‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 313 sur 323 · MON MOR · texte numérisé non relu

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mains de maaame de Maintenon; mais on Manuel des curés, auquel il mit la dernière en a des copies qui portent toutes un carac- main en 1330. Cet ouvrage, extrêmement tère de vérité propre à persuader les plus utile pour le temps où il parut, obtint une difficiles critiques, si on en retranche ce que vogue extraordinaire, et, après la découverte le fanatisme jansénien de l'éditeur y a in- de l'imprimerie, il s'en fit plus de cinquante séré d'une manière si gauche et si contras- édit. en30ans. Il futtraduit en franc., Orléans, tante avec tout le reste, qu'il est impossiblo 1490, in-4°, et l'on a remarqué que c'est le de s'y méprendre. D'ailleurs toute la vie de premier livre connu imprimé dans cette ville. cette fille, les livres dont elle se servait, ses Cette traduction fut mise à l'index, maximes et ses goûts, ses pratiques et ses MOPINOT (Simon) , bénédictin de Saintexercices de piété, sont en opposition avec Maur, né à Reims, en 1685, mert en 1724, à l'orgueilleuse hypocrisie de cette secte. Voy. 39 ans, professa les humanités dans son orle tome XXIIIe de l'Histoire de l'Eglise, par dre avec beaucoup de succès. Il ne fut pas l'abbé Rérault, p. 1 et suiv., édit. in-12. moins attentif à inspirer à ses élèves l'amour

MONTMORENCY ( François de Laval ), de la vertu que le goût de la belle littérature,

premier évèque de Québec, était fils de Hu- On a de lui des Hymnes que l'on chante

gués de Laval, seigneur de Montigny» Il fut dans plusieurs maisons de sa congrégation,

d'abord archidiacre d'Evreux , et ensuite Elles sont pleines de sentiments affectueux,

nommé au siège nouvellement érigé à Que- et préférables , sous ce rapport , à celles de

bec, qu'il alla remplir en 1675. Il fonda un Santeul , auxquelles elles sont inférieures

séminaire, s'y fit estimer de tout le monde pour l'énergie et la vivacité des images. Plu-

par sa vertu et par son éminente piété, et y sieurs peuvent être mises à côté de celles de

mourut en 1708, à 80 ans, après s'être dé- Coffin et de Combault. Ce savant bénédictin a

mis de son évêché. L'abbé de La Tour, travaillé avec dom Coustant à la collection des

doyen du chapitre de Montauban, a écrit sa Lettres des papes, dont il a fait l'épître dédica-

Vie, in-12. toire et la préface. Cette préface ayant déplu

MONTREUIL ou MONTEREUIL (Bernar- à la cour de Rome, dom Mopinot la défendit

din de), jésuite, se distingua par ses talents par plusieurs Lettres. lia fait encore l'épître

pour la chaire et pour la direction. Nous dédicatoire qui est à la tête du Thésaurus

avons de lui une excellente Vie de Jésus- anecdotorum. Il avait achevé le second vo-

Christ, revue et retouchée par le P. Brignon. lume de la collection des Lettres des paoes,

Cette vie peut tenir lieu d'une bonne Con- lorsqu'il mourut.

corde des Evangiles. Elle a été réimprimée MORAINES (Antoine) , est particulière-

à Paris, en 1741 ? en 3 vol. in-12. L'auteur a ment connu par son Anti-Jansenius, hoc est,

conservé, autant qu'il a pu, cette onction di- selectœ disputationes de hœresi pelagiana et

vine qui est au-dessus de tous les vains or- s emi pelagiana , deque variis statibus naturœ

