‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 33 sur 323 · ET · texte numérisé non relu

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mosus, pro vitœ merito ad apostolicam sedem provectus est. Voy. Formose, Auxilius.

ETIENNE VII, successeur de Léon VI, mourut en 931, après 2 ans de pontificat.

ETIENNE VIII, Allemand, parent de l'empereur Otlion, fut élevé sur le saint-siége après Léon VII, en 939. Les Romains, alors aussi séditieux que barbares, conçurent contre lui tant d'aversion, qu'ils eurent dit-on, la cruauté de lui découper le visage. 11 en fut si défiguré, qu'il n'osait plus paraître en public. Il mourut en 942.

ETIENNE IX, était frère de Godefroi le Barbu, duc de la Basse-Lorraine. 11 se fit religieux au Mont-Cassin, en devint abbé, et fut élu pape le 2 août 1057, après la mort de Victor IL II commença son pontificat par tenir plusieurs conciles°, pour remédierprincipalement à la vie déréglée des clercs. Il rechercha tous ceux qui avaient transgressé les lois de la continence. Ceux même qui renvoyèrent leurs concubines et embrassèrent la pénitence, furent exclus du sanctuaire pour un temps, et privés pour toujours du pouvoir de célébrer les saints mystères. Ce pontife mourut à Florence, en odeur de sainteté, le 29 mars 1058.

ETIENNE DE MURET (saint), fils du comte de Thiers en Auvergne, suivit son père en Italie, où des ermites calabrais lui inspirèrent du goût pour la vie cénobitique. De retour en France, il se retira sur la montagne de Muret dans le Limousin, et vécut 50 ans dans ce désert , entièrement consacré à la mortification, au jeûne et à la prière. En 1073, il obtint une bulle de Grégoire VII, pour la fondation d'un nouvel ordre monastique, suivant la règle de Saint-Benoit. La réputation de sa vertu lui attira une foule de disciples et des visites honorables. Sur la fin de ses jours, deux cardinaux vinrent le voir dans son ermitage. Ils demandèrent au saint homme, s'il était chanoine, ou moine, ou ermite ? Etienne leur répondit : « Nous « sommes des pécheurs, conduits dans ce « désert par la miséricorde divine pour y « faire pénitence. » Ce n'était pas répondre trop nettement à la question des cardinaux; et on a été assez embarrassé, long-temps après, à déterminer à quel ordre sa famille appartenait. Etienne l'édifia jusqu'à sa mort, arrivée, en 112k, à 78 ans. Ses enfants inquiétés après la mort de leur père par les moines d'Ambazar, qui prétendaient que Muret leur appartenait , emportèrent le corps de leur fondateur qui était leur seul bien, et le transportèrent à un lieu nommé Grand-Mont, dont l'ordre a pris le nom. Les Annales de cet ordre furent imprimées à Troyes, en 1662. Il a été supprimé en 1769; et les religieux ont été pensionnés. On a de saint Etienne de Muret, sa Règle, 16V5, in-12; et un recueil de maximes, 1704, in-12, en latin et en français.

ETIENNE (saint), né en Angleterre, troisième abbé de Cîteaux, travailla beaucoup pour l'accroissement de son ordre, fondé depuis peu par Robert, abbé de Molesme. Un grand nombre de disciples se mit sous sa

conduite, entre autres saintBernard, l'homme le plus illustre que Citeaux ait produit. Parmile grand nombre de monastères qu'Etienne bâtit, on compte ceux de La Ferté, de Pontigny, de Clairvaux et de Morimond, qui sont les quatre filles de Citeaux dont dépendent toutes les autres maisons. Etienne leur donna des statuts, approuvé en 1119 par Cahxle II. Ce saint abbé mourut à Cîteaux le 28 mars 1134.

ETIENNE Ier (saint), roi de Hongrie, succéda, en 997, à son père Geisa, premier roi chrétien de Hongrie, et mourut à Bude en 1038. Il fut comme l'apôtre de ses Etats, publia des lois très-sages, vécut et mourut en saint. Lorsqu'il sentit qu'il approchait de sa fin, il fit assembler la noblesse pour lui recommander le choix de son successeur , l'obéissance au saint-siége , et la pratique des vertus chrétiennes. Quarante-cinq ans après sa mort, son corps fut levé de terre, renfermé dans unechAsse, et déposé dans une chapelle de l'église de Notre-Dame à Bude. Benoit IX le canonisa. Sa valeur égalait sa piété; il fut l'effroi des barbares, et s'attira le respect et l'admiration des nations chrétiennes. Ses vertus domestiques ne brillaient pas d'un moindre éclat que ses qualités royales. Son fils Emeric puisa, dans une éducation chrétienne et les leçons de l'exemple, celte innocence et cette pureté de mœurs qui l'ont fait mettre au nombre des saints. Ses ma ;nili ;ues fondations furent presque toutes détruites sous le règne de Joseph II, mais sa mémoire est toujours en grande vénération chez les Hongrois , qui ne prononcent son nom qu'avec attendrissement et enthousiasme. Us se servent encore de sa couronne pour le sacre de leurs rois. Quelques légendaires ont donné à cette couronne une origine fabuleuse. « Mais elle n'a pas besoin de « faux titres, dit un critique, pour être une «pièce Irès-respectable. Son antiquité , le « grand pape qui la donna, le grand et saint « roi qui la porta, la nation qui l'a si long- « temps défendue contre les infidèles, et qui « l'a toujours regardée comme la possession « caractéristique du roi légitime, tout cela « concourt à la rendre intéressante. Vainece ment Voltaire s'est-il moqué de l'impor- « tance que les Hongrois attachent à cette « couronne, jusqu'à fl'avoir jamais voulu re- « connaître pour roi celui qui ne l'avait pas. « Si quelque chose doit être bien constaté et « sanctionné, c'est bien la royauté. » Joseph II l'avait fait enlever et transporter à Vienne; mais, en 1790, elle fut rendue aux Hongrois, qui la reçurent avec une pompe et des réjouissances extraordinaires. C'est du roi saint Etienne que vint le titre d'apostolique, donné longtemps par les papes aux rois de Hongrie, et renouvelé en faveur de Marie- Thérèse, héritière de Charles VI.

