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MASSIN

MORIN (Simon) naquit à Richemont près d'Auraale, en Normandie, vers l'an 1623, d'une famille obscure. La misère le chassa de son pays et l'amena à Paris, où il se fit écrivain-copiste. Son cerveau, qui n'avait jamais été fort bon, se dérangea totalement lorsqu'il jouit d'un peu d'aisance. Il se jeta dans les rêveries des Illuminés, alors fort communs à Paris. On le mit en prison, et on le relâcha bientôt comme un esprit faible, qui, dans un état plus commode, pourrait se rétablir. Il se logea chez une fruitière, abusa de sa fille, et fut contraint de l'épouser. Sa belle-mère tenait une espèce d'hôtellerie; son gendre se mit à prêcher ceux qu'elle recevait. Les ignorants s'attroupèrent autour de cet ignorant; et le lieutenant de polico

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ne put mettra fin h ces oonvantteules, qu'en faisant enfermer à la Bastille celui qui les tenait. Gel insensé, remis ed lib 'rté au bout de deux ans, répandit un pt*tit ouvrage où brillaient tous les é .ça rem enté de son esprit. L'auteur était si enchanté de ce lissu de délires et d'inepties, qu'il en envovauo exemplaire au cure de Saint-Gennain-l'Auxe cois, (|ui lui deman la d'où venait sa m ssion? De Jésus-Christ mime, répondit le fanatique, qui s'est incorporé enmùipour le salut de loua les hommes. Le euré ne lui répliqua qu'en le faisant de nouveau renfermer a ta Bastille. Avant que d'y être, il avait répété plusieurs fois qu'il ne serait jamais assez lâche pour due: Transcat a me calix iste; mais dus qu'il y fut, sa fermeté l'abandonna. Il lit sa rétractation, et obtint son élargissement. A peine fut-il sorti qu'il dogmatisa encore. Le parlement le lit mettre à la Conciergerie, et le condamna aux Petites-Maisons. Nouvelle abjuration et nouvel élargissement. Mais le cœur n'ayant point eu de part à ces rétractations, il chercha de nouveau à l'aire des prosélytes. Des Marets de Saint-Sorlin," fanatique luimême, mais d'un fanatisme plus pardonnable, le dénonça comme un hérétique. Moi in mettait au net un discours qu'il voulait présenter au roi, lorsqu'il fut conduit a la Bastille et ensuite au Châteîet. Cet écrit commençait par ces mots : Le fils de Vhomme au roi de France... Morin fut condamné à être brûlé vif avec son livre et tous ses autres écrits. Après la lecture de son jugement, le premier président Lainoignon lui demanda s'il était écrit quelque part que le nouve u Messie dût subir le supplice du feu? Ce misérable eut l'impudence de répondre par ce verset du psaume xvi : Igné me examinasli , et non est inventa in me iniquitas. Toutes ses réponses prouvaient sa d mence, et celte folie aurait dû, ce semble, lui obtenir sa grâce. Son arrêt fut cependant exécuté le 14 mars 1663. Ses complices furent punis de diverses peines; mais aucun ne fut condamné à mort. On cite de Morin : des Pensées, dédié s au roi, in-8° de 174 pages, très-rare; une Requête au roi cl à la reine régente, m're dti roi, du SI octobre 16Ï7, 8 pages; deux rétractations, ayan, toutes deux quatre pag s iu-4°, la première du 7 février 16VJ, la se- C nde du 14 juin suivant ; Témoignage du second avènement du fds de Vhomme, janvier 1641. Voy. u'AviisxES.

MOKIN (Etienne), ministre de la religion prétendue réformée, né à Caeu en 1625, remplit, au bourg Saint-Pi rre-sur-Dive, et dans cette vide, ses fonctions de pasteur. Après la révocation de l'éditde Nantes, il se retira à Leyde, et de là à Amsterdam, où il fut nommé professeur de langues orientales. Il y mourut en 1700, âgé de 75 ans, après de longues infirmités de corps et d'csp.it. On a de lui finit Dissertations en .atni sur des matières d'antiquité. Elles sont curieuses. L'édition de Dordreefit, 1700, in-a", est ia me 1leure, et préfé able à celle de Genève, 1633, in-4°. 11 a aussi donné la Vie de Samuel Bochard. (Voy. les Mémoires de Nicéron,

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fume XII.) Pierre Franeius a donné son Eloge dans la 2" édition de ses Oral innés. —Son fils Henri Mouin, ne l'an 1(155 à Saint-Pierrc-sur- Dive en Norman lie, se lit catholique après ' avoir été ministre protestant. Il est auteur de plusieurs Dissertations qui se trouvent dans les Mémoires de l'académie des Inscriptions cl belles-lettres, dont il était membre. Il mourut à Ca n en 17 S, âgé de 73 ans.