nements de l'esprit. humanœ, et de gratia Christi Sulvatoris; in

MONTREUIL (Cardon de), né à Lille en guibus vera de Mis doctrina proponitur et 1746, mort le 30 avril 1832, à l'âge de 86 ans, Cornelii Jansenii Yprensis falsa dogmata refit de sa vie une longue suite d'œuvres de futantur, Paris , 1652 , 1 vol. in-fol. Cet oucharité , et composa des ouvrages de piété vrage est cité dans le procès du P. Quesnel. et de morale qui se distinguent par la cor- L'auteur y refond avec beaucoup d'habileté rection du style et la justesse des pensées, tout ce qu'ont dit sur ces matières Sirmond, On a de lui : Lectures chrétiennes en forme Petau , Etienne-des-Champs, Martinon , etc. d'instructions familières sur les épîtres et évan- MORAINVILLIERS d'ORGE VILLE (Louis gilcs des principales fêtes de Vannée, 2 vol. de), natif du diocèse d'Evreux, entra dans la in-12, puis réimpr. en 3 vol. : ouvrage extrait maison de Sorbonne , en 1607 , et dix ans en partie de Cochin ; du Règne des vrais après dans la congrégation de l'Oratoire. Son principes, moyens de le préparer et d'écarter neveu , Harlai de Sancy , ayant été nommé les obstacles qui s'y opposent, 1 vol. in-12, évêque de Saint-Malo , il 'le suivit en qualité plusieurs fois réimprimé ; Pensées et prières de grand-vicaire, et mourut en cette ville l'an tirées de l'Ecriture, des Pères, de l'Imitation 1654. Son principal ouvrage a pour titre : de Jésus-Christ et des offices de l'Eglise, Examen philosophiœ platonicœ, Saint-Malo, 1 vol. in-12 : ouvrage substantiel et propre 2 vol. in-8°, 1750 et 1755. à servir d'aliment à la piété chrétienne ; Ma- MORANGE (Bedien) , théologien , natif de nuel du militaire chrétien, in-4°; Sentiments Paris, était docteur de Sorbonne, et devint chrétiens, in-24 ; Hommage à la religion et chanoine de Lyon en 1660 , puis chantre de aux mœurs par les poètes français les plus ce- cette église en 1682. Il fut ensuite vicaire lèbres, petit in-12 ; Principes de l'homme rai- général et mourut en 1703. On a de Mosonnable sur les spectacles, in-32 ; et divers range : Libri de Prœadamilis brevis analysis, autres Opuscules de prières et de piété, pour Lyon, 1656, in-16; Primatus lugdunensis ïa jeunesse. Apologeticon sive ad querelam ecclesiœ seno-

MONTROCHER (Gui de), ou Guido de nensis prior responsio, Lyon , 1658 , in-8° ;

Monterocherio , célèbre théologien du xiv" Summa universœ théologies catechistœ , Lyon,

! siècle, né, à ce qu'on croit, dans le Dauphiné, 1670, 3 tomes en 4 volumes,

remplissait du moins des fonctions ecclé- MORCELLI (Etienne-Antoine), jésuite, né

' siasiiqi.es dans cette province. Ce fut à la le 17 janvier 1737, àChiari, dans la province

prière de Raimond, évêque. de Valence, que de Brescia, professa d'abord la grammaire a