ETIENNE D'ORLEANS, d'abord abbé de Sainte-Geneviève en 1177, ensuite évèque de Tournay en 1191, eut part aux affaires les plus considérables de son temps. II mourut en 1203. On a de lui des sermons, des épîtres curieuses, 1682, in-8°, et d'autres ouvrages.

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EUCHER (saint;, premier évoque de Trêves, fonda ce siège nu ni* siècle. Quelques légendes le fout mal à propos disciple de saint Pierre. Son corps repose dans l'église Saint-Mathias . près de Trêves.

KUCHER (saint), archevêque de Lyon, d'une naissance illustre et d'une piété éminente, se retira avec ses fils, Salone et Yéran. clans la solitude de Lérins, après avoir distribué une partie de ses biens aux pauvres, et l'autre partie à ses filles qui ne le suivirent pas dans sa retraite. Il quitta l'île de Lérins où ses vertus lui attiraient trop d'applaudissements , et passa dans celle de Léro, aujourd'hui Sainte-Marguerite. Ce ne fut qu'à force d'instances qu'on le tira de ce désert, pour le placer sur le siège de Lyon vers 43i. Il assista en cette qualité au premier concile d'Orange en Wl, et y signala sa science autant que sa sagesse. « On vit en lui, « dit Claudien Mamert, un pasteur fidèle, « soupirant sans cesse après la céleste patrie, « humble d'esprit, riche en bonnes œuvres, « puissant en paroles , accompli en tout « genre de sciences, et de beaucoup supé- « rieur aux plus grands évèques de son « temps. » Il mourut vers l'an k5k. L'Eglise lui est re levable : d'un Eloge du désert , adressé à saint Hilaire. Celui de Lérins y est peint avec des couleurs bien propres à le faire aimer. Le style île cet ouvrage est aussi noble qu'élégant : d'un Traité du mépris du monde. Saint Eucher montre dans le monde un gouffre affreux, sous une superficie brillante. « J'ai vu, dit-il, des hommes élevés au « plus haut faîte des honneurs et des ri- « chesses La fortune, prodigue en leur fa- « veur, avait accumulé tous les biens sur « leurs tètes, sans leur donner môme le temps « de les désirer; leur prospérité, parvenue à « son comble, ne laissait plus d'activité à « leurs passions. Mais ils ont disparu dans « un moment; leurs vastes possessions ont « été dispersées, et eux-mêmes ne sont plus. » La latinité de cet ouvrage est presque digne du siècle d'Auguste. On y admire la douceur, la faedité du style, la beauté des tours, la noblesse des pensées, l'énergie de l'expression, la vivacité et le naturel des images, la clarté de la méthode. Ce traité a été traduit en français par Arnauld d'Andilly, ainsi que le préc'édent, 1672, in-12. Les deux traités sont en forme de lettres : celui-ci est adressé à Valérien, son parent; d'un Traité des formules spirituelles ; ce sont des explications de quelques endroits de l'Ecriture , que saint Eucher écrivit pour l'usage de Véran, un de ses fils. On n'y trouve ni la même élégance, ni la même beauté de style, que dans les deux ouvrages précédents; mais le sujet ne le comportait pas, et la simplicité est le caractère distinctif de ce genre d'écrire; de Y Histoire de saint Maurice et des martyrs de la légion thébaine. Le témoignage seul de cet ancien et illustre auteur sullit pour anéantir les doutes qu'un écrivain fameux a tâché d'élever sur l'histoire de ces saints martyrs. Cette histoire a été traJuite en français par Dubourdieu, et imprimée à Amsterdam en

1705, avec une dissertation critique ires-vantée par Bavle, mais réfutée avec énergie par dom Joseph Delisle, bénédictin, et par Rivas. Les différents écrits de saint Eucher sont . dans la Bibliothèque des Pères. Ses deux fils, Salone et Véran, furent évoques du vivant même de leur père.