MORINGE (Gérard), théologien de Bommel dans la Gueldre, fut professeur de théologie dans le monastère de Sainte-Gertrude à Couvain, puis chanoine et curé de Saint- Tron dans la principauté de Liège, où il mourut le 9 oc:obre 1558. On a de lui : la Vie de saint Augustin, Anvers, 1553, in-8", et 1644, avec des notes d'Antoine Sauderus ; telles de saint Tron. des saints Libère et Luchère, Couvain, 15V), in-4°; celle du pape Adrien VI, Louvain, 1536, in-4°; et dans les A naïades historiques d'Adrien VI par Gaspard Burman, Utrecbt, 1727. Commentaire sur VEcclésiaste, Anvers, 1533, i n-8°. Oratio de paupcrlate ccclesiastica, etc. Tons les écrits dé cet auteur son" en latin. On conserve en manuscrit dans le monastère de Sainl-Tron : Vitoû sanctorum Anlonii et Guiberti Gemblacensis; Prœcepta vilœ honeslœ ; Chronicon Trudonense, depuis l'an 1400. Arnould Wion et e P. Posscvin le font moine bénédictin à Sainl-Tron, et disent qu'il floris.-ait vers 110.); ils se trompent, ainsi qu • Corneille Loos, qui le confond avec Novioinagus.

MORi.EY (Georges), évoque anglican, né à Londres, en 15D7, de parents nobles, devint chanoine d'Oxford en 1641. 11 donna les revenus de son canonicat au roi Charles 1er, alors engagé dans la guérie contre les troupes du long Parlement. Quelque temps après, ce prince, étant prisonnier à Hamploncouit, employa le doc eur Morley pour engager l'université d'Oxford à ne point se soumettre à une visite illégale. Ayant ménagé cetle affaire, il irrita les anti-royalistes, et fut privé, l'un des premiers, de ses emplois à Oxford. Il quitta l'Angleterre, et se rendit à La Haye auprès de Cbarles 11 , qui, avant été rétabli sur le trône de ses ancêtres, paya le zèle de ce QJèlë sujet par sa nomination à l'évèché de Worcester, et ensuite à celui de Winchester. Ce prélat mourut en 1684, à 87 ans, après avoir fait de grands biens dans son diocèse. On a de lui des Sermons et des Lettres en latin.

M >ULOT (François-Nicolas-M \deleine) , évèque d'Orléans, né le 2S décembre 1795, à Langres, lit ses premières études au ddlége d • sa ville natale, puis ses cours de philosopliie et de théologie au séminaire de Dijon, etreinpl.t ensuite quelque temps les fonctions de précepteur. Peu de temps après avoir reçu les ordres sacrés il fut investi de la dignité de vicaire général capitulaire, et il eut à intervenir dans les trouble- du schisme de Flavigny. Son évèque, après lui avoir offert la cure de Saint-Jean-dc-Lùne, qu'il refusa, le nomma chanoine en 1833; dans ce nouveau poste il crut devoir encore s'associera l'opposition que firent des curés contre cer-

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taines mesures prises par le prélat. Nommé, en 1839, à l'évêché d'Orléans, il s'appliqua avec une gran le activité aux: soins de l'administration. A Dijon, l'abbé Morlot s'était occupé d'éditer plusieurs ouvrages d'instruction et de pic' té- Il revit la seconde édition de Y Explication de la doctrine chrétienne en forme de lectures, 2 gros vol. io-12 : cette Explication était tirée du Catéchisme dogmatique et moral de Couturier, ancien curé de Léry. Le Catéchisme du diocèse de Dijon, expliqué par des sous-demandes et des récapitulations extraites de Couturier, 1 gros vol. in-18, est aussi de lui; et il revit les Heures choisies, ou Recueil de prières pour tous les besoins de la vie, avec des instructions pratiques pour toutes les fêtes ouvrage de feue la marquise d'Andelarre; elles sont revêtues d'une approbation de M. de Boisville, évêque de Dijon, sous la date du 5 août 1825. Si l'on ajoute à cela ses Lettres à M. Dupont, évêque de Saint-Dié, dans l'affaire de Flavigny, et ses Mandements, on aura son bagage a peu près complet comme éditeur ou écrivain. Son diocèse lui dut Finir duction de quelques institutions import ntes, telles que ï'OKiivrede la Propagation de la foi, et la Société de Sa nt-François-Régis, dont l'objet est la réhabilitation des mariages civils. Ce prélat est mort à Orléans en 18i2.

