai 175V. L'ouvrage qu'il présenta au roi, est intitulé : La vérité des miracles opérés pur l'intercession de M. Paris, etc., in-V\ Il ajouta 2 autres volumes en 17V7. Il parut eu 1749 un écrit intitulé : Illusion faite ou publie par la fausse, description (/ne m. de Montgcron a faite de l'état présent des convulsionnaires. Ce livi e doit être d'autant moins suspect qu'il a été fait par un auteur du parti. I, ouvrage de Montgeron a été aussi solidement et peutêtre trop sérieusement réfuté par dom la Taste. On sait que le célèbre Duguet regardait également les prétendus miracles de P;lris comme des scènes de sottise et de scandale. « Ne vous imaginez pas (dit un écri- « vain protestant qui a examiné par lui- « môme le phénomène des convulsions) que « la vertu émanée du corps du bienheureux « Paris ait la force do ressusciter des morts, « de rendre l'ouïe h un sourd, de donner la « vue à un aveugle de naissance, de faire « marcher un cul-de-jatte ; jamais elle ne « s'est avisée de pareils prodiges ; non. C'est « un abbé Becheran qui, couché sur le tom- « beau, saute à se briser les os, et, dans des « accès convulsifs, fait le saut de carpe sans « se faire mal. Ce sont des fous qui avaient « des charbons allumés, qui gobent, comme « pèches, cailloux gros comme le poing; que « l'on frappe des demi-heures, sans qu'ils « paraissent le sentir, qui souffrent dix hom- « mes marchant sur leur ventre, etc., etc. « J'ai vu dans mes voyages vingt joueurs de « gibecière, qui feraient nargue à la vertu « miraculeuse émanée du corps de l'abbé « PAris... Nos Camisards en France se sont « avisés de débiter de pareilles balivernes ; « et la plupart des faits que M. Jurieu rap- « porte dans ses lettres pastorales, ont beau- « coup d'aflinité avec les relations des mira- « clés de l'abbé Paris. Les a-t-on crus ? Le « petit peuple a donné là-dedans pendant « quelque temps : les sages en ont gémi, et « ont vu avec déplaisir ces extravagances.... « Les jansénistes ne se font pas honneur de « vouloir s'accréditer par des voies aussi frite voles et des moyens si opposés au carac- « tère de la religion. Cicéron leur prescrit « une leçon qu'ils devraient observer : Ut « religio propaganda, sic superstitionis stir- « pes omnes elidendœ. Ce n'est pas de la ma- « nière qu'ils agissent, que l'on concourt àl'a- « vancement de la religion. » Recueil de litt., de philos, et d'hist., Amsterdam 1730, p. 123. Quelques spectateurs, même philosophes, ont cru dans certains cas y voir l'intervenlion du père du mensonge et de la puissance des ténèbres à laquelle cette secte devait être moins indifférente que toute autre. « Je ne « puis ( dit un auteur nullement suspect dans « ce qu'il dit de défavorable au jansénisme) « m'empêcher de rapporter une parole pleine « de sens, de vérité, de religion, et bienpro- « pre à jeter du jour sur cette matière. Un
« officier demandait à un grand-vicaire, de « je ne sais miel diocèse s'il avait vu h Paris « les merveilles de ces différentes sectes (car « le jansénisme en a produit plusieurs). Oui, k répondit' le* grand-vicaire, et il m'est im- ' « possible d'en révoquer en doute le surna- « turel. Mais de quel genre le croyez-vous? «lui dit l'officier. Je le crois diabolique, ré- « pliqua-t-il ; parce que n'ayant rien qui y « passe le pouvoir de Satan, on est forcé de « les lui attribuer, par les erreurs contre la « foi qui y sont jointes. » Le sage et pieux Clément XIII croyait que ces farces ridicules et sacrilèges n'étaient que le fruit tout naturel de l'aveuglement dont Dieu avait frappé une secte qui s'était plus que toute autre couverte du voile de la piété et de la vertu : Quas fœditates cum legeremus, in mentent nobis venit, jansenianorum, per simulationem pictalis jactarc se volentium in Ecclesia quant graviter superbiam Deus perculerit, et pestilcntissimœ sectœ conatus ad hœc dedecora tandem rediisse permiserit ; quasi dixerit Do minus : Revelabo pudenda tua, et ostendam gentibus nudilatem tuam, et regnis ignominiam tuam. Nahum. 3. Bref à l'évêque de Sarlat, du 19 novembre 1T64. Voy. Filleau, Jansénius, Lafitau, Marandé, RiriiEK, Hoche, Verger. Il a paru en 1799 un Abrégé des trois vol. de Montgeron sur les miracles de Paris, 3 vol. in-12.