EUDKS (Jean), frère de l'historien Mézerai, né à Ry dans le diocèse de Séez, en 1601, forma son esprit et régla ses mœurs dans la congrégation de l'Oratoire, sous les yeux du cardinal de Rérulle. Après y avoir demeuré 18 ans, il en sortit en 1643, pour jeter les fondements de la congrégation de Jésus et de Marie, qui de son nom fut bientôt connue sous celui de congrégation des Eudistes. Ses anciens confrères s'élant opposés à l'établissement de cette société, Eudes cacha une partie de son projet. Il se borna à demander une maison à Caen pour y former des prêtres à l'esprit ecclésiastique; « mais « sans aucun dessein, dit-il, de former un « nouvel institut. » Le sien se répandit néanmoins avec beaucoup de fruit. Eudes prêchait assez bien pour son temps, où l'éloquence de la chaire n'avait pas été portée si loin que dans le nôtre; ce talent le fit rechercher, et sa congrégation y gagna. « Le clergé « de Normandie, dit l'abbé Berault, où elle « est particulièrement répandue, en fait en- « core aujourd'hui l'éloge, par sa régularité et « par ses lumières. Aussi le nom du Père « Eudes y est-il toujours dans la plus grande « vénération ; ce qui n'a point empêché l'his- « torien fugitif du jansénisme de le repré- « senter, dans le vrai style de la Hollande « hérétique, comme un fanatique, ennemi « déclaré de la grâce du Sauveur. C'est un « témoignage de plus en faveur de ce saint « prêtre relativement à la foi, c'est-à-dire à « la vertu, sans laquelle toute sainteté n'en « est que le simulacre. » Eudes mourut à Caen en 1680, à 79 ans, laissant des ouvrages qui ont plus fait o'honneur à sa dévotion qu'à sou esprit. Celui qui a fait le plus de bruit est le traité De la dévotion et de l'office du cœur de la Vierge, in-12, 1650. Eudes y adopte plusieurs pratiques nouvelles, inspirées par une piété mal réglée et par un zèle plus ardent qu'éclairé. On a encore de lui une Vie de Marie des Vallées, manuscrite, en 3 vol. in-V\ — On a la Vie du P. Jean Eudes, missionnaire apostolique , instituteur de la congrégation de Jésus et de Marie, et de l'ordre de Notre-Dame de la Charité ; ouvrage posthume du P. de Montigny, de la compagnie de Jésus, revu et publié par un prêtre du clergé de Paris, 1 vol. in-12, avec un portrait.

EUDOXE, fils de saint Césaire, martyr, né à Arabisse, ville d'Arménie, embrassa l'arianisme, et fut un des principaux défenseurs de celte hérésie. Il fut fait évêque de Germanicie dans la Syrie, par ceux de sa communion; il assista au concile de Sardique et à plusieurs autres. En 358, Eudoxe usurpa le siège d'Antioche. Deux ans après , l'empereur Constance l'éleva au patriarcat de Constantinople. Il persécuta les catholiques avec

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fureur, et mourut l'an 370, a Nicée, en sacrant Eugène, arien comme lui, et évêque de

cette ville.

EUGENE I" (saint), Romain, fut vicaire général de l'Eglise durant la captivité du pape saint Martin, et son successeur dans la chaire pontiûcale en 654. 11 mourut le 1" juin 658.

EUGENE II, Romain, pape après Paschal I, l'an 824, mort en 827, fut recommandable par son humilité. On ne doit pas avoir une grande idée de son esprit , s'il est vrai , comme plusieurs auteurs l'assurent, qu'il établit l'épreuve de l'eau froide. Il est vrai que dans ces siècles, les moyens de connaître la vérité étaient si peu lumineux et si peu sûrs, qu'on est presque tenté d'approuver le recours aux preuves surnaturelles : et aujourd'hui même que notre jurisprudence est si fière de ses lumières, le résultat de beaucoup de procès civils et criminels ne présente rien de plus avéré que l'épreuve de l'eau froide. {Voy. Charlemagne.) Noël- Alexandre soutient qu'on a attribué à ce pape l'établissement de ce genre d'épreuve. Papebroch, dans le Propijlœum, page 128, « st du même avis. Les épreuves de ce genre furent proscrites par le concile de Worms en 829.

EUGÈNE ftll, religieux de Cîteaux sous saint Bernard, ensuite abbé de Saint-Anastase, fut élevé sur la chaire pontificale de Rome en 1145. Il était de Pise et s'appelait Bernard. Les Romains étaient animés de l'esprit de révolte, lorsqu'il monta sur le saintsiége. Us avaient rétabli le sénat et élu un patrice ; ils voulurent qu'Eugène III approuvât tous ces changements. Le pape aima mieux sortir de Rome. Il y rentra à la fin de l'année, après avoir soumis les rebelles par les armes des Tiburtins, anciens ennemis des Romains. Le feu de la rébellion n'était pas éteint : les séditieux le soufflaient de tous côtés. Eugène, fatigué du séjour orageux de Rome, se retira à Pise, et de là à Paris en 1147. Il assembla un concile à Reims l'année d'après, et un autre à Trêves, où il permit à sainte Hildegarde, religieuse, d'écrire ses visions. De retour en France, il vint à Clairvaux. Il y avait été simple moine, il y parut en pape, mais en pape qui n'avait pas oublié son ancien état : il portait sous les ornements pontificaux une tunique de laine. Sur la fin de cette année il reprit le chemin d'Italie; il mourut à Tivoli en 1154, après un pontificat de plus de huit ans, aussi agité qu'il méritait peu de l'être. Les Romains ne sentirent la grandeur de leur perte que quand on rapporta chez eux le corps de ce magnanime et modéré pontife, qu'ils arrosèrent de leurs larmes. C'est à lui que saint Bernard adresse ses livres de la Considération. Eugène le regarda toujours comme son maître, et faisait le plus grand cas de ses avis. De faux esprits ont abusé de ces avis pour exagérer les abus que Bernard reprenait, au lieu d'admirer et la sagesse personnelle du pontife, et celle d'un gouvernement où les conseils et les leçons, énoncés même quelquefois durement, sont reçus avec re-

connaissance et avec fruit. On a d'Eugène des décrets, des épîtres, des constitutions. On peut consulter, sur les actions et les vertus de ce pape, Y Histoire de son pontificat, écrite avec beaucoup de netteté par dom Jean de Lannes, bibliothécaire de l'abbaye de Clairvaux, Nancy, 1737, 1 vol. in-12.