MORNAY (Philippe de), seigneur du Plessis-Marly, né à Buhy ou Bishuy, dans la haute Normandie, en 15W, fut élevé à Paris et fit des progrès rapides dans les belleslettres, les langues savantes et dans la théolog e; ce qui était un prodige dans un gentilhomme. On le destina d'abord à l'Eglise; mais sa mère, imbue des erreurs de Calvin, les lui inspira. Après la Sainl-Barthélemi, Philippe de Mornay parcourut l'itali', l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Angleterre. Le roi de Navarre, depuis Henri IV", était alors chef du parti protestant : Mornay s'attacha à lui et le servit de sa plume et de son épée. Il n'oublia rien pour aplanir le chemin du trône à ce prince. Mais lorsqu'il changea de religion, il lui en fit de sang.ants reproches. 11 continua cependant à le servir avec fidélité, dirigea toutes les affaires, et termina celle de la dissolution du mariage de Hen,i IV. Mais, en 1598, son Traité de i institution de l'Eucharistie donna lieu à la fameuse conférence de Fontainebleau, dont le résultat fut la disgrâce de du Plessis. Ce livre ayant soulevé tous les théologiens cathoiques, il eut l'imprudence de ne répondre à leurs censures que dans une conférence publique.

Elle fut indiquée, le 4 mai 1600, à Fontainebleau, où la cour devait être. Le combat fut entre du Perron, évêque d'Evreux, et Mornay. La victoire fut unanimement adjugée à du Perron. Ce prélat s'était vanté de faire voir clairement près de cinq cents passages tronqués ou mal cités dans le livre de son adversaire, et il tint sa paiole. Les calvinistes équitables convinrent de la défaite de leur chef; pour la constater, il ne faut que lire ce qu'en dit le duc de Sully, zélé protestant,

dans ses Mémoires. Voy. Perron. Un minis re huguen >t, présenta la conférence, disait avec douleur a. un capitaine de son parti : L" évêque d'Evreux a déjà emporté plusieurs passages sur Mornay.— Qu 'importe, répartit le militaire, pourvu que celui de Saumur lui de^ meure? & était un passage important sur la rivière de Loire, dont du Plessis était gouverneur. Cefut laqu'il se retira, toujours occupé à. inquiéter les catholiques. Lorsque Louis XIII entreprit la guerre contre son parti, du Plessis lui écrivit pour l'en dissuader. Après avoir épuisé les raisons les plus spécieuses, il lui dit : « Faire la guerre à ses sujets, « c'est témoigner de la faiblesse. L'autorité « consiste dans l'obéissance paisible du peuce pie: elle s'établit par la prudence et par la «justice de celui qui gouverne. La force des « armes ne se doit employer que contre un « ennemi étranger. » Ces remontrances de Mornay, que les événements du passé rendaient rdicules, ne produisirent rien que la peite de son gouvernement de Saumur, que Louis XIII lui ôta en 1621. Mornay ne pouvait point ignorer les fruits amers qu'avait pro îuils l'indulgence dont ou avait usé envers les sectaires; il pouvait moins ignorer encore les désordres que la nature des nouvelles erreu s devait inévitablement produire dans un Etat catholique. «Le calvinisme, dit « Voltaire, devait nécessairement enfanter « des guerres civiles et ébranl r les fonde- « ments des Etats. Les réformateurs du xve « siècle a.ant déchiré tous les liens par les- « quels l'Eglise romaine tenait les hommes, « ayant traité d'idolâtrie ce qu'elle avait de « plus sacré, ayant ouvert les portes de ses « eloitres, et remis ses trésors da s les mains « des séculiers, il fallait qu'un des deux par- « lis périt par l'autre. 11 n'y a point de pays « en effet où la religion de ' alvin et de Lu- « ther ait paru sans faire couler le sang. » (Siècle de Louis XIV, chap. 33.) L'amiral Coligny disait lui-même, au rapport de Brantôme, que le seul moyen de contenir les calvinistes élaitde les occuperhorsdu royaume, et d'abandonner à leurs dégâts les provinces catholiques des Pays-Ras; faute de quoi pour le seur ils recommencer oient à brouiller au dedans; tant il les connoissoit brouillons, remuons, frétillans, et amateurs de la picorée. Mornay mourut en 1623, à 74 ans, dans sa baronnie de la Forêt-sur-Seure en Poitou. Il av.it été, pendant 59 ans, l'oracle de ses co-religionnaires, au point qu'on le nommait le Pape des huguenots. On a de lui : un Traité de [institution de V Eucharistie, 1598, in-fol.; Traité de la vie et de la mort, Genève, 1575; Traité de V Eglise, 1577 ; Traité de la vérité de la religion chrétienne, Anvers, 1580, in-8°, que Mornay traduisit lui-même en latin; un livre intitulé : le Mystère d'iniquité, 1607, in-4°; un Discours sur le droit prétendu par ceux de la maison de Guise, 1582, in-8°; des Mémoires depuis 1572 jusqu'en 1620, k vol. in-i°; des Lettres, etc. Presque tous ces ouvra g s sont remplis des erreurs de sa secte, et, de plus, d'uue bonne dose d'enthousiasme. Ses deux secrétaires, Meslai et Cûalopin, et