Gui composa son Manipulus curatorum, ou Fermo , puis les humanités à Raguse. En

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1771, après avoir prononcé ses quatre vœux, i] alla professer l'éloquence an collège romain. C'est à cette époque qu'il institua l'acadéinie d'archéologie , qui se réunissait à jour lixe dans les salles <lu Musée Kir cher, dont il élail préfet. Morcelli y lut six Dissertations sur divers points d'antiquités. Lors de la suppression de son ordre , en 1773, JVIorcelli , après avoir l'ait un court voyage dans sa ville natale, revint à Rome, où le cardinal Alexandre Albani le protégea et lui confia le soin de sa belle bibliothèque. C'est dans cette docte retraite qu'il conçut et exécuta son grand ouvrage du Style des inscriptions. En 1791 il fut rappelé dans sa patrie, pour y remplir les fonctions de prévôt de l'église principale. Pendant trente années qu'il jouit de cette dignité, il fut constamment entouré de la vénération publique. Il est mort à Cbiari, le premier jour de l'année 1821. Morcelli avait rassemblé , durant de longues années d'étude et d'économie, une bibliothèque très-bien choisie , et il en lit don à sa ville natale , où il a de plus fondé et doté convenablement un établissement pour l'éducation des jeunes filles. Il fonda encore , restaura ou embellit divers édifices publics ou religieux de Chiari , et consacra la plus grande partie de ses revenus au bien des pauvres ou de son église. 11 s'occupa aussi de la réorganisation des écoles publiques. L'abbé Morcelli jouissait d'une grande réputation comme prêtre érudit, pieux, juste et charitable. M. Labus a publié sur lui une Notice. On a réuni trois Discours funèbres prononcés en italien en son honneur, par P. Bedoschi , P. Deani et A. F. Bazzoni, 1821, in-4°. On a de lui :De stylo inscription num lut inarum libri très, Rome, 1780, in-4°; lnscriptiones commentants subjectis , Rome, 1783, in-4°; Uéftumv inscriptionum novissimarum ab anno 1784 , Andrcœ Andrcii rhetoris cura editum, Patavii, 1818, in-fol. Ces trois ouvrages réunis forment un traité complet de la matière des inscriptions. Sermo* num libri duo , Rome , 1784-, in-8°. C'est un recueil de poésies latines dans la manière d'Horace , et non de sermons , comme l'ont cru quelques biographes. Indication des antiquités de la maison Albani, 1785; Ealendarium ecclesiœ Constanlinopolitanœ, C13 annorum vetustatis insigne, in lucem edidit et commentarios addidit S. A. Morcellus, Rome, 1788, 2 vol. in-4° ; Africa christiana, in tres partes trïbuta, Brescia, 1817-18, 3 vol. in-4u. Cet ouvrage a exigé de longues recherches. Ur/^anlùti , sive dies festi pûneipis angelorum apud clarenses, edente J. Labusio, Mediolani, 1817, in-4°; OEuvres ascétiques (italien et. latin) , 1820 , 3 vol. in-12; Dello scriverè degli antichi Romani, Milan, 1822, in-8°. Elecïorum libri II, 1814; Agapeja (sur saint Agape martyr), 1816; SullaBolla d'ora dé' fanciulli romani, Milan, 1816, publié par Labus ; SuW Agone Capitolino, Milan, 1817.

MORE (le docteur Henri), théologien et philosophe anglais, né l'an 1614 à Grantbam, «ans le comté de Lincoln, de parents calvinistes , qui ne réussirent qu'imparfaitement

à lui inculquer leur croyance, avait reçu de la nature une imagination portée à la mysticilé , et la lecture de la Reine des fées d'Edmond Spencer , que son père avait coutume, de faire dans les longues soirées d'hiver, développa encore cette disposition. Plus tard, il s'éprit pour les doctrines de Platon, et pour celles qu'avaient professées les théologiens mystiques, Marsile Ficin, Plotin, Trismégiste, etc. De concert avec Cudworlh, Gaie et Rurnet , il combattit Hobbes et les autres auteurs incrédules de son temps , et composa des traités cl des poèmes qui, après avoir eu beaucoup de vogue, sont aujourd'hui presque oubliés. Des évèchés furent proposés au docteur More, mais il vécut toujours dans la retraite, et mourut en 1687, à 73 ans. Ses principales productions sont : Psycho-Zola , ou la Vie de l'âme , 1640, qu'il lit réimprimer avec d'autres poésies, sous le litre de Poèmes philosophiques , 1647, in-8° ; le Mystère de la Divinité ; le Mystère de l'iniquité ; Collections philosophiques , ouvrage vanté par le docteur Blair ; Enchiridion ethicum , qu'Addison a beaucoup loué coroano système de morale. L'auteur a lui-même donné la traduclion latine de plusieurs de ses ouvrages, 1679, 3 vol. in-folio.

MOREAU ( René ) , prêtre qui se distingua par son zèle pour la conversion des hérétiques , et par la ferveur aussi constante que profonde qu'il apportait a l'accomplissement de tous les devoirs de son état, était né le 5 septembre 1605 d'une famille de cultivateurs , dans la paroisse de Moulins, près Chatillon-sur-Sôvre , en Poitou , et devint vicaire -général du diocèse de Maillezais. Deux fois il occupa l'importante cure de Fontenay-le-Comte , où il mourut le 18 janvier 1671, laissant son nom en telle vénération, qu'on lui a attribué le don de prophétie et celui des miracles. Il ne reste de lui qu'un opuscule : Sentiments de piété, qui a été imprimé à la suite de sa Vie , publiée sous ce titre : Vie d'un curé du Poitou mort en odeur de sainteté, Paris, 1719.