EUGÈNE IV (Gabriel Condolmero), Vénitien, d'une famille roturière, est une preuve de ce que peut le talent, et surtout celui des affaires. Il fut d'abord chanoine régulier de la congrégation de Saint-Grégoire in Alga, ensuite évêque de Sienne , cardinal, enfin pape en 1431, après Martin V, l'année même de l'ouverture du concile de Baie. 11 y eut beaucoup de mésintelligence entre le pontife et les Pères de cette assemblée. Eugène lança une bulle pour la dissoudre. Le concile0 n'y répondit qu'en donnant un décret pour établir son autorité, et en confirmant les deux décrets de la 4e et de la 5e session du concile de Constance, qui soumettent le pape au concile : décret donné en temps de schisme, où il existait des doutes sur le pape légitime, et où l'unité n'a pu se rétablir que par la déposition des contendants. Le pontife romain, après deux ans de délai, se rendit enfin à Baie. L'empereur Sigismond avait été le lien de l'union d'Eugène avec les Pères de Bâle; cette union finit à la mort de ce prince. Le pape assembla un nouveau concile à Ferrare , après avoir dissous une seconde fois celui de Bâle, qui ne laissa pas de se maintenir. La première session se tint le 10 février 1438. L'objet de cette assemblée était l'union de l'Eglise grecque avec la latine. Jean Paléologue, empereur d'Orient , voulait réconcilier les deux Eglises, parce qu'il avait alors besoin des Occidentaux contre les Turcs. Il arriva à Ferrare au mois de mars, avec Joseph, patriarchede Constantinople, vingt-et-un évoques, et une nombreuse suite. La peste se mit dans cette ville; on transféra le concile à. Florence. Après avoir discuté avec les Grecs la procession du Saint-Esprit, la primauté du pape, le purgatoire, la réunion tant désirée fut terminée dans la 6e et dernière session, tenue le 6 juillet 1439. Le décret, dressé en grec et en latin, fut souscrit de part et d'autre. L'empereur et les prélats grecs partirent fort contents de la générosité du pape; Eugène leur donna beaucoup plus qu'il n'avait promis par son traité. Il est certain qu'il se prêta, avec autant de sagesse que de zèle, à rétablir l'intelligence entre l'église d'Orient et celle d'Occident; mais malgré tous ces soins, l'union ne fut pas durable. Les Grecs s'élevèrent contre elle, dès que Paléologue leur en eut montré le décret. Us recommencèrent le schisme; et depuis ce temps il n'a pu être éteint. Eugène fut mal récompensé à Bâle des services qu'il venait de rendre à l'Eglise latine. Le concile qui était fort diminué, et où il ne se trouvait plus guère de personnes distinguées, le déposa du pontificat, comme « perturbateur de * la paix, de l'union de l'Eglise; simoniaque, « parjure, incorrigible, schismatique et hé-

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« relique. » Les rois de France 8l d'\ u-.de- |arre< l'e«pereur Pt les princes d'Allemagne, qui jusopie-ià avaient garda une espèce de

M. iir.ilii •, en forent indignés et s'en plaignirent au concile. Le papa cassa ce décret absurde, y répondit par un autre décret,

dans lequel il annule Ions les actes de l'assemblée de Baie. Le cuncile ou -plutôt l'assemblée qui continuai! à s'appeler ainsi , après avoir d posé Eugène, lui opposa Amédée VIII, duc, de Savoie, qui lut élu pape sous le nom de Félix. V. L'Eglise fut encore une t'ois déchirée par le schisme. Eugène e|.-i t toujours à Florence, renvoyant les foudres que le concile de Haie, devenu un conciliabule, lançait contre lui. En 1443, il transféra le concile à Kome, et mourut 5 ans après, en 1H7, lassé et détrompé de tout. Dans ses derniers moments, il s'écria devant tout le monde1 : « O Gabriel] (c'était son nom de « baptême), ô Gabriel) qu'il te serait bien « plus avantageux de n'avoir jamais été ni « pape, ni cardinal, ni évoque j mais d'avoir « Uni les jours comme tu les avais commen- « ces, en suivant paisiblement dans ton mo- « nastère les exercices de ta règle! » « Ce « fut toutefois, dit un célèbre historien, un «dos plus grands papes, quoiqu'un des « moins heureux. 11 eut toutes les qualités « qui font révérer et chérir les grands; l'élé- « vation de l'esprit, la fermeté du courage, « la noblesse des goûts et des manières, la « libéralité et la bienfaisance, le don de la « parole, le talent des affaires, l'amour des « lettres, sans être bien savant lui-même, et, « ce qu'on ne peut trop apprécier dans sa « place et dans son siècle, la sagesse de ne « point se mêler dans les différends temporels « des princes. Sa vie fut édifiante et réglée; « il se montra extrêmement charitable envers « les pauvres, et très-zélé pour la réduction « des sectes qu'il eut le bonheur de réunir « en grand nombre au centre de l'unité. » Vu historien ecclésiastique, plus abondant que judicieux dans sa compilation, l'accuse d'une ambition odieuse, et d'avoir entretenu le schisme dans la seule vue de maintenir son autorité. Mais ne lui eût-on pas reproché avec plus de sens et de justice, l'imprudence, la pusillanimité, l'abandon du devoir, la trahison même et la prostitution de l'épouse de Jésus-Christ, si à l'ordre de huit évèques, et d'un amas confus de clercs travestis en successeurs des apôtres, il fût descendu de la chaire apostolique, pour y élever un intrus avéré? Eugène était naturellement si modeste, qu'en le voyant en public, on l'eût pris, dit un écrivain du temps, pour une vierge timide qui n'a pas l'assurance de lever les yeux. Il eut le chagrin de voir les progrès des Turcs, et les suites funestes du conseil donné par son légat à Ladislas, de rompre son traité avec Amurat II. Voy. l'art. Cksaiuni.