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David <le Liqués, flamand, ont composé sa Vie, Leyde, 1647, in-4°. Ce sont des éloges historiques Faits par des hommesde parti. Il y a encore une Vie <lc du Plessis-Mornay dans les Vies de plusieurs anciens seigneurs de la maison de Mornay, par R. de Mornay de la Villetertre, 1«89. in-4°.

MORO (Fra içois), Japonais de naissance et zélé chrétien , direct iur du commerce des Portugais au Japon, fut accusé faussement d'une conspiration contre L'empereur, ci brûlé vif en 1637, en protestant jusqu'au dernier soupir de sa parfaite innocence. Le P. Charlevoiî a démontré la fausseté de cette prétendue conspiration, et du roman que Kaempfer a ou fabriqué ou a lopté pour 1 accréditer, et calomnier à son ordinaire l'Egl se nais-ante et souffrante du Japon. — Mono (Etienne), jésuite hongrois, savant mat ématicien, fut assassiné, en 1794, par les Rasciens à Cinq-Eglises. On a de lui : Geographia Pannonue, insérée dans Imago Ilungetriœ antique?.

MORONE (Jean de), fils du comte Jérôme de Morone, chancelier de Milan, et l'un des plus grands politiques de son temps, mort subitement au camp devant Florence en 1529, eut une partie des talents de son père. 11 mérita l'évèclié de Modène par son zèle et ses talents. Envoyé nonce en Allemagne l'an 1542, il engagea les princes de l'empire à souscrire à la convocation d'un concile général. Le pape Paul 111, charmé d'un tel succès, récompensa Morone par le chapeau de cardinal, le nomma légat a Bologne, et président au concile indiq lé à Trente. Jules 111 1 envoya en qualité de légat à la d ète d'Augsbourg, où il soutint avec chaleur les int'rêts du siège, de Rome. Morone s'y fit également aimer des catholiques, et des protestants. Sa modération et 1 équité qui formaient son caractère étaient dignes d'un philosophe chrétien. Il tonnait contre l'hérésie et traitait avec douceur les hérétiques. Ses ennemis lui (irent un crime de cette modération. Paul IV le fit arrêter sur quelques fausses accusations; mais Pie IV, son successeur, prit hautement sa défense, et confondit la calomnie en le nommant président du concile de Trente. Après la monde ce ponti e, saint Charles Borromée le crut digne de la tiare et lui donna sa voix. 11 en avait déjà eu 28 uaiis un autre conclave. Grégoire XIII l'envoya légat à Cènes, et ensuite en Allemagne Ce fut au retour de celte dernière légation qu'il couronna une vie illustre par une mort sain e. 11 mourut à Rome en 1580, à 72 ans, avec la réputation d'un homme pénétrant, adroit, résolu, intrépide, zélé pour les intérêts de son diocèse et pour ceux de l'Eglise. On peut consulter sur cet illustre prélat l'Histoire de la littérature italienne de Tiraboschi , tome VU, i" partie , p. 200 et suivantes, et le tome III, p. 301 de la Bibliothèque de Modrne qui contient la liste de ses ouvrages. Sa Vie a été écrite par Jacobelli, évêque de Foligno.