MOREL (Frédéric), né à Paris en 1558, fut professeur et interprète du roi de France, et son imprimeur ordinaire pour l'hébreu, le grec, le latin et le français. Il acquit beaucoup de gloire par ses éditions, qui sont aussi belles que nombreuses. Il publia , sur les manuscrits de la bibliothèque du roi, plusieuis Traités de saint Basile, de Théodoret, de Saint Cyrille, qu'il accompagna d'une version. On estime l'édition qu'il donna des OEuvres d'OEcuménius et d'Arétas, en 2 vol. in-folio. Enfin , après s'être signalé par ses connaissances dans les langues , il mourut en 1631), à 72 ans.— Son père , nommé aussi Frédéric Morel , mort en 1583 , s'était distingué précédemment dans le même art.

MOREL (do m Robert), bénédictin de Saint- Maur, né à la Chaise-Dieu en Auvergne, l'an 1G53, fut fait bibliothécaire de Saint-Germain-des-Prés en 1680. On le nomma depuis supérieur de différentes maisons. En 1699, il voulut être déchargé de tout fardeau, pour se retirer à Saint-Denis, où il s'occupa

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à composer de's ouvrages ascétiques. Ce bénédictin, né avec un esprit vif el fécond, excellait dans les matières de ])iété, dans la connaissance des mœurs et des règles de conduite pour la vie spirituelle. Sa conversation était vive et délicate, ses réponses spirituelles et promptes , son humeur, douce , égale , et d'une gaieté accompagnée de retenue. Dom Morel mourut en 1731, à 79 ans. On a de lui : Effusions de cœur sur chaque verset des Psaumes et des Cantiques de VÊglise , Paris, 171G, 5 vol. in-12 ; Méditations sur la règle de saint Benoit, 1717, in-8" ; Entretiens spirituels mr les évangiles des dimanches et des mystères de toute Vannée, distribués pour tous les jours de l'Avent , 1720 , 4 vol. in-12 ; Entretiens spirituels pour servir de préparation à la mort, 1721 , in-12 ; Entretiens spirituels pour la fête de V octave du Saint-Sacrement , 1722 , in-12 ; Imitation de Notre-Seigneur Jésus-Christ , traduction nouvelle, avec une prière affective , ou effusion de cœur à la fin de chaque chapitre, 1723 , in-12 ; Méditations chrétiennes sur les évangiles de toute l'année, 2 vol. in-12, 1726; Du bonheur d'un simple religieux qui aime son état et ses devoirs, 1727, in-12 : la 3e édition est de 1752. Retraite de dix jours sur les devoirs de la vie religieuse , 1728 , in-12; De l'espérance chrétienne , et de la confiance en la miséricorde de Dieu, 1728 , in-12. On prétend que Ton trouve dans quelques-uns de ces ouvrages des propositions qui ne sont pas assez exactes, et qui se ressentent du parti auquel il a été attaché pen larlt quelque temps. Il avait appelé ; mais il renonça à son appel en 1720. On trouvera une liste complète de ses ouvrages, et des détails intéressants sur sa vie, dans le Dictionnaire de Moréri, édition de 1759, et dans l'Histoire de la congrégation de, Saint-Maur, par D. Tassin.

