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nés que lui faisaient ses coreligionnaires. Frédéric II, voulant favoriser les manufactures, accorda quelques privilèges aux Juifs, et Mendelssohn obtint un emoloi de mille francs. Son ouvrage, intitulé Phédon, ou Dialogues sur i 'immortalité de rame, a eu un grand nombre d'éditions en Allemagne, et il est traduit dans presque toutes les langues. Longtemps avant de donner cet ouvrage, ii en avait publié d'autres qui ne méritent pas moins d'être connus ; nous en indiquerons quelq les-uns : ils sont tous écrits en allemand : Lettres sur le sentiment, «Ber'in, 1755, in-8°; Dialogues philosophiques; Traduction du discours de Rousseau sur l'inégalité des conditions, avec des remarques importantes, Berlin, 175G; (avec Lessingl Pope métaphysicien, 1755; Ecrits philosophiques, Berlin, 2 vol. 1761 ; Traité sur l'évidence dans les sciences métaphysiques, qui fut publié en 1764. Phédon ne parut que trois ans après, en 1767; et, dès 1769, on en donna une seconde édition. 11 a publ é en outre on grand nombre d'écrits théologiques, où l'on doit bien s'attendre que tout n'est pas exact. Il a toujours vécu très-attaché à sa reï gion, dont il a pris plus d'une fois la défense, et a soutenu néanmoins des opinions qui ne s'accordent guère plus avec le judaïsme qu'avec la doctrine chrétienne, comme lorsqu'il refuse aux miracles la force de convaincre, sous prétexte qu'il y a eu des imposteurs. Ses qualités personnelles lui ont attiré l'estime et- la considération, non-seulement de ceux de sa religion et de la ville de Berlin, rmus encore de tous ceux dont il était connu. Lejour de sa mort, tous les Juifs de cette capitale fermèrent leurs boutiques et leurs magasins en signe de deuil, coutume qu'ils n'observent qu'après la mort de leur premi'T rabbin. Voy., pour plus de détails, Berlinische Monaischrift, 1788, mars, p. 204-216. On a la Vie de Mendelssohn, en hébreu, par IsaacEuchel, Berlin, 1788, in-8°; et M. Cottarl, recteur de l'académie de Strasbourg, a fait son Histoire dans un petit ouvrage destiné aux écoles des Israélites, Strasbourg, 1832, in-12.
MOSÈS MICOSTI, célèbre rabbin espagnol du xive siècle, est un de ceux qui ont écrit le plus ju licieusement sur les commandements de la loi judaïque. Ou a de lui un savant ouvrage intitulé : Sepher Mitsevoth gadol, c'est-à-dire le grand livre des préceptes, Venise, 174-7, in-fol.
MOSHEiM (Jean-Laurent), littérateur, théologien et prédicateur allemand, né à Lubeck le 9 octobre 1694, fut d'abord professeur de théologie à Helmstadt, de 172'î à 174-7. Comblé de toutes les dignités qu'il fut au pouvoir du duc de Brunswick-VVolf nbuttel de lui conférer, membre du conseil chargé de la direction suprême de l'E dise et de l'instruction publique, abbé de Marienthal et de Miehaëlstein, inspecteur général de toutes jes écoles du duclié de Wolfenbuttel et de la principauté de Blanckenbourg, il reçut encore des souverains étrangers et de diverses sociétés savantes des marques de
la plus haute considération. En 1747, il fut nommé professeur de théologie à Gottingue* avec le titre de chancelier de l'université. Il mourut, épuisé de travail, l'an 1755. La liste complète de ses écrits en renferme 161. Nous citerons : de savantes Notes sur Cudworlh ; me Histoire ecclésiastique, Helmstadt, 1764, in 4°, sous le titre d'Institvtionun historiée ecclesiasticœ, traduite en français en 6 vol. in-8% remplie de préjugés de secte , et d'une critique peu exacte. Voy. saint Maurice. C'est un vrai travestissement de l'histoire de l'Eglise. La plupart de ses calomnies contre les catholiques sont solidement réfutées dans la partie théologique de l'Encyclopédie méthodique que l'auteur a fut imprimer séparément sous le titre de D'ction'naire théologique ; des Sermons en allemand, qui l'ont fait nommer par les protestants le Bourdaloue de l'Allemagne ; dénomination qui ne peut se justifier qu'aux dépens de ^a gloire ora'oire de cette nation, et qui est d'ailleurs réfutée par la réputation plus brillante et plus méri ée de plusieurs orateurs allemands. Dissertationes sacrœ, Leipzig, 173:3 , in-4° ; Historia Michaelis Sert'c*f,'Helnasta t, 1728, in-4°.