MOROS1NI (Pierre), cardinal, d'une illustre maison qui a donné plusieurs doges à la

république de Venise, fut un des plus habiles jurisconsultes de son temps. 11 travailla à la compilation du quatrième livre des Décréta- Irs, cl mourut en 1424, à Gallicano. — Morosm (Jean-François) , cardinal et ambassadeur de la république de Venise, en Savoie, en Pologne, en Espagne, en France, et à la cour de Conslantinopleauprèsdusultan Amurat 111, mourut dans son évéché de Brescia, le 14 janvier 159G, à 59 ans. — Morosixi (André), né à Venise en 1558, mort en 1618, continua jusqu'en 1G;5, Y Histoire de Venise, de Paruta, qui fut imprimée en 1623, in-fol. MOROZZO, en latin Morotius (Charees- Josepd), abbé de l'ordre de Cîteaux dans Turin, et depuis évêque de Bobbio, puis de Saluées, né à Mondovi en 1645, mort en 1729, a donné en latin : le Théâtre chronologique de l'ordre des Chartreux , etc., Turin , 1681, in-fol.; Théâtre chronologique de l'ordre de Cîteaux, Turin, 1G90 , in-folio, en latin. (Voyez le troisième vol. de la Biblioth. volante de Cinelli, p. 370, et Tiraboschi, Storia délia letteratura, tome VIII, p. 108.) MOUTON (Thomas), né à York en 1564, devint professeur au collège Saint-Jean à Cambridge, ensuite évoque de Chesler en 1615, puis deLiehttield etde Coventryenl618,et de Durham en 1632. Il conserva une santé constante jusqu'à l'âge de 95 ans, auquel il mourut en 1059. On a de lui : Apologia catholica, infol.; De aucloritate principum, in-4°, et divers autres ouvrages estimés des théologiens anglais, mais peu connus hors de l'An ' letei re.

MÔRUS ou MORE (Thomas), naquit à Londres, en 1480, d'un des juges du banc du roi. L:i science et la vertu eurent beaucoup d'attraits pour lui, et il cultiva l'une et l'autre avec beaucoup île succès. A l'élude des langues mortes il joignit celle des langues vivantes, et les différentes connaissances qui peuvent orner l'esprit. Henri VIII, roi d'Angleterre, se servit de lui dans plusieurs ambassades. La sagacité et les talents de Morus bril.èrent surtout dans les conférences pour la paix de Cambrai, en 1529. La charge de grand chancelier d'Angleterre fut la récompense de son zèle pour le service de son maître. Sa faveur ne fut pas de longue durée. Henri VIII , amoureux d'Anne de B ulen, ayant rompu les liens quile tenaient à l'Eglise romaine, Morus se démit de sa charge en 1531, et se retira dans sa maison poi.r y vivre avec ses livres. On employa toutes sortes de moyens pour lui arracher le serment de Suprématie, que ce prince débauché et cruel, le Néron de l'Angleterre, exigeait ne ses sujets. La douceur n'ayant pu le toucher, on eut recours à la violence : on le mit ( n prison, on lui enleva ses livres, seule consolation au milieu des horreurs dont il était environné. Ses amis tâchèrent de le gagner, en lui représentant « qu'il ne devait « point être d'une autre opinion que le par- « lement d'Angleterre. » Si j'étais , dit-il, seul contre tout le parlement, je me défierais de moi-même; mais fui pour moi toute l'Eglise catholique, ce grand parlement des chrétiens.