EUGÈNE (saint), évoque de Carthage, fut élevé sur ce siège, l'an 481. Il gouvernait celte Eglise en paix, lorsque le roi Huneric ordonna que tous les évèques catholiques se trouvassent à Carthage, pour y disputer avec

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les prélats ariens. La conférenco se tint en 48ï; mais les ariens la rompirent sous de mauvais prétextes : Huneric, leur partisan,

persécuta leurs adversaires sous îles prétextes encore plus mauvais. Il ordonna aux évoques de jurer que leur désir était, qu'après sa mort, « son hls eût le trône. » La plupart des évèques crurent qu'ils pouvaient

faire ce serment; les autres le refusèrent. Huneric les condamna tous également : les premiers, comme réfractaires au précepte de l'Évangile qui défend <le jurer; les autres, comme infidèles à leur prince. 11 donna, peu de temps après, des ordres pour rendre la persécution générale. Do grand nombre de vierges consacrées à Dieu, furent cruellement tourmentées; il y en eut plusieurs qui expirèrent sur Le chevalet. Les évoques, les prêtres, les diacres, les laïques distingués qui furent bannis, furent au nombre de k,966. A Carthage on lit soullïir le tourment des coups de fouets et des coups de bâton à tout le clergé, composé de plus de 500 personnes; après quoi ou les bannit. Eugène fut du nombro des exilés. Le peuple suivit les évoques et les prêtres avec des cierges à la main; les mères portaient leurs enfants dans leurs bras ; puis les déposant aux pieds des confesseurs, elles, leur disaient, les yeux baignés de larmes : « A qui nous laissez-vous, en courant « au martyre? Qui baptisera nos enfants? Qui « nous donnera la pénitence? Qui nous dé- « livrera d>' nos péchés par le bienfait de la « réconciliation? Qui nous enterrera après « la mort? Qui offrira le divin sacrifice avec « les cérémonies ordinaires? Que ne nous « est-il permis d'aller avec vous 1 » Qui nobis pœnitcntiœ munus collai uri sunt, et reconciliationis indulyentia obslrictos peccalorum vinculis soluturi? A t/uibus diriuis sarrificiis ritus est exhibendus consuetus? Vobiscum et nos libeat peryere, si liccret! (saint Vict. Vit., 1. h, p. 33). On voit qu'alors on ne songeait pas encore à faire des évèques constitutionnels, et que ni le peuple chrétien, ni môme le tyran Huneric ne regardèrent une telle invention comme possible. Eugène fut rappelé sous le règne de Gombaud, et exilé encore par Thrasamond son successeur. On l'envoya dans les Gaules. Eugène, retiré à Albi, couronna par une mort sainte, en 505, une vie aussi glorieuse que traversée. On a de lui une lettre dans Grégoire de Tours.

EUGÈNE, évoque de Tolède, gouverna celle église pendant onze ans, et mourut en 636. Il possédait, assez bien pour son temps, cette partie des matnématiques qui sert aux calculs astronomiques. Il passait pour un savant astronome. Il assista aux 5e, 6e et 7e conciles de Tolède. (

EUGÈNE, évoque de Tolède, successeur du précédent, est auteur de quelques Traités de théologie, et de quelques opuscules en vers et en prose, publiés par le P. Sirmond, en 1619, in-8°, avec les poésies de Draconce. Le style d'Eugène manque de politesse; mais les pensées ensont justes, et ies sentimentspieux. Elu évèquc sans son aveu, il avait voulu fuir l'épi scopat; mais sa retraite fut découverte,

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et le roi rtescesmnte le força d'occuper le siège de Tolède. 11 présida aux 8e, 9' et 10e conciles de Tolède, de 633 à 650.

EUGENIOS BULGAR1S. Voy. Bulgaris.

EUGIPPIUS, originaire de la Norique, suivit sa nation lorsque Odoacre la transféra en Italie l'an 488; il y fut abbé de Lucullano, près de Naples. Il est auteur du Thésaurus ex saneto Augustino, in-fol., Bàle, 1542; d'une Vie de saint Augustin de Favianes, insérée dans Bollandus ; d'une Vie de saint Séverin, apôtre de la Norique, insérée dans les Œuvres de Marc Velser. La règle qu'il avait donnée à ses moines est perdue.

EULAL1E (sainte), née à Mérida, capitale de laLusitanie en Espagne, vers l'an 296, fut élevée dans la religion chrétienne, et fit paraître dès son enfance une admirable douceur de caractère , une modestie rare, une tendre piété et un grand amour pour l'état de virginité. Elle n'avait que douze ans, lorsque parurent les édits de Dioclétien, par lesquels il était ordonné à tous les chrétiens de sacrifier aux dieux. Malgré sa jeunesse, elle regarda la publication de ces édits comme le signal du combat, et se présenta d'abord au juge pour lui reprocher l'impiété dont il se rendait coupable, en voulant faire abjurer la seule vraie religion. Le juge nommé Dacien la fit arrêter et après avoir employé inutilement tous les moyens de séduction, il en vint aux menaces, fit exposer à ses yeux les instruments destinés à la tourmenter, et lui dit qu'elle ne subirait aucune torture si elle voulait prendre seulement du bout du doigt un peu de sel et d'encens. Eulalie, pour montrer qu'elle ne se laisserait pas séduire, renversa l'idole et foula aux pieds le gâteau destiné pour le sacrifice. Ce fut alors que deux bourreaux, par ordre du juge, lui déchirèrent les cotés avec des crocs de fer, et lui découvrirent tous les os. Elle appelait trophées de Jésus-Christ les plaies qu'on lui faisait. On lui appliqua ensuite des torches ardentes sur la poitrine et sur les côtés. Elle souffrit cette torture sans se plaindre, et elle n'ouvrit la bouche que pour louer le, Seigneur. Le feu ayant pris à ses cheveux, elle lut étouffée par la fumée et par la flamme. Les chrétiens l'enterrèrent près du lieu de son martyre, et on y Dâtit depuis une magnifique église. Prudence a célébré le triomphe de cette sainte. — Il ne faut pas la confondre avec une autre sainte Eulalie, vierge et martyre de Barcelone, sous l'empire de Dioclétien, dont le nom est plus connu que le détail de ses actions et de ses souffrances.