MOSSI (Vincent-Marie), archevêque de Sida in partibus, né à Casai I" 25 avril 1752, d'une des plus anciennes familles de Lombardie,' prit ses degrés en droit et en théologie à l'université de Turin, et fut nommé, en 1777, aumônier du roi Victor-Amédée 111. Il fut successivement vicaire général de la cour et abbé de Sainte-Marie de Vezzolan, directe r du collège des nobles, évoque d'Alexandrie en 1796. En 1835, ce siège fut réuni à celui de Casai, et Mossi reçut alors du saintsiége le titre d'archevêque in partibus de Sida. Après les événemen's de 1814, Mossi, qui avait jusqu'alors vécu dans la retraite, se fixa à Turin, et sa maison devint le rendez* vous de ce que les sciences et les arts possédaient de plus illustre. Il mourut dans cette ville le 31 juillet 1829, laissant, indépendamment de plusieurs mandements, instructions pastorales et sermons, un traité intitulé :Sulla verità e divinità délia religione cristiana, Turin, 1823, in-8°. Ce prélat avait formé une riche collection de tableaux qu'd légua à l'académie des beaux-arts de Turin.
MOTHE-LE-VAYFR (François de La), écrivain érudit et philosophe, né à Paris en 1588, se consacra a la robe, et fut pendant longtemps substitut du procureur générai du parlement, change dont il avait hérité de son père. Il s'en défit ensuite, pour ne plus s'occuper que de ses livres. Lorsque Louis XIV fut en âge d'avoir un précepteur, on je!a les yeux sur La Mothe; mais la reine ne voulant pas d'un homme marié, il exe;ça cet emploi aupiès du duc d'Orléans, frère unique du roi. La reine, instruite du progrès du second de ses fils, chargea La Mothe de terminer l'éducation du roi. L'académie française ouvrit ses portes à La Mothele-Vayer en 163J, et le perdit en 1672, à 84 ans. Comme il avait plus de mémoire que de jugement, la contrariété des opinions des
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peuples divers qu'il étudia, le jeta dans lo ryrrbonisme : mais s'il l'ut sceptique comme
3a yle, il ne sema pas comme lui ses écrits de maximes pernicieuses, qui, en séduisant l'esprit* corrompent le cœur. Il semble m fane dans plusieurs endroits borner son scepticisme aux sciences humaines, et respecter sincèrement la religion. « Comme, humaine- « ment parlant, dit-il, tout est problématique « dans les sciences, et dans la physique « principalement, tout doit y être exposé aux « doutes de la philosophie sceptique, n'y « avant (pie la véritable science du ciel qui « nous est venue par la révélation divine, « qui [misse donner à nos esprits un solide « contentement avec une satisfaction en- « tière. » On a recueilli ses ouvrages en 1662, 2. vol. in-fol.; en 168i, 15 vol. in-12; et à Dresde, 1756-1759, H vol. in-8°. Cette édition est la meilleure et la plus complète de toutes. Son style est clair, mais diffus et chargé de citations. Il perd souvent son objet de vue , et s'égare dans des digressions inutiles. Son Traité de la vertu des païens a été réfuté par le docteur Arnauld, dans son ouvrage de la Nécessité de la foi en Jésus- Christ. Parmi les OEuvrcs de La Mothe, on ne trouve ni les Dialogues faits à limitation des anciens, sous le nom d'Orasius Tubero, imprimés à Francfort, en 1606, 2 tomes ordinairement en 1 vol. in-i°, et 1716, 2vol. in- 12; ni Y H examer on rustique, in-12. Ces deux ouvrages sont de lui, et on les recherche, surtout le premier. Voltaire et quelques autres écrivains se sont souvent parés des dépouilles de cet auteur. La traduction de Florus qu'on a sous le nom de La Mothe-le- Vayer, est d'un de ses fils, ami de Boileau, mort en 106i, à 35 ans. On a donné, en 1763, in-12, YEsprit de La Motke-le-Vayer ( par Montlinot), où l'on a fait entrer tout ce que cet auteur a dit de mieux dans ses différents ouvrages. Allelz a aussi donné un Recueil sous le môme titre, Paris, 1783, in-12. La Mothe-le-Vayer avait imité la manière de Pluturque; mais le philosophe grec avait un style bien plus agréable. Il faut ajouter aux ouvrages de La Mothe : Jugement sur les anciens et principaux historiens grecs et latins, 164-6, in-8"; la Géographie, la Rhétorique, la Morale, Y Economique, la Politique, la Logique, la Physique du prince : ces différents traités pour servira l'éducaiion du dauphin furent publiés de 1651 à 1656, in-8°, et Scipion Alerani les traduisit en italien, Venise, 168i-, in-16; En quoi la piété des Français diffère de celle des Espagnols, opuscule écrit par ordre du gouvernement, à une époque où la cour de Madrid était irritée de ce que la France faisait cause commune avec l'Angleterre contre l'Espagne; etc.