MONÏHOLON (Jf.an de), chanoine do Saint-Victor de Paris , reçut le bonnet de docteur en droit à l'âge de 22 ans. Son mérite le fit nommer au cardinalat ; mais il n'en reçut point les honneurs, étant mort dans l'abbaye de Saint-Victor, le 10 mai 1528. On a de lui : Promptuariumjuris divini et utriusque humani, Paris, chez Henri Etienne, 1520, 2 vol. in-fbl.
MONTLOSIER ( François - Dominique de Reynaud, comte de) , écrivain dont le nom réveille surtout le souvenir d'une guerre acharnée contre les jésuites , naquit à Clermont en Auvergne le 16 avril 1755. Nommé en 1789 député suppléant de la noblesse de Riom aux états-généraux, il y fut appelé dès l'ouverture de la session par la démission de Rosières , et il vota avec les députés de son ordre. On n'a pas oublié ce mouvement éloquent dans lequel il s'écriait en parlant des évoques : « Vous leur ôtez leur croix d'or , « ils prendront une croix de bois ; c'est la « croix de bois qui a sauvé le monde! » Au mois d'octobre 1789, il combattit la motion de Mirabeau qui proposait d'admettre les ministres dans l'assemblée , du moins avec voix consultative ; Montlosier se fondait sur des arguments que la démocratie la plus prononcée n'eût pas désavoués, obéissant dans cette circonstance à son animosité personnelle contre le député provençal. La motion, soutenue par Lanjuinais, fut rejetée. Le 22 février 1.790, il appuya fortement l'opinion de Cazalès sur la nécessité d'investir le roi d'une autorité extraordinaire pour apaiser les troubles toujours croissants , et de substituer en quelque sorte la dictature royale à la dictature municipale créée par la loi du 21
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octobre 1789. Le 8 avril 1791 , l'assemblée ayant décrété, sur la proposition de Buzot , que le corps législatif pouvait déclarer au roi que les ministres avaient perdu la confiance de la nation, Montlosier demanda que dans certains cas il fût permis au monarque de faire une proclamation ainsi conçue : Je déclare que la législature ri a plus la confiance de la nation Peu de temps a^rès, Montlosier rejoignit l'émigration, dont il fut assez mal reçu. Après avoir été envoyé avec une mission en Hollande par les princes, il se rendit à Londres, où il rédigea le Courrier français. 11 fit à l'esprit du temps des concessions qui déplurent à quelques royalistes. Ce fut lui qui , en 1800 , osa se charger de proposer au premier consul de céder le gouvernement de la Fiance à la famille des Bourbons, moyennant une petite souveraineté en Italie. A peine débarqué ii Calais, il fut conduit à Paris , et mis en prison au Temple , d'où il sortit après 36 heures de détention, par ordre de Fouclié, à la condition d'être en Angleterre dans l'espace de dix jours. Sa mission n'eut aucun succès, et il ne put môme aborder Bonaparte. On prétendit cependant que pendant cet intervalle il eut quelques entretiens avec Talleyrand et avec Fouché, et la suite sembla confirmer tout ce qu'on avait dit : sa feuille de Londres fut moins hostile au premier consul et moins favorai.le aux conseillers des princes exilés ; le gouvernement anglais cessa dès lors de le protéger. Les avances que lui firent Fouché et Talleyrand rendirent sa défection évidente ; il lui fut permis de publier, à Paris , son journal, qui fut bientôt supprimé; mais le rédacteur obtint une place lucrative au ministère des affaires étrangères. Montlosier voulut à son tour flatter le premier consul ; il lui promit de faire un tableau historique et politique de la vieille monarchie, et il lui envoya, quatre ans après, des montagnes de la Suisse où il se trouvait alors, trois vol. in-8° manuscrits. Napoléon en ordonna l'examen par une commission , qui loua l'ouvrage , mais qui se prononça contre l'impression. Ce n'est qu'en 1814 que cet ouvrage fut mis au jour. En 1815, quelque temps avant