EULALIUS, antipape, qu'une cabale opposa au pape Boniface Ie' eu 418, et que l'empereur Honorius fit chasser comme un intrus. . EULER (Léonard), professeur de mathématiques, membre de plusieurs acad 'mies, naquit d'un ministre protestant, Je 15 avril 1707, à Bâle, où il s'appliqua avec succès à !a philosophie et à l'élude des langues orientales ; ses progrès dans les sciences acquirent l'estime de Jean Bernoulii. Lis fils de cet habile géomètre J'mvitôrent à se rendre à Saint-Pétersbourg, où ils avaient été appelés

eux-mêmes en ï725. Eulery remplit successivement les chaires de professeur de physique et de mathématiques, perfectionna le calcul intégral, inventa le calcul des sinus, simplifia les opérations analytiques, et répandit un nouveau jour sur toutes les parties des sciences mathématiques. En 1741, il se rendit a Berlin, et contribua beaucoup à donner du lustre à l'académie naissante. « Frédéric demandait quelquefois à ses académiciens autre chose que des écrits, et le haut savoir du géomètre fournit sa part de contribution aux travaux publics du royaume, dit un écrivain. Euler n'eût pu suftire à des travaux si multipliés et si divers, si sa mémoire ne l'eût suffisamment secondé, en apportant fidèlement et toujours à temps les matériaux que son génie mettait en œuvre. Jamais peutêtre cette précieuse faculté ne se montra plus étonnante et surtout plus universelle que dans cet homme si richement doté par la nature : en mathématiques, elle s'était chargée des formules algébriques les plus longues et les plus compliquées, et les réduisait surle-champ avec une admirable précision. D'Alembert lui-même, dont les citations toujours exactes en histoire et en littérature, surprenaient si fréquemment ses confrères des deux académies de Paris, ne put croire aux prodiges de la mémoire mathématique d'Euler, qu'après les avoir vus plusieurs fois durant un séjour qu'il fit à Berlin. A côté de cet immense recueil de formules algébriques, les curieux pouvaient provoquer l'exhibition du poème entier de Y Enéide, car Euler le savait par cœur, el n'en oublia jamais un seul vers. Il avait môme retenu ce qui pouvait être oublié sans inconvénient îii regret, l'ordre de pagination du livre où il avait lu cette œuvre de Virgile, et ne se trompait jamais en citant le premier et le dernier vers de chaque page. Tous les autres fruits de ses études littéraires n'étaient pas moins bien conservés que l'Enéide dans cette tête dont la capacité tout entière semblait envahie par les mathématiques. » Euler retourna, en 1766, à Saint-Pétersbourg, où il perdit la vue, sans que cela l'empêchât de travailler et d'enrichir le public de ses productions. 11 mourut le 7 septembre 1783. Euler, âgé de plus de 75 ans, « avait calculé pendant la matinée la vitesse d'ascension d'un aérostat; en dinanl, il avait exposé avec Ja clarté et la précision qui caractérise tous ses ouvrages, la méthode et les données du calcul de l'orbite d'Uranus; après le repos il se livra à ses exercices accoutumés avec son petit -fils; au milieu de cet amusement , plein de charmes | our l'un et pour l'autre, le vieillard laissa tomber sa pipe il n'était plus. » « 11 fut aussi religieux, dit M. Ferry, que Newton et Pascal, et quelques parties de ses œuvres mathématiques attestent la sincérité de sa foi. Avant qu'il eût perdu la vue, il réunissait chaque snir sa famille et tous les habitants de la maison, et, après une lecture pieuse, suivie quelquefois de courtes explications, la prière était faite en commun. » Fils d*un protestant, il avait presque toute la foi d'un catho-

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liqtie. Les vérités de la Bible étaient pour lu. supérieures aux vérités géométriques. Voici ce qu'il dit des prétendus philosophes, de leurs systèmes et de leurs objections contre la religion révélée : « Quelque bizarres et « absurdes que soient les sentiments d'un « philosophe (ceci rappelle le mot si vrai de « Cicéron : Rien de si absurde qui n'ait passé « par la tête de quelque philosophe), il en est « tellement entêté, qu'il n'admet aucun sen- « timeot ou dogme de la religion, qui ne « soit conforme avec son système de philo— « sophie ; et c'est de là qu'ont tiré leur ori- « gine la plupart des sectes et des hérésies « dans la religion. Plusieurs systèmes pilier lesophiques sont réellement en contradic- « tionavec la religion; mais alors les vérités « divines doivent bien l'emporter sur les « rêveries humaines, si l'orgueil des philo- « sophes n'y mettait obstacle : mais la vraie « philosophie paraît quelquefois contraire à « la religion ; cette contradiction n'est qu'ap- « parente, et il ne faut jamais se laisser « éblouir par des objections. » (Lett. à une