MOUCHON ( Pierre), prédicateur protestant, né l'an 1733, ù Genève, d'un père horloger, fut ministre de l'église française à Bâle, puis à Genève, où il mourut en 1797. On a de lui : une Table analytique et raisonnée des matières contenues dans l'Encyclopédie, Pans, 1780, 2 vol. in-fol. ; des Sermons, qui furent publiés après sa mort, Genève, 1798,
2 vol. in-8", et qui sont estimés de ses core~ ligionnaires. Mouchon était lié avec J.-J. Rousseau. .
MOUCHY ou MONCHY ( Antoine de ), natif de Ressons dans le diocèse de Beauvais, docteur delà maison et société de Sorbonne, plus connu sous le nom de Démochares, se distingua par son zèle contre les calvinistes. Nommé inquisiteur de la foi en France, il rechercha les hérétiques avec une vivacité et une vigilance extrêmes. C'est de son nom qu'on a appelé mouches ou mouchards, ceux qu'il employait pour découvrir les sectaires, et ce nom est resté aux espions de la police. D'autres croient que cette dénomination est plus ancienne, et qu'elle vient tout simplement de ce que, semblables à des mouches, ces agents secrets s'insinuent partout, et vexent tout le monde. Le zèle de Mouchy ne produisit qu'un petit nombre de conversions, et ne put empèober que la France ne devînt la victime de la nouvelle se-le, qui déchira son sein pendant plus d'un siècle, et qui depuis encore s'est reproduite sous toutes sortes de formes. Ce docteur devint chanoine et pénitencier de Noyon, fut l'un des juges d'Anne du Bourg, et parut avec éclat au colloque de Poissy, au concile de Trente et à celui de Reims en 156V. Il mourut à Paris, sénieur de Sorbonne, en 1574, à 80 ans. On a de lui : la Harangue qu'il prononça au concile de Trente : un Traité du sacrifice de la messe, en latin, in-8", et un grand nombre d'autres ouvrages.
MOULIN ( Charles du ) vit le jour à Paris en 1500, d'une famille noble et ancienne : elle était originaire de Brie, et, selon Papire Masson, elle tenait à Elisabeth, reine d'Angleterre, du côté de Thomas de Boulen, vicomte de Rochefort, aïeul maternel de cette princesse. Le jeune du Moulin fit paraître, dès son enfance, des dispositions extraordinaires pour les belles-lettres et pour les sciences, et pour l'étude une inclination qui tenait de la passion. Reçu avocat au parlement de Paris, en 1522, il plaida pendant quelques années au Chàtelet et au parlement. Mais une difticulté de langue l'ayant dégoûté du barreau, il s'appliqua à la composition des ouvrages qui ont rendu sa mémoire célèbre. Il publia, en 1539, son Commentaire sur les matières féodales de la Coutume de Paris. Dans l'enthousiasme que produisit cet ouvrage, le parlement lui offrit une place de conseiller, qu'il refusa pour donner plus de temps à ses études et à la composition de sçs livres. En 1551 parurent ses Observations sur l'édil du roi Henri II, contre les petites dates; livre qui déplut beaucoup à la cour de Rome. On sent bien que l'auteur, infecté des nouvelles erreurs, ne la ménagea pas. Le peuple de Paris, informé de son attachement au parti huguenot, pilla sa maison en 1552; se voyant en danger d'être maltraité, il passa à Bade, s'arrêta quelque temps à Tubingen, et alla à Strasbourg, à Dole et à Besançon, travaillant toujours à. ses ouvrages, et enseignant le droit avec une réputation extraordinaire partout où il faisait quelque séjour. En 1556,