la seconde restauration, il donna un quatrième volume, où il blâmait hautement les conseillers de Louis XVIII, entre autres le comte Ferrand. Montlosier souvent dit la vérité avec trop de franchise, mais trop souvent aussi on ne tint aucun compte de ses avertissements. Il se retira dans ses terres en Auvergne. En 1826, il publia son fameux Mémoire à consulter sur un système religieux et politique tendant à renverser la religion , la société et le trône. Les ennemis du clergé applaudirent à cette attaque qui dépassait en violence la plupart de celles qui étaient dirigées chaque jour contre la religion. Après la révolution de 1830, Montlosier se rallia au nouveau gouvernement, et fut appelé à la chambre des pairs où il siégea dans les rangs de la rcajoriiô. Il est mort à Clermont le 9 décembre 1833,âgédeprès de 84 ans. Sur la déclaration qu'il lit qu'il demandait humblement pardon
à Dieu, de ce qui dans ses écrits ou sa conduite aurait pu causer du scandale ou paraître contraire aux dogmes de l'Eglise catholique, l'absolution lui fut accordée par le prêtre qu'il avait appelé ; mais l'autorité ecclésiastique exigea une rétractation écrite et formelle , qu'il se refusa à signer. Ses restes furent en conséquence privés des honneurs de la sépulture ecclésiastique. On a de Montlosier : Essai sur la théorie des volcans d'Auvergne , 1789, in -8°; Observations sur l'adresse à l'ordre de la noblesse, faites à M. le comte d'Entraigues ; Observations sur les assignats, 1790, in-8°; Essai sur l'art de constituer les peuples, ou Examen des opérations constitutionnelles de l'assemblée nationale de France, 1791, in-8" ; grands Discours que prononcèrent les commissaires de l'assemblée nationale au roi , en lui présentant la grande charte, et Réponse du roi aux commissaires , ainsi qu'il est présumé, 1791, in-8° ; Opinion sur le nouveau serment demandé à l'armée , 1791, in-8° ; de la Nécessité d'une contre-révolution , 1791 ; Deux moyens d'opérer une contre-révolution, 1791,in-8°; Vues sommaires sur les traités de paix pour la France , pour l'Europe et pour les émigrés , 1796 , in-8° ; Observations sur le projet de code civil, 1801, in-12; de la Monarchie française depuis son établissement jusqu'à nos jours , 1814 , 3 vol. in-8° ; de la Monarchie française depuis le retour de la maison de Bourbon jusqu'au 1er avril 1815, 1815, in-8° ; Quelques vues sur l'objet de la guerre et des moyens de terminer la guerre, 1816, in-8°; Des désordres actuels de la France et des moyens d'y remédier, 1815, in-8° ; de la Monarchie française depuis la seconde restauration jusqu'à la fin de la session de 1816, 1816, in-8°, avec un Supplément de la session actuelle, 1818, in-8° ; de la Monarchie française au 1er mars 1821 , 1821 , in-8°; de la Monarchie française au 1er mars 1822, 18i2, in-8° ; Dénonciation aux cours royales relativement au système religieux et politique signalé dans le Mémoire à consulter, etc., précédée de nouvelles observations sur ce système et sur les apologies qu'on a publiées , 1826 , in-8"; Lettres d'accusations contre les Jésuites, à M. le procureur-général , à M. le premier président, à MM. les présidents, les conseillers,, membres de la chambre d'accusation, à tous MM. les conseillers de la cour royale de Paris, 1826 ; Pétition à la chambre des pairs, précédée de quelques observations sur les calamités, objet de la pétition, 1827, in-8" ; les Jésuites, les congrégations et le parti prêtre en 1827 ; Mémoire à M. le comte de Villèle, 1827, in-8°. Saintes a publié : Apologie du cierge, des congrégations et des Jésuites , par M. de Montlosier, recueillie par l'auteur de la Défense de l'ordre social , précédée d'un Essai sur la vie et les ouvrages de M. de Montlosier. Le comte de Montlosier a inséré plusieurs articles d'histoire et de littérature dans les journaux de l'Auvergne.