Erinc. d'Allem.). Peu de géomètres ont emrassé tant d'objets à la fois, et les ont traités avec plus de succès. On a. de lui un grand nombre d'ouvrages : Une Dissertation sur la nature et la propagation du son, en latin, Baie, 1727, in-4° ; sur la mâture des vaisseaux, que l'académie de Paris honora de l'accessit en 1727. Mechanica, sive motus scientia, analytice exposita, Saint-Pétersbourg, 1736,in-4°; Mémoire sur la nature et les propriétés du feu, couronné par l'académie de Paris en 1738. Tentamen novum theoriœ musicœ, St-Pétersb.,

1739, in-4° ; Mémoire sur le flux et le reflux de la mer, couronné par la môme académie en

1740. Il y explique l'action du soleil et de la lune sur la mer, et appuie son explication de beaucoup de géométrie et de calculs : ce qui n'a point empêché plusieurs savants de "a regarder comme peu satisfaisante. C'est une chose singulière que l'extrême variété et le peu de consistance des opinions établies à. ce sujet. Descaries qui attribue ce phénomène à la pression de l'air, Newton qui en fait honneur à l'attraction, sont au pied du mur quand on objecte que les marées sont plus hautes sous les zones tempérées que sous la zone torride; et surtout quand on leur fait observer que le baromètre ne monte ni ne baisse lorsque la lune passe au méridien. Aussi Galilée se moquait-il amèrement de Kepler, qui avant Newton avait rapporté ce phénomène à la lune; mais par un raisonnement plus étrange encore, il le fit dériver du mouvement de la terre. Un physicien de ce siècle a eu recours à la dilatation de l'air, produite par l'action du soleil; un autre à la fonte des glaces polaires ; on a imaginé des goutfres qui absorbaient et revomissaient les eaux alternativement, etc. Le doute et l'indécision d'un vieux poëte sont peut-être plus raisonnables que tout cela :

Quaerile, quos agilat mundi labor, at milii semper Tu, quaecuiiqtie nio\es lam crebros, causa, mealus, Ut suDeri voluere, laie.

Lucan. Piuns., 1. i.

« Je ne sais, ait un philosophe, si l'on saisit « assez l'énergie de cet ut superi voluere. « Quand on songe que depuis on n'a rien dit « de plus raisonnable sur cet objet, que les « physiciens de son temps; quand on réflé- « chit d'un, autre côté que c'est un objet visi- « ble, palpable, immense , se renouvelant « deux fois par jour, dans toute l'étendue des « deux hémisphères , observé de près par « 500 millions d'hommes, l'espace de 5 à 6 « mille ans ; on comprend ou du moins l'on « peut comprendre alors toute la vérité de « cet ut superi voluere. » Methodus inveniendi lineas curvas maximi, minimive proprietate gaudenles, Lausanne, 1744, in-4°; Jntroductio in analysin infinitorum, Lausanne, 1748, et Lyon, 1796, traduite en français avec des notes, par Labey, 2 vol. in-4°; Theoria motuum planetarum et comelarum, Berlin, 1744, in-4°; Opuscula varii argumenti, Berlin, 1746-51, 3 vol. in-4° ; Scientia navalis, seu tractatus de construendis ac dirigendis navibus, Saint-Pétersbourg, 1749, 2 vol. in-4° ; Theoria motus lunœ, Berlin, 1753, in-4°; Dissertatio de principio minimœ actionis, una cum usuexamineobjectionumKoenigii, Berhn, 1753, in-8°; Institutions calculi differentialis cum ejus usuin analysi infinitorum ac doctrina serierum, 1755, in-4"; 1787 et 1804, 2 vol. rn-4°; Conslructio lentium objectivarum, etc., Saint-Pétersbourg, 1762, in-4°; Meditationes de perturbatione motus comelarum, ab attractione planetarum orta, Saint-Pétersbourg , 1762, in-4°; Theoria motus corporum solidorum seu rigidorum, 1765, in-4° ; Institutions calculi integralis, Saint-Pétersb., 1768-70, 3 vol. in-4*; 1792, 4 vol. in-4°; Dioptrica, 1767-71,3 vol.in-4"; Opuscula analytica,llS3,

2 vol. in-4°; Cinq Mémoires sur différentes questions de mathématiques, dans les Mélanges de Berlin ; c'est peut-être ce qu'il y a de mieux dans cette collection ; Plusieurs Dissertations dans les mémoires des académies de Saint-Pétersbourg et de Berlin; Eléments d'algèbre, en allemand. Cet ouvrage, qu'il lit étant aveugle, a été traduit en français et en russe; il est écrit avec clarté et méthode. La traduction française, qui est de Bernoulli , avec des notes* par Lagrange et Garnier, a été réimprimée plusieurs fois. La dernière édition est de 1807, 2 vol. ia-8°, figures ; Lettres à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophie, Saint-Pétersbourg, 1768-1772, et Berne, 1778,

3 vol. in-8\ Il y attaque avec force le système de Newton sur les couleurs, et d'autres opinions accréditées. Condorcet en donna une nouvelle édition en 1787, où il se permit de faire plusieurs retranchements qui portent particulièrement sui les endroits de ses lettres les plus favorables a. la religion, afin de laisser ignorer le christianisme d'Euler et de soulager les incrédules du poids de son autorité qui les accable, parce que l'exemple de cet illustre géomètre, joint à celui de tant de savants du premier ordre, montre avec évidence qu'on peut allier la conviction la plus profonde des vérités révélées avec le génie le plus pénétrant et les plus vastes