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Georges, comte de Montbéliard, le retint prisonnier pour n'avoir fias voulu se charger d'une certaine cause ; mais Louise de Beldon, sa femme, accourut à son secours, et témoigna tant de courage, que le comte fut obligé de céder. De retour à Paris, en 1557, il en sortit encore en 1562, pendant les guerres de religion. Il se retira nour lors à Orléans, et revint à Paris en 1564. Trois de ses Consultations, dont la dernière regardait le concile de Trente, lui suscitèrent de nouvelles aifaires. Il fut mis en prison à la Conciergerie; mais il en sortit peu do temps après, à la sollicitation de Jeanne d'Albret, et en vertu des lettres patentes du 21 juin 1564, qui suspendaient les poursuites du parlement, « fai- « sant néanmoins expresses inhibitions et déni fense à du Moulin, et sur peine de la vie, « qu'il n'eût plus à exposer, ni faire impri- « mer aucunsbvresqui appartiennent à l'éfat, '< ou qui dépendent de la théologie, et cônes: cernent les autorités des conciles et du « saint-siége apostolique. » Il était si avare de ses moments, que, quoique ce fût alors liusage de porter la barbe, il se la fit couper, pour ne pas perdre de temps à la peigner. On le regardait comme la lumière delà jurisprudence, et comme l'oracle des Français. On citait son nom avec ceux des Papinîen, des Ulpien, et des autres grands jurisconsultes de Rome. Sur la tin de sa vie, il abandonna entièrement le parti de la doctrine des protestants, et mourut à Paris, avec de grands sentiments de soumission à l'Eglise catholique, en 1566, à 66 ans. Charles du Moulin était certainement un homme d'un très-grand mérite, mais il était trop plein de lui-même, et ne faisait pas assez de cas des autres. Que peut-on penser d'un homme qui s'appelait le Docteur de la France et de l'Allemagne, et qui mettait à la tête de ses consultations : « Moi, « qui ne cède à personne, et à qui personne « ne peut rien apprendre ! » Ses œuvres ont été recueillies en 1681, 5 vol. in-fol. On les regarde avec raison comme une des meilleures collections que la France ait produites en matière de jurisprudence. On reproche néanmoins avec raison à ce jurisconsulte d'avoir eu sur l'usure et sur quelques autres points importants des opinions qui ne sont pas conformes à la saine théologie. Sa Consultation sur le concile de Trente est jointe ordinairement à la Réponse qu'y fit Pierre Grégoire [voy. ce nom ); cette Réponse est fort recherchée. Plusieurs de ses opinions sur l'Ecriture sainte ont été vivement réfutées par Gérard Mercator, dans son Harmonia evangelistarum. Gabriel du Pineau, plus savant que lui dans le droit canon, et beaucoup plus modeste, a solidement réfuté plusieurs de ses erreurs, dans des notes latines pleines d'érudition et d'un sens droit. On peut voir aussi, in Molinœum pro pontifice maximo, etc., auctore Edmundo Rufo, jurium doctore, Paris, 1553. Il est faux, comme l'ont dit quelques lexicographes, que toute sa famille périt au massacre de la Saint-Barthélemi. Après la mort de son fils Charles, qui mourut d'hydropisie en février 1570, il ne restait p*us des
trois enfants de ce jurisconsulte, qu'Anne du Moulin, mariée à Simon Robe, avocat au parlement de Paris. Elle fut assassinée avec toute sa famille en l'absence de son mari, le 19 février 15/2, par des voleurs qu'on ne put jamais découvrir, et par conséquent six mois avant la Saint-Barthélemi. Du Moulin avait épousé en secondes noces, en 1558, Jeanne du Vivier, en qui il eut le bonheur de rencontrer une femme aussi estimable que Louise de Beldon, qu'il avait perdue en 1556. Voi/. la Vie de Charles du Moulin, par Julien Brodeau, p. 205-214; et Elog. Molincei, par Papire Masson, p. 250 sqq.