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Sa femme le conjurant d'obéir au roi, et de conserver sa vie pour la consolation et le soutien de ses enfants : « Combien d'art- « nées, lui dit-il, pensez-vous que je pusse « encore vivre....? Plus de vingt ans, répon- « dit-elle. — Ah! ma femme, voulez-vous « donc que je change l'éternité avec vingt « ans...! » Henri VIII, le voyant inébranlable, lui fit trancher la tète le 6 juillet 1535. Sa mort fut celle d'un martyr. Il avait vécu à la cour sans orgueil, il mourut sur l'échafaud sans faiblesse. C'était un homme solidement vertueux , quoique un peu original, qui mettait de la gaieté dans les matières les plus sérieuses. L'histoire a conservé quelques traits qui peignent bien son caractère. Un grand seigneur lui ayant envoyé deux flacons d'argent d'un grand prix , pour se le rendre favorable dans un procès fort important, le magistrat les fit remplir du meilleur vin de sa cave, et les renvoya à ci hii de qui ils venaient. Vous assurerez votre maître, ditil au domestique qui les avait apportés, que tout le vin de ma cave est à son service. 11 répondit à celui qui vint lui dire que «la clémence « du roi avait modéré l'arrêt de mort rendu « contre lui, à la peine d'être seulement dé- « capité » : Je prie Dieu de préserver tous mes amis d'une semblable clémence. Il employa en prières le temps qui se p.issa entre sa condamnation et sa mort. La veille de l'exécution, il écrivit à sa fille Marguerite avec du charbon et sur du papier qu'il avait surpris, pour lui mander que « bientôt il ne « serait plus à charge à personne, qu'il brûlait « d'envie de voir son Dieu , et de mourir le « lendemain, qui était l'octave du prince des « apôtres et la fête de la translation de saint « Thomas de Cantorbéry , jour de consola- « tion pour lui. » Il parlait ainsi, parce qu'il mourait pour la primauté de saint Pierre, et que toute sa vie il avait eu une dévotion particulière à saint Thomas son patron. Etant monté sur l'échafaud , il chanta le psaume Miserere, et prit le peuple à témoin qu'il mourait dans la profession de la foi catholique, apostolique et romaine. L'auteur du Plutarque anglais, en mettant de côté les causes de la condamnation de Morus et de Socrate, les compare dans leurs derniers moments : « Le premier, dit-il, est plus « grand, puisqu'il dépendait de lui de con- « server ses jours, et que l'autre était forcé « de subir son arrêt. Socrate philosophait <v beaucoup dans sa prison, avant de pren- « dre et après avoir pris la ciguè; mais « Thomas Morus se montra plus grand phi- « losophe, en ce qu'il ne perdit pas un ins- « tant cette gaieté douce qui l'avait accom- « pagné toute sa vie. Les diverses anecdotes « de sa mort montrent jusqu'où peuvent al- « 1er la tranquillité et le courage qu'inspi- « rent la religion et l'aspect d'un avenir où « la justice de Dieu mettra tout à sa place. » Morus était d'un tempérament flegmatique; il avait l'air riant et l'abord facile. 11 vécut toujours avec beaucoup de frugalité. Son zèle pour la religion catholique était vif et sincèrej les luthériens ne purent sous son