MOREL (Hyacinthe), littérateur et poëte estimable , né Fan 1759 à Avignon, où il fit de bonnes études, entra avec son frère puîné dans la congrégation des prêtres de la doctrine chrétienne , et tous deux professèrent la rhétorique à /Vix pendant plusieurs années : l'un était chargé de la poésie , l'autre de l'éloquence. Lors de la destruction des corps enseignants, les deux frères revinrent dans leur ville natale, où le cadet mourut au bout de quelques années. L'aîné , qui avait été l'un des fondateurs de l'Athénée de Vaucluse , dont il fut jusqu'à sa mort le secrétaire perpétuel , créa , en 1803 , le Journal politique et littéraire de Vaucluse , qui ne dura que quelques années. Vers la même époque , Morel fut nommé professeur de rhétorique au lycée d'Avignon, fonctions qu'il exerça honorablement pendant 20 ans. Il mourut *à Avignon, le 1er août 1829, laissant : Mes distractions , ou Poésies diverses, Paris et Avignon, an vu (1799), in-12 de 148 pages. On trouve dans ce recueil VEpître à un jeune matérialiste , qui avait déjà paru en 1785 , in-12 , et VEpître à Zulime sur les inconvénients du luxe dans une demoiselle d'une rp4diocre fortune , déjà publiée séparément

aussi, en 1788, in-8° ; Lettres à madame de B. sur le matérialisme, Avignon, Chaillot et Paris , 1818, in-12 de 96 pages; Le coup d'œil de ma raison sur le célibat ecclésiastique, suivi de quelques réflexions sur les ecclésiastiques fonctionnaires, Paris, Aix et Marseille, 1791 et 1792, in-18 ; Les malheurs et les crimes de l'ignorance , discours en vers , suivi de la Philosophie louée par elle-même , autre discours en vers , 1804 , in-8° ; L'Art épistolaire, poëme traduit du latin d'Hervey Montaigu, j;'suite, suivi de Réflexions sur VEpître familière et VEpître didactique, Avignon , 1812, in 18; Epître à Rollin , Paris, 1818, in-8" ; Epître à l'abbé Bonnevie, chanoine de Lyon , sur la nécessité des ornements, même dans l'éloquence de la chaire, Avignon, 1822, in-8° ; Le temple du Romantisme, en prose et en vers, Paris, sans date (1825), in-12, de 26 pages; Lou galoubé de Jacintou Morel, ou Poesious prouvençalous daquel outour, reculidos per seis amis, Avignon, 1828, in-18, figures : c'est un recueil de fables , épitres et autres poésies , en provençal ; plus , de nombreuses pièces de poésies dans divers recueils , notamment dans YAlmanach des Muses.

MORERI (Louis) , docteur en théologie , premier auteur du Dictionnaire historique qui porte son nom, né le 25 mars 1643, à Largement, petite ville de Provence, fit ses premières études à Draguignan et à Aix, alla ensuite étudier la théologie à Lyon et prit les ordres sacrés dans cette ville. Il prêcha la controverse pendant cinq ans avec succès. Il s'était annoncé dans cette ville par une mauvaise allégorie , intitulée le Pays d'Amour, qu'il publia dès l'âge de 18 ans ; il se fit connaître bientôt par des ouvrages plus utiles. 11 traduisit de l'espagnol en français le Traité de la perfection chrétienne, par Rodriguez, version qui a été effacée par celle de Régnier des Marais. Il publia en 1673, en un vol. in-folio, son Dictionnaire. Ce fut vers le même temps qu'd s'attacha à l'évêque d'Apt , Gaillard de Longjumeau , à qui il avait dédié cet ouvrage , en reconnaissance des soins que ce prélat s'était donnés pour lui faire trouver des matériaux. Mme do Gaillard de Venel, sœur de l'évoque d'Apt , Je fit placer auprès de Pomponne, secrétaire d'Etat. Il pouvait espérer de grands avantages de sa place ; mais son application au travail épuisa ses forces, et le jeta dans une langueur presque continuelle. L'ardeur avec laquelle il s'occupa d'une nouvelle édition de son Dictionnaire augmenta son épuisement, et lui donna la mort. Il expira le 10 juillet 1680, à 38 ans. Le premier volume de sa nouvelle édition avait déjà paru, et le second vit le jour quelques mois après la mort de son auteur, par les soins d'un premier commis de Pomponne (1681) , qui dédia l'ouvrage entier au roi. Moréri avait des connaissances et de la littérature : il connaissait les livres mOdernes qu'il fallait consulter, et entendait assez bien l'italien et l'espagnol. Son ouvrage, réformé et considérablement augmenté par Jean La