MOULIN (Pierre du), théologien de la religion prétendue réformée, naquit le 18 octobre 1568, au chAteau de Buhi, dans le Vexin, où son père, persécuté pour ses opinions religieuses, avait trouvé un asile près de Duplessis-Mornay. Pierre, après avoir enseigné la philosophie à Leyde, fut ministre à Charenton. Il entra, en cette qualité, auprès de Catherine de Bourbon, princesse de Navarre, sœur du roi Henri IV, mariée, en 1599, avec Henri de Lorraine, duc de Bar. Il passa, l'an 1615, en Angleterre, à la sollicitation du roi de la Grande-Bretagne, et il y dressa un plan de réunion des Eglises protestantes. De retour en France, il se livra à cet esprit inquiet et tracassier qui, de l'aveu de l'amiral Coligni, faisait le caractère duhuguenotisme. Craignant avec raison que le roi ne le fit arrêter, il se retira à Sedan, où le duc de Bouillon le fit professeur en théologie, ministre ordinaire, et l'employa dans les affaires de son parti. Il y mourut en 1658, âgé de près de 90 ans, avec la réputation d'un mauvais plaisant, d'un satirique sans goût, et d'un théologien emporté. Son caractère se fait sentir dans ses ouvrages que personne ne lit plus. Les principaux sont : YÀnatomie de Varminianisme, en latin, Leyde, 1619, in-fol.; un Traité de la pénitence et des clefs de V Eglise; Le Capucin, ou l'Histoire de ces moines, Sedan, 16il,in-12, satire peu commune; Nouveauté du papisme, 1633, in-4°: ouvrage plein de railleries indécentes, de déclamations puériles et d'impostures grossières; Le Combat chrétien, in-8°; De Monarchia pontifiais romani, Londres, 1614-, in-8°; Le Bouclier de la foi, ou Défense des Eglises réformées, 1649, in-8",contreloP. Arnoux, jésuite; et un autre livre contre le môme jésuite, intitulé : Fuites et évasions du sieur Arnoux ; Du juge des controverses et des traditions, in-8°; Anatomie de la messe, Sedan, 1636, in-12 : il y en a une seconde partie, imprimée à Genève en 1640, Cette anatomie est moins rare qu'une autre Anatomie de la messe, dont l'original est italien, 1552, in-12. Il fut traduit en français, et imprimé avec une Epître dédicatoirê au marquis de! Vico, datée de Genève, 1555. Dans la préface du traducteur, l'auteur italien est appelé Antoine d'Adam. Dans la traduction latine de 1561, 172 p. in-8°, etl9pag. d'errata et de table, l'auteur y est appelé Anlonius ab Aedam. Suivant Gesner, c'est un Augustin MainarJ; mais Jean Le Fèvre de Moulins, docteur en théologie de Paris, qui
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en a publié une réfutation on 1563 , l'attribue ;i Théodore de Bèze. L'édition française a été réimprimée en 1562, in-10, | ar Jean Martin, sans ; om de lieu.
MOULIN | Pierre du), Bis aîné du précédent, hérita «les talents et de l'impétuosité de génie de son prie. Il fut chapelain de Charles il, roi d'Angleterre, et chano ue de Cantorbéry, où il mourut en KiSV, à HV ans. On a de Lui un livre intitulé : La Paix de l'âme, qui est fort estimé des protestants, et dont la meilleure édition est celle de Genève en 1729, in-12; Clamor regii sanguin/s, que Milton attribuait mal a propos à Alexandre Morus : ouvrage l'ail à l'occasion de la fin tragique de Charles Ier; une Défense de la religion protestante, en anglais. — Louis et Cyrus du Moulin, frères de ce dernier (le premier médecin, et l'autre ministre d 's calvinistes), sont aussi auteurs de plusieurs ouvrages qui ne respirent que l'enthousiasme et le fanatisme. Louis fut un des plus violents ennemis du gouvernement ecclésiastique anglican, qu'il attaqua et outragea dans sa Parœncsis ad crdificatorcs- impem , in-i°, dédiée à Olivier Cromwell; dans son Papa ullrajectinus ; et dans son livre intitule : Patron-us bonœ fidei. Il mourut en 1080, à 77 ans.
MOULINET (Claude du). Voy. Molinkt.
MOULINS (Guyart des), prêtre et chanoine d'Aire en Artois, devint doyen de son chapitre en 1297, et mourut peu de temps après. Il est connu par sa Traduction de l'Abrégé de la Bible du Père Comestor, sous le titre de Livres de la Bible historiaulx. 11 la commença en 1291, à l'âge de 40 ans, et l'eut finie au bout de quatre. 11 y a inséré les livres moraux et prophétiques; mais on n'y trouve pas les Epitres canoniques, ni l'Apocalypse. On conservait dans la bibliothèque de Sorbonne un manuscrit de cette traduction.
Guyart des Moulins s'en dit auteur dans la préface; ce qui fait présumer que ceux qui l'ont attribuée à Nicolas Oresme se sont trompés. 11 y a des choses singulières dans cette version, qvii fut imprimée à Paris, chez Vérard, in-fol., 2 vol., 1490.