ministère trouver aucun accès en Angleterre. On a de lui un livre plein d'idées singulières et inexécutables , intitulé Ulopw, Oxford, 1663, in-8°; Glascow, 1750, in-8°. Il a été traduit en français par Gueudeville, in- 12, Leyde , 1715, et" Amsterdam, 1730. En 1780 , il en parut une nouvelle traduction, biche et infidèle, avec quelques notes inutiles et fausses. Cet ouvrage contient le plan d'une républ.que à l'imitation de celle de Platon; mais il n'est pas écrit du style éloquent du philosophe grec. Il voudrait établir un partage absolument égal des biens et des maux entre tous les citoyens : idée chimérique, qui contrarie le plan de la nature et de la Providence. 11 prêche un amour de la paix et un mépris de l'or, qui exposerait à des guerres continuelles de la part d'un voisin puissant et ambitieux, etc. Il y a cependant de très-bonnes vues qui respirent la sagesse, la vertu et le zèle du bonheur public. L'Histoire de Richard III, roi d'Angleterre ; celle d'Edouard V ; une Version latine de trois dialogues de Lucien ; une Réponse très-vive à Luther; un dialogue intitulé : Quod mors pro fuie fugienda non sit ; des Lettres, des Épigrammes. Ces différents ouvrages sont en latin, et < nt été recueillis en 1506, in-fol., à Louvain. M. Cuyley a publié en anglais les Mémoires de Thomas Morus, avec une nouvelle tra iuction de YUtopia, Y Histoire de Richard III, et ses Poésies latines, Londres, 1808, 2 vol. in-4°. Le der-r nier descendant en ligue directe de Morus était le révérend Thomas More , décédé à Bath, en 1795; sa postérité existait encore en 1815, dans la personne de lady Ellenborough. M. Draparnaud a donné avec succès, en 1826, une tragédie dont Thomas Morus lui a fourni le sujet. — Thomas Morus, prêtre, son arrière— petit-fils , mort à Rome, en 1625, a donné la Vie de Thomas Morus en anglais, Londres, 1627, in-4°, ou 1726, in-89. Nous en avons une autre par Stapleton. Mn" la princesse deCraon a publié dans ces derniers temps un roman historique intitulé : Thomas Morus, lord chancelier d'Angleterre au xvie siècle, 2 vol. in-8°, 1833. — Sa fille, Marguerite Morus, professa hautement la foi orthodoxe en Angleterre, et n'oublia rien pour avoir la liberté de consoler son père dans sa prison. On dit que pour l'obtenir, elle fit tomber entre les mains du con-* cierge une lettre qu'elle feignit d'écrire à l'illustre captif pour lui per.-uader de consentir aux volontés du roi; mais, dès qu'elle fut dans la prison, elle lui conseilla de soutenir avec constance les intérêts de l'Eglise. Ce grand homme ayant eu la tète tranchée, elle la racheta de l'exécuteur de la justice, et la conserva précieusement. Cette fille respectable soulagea son infortune et sa douleur par les lumières de la religion et la culture des lettres. Elle possédait les langues et laissa divers ouvrages.

MORUS (Henri), né en 1614, à Grantham, dans le comté de Lincoln en Angleterre, passa sa vie studieuse à Cambridge, dans le collège de Christ, auquel il avait été agrégé.

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H refusa plusieurs bénéfices et môme des évéchés, et mourut en 1087. On a (Je lui divers écrits philosophiques et théologiques, Londres, 1675, in-fol.

MORDS (Alexandre) naquit a Ca«tres en 1616. Son père était Ecossais et principal du collège que les calvinistes avaient en cette ville. Le jeune Morus fut envoyé à Genève, où il remplit les chair s de grec, de théologie, et les fonctions de ministre. Sa passion pour les femmes et sa conduite peu nilière lui causèrent des disgrâces bien méritées. Saumaise lappela en Hollande, où il fut nomme rof sseur de théologie à Middelbourg, puis d'bistnire a Amsterdam. Il (it ensuite un voyage assez long en Italie. C'est durant ce voyage qu'il publia un b< au poème jgi.r la défaite de la tlotte turque par les Vénitiens. Cet o< vrage lui valut une chaîne d'or, dont la rép b ique de Venise lui tit présent. Ne se plaisant point en Hollande, il vint exercer le mini s ère à Charenton. Ses sermons attifèrent a l'ouïe, mous par leur éloquence que par les allusions satiriques et les bons mots dont il les semait. L'impétuosité de son imagination lui procura de nouvelles querelles, surtout avec Daillé. Cet homme singulier mourut à Paris, dans la maison de la duchesse de Kohan, en 1670, sans avoir été marié. On a de lui : (avers Traités de controverse; des Harangues et des Poèmes en latin; une réponse à Milton, intitulée : Alexanilri Mori fiées publica, in-8°. Milton l'a cruelleramt déchue dans ses écrits. Ce que l'on a imprimé des Sermons de Morus ne répond point à la réputation qu'il s'était acquise en ce genre.