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Clerc, Dupin et d'autres, porte encore son nom, cl n'est plus de lui. Les éditions les plus estimées du Dictionnaire de Moréri sont elle de 1718, 5 vol. in-fol. ; celle de 1725, G vol, in-fol., et celle de 1732, aussi en 6 vol. in-fol. L'abbé (ioujeta donné V vol. infol. de Supplément, que M. Drouet a refondus dans une nouvelle édition, publiée en 1759, en 10 vol. in-fol. Les ^ens sensés sont faciles d'y trouver tontes les momeries du jansénisme, les prétendus miracles du diacre Paris, etc. « 11 est aisé d'apercevoir, dit un « critique judicieux, que des personnes de « différents états, de différentes religions, de « différents partis, de différents génies, ont « contribuée cetteaugmentation. C'est la tour « de Babel; il y règne une confusion grotes- « que, par la diversité des langues et des es- « prits. Les mensonges, les erreurs, les con- « tradiclions y fourmillent. Un livre de cette « espèce, pour être bon, aurait du être le « fruit des travaux d'un seul rédacteur. Bien « loin de là, chacun s'est empressé d'y four- « nir, en différents temps et en différents « lieux, son contingent, et s'est arrogé le « droit de célébrer, selon ses vues et sa ma- « nière, tout ce qui appartenait à sa nation, « à sa secte, ou à son parti. » Cet ouvrage a été traduit en anglais, en espagnol et en italien. On doit à l'abbé du Masbaret des remarques sur le Dictionnaire de Moréri. Moréri est encore auteur des Doux plaisirs de la poésie, in-12, et éditeur des Relations nouvelles du Levant, de Gabriel Chinon, capucin : il a orné cet ouvrage d'une longue préface. Auteur infatigable, il avait rassemblé les matériaux d'un Dictionnaire historique et bibliographique des Provençaux célèbres, et commencé une Histoire des conciles; il a laissé manuscrit un Traité des étrennes.

MORET ( Vincent ) né à Nevers d'une famille respectable et qui subsiste encore, florissait dans le xvir siècle. 11 entra dans l'ordre des récollets, se lit estimer comme prédicateur, en plusieurs endroits, même à Paris, se distingua par une grande piété, et publia, en 1650, deux traités, un de la Simplicité chrétienne, et l'autre de la Prudence chrétienne.

MORILLON (dora Jules-Gatien de ), religieux de la congrégation de Saint-Maur, né l'an 1631 à Tours, mort dans l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes le 14 janvier 1694, fut chargé pendant 25 ans de l'administration des principales affaires de son ordre, en qualité de procureur syndic au parlement de Bretagne. On a de dom Morillon : Joseph ou l'Esclave fidèle, poëme en six livres, Turin ( Tours ), 1679, in-12; 2' édit., Bréda, 1705, in-12; Paraphrase du livre de Job, Paris, 1668, in-8°; Paraphrase du livre de l'Ecclésiaste, Paris, 1670, in-8°; Paraphrase du livre de Tobie, Orléans, 1674; Recueil de poésies (sacrées et badinesj, Turin (Tours), 1696, in-8°, dans lesquels il ne faut pas chercher le feu poétique.

MORÏN (Pierre), né à Paris en 1531, passa en Italie, où le savant PaulManuce l'employa à Venise dans son imprimerie. Il enseigna

le grec et la cosmographie à Vicence, d'où il fut appelé à Ferrare.par le duc de cette ville. Saint Charles Borromée, instruit de ses profondes connaissances dans l'antiquité ecclésiastique, 'de son désintéressement, de son zèle et de sa piété, lui accorda son estime et l'engagea à aller à Rome en 1575. Les papes Grégoire XIII et Sixte-Quint remployèrent a l'édition des Septante, 1587, et a celle de la Vulgate, 1590, in-folio. 11 travailla beaucoup à l'édition de la Bible en latin traduite sur celle des Septante, Rome, 1588, in-fol.; à l'édition des Décrétales jusqu'à Grégoire VU, Rome, 1591,3 vol. in-fol., et à une Collection des conciles généraux, Rome, 1608, 4 vol. Ce savant critique mourut en 1608. On a de lui un Traité du bon usage des sciences, et quelques autres écrits, publiés par le P. Quétif, dominicain, Paris, 1675, in-12. On y trouve des recherches et de bons principes. L'édition de l'Ancien Testament grec des Septante, Rome, 1587, in-fol., est rare. Elle passe pour la plus exacte. C'est sur l'exemplaire de cette belle édition que fut faite celle de Paris en 1628, par les soins du P. Morin, de l'Oratoire, qui y joignit l'ancienne version latine de Nobilius. Voy. Caraffe.