MONTLUC (Jean de), dominicain, mais qui n'eut jamais, ou qui ne conserva guère l'esprit de son état, était frère de Biaise de Montluc, qui fut fait maréchal de France en
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157i. La reine Marguerite de Navarre, instruite de son penchant pour le calvinisme, le tira de son cloître, le mena avec elle à la cour, et le tit employer dans diverses ambassades. 11 en remplit jusqu'à seize. Ses servit es furent récompensés par les évêchés de Valence et de Die. Il n'en favorisa pas moins les calvinistes, et il se maria secrètement avec une demoiselle appelée Anne Martin, de laquelle il avait eu un lils naturel. Cette conduite le fil condamner par le pape, comme hérétique, sur les accusations du doyen de Valence; mais le parlement, toujours prêt à entraver l'autorité de l'Eglise, obligea le doyen de lui faire amende honorable, quoique les vices du prélat fussent de notoriété publique. Montluc revint de ses erreurs dans la suite, professa de bonne foi la religion catholique, et mourut à Toulouse, en 1579, dans les bras d'un jésuite, qui parla favorablement de ses dernières dispositions. On a de lui quelques ouvrages, qui furent lus avec avidité dans le temps. Ses Sermans, imprimés à Paris, en 2 vol. in-8°, l'un en 1559, l'autre en 1561, sont infectés des erreurs pour lesquelles il s'était laissé prévenir.
MONTAIIGNON (Jean-Baptiste j , né en 1737, à Lucy, près Château-Thierry, fut d'abord secrétaire de l'évêché de Soissons, sous Mgr de Bourdeilles. Ce prélat le nomma successivement chanoine, vice-gérant de l'oflicialité, archidiacre et vicaire général du diocèse. L'abbé Montmignon succéda, en 1786, à l'abbé Dinouart, dans la rédaction du Journal ecclésiastique ; mais il abandonna ce travail à l'abbé Barruel, en janvier 1788. Il eut part aux écrits publiés au commencement de la révolution par l'évoque de Soissons, et il passa notamment pour l'auteur d'un mandement donné par ce prélat sous la date de Bruxelles, le 20 mai 1792, écrit étendu qui fut remarqué parmi les productions du môme genre qui parurent à cette époque. Obligé de quitter Soissons en 1793, il passa dans l'étranger, rentra dans la Belgique en 1798, et vint à Paris avant la publication du concordat. Il fut nommé alors grand-vicaire de Poitiers, mais il y resta peu; de retour à Paris, il fut nommé chanoine de la métropole en 1811, et depuis grand-vicaire du diocèse. L'archevêque de Paris l'avait chargé, en dernier lieu, de l'examen des livres soumis à l'approbation de l'autorité ecclésiastique. Il est mort le 21 février 182k. On a de lui : Système de prononciation figurée, applicable à toutes les langues et exécuté sur les langues française et anglaise, Paris, 178k, in-8° ; une Lettre à l éditeur des OEuvres de d'Aguesseau, insérée dans le huitième volume de l'édition in-4°; du Crim.e d'apostasie , lettre d'un religieux à un de ses amis, brochure in-8°, 1790; Vie édifiante de Benoît-Joseph Labre, traduite de l'italien de Marconi, Paris, 1784, in-12, qui eut trois éditions la même année ; Préservatif contre le fanatisme, ou Les nouveaux Millénaires rappelés aux principes fondamentaux de la foi catholique, Paris, 1806, in-8° : c'est une réfutation de l'ouvrage du P. Lambert, intitulé : Exposition des prédictions et