MORV1LL1ERS (Jean de], né à Blois le 1" décembre 1507, du procureur du roi , fut d'abord lieutenant général de Bourges, doyen de la cathédrale de cette ville, puis conseiller au grand conseil, et en cette qualité l'un des juges du chancelier Poyi t en 15i2. Ses talents l'ayant fait connaître, il fut envoyé ambassadeur à Venise , et s'y conduisit en homme plein d'adresse, de bon sens et de probité. De retour en Fiance , il obtint l'évêché d'Orléans en 1552, et la p'ace de garde des sceaux en 1508. Ses talents éclatèrent au concile de Trente , où l'on admira également son esprit et son zèle. Cet illustre prélat se démit de son évêché en 157i, et mourut h Tours en 1577, à 70 ans. Les gens de lettre- de toutes le^ nations ont célébré sa mémoire comme celle de leur bienfaiteur. Morvilliers a laissé des Lettres et des Négociations, qui sont manuscrites à la bibliothèque du roi, et des Mémoires de son temps dont on conservait une copie dans le cabinet de M. Ouyot, à Dijon. {Voy. la Bibliothèque historique de France, n° 183'*.) MOSCHUS (Jean), surnommé Eucratès ,

Eieux solitaire et prêtre du monastère de aint-Théodose à Jérusalem , visita les monastères d'Orient et d'Egypte, et alla à Rome avec Sophrone son disciple. Il dédia à ce vertueux compagnon de ses voyages un ouvrage célèbre, écrit en grec, intitulé Léimon, c'est-à-dire le Pré spirituel. On y trouve

la vie, les actions, les sentences et les miracles des moines de différents pays. Le style en est simple el négligé. Il a été inséré dans les Vie» des Pères de Rosweydc. seule* ment en latin. Le Père Fronton du Duc l'a donné eu grec 1 an 102'i , mais avec des lacunes, qui ont été remplies par Cotelier dans ses Monuments de (Tu/lise grecque , tone 11. Arnauld d'Andi'ly en a donné une Traduction française, où sont omis plusieurs passages do l'original. Moschus mourut en 619, selon la plus commune opinion; d'autres disent en 6-10. MOSER V:\ \\( .( is-Josi-:i n ;, célèbre prédicateur, professeur à l'université catholique de Strasbourg, né le 25 juillet 1151, à Saverne , termina ses étude-* au collège royal de Strasbourg, où il tit son cours de physique sous la direction de M. l'abbé Beck, qui, nommé plus tard à la place de bibliothécaire, de conseiller privé et de confesseur du prince électeur archevêque de Trêves, joua un grand rôle dans les troubles qui agitèrent les Eglises d'Allemagne, immédiatement avant la révolution française. Après qu'il eut ensuite achevé son cours de théologie en 1772, on l'envoya au collège deMolsheim pour y professer la classe de troisième; c'est là qu'il débuta dans la carrière de l'éloquence sacrée. Quoiqu'il ne fût encore que sousdiacre, son évèque lui permit de prêcher dans l'église du collège, et ses succès surpassèrent toute attente. Ordonné p: être en 1776, il fut nommé aussitôt prédicateur à la cathédrale de Strasbourg, où il opéra de nombreuses conversions parmi les protestants ; des juifs abjurèrent aussi entre ses mains pour entrer dans le sein de l'Eglise catholique. L'abbé Gas ar Sœttler, qui professait la théologie morale à l'université de Strasbourg, a\ant laissé par sa mort sa chaire vacante, Moser fut nommé pour le remplacer; mais il ne conserva pas longtemps cet emploi. Dans un voyage qu'il lit à Saverne pour y assister sa famille durant une cruelle épidémie, ses fatigues et sa piété filiale lui donnèrent le germe d'une maladie. Il revint à Strasbourg, et se rétablit momentanément. Son ardeur pour l'étude occasionna bientôt une rechute, et il succomba le 6 mars 1780, âgé de 28 ans et sept mois. Quoique Moser soit mort bien jeune, il a laissé la réputation d'un des premiers orateurs sacrés de l'Allemagne catholique. On admire surtout dans ses Sermons l'oidre et la clarté des développements, le feu et l'onction du style. La collection la plus comi, lète est celle qui a paru à Francfort-sur-le-Mein, en 5 vol. in-8", 1831. 1832, 1833, 183i. Outre cette collection, Moser laissa un grand nombre de manuscrits dont la perte ne saurait être assez regrettée. MOSKS MENDELSSOHN, juif célèbre, né à Dessau le 6 septembre 1729, mort à Berlin le 4 janvier 1786, surmonta tous les obstacles que lui présentaient sa religion et son état d'indigence, pour parvenir à la réputation d'un savant distingué. Son père était écrivain public, et tenait une école primaire. Le besoin contraignit Mendelssohn à se rendre à Berlin (17i2), où il vécut presque d'aumô-

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