MORIN (Jean-Baptiste), naquit l'an 1583 à Villefranche en Beaujolais. Après avoir voyagé en Hongrie pour faire des recherches sur les métaux, il revint à Paris et s'appliqua entièrement à l'astrologie judiciaire. Ses horoscopes lui ouvrirent l'entrée de la maison des grands. On prétend que le cardinal de Bichelieu eut la faiblesse de le consulter, et que le cardinal Mazarin lui fit une pension, après lui avoir procuré la chaire de mathématiques au collège royal. Le comte de Chavigni, secrétaire d'Etat, réglait toutes ses démarches par les avis de Morin, et, ce qu'il regardait comme le plus important, les heures des visites qu'il rendait au cardinal de Bichelieu. Morin ne se trompa, dit-on, que de peu de jours dans le pronostic de la mort de Gustave-Adolphe. Il rencontra, à dix heures près, le moment de la mort du cardinal de Richelieu. Ayant vu la figure de Cinq-Mars, sans savoir de qui elle était, il répondit que cet homme-là aurait la tète tranchée. Morin se méprit de seizejours seulement à la mort du connétable de Lesdiguières, et de six à celle de Louis XIII. Mais il fit dans d'autres occasions des bévues beaucoup plus lourdes , qu'on ne manqua pas de relever. 11 faut convenir cependant qu'en général la justesse avec laquelle il devina est difficile à expliquer. « Ceux qui croient à ces sortes de pré- « dictions, dit un auteur, ou sont eux-mê- « mes infatués de l'astrologie judiciaire, de « l'art cabalistique et autres charlataneries « de ce genre, ou supposent dans les horos- « copistes un pacte implicite avec l'esprit des « ténèbres; car un homme sensé ne verra « jamais ici aucun rapport entre les moyens « et la fin. » Morin, oracle des astrologues, voulut l'être aussi des philosophes. 11 attaqua le système de Copernic et celui d'Epicure, efeut à ce sujet des démêlés très-vifs

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avec Gassendi et avec les disciples de ce philosophe. La Hollande avait promis cent raille livres, et l'Espagne trois cent raille, à celui qui aurait trouvé le problème des longitudes. Morin croyait déjà avoir les quatre cent raille livres, lorsque des commissaires nommés par le cardinal de Richelieu lui démontrèrent la fausseté de ses prétentions. Il mourut à Paris en 1656. On lui doit une Réfutation en latin du livre desPréadamites, curieuse et singulière, Paris , 1657, in-12. Voy. Peyrère. On a encore de lui un livre intitulé Astrologia gallica, et un grand nombre d'autres ouvrages, dans lesquels on remarque un génie singulier et bizarre. Voy. son article dans le Dictionnaire de Moréri, édit. de 1759, où l'on trouve la liste de ses manuscrits, et le tome 111 des Mémoires de Nicéron, où est celle de ses livres imprimés.