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des promesses faites A l'Eglise pour les derniers temps de la Gentilité, 1806, 2 vol. in-12; Choix de lettres édifiantes écrites des missions étrangères, avec des tableaux géographiques,' historiques, politiques, religieux et littéraires , 1808, 8 vol. in-8"; 2e édition augmentée, 1824 et 1825 : les discours préliminaires de l'auteur, ses additions, ses notes critiques , ses observations pour l'intelligence de l'histoire des missions forment plus du tiers des huit volumes ; De la règle de vérité et des causes du fanatisme, 1808, brochure in-8°, sous le voile de l'anonyme ; la Clef de toutes les langues, ou Moyen prompt et facile d'établir un lien de correspondance entre tous les peuples et de simplifier extrêmement les méthodes d'enseignement pour l'étude des langues, 1811, in-8°. Il revit et corrigea la 2e édition de la Vie de Jésus-Christ par Peigné.
MONTMOBENCY ( Jeanne - Marguerite de), connue sous le nom de la Solitaire des rochers, naquit à Paris, en 16^9, de parents qui occupaient les premiers rangs à la cour : toui porte à croire qu'ils étaient du nom que nous donnons ici à cette fille célèbre, car cette maison perdit effectivement, en 1666, une demoiselle âgée d'environ 15 ans, dont elle n'eut jamais de nouvelles, et ce fut justement à cette époque que la Solitaire, qui avait le même âge, s'échappa du sein de sa famille. Après avoir pratiqué en divers états l'humilité et l'abnégation chrétienne , sans être reconnue, elle se retira dans les monts Pyrénées, où elle mena une vie admirable dans deux retraites sauvages, qu'elle embellit, à un certain point, par son travail et l'art de sculpteur et de menuisier qu'elle possédait parfaitement. Le crucifix dont madame de Maintenon en hérita, après la mort de son directeur, le père Luc de Bray, fit l'admiration des plus habiles ouvriers. Elle quitta sa retraite pour aller à Borne recueillir les grâces du jubilé en 1700; et comme l'on ne sait plus rien d'elle depuis cette époque, on croit qu'elle mourut dans ce voyage. On a fait bien des recherches , par ordre même des premiers magistrats, pour découvrir sa sépulture , mais sans succès. Son Histoire a paru en 1787, sous le titre de Viv de la Solitaire des rochers.. Comme l'auteur anonyme est un des plus fanatiques visionnaires de Saint-Médard, il a prétendu en faire, en dépit de l'évidence des faits parlants, une sainte du parti. « C'eût été effectivement « un beau sujet de triomphe, dit l'abbé Bé- « rault, qu'une jeune Montmorency, qui se « dérobe à toutes les grandeurs du siècle, et « va s'enterrer dans un désert inconnu, pour « s'y faire janséniste. Mais qui serait assez « dépourvu de bon sens pour croire à cette « chimère? Il la faut reléguer avec tant d'au- « 1res fictions de même espèce, dans l'Eglise « de Port-Boyal et d'Utrecht, qui, avouant « par là l'impuissance où elle est de produire « les vrais saints, s'efforce en toute rencon- « Ire de les ravir à l'Eglise romaine. » On a d'elle plusieurs Lettres écrites au père Luc de Bray, dont on n'a pu découvrir les originaux, qui furent quelque temps entre les