MUL
ginibus, ad S: D. N. Gregorwm XIII, P. M. Libellas, Rome, 1573, in-4°.
MUGNOZ, en espagnol MUNOZ ( Gilles
de), docteur en droit canon, et chanoine de Barcelone, succéda à l'antipape Benoît XIII, en 1424-, élu par les deux seuls cardinaux qui reconnaissaient ce fantôme de pontife, et se fit nommer Clément VIII ; mais il se soumit volontiers, en 1429, au pape Martin Y. Ce pontife, entre les mains duquel il abdiqua sa dignité, lui donna en dédommagement i'évêché de Majorque. Cette abdication de mugnoz mit fin au grand schisme d'Occident, qui, depuis que Clément VII fut élu à Fondi en 1378, avait si cruellement ravagé l'Eglise pendant 51 ans.
MUGNOZ. Voy. Munoz.
MU1S (Siméon Makotte de ), né à Orléans en 1587, professeur d'hébreu au collège royal à Paris pendant 30 ans, connaissait parfaitement les langues orientales. 11 mourut en 1644, chanoine et archidiacre de Soissons, avec la réputation d'un des plus célèbres interprètes de l'Ecriture. On a de lui un Commentaire sur les Psaumes, en latin, Paris, 1650, in-fol.; il est littéral et historique. C'est un des meilleurs que nous ayons sur ce livre de la Bible. M. Paquot en a donné une édition fort exacte, Louvain, 1770, 2 vol. in- 4°. Il y a trois versions latines des Psaumes : celle de saint Jérôme, la Vulgate telle qu'elle se trouve dans nos Bibles, et la Vulgate réformée sur le texte hébreu, avec les Scolies de Bossuet. Tout cela est si bien arrangé, qu'il n'y a point de confusion malgré la diversité des objets. On trouve dans ce môme volume ses Varia sacra : l'auteur y explique les passages les plus difficiles de l'Ancien Testament, depuis la Genèse jusqu'au livre des juges. Sa uispute avec le P. Morin, oratorien, contre lequel il a fait des elforts assez inutiles et peu heureux pour établir l'authenticité du texte hébreu, l'empêcha de continuer son travail sur tous les livres de l'Ecriture sainte. Son style est pur, net, facile.
MULLER (Jean), nommé aussi KOENIG- SBERG ou Regiomontanus, et, comme portent ses écrits, Joannes Germanus de Regiomonte, célèbre mathématicien né en 14-36, à Untind près de Kœnigsberg, dans le duché de Saxe- Hildburghausen, dépendant de la Franconie, étuuia les mathématiques et l'astronomie sous Purbach, devint bientôt l'associé de son maître, et enseigna a Vienne avec réputation. Appelé à Ruine par le cardinal Bessarion et par le désir d'apprendre la langue grecque, il s'y fit des admirateurs et quelques ennemis. APadoue on lui demanda un cours d'astronomie, qui attira un grand concours d'auditeurs (14-63]. Mathias Corvm, roi de Hongrie, l'appela à Bude pour examiner les manuscrits grecs enlevés à la prise de Constantinople et d'Athènes. Les troubles de Hongrie le déterminèrent à se rendre à Nuremberg, où il fonda une imprimerie d'où sont sortis un assez grand nombre d'ouvrages scientifiques doni Weidler donnelaliste. 11 fut élevé à l'évèché de Ratisbonne par Sixte IV', qui le fit venir de nouveau à Rome
pour y travailler à la réforme du Calendrier. Voy. Grégoike XIII. On croit qu'il y mourut en 14-76, à 41 ans. Muller avait relevé plusieurs fautes dans les traductions latines de Georges de Trébizonde. Les fils de ce traducteur l'assassinèrent, dit-on, dans ce second voyage, pour venger l'honneur de leur père; d'autres assurent qu'il mourut de la peste. Quoi qu'il en soit, il se lit un grand nom en publiant l'Abrégé de YAlmageste de Ptolémée, que Turhach avait commencé, et par un Calendrier ou des Ephémérides qu'il donna pour trente années. Ce livre se répandit dans presque toute l'Europe, malgré le prix élevé de chaque exemplaire qui était de 12 écus d'or, et le roi Mathias fit compter à Muller pour cet ouvrage 800 écus d'or ( d'autres disent 1200). On regarde Muller comme le premier qui ait observé le cours des comètes d'une manière astronomique : il fit sur celle de 14-72 des observations qui décèlent un esprit juste et appliqué. Il n'est point l'auteur de la Chiromance et physionomie, publiée sous son nom en latin, et traduite en français, Lyon, 1549, in-8° ; mais on a de lui plusieurs autres ouvrages, Venise, 1498, in-8°, dont Gassendi faisait beaucoup de cas. Ce philosophe a écrit sa Vie. Il est regardé comme l'inventeur du calcul décimal. On lui attribue une prophétie qui, dans ces dernières années, a fait beaucoup de bruit. On prétend l'avoir trouvée dans son tombeau à Liska en Hongrie, conçue en ces quatre distiques :
Post mille exp\etos a partu Virginis annos,
El seplingentos rursus ab orbedaios, Oclogesimus oclavus mirabilis aimus
Ingruet, etsecum trisiia la ta leret.
Si non hoc anno lolus malus occiclel orbis,
Si non in niliilum tt-rra in tunique met, Cuncta taiiien mundi sursum ibunt atque deorsum
Jmperia, et luelus undique grandis erit.
On a beaucoup disputé sur cette prophétie, qu'on avait déjà taché, en changeant quelques mots, d'appliquer à l'an 88 des siècles précédents {voy. le Journ. hist et litt., 15 oct. 1787, p. 283); mais l'an 88 de celui-ci étant vraiment l'époque où de grands événements se sont développés, et où la France en particulier préparait les causes qui ont produit, l'antiée suivante, l'affreuse révolution, où le malus orbis enfin s'est montré partout ; on crut voir dans les rapports de l'annonce avec les fa.ts une justesse remarquable, sans croire néanmoins que l'astronomie ou Tas-
sa prédiction a été trouvé en Hongrie, il n'est donc pas mort à Rome, comme on le croit communément. 11 est vrai, comme nous venons de le dire, qu'on ne sait rien de précis sur le lieu, le genre et la date de sa mort.
MULLER (André), né vers 1630, à Greiffenhagen dans la Poméranie, se rendit habile dans les langues orientales et dans la littérature chinoise. Walton l'appela en Angleterre pour travailler à sa Polyglotte. Muller s'y trouvait lors de la mort de Cromwell et de
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