MOURGUES (Matthieu de), sieur de Saint- Germain, ex-jésuite, natif du Vélay, devint prédicateur ordinaire de Louis X1ÎI, et aumônier de Marie de Médicis. Le cardinal de Richelieu se servit d'abord de î>a plume pour terrasser ses ennemis et ceux de la reine ; mais s'étant brouillé avec cotte princesse, il priva Saint-Germain, qui lui était resté fidèle, de l'évèché de Toulon, et l'obligea d'aller joindre la reine-mère à Bruxelles. Après la mort de ce ministre, il revint à Paris, et m urut dans la maison des incurables en 1670, à 88 ans. On a de lui : La Défense de la reinemère, en 2 vol. in fol. « L'abbé de Mourgues, « ditLenglet du Fresnoy, est louable d'avoir « si constamment suivi et si vigoureusement « défendu cette reine infortunée. Ses défenses « sont très-curieuses, et estimées pour savoir « à fond l'histoire de ces temps. M. Patin a « remarqua que l'abbé de Muurgucs avait « fait une tistoire du siècle où il y avait bien
« du curieux ; mais ce livre, qui devait èlro x imprimé après la mort de son auteur, ne « la point été du tout. Il y révélait peut-être « trop de secrets. » Des ouvrages rie contro-verse : Bruni Spongia, contre Antoine Le Brun; Avis d'un théologien sans passions, 1616, in- *. etc.; des Sermons, 1665, in-V°.
MOURGUES (Michel), jésuite d'Auvergne, né xrvs 1642, enseigna avec distinction la rhétorique et les mathématiques à Toulouse, ei mourut en 1713, à 70 ans. 11 joignait à une politesse aimable un savoir profond, et il fut généralement estimé pour sa droiture, sa probité et ses ouvrages. Les principaux sont : Plan t'téologigitr du pgthagorisme, et des autres sectes savantes de la Grèce, pour servir d'éclaircissement aux ouvrages des Pères contre 1rs païens, 171 !, 2 vol. in-8", plein d'érudition; Parallèle de la morale chrétienne avec celle des anciens philosophes, Bouillon, 17G9 , in-12. L'auteur y fait voir la supériorité des leçons de la sagesse évangélique sur celles de la sagesse paï nne, et l'ineptie de ceux qui ont voulu établir un parallèle entre les deux morals : but que in lord Jenyns , dans son Examen de l'évidence du christianisme, a atteint d'une manière plus directe et plus s mple, en montrant que les pécheurs publics sont plus près du royaume de Dieu que les hommes v rlueux par orgueil ou avec orgueil. On voit à la suite de cet ouvrage : Paraphrase chrétienne du manuel d'Epictète. Cette paraphrase est très-ancienne; elle a été composée par un solitaire de l'Orient, en langue grecque. Elle était restée inconnue jusqu'au commencement du xviii' siècle, que le hasard l'ayant fait tomber entre les mains du Père Mourgues, il prit le parti de la traduire. Un Traité de la poésie française, in-12, le plus compl t qu'il y eût eu jusqu'alors, mais qui a été écl psé depuis par celui de M. l'abbé Joannet; Nouveaux éléments de géométrie, par des méthodes particulières, en moins de 59 propositions, in-12; Traduction de la Thérapeutique de Théodoret; Recueil de bons mots en vers français, fait avec assez de choix.
MOUTON (JEiN-BAPTiSTE-SiLVAi*), prêtre, né vers 1740 à la Charité-sur-Loire, fut élevé au séminaire d'Auxerre, sous M. deCaylus, et y puisa les principes de Port-Royal. Après y avoir achevé ses études et pris les ordres, il pas .-a en Hollande, et s'y fixa près del'abbédu Pac deBellegarde. Attaché au parti janséniste, il voyagea en Italie et en France pour le soutien tle cette cause. Lorsque l'abbé Guenin, en 1793, cessa de travailler aux Nouvelles ecclésiastiques, qui s'imprimaient a ors à Paris, Mouton les continua à Utrecht, sous le même format et dans le même esprit: seulement elles ne parurent plus que tous les quinze jours. Voy. Guexin. L'abbe Mouton mourut le 13 juin 1803, et avec lui tinirent les Nouvelles ecclésiastiques. 11 les rédigeait pendant les longues souffrances et la capthité de Pie VI. Quelques personnes ont remarqué qu'à peine a-t-il parlé deux ou trois fois de ce vénérable et infortuné pontife, et qu'il ne lui était pas échappé le moindre signe de
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