MORIN (Jean), savant oratorien, né àBlois en 1591, de parents calvinistes, étudia les humanités à La Rochelle. Il alla ensuite à Leyde, où il apprit la philosophie, les mathématiques, le droit, la théologie et les langues orientales. Après avoir orné son esprit de toutes ces connaissances, il se consacra à la lecture de l'Ecriture sainte, des conciles et des Pères. Un voyage qu'il fit à Paris l'ayant fait connaître du cardinal du Perron, il abjura le calvinisme entre les mains de ce prélat. Le nouveau converti demeura quelque temps auprès de lui et entra dans l'Oratoire, congrégation qui venait d'être fondée par le cardinal de Bérulle. Son érudition et ses ouvrages lui firent bientôt un nom. Les prélats de France se faisaient un plaisir de le consulter sur les matières les plus épineuses et les plus importantes. Le pape Urbain VIII, instruit de ses talents et de ses vertus, l'appela à Rome, et se servit de lui pour la réunion de l'Eglise grecque avec la latine. Le cardinal de Richelieu obligea ses supérieurs à le rappeler en France, et lui fit perdre le chapeau, de cardinal dont on prétend qu'il eût été honoré, s'il se fût fixé à Rome. De retour à Paris, Morin y mourut d'apoplexie en 1659, également regretté pour ses connaissances et son caractère franc et sincère. Il était parfaitement versé dans les langues orientales, et fit revivre en quelque sorte le Pentatcuque samaritain, en le publiant dans la Bible polyglotte de Le Jay. Ses principaux ouvrages sont : Exercitationes bibiicœ, Paris, 2° édit., 1669, in-fol., ouvrage dans lequel il s'élève avec raison contre le texte hébreu, tel que nous l'avons; de sacris Ordinationibus, in-folio, 1655; de Pœnitentia, in-folio, 1651. L'auteur a ramassé dans cet ouvrage et dans le précédent tout ce qui pouvait avoir rapport à son sujet. L'un et l'autre sont trèssavants, mais ils manquent de méthode ; une nouvelle édition de la Bible des Septante, avec la version latine de Nobiliws, 3 vol. in-fol., Paris, 1628 et 1642,- estimée : elle comprend le Nouveau Testament. Le P. Morin, dans la préface de cet ouvrage, fait l'apologie de la version des Septante, tant de fois attaquée pat les protestants, et s'élève

Dict. de Biographie relig. II.

contre le texte nébreu, qu'il prétend avoir été corrompu par les Juifs. Hottiiger, Taylour et Boot, protestants, et Siméon de Muis, professeur en hébreu à Paris, attaquèrent le P. Morin, qui se défendit excellemment dans plusieurs ouvrages, particulièrement dans ses Exercitationes ecclesiasticœ in utrumque samaritanorum Pentateuchum, Paris, 1631, in-4°. Jean Cappel a porté le dernier coup au texte hébreu moderne; des Lettres et des Dissertations sous le titre d'Antiquitates Ecclesiœ orientalis, 16S2, in-8°; Histoire de la délivrance de l'Eglise par V empereur Constantin, et du progrès de la souveraineté des papes par la piété et la libéralité de nos rois, in-fol., 1629. Cet ouvrage, écrit en français d'une manière incorrecte et diffuse, déplut au saintsiége, et l'auteur ne put l'apaiser qu'en promettant quelques corrections. Des Défauts du gouvernement de l'Oratoire, in-8", 1653.

Cette satire attira à l'auteur bien des désagréments; presque tous les exemplaires furent brûlés. Le P. des Marets en a donné un abrégé, sous le nom de la Tourelle; OEuvres posthumes, 1702, in-4°. Il n'y a personne qui ait plus écrit que le P. Morin sur la critique de la Bible, et avecplus d'érudition que lui. 11 a écrit aussi très-solidement sur la matière des sacrements, et on peut dire qu'il a épuisé tous les sujets sur lesquels il s'est exercé. Cet homme, si versé dans l'antiquité ecclésiastique, si zélé pour les anciens usages, pour l'ancienne discipline, était bien éloigné de cet esprit réformateur qui voudrait tout ramener à l'état des premiers temps. Il regardait la pratique et les coutumes de l'Eglise dans tous les siècles , comme des lois qu'il n'était pas plus permis de contredire que les jugements doctrinaux. Insolentissima est igitur insania, non modo disputare contra id quod videmus universam Ecclesiam credere, sed etiam contra id quod videmus eam facere. Fides enim Ecclesiœ non modo régula est fidei nostrœ, sed etiam acti.oncs ipsius actionum noslrarum ; consuetudo ipsius, consuetudinis quam observare debemus (Prœf. Comm. hist. do adm. Sac. Pœn.) : passage exactement conforme à celui de saint Augustin : Si quid per totum orbem fréquentât Ecclesia, quin sit faciendum disputare apertissima insania est. Voy. Fleury, Tho-

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