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connaissances. Quelle honte pour des nom- fut martyrisé par les Sarrasins en 859, formes si fiers de leurs lumières, d'être ainsi tifia par ses écrits et par ses discours ses frèréduits pour la défense de leur cause, à user res dans la foi. Ceux qui nous restent de lui de semblables supercheries, aussi contraires Sont : Memoriale sanctorum; c'est une hisà l'honnêteté qu'à la bonne foi. Et combien toire de quelques martyrs; Libri très de ces ruses indiquent, décèlent le peu de con- martyribus Cordubènsibus, et Apologeticon fiance qu'ils ont dans leurs moyens! Les pro g<^stis eorumdcm ; Exhortation au marœuvres d'Euler ne sont pas les seules d'où tyre, et plusieurs lettres. Ces ouvrages se lisaient essayé de faire disparaiire toutes les trouvent dans le 4e vol. de YHispania illustraces du christianisme ou de les affaiblir; trata, et dans la Bibliothèque des Pères, celles de Linnée, de Newton et de Bacon, EUNOME , Eunomius , hérésiarque , qui qu'on s'est efforcé de travestir en incrédule, donna son nom à une secte qui fut proscrite en offrent des exemples aussi scandaleux. Il par Gratien, était natif de Cappadoce, et fut n'y a pas même jusqu'à Pascal que Condor- d'abord maître d'école à Constantinople, encet n'ait eu l'audace de dénaturer en plus suite disciple d'Aétius; il parvint- à l'évêché d'une manière, dans l'édition qu'd a donnée de Cysique par la protection d'Eudoxe, pade ses Pensées. Les Lettres à une princesse triarciic arien de Constantinople. Ce prélat, d'Allemagne ont été réimprimées à Paris, en en l'ordonnant, lui conseilla de cacher les 1812, 2 vol. in-8°, d'après la première édi- erreurs qu'il avait sucées auprès d'Aétius. tion, avec des notes par Labey; Théorie com- Eunome ayant négligé cet avis, et s'étantfait plète delà construction et de la manœuvre des chef de parti, fut déposé par Eudoxe, son vaisseaux, Saint-Pétersbourg, 1773, et Paris, ami, et exilé en divers endroits. Il mourut 1776, in-8°, figures, retouchée pour le style, dans sa pairie en 393. C'était un arien outré. L'homme en lui était aussi estimable que le II soutenait que Jésus-Christ n'était Dieu que savant. Bon époux, bon père, bon ami, bon de nom; qu'il ne s était pas uni substantielcitoyen, il se montra constamment fidèle à lement à l'humanité, mais seulement par sa tous les rapports de la société. Ennemi de vertu et rar ses opérations. Il rebaptisait l'injustice, s'il en voyait commettre quel- ceux qui l'avaient été dans la foi de la Triqu'une, il avait la franchise de la censurer nité, et croyait que la foi pouvait sauver sans et le courage de l'attaquer sans avoir égard les œuvres. Ses impiétés étaient d'autant plus à la personne. Il avait beaucoup de respect dangereuses, qu'il réunissait à quelque tapour la religion, et remplissait avec soin les lent beaucoup d'artifice. Saint Grégoire de devoirs d'un chrétien. Doux et honnête en- NysseetsaintBasilesignalèrentleuréloqaence vers tout le monde, s'il a jamais senti de l'in- et leur zèle contre ce sectaire factieux, dignation, ce n'a été qu'envers les ennemis EUPHÉMIE (sainte), vierge et martyre de du christianisme dont il a pris avec ardeur Chalcédoine, au ive siècle , sous Dioclétien , la défense contre les objections des athées, vers l'an 307 de Jésus-Christ. Ses actes sont dans un ouvrage qu'il publia à Berlin, en sans authenticité; mais l'Eglise grecque l'ho- 1747, intitulé : Essai de défense touchant la nore de la même manière que les plus célèrévélation divine contre les esprits forts. Cet bres martyrs, et sa fête se célèbre dans presessai, traduit en italien par Nicolas Onerati, que tout l'Orient. Il y avait anciennement Naples, 1788, fait d'autant plus d'honneur à à Constantinople quatre églises sous son inses principes, que les prétendus esprits forts vocation. Celle qui portait son nom à Chalcontre lesquels il s'élève , dominaient alors cédoine, était fort célèbre, et ce fut là que se et donnaient le ton dans la capitale de la tint le quatrième concile général qui pros- Prusse, où il faisait sa résidence. Les Lettres crivit les erreurs d'Eutychès , en 451. On à une princesse cV Allemagne et la Défense de transporta depuis ses reliques dans l'église la révélation font partie du tome XI de la de Sainte-Sophie à Constantinople , où elles grande collection des Démonstrations évan- restèrent jusqu'au temps de l'impie Conslangéliques, en 18 vol. in-4", publiée par M. l'abbé tin Copronyme , qui voulut les jeter à la Migne.— Euler a laissé plusieurs fils qui ont mer. On trouva le moyen de les conserver, marché sur les traces de leur père, entre au- comme on l'apprend de Constantin , évèque 1res Jean-Alb°rt Euler l'aîné, mort à Saint- de Tio dans la Paphlagonie, qui a fait un uis- Pétcrsbourgle6 septembre 1800, qui a rem- cours sur ce sujet. Elles sont présentement porté des prix dans différentes académies, à Syllébrie , entre Constantinople et Andriet publié un grand nombre de mémoires inté- nople. On en conservait une portion dans ressauts sur l'astronomie, la physique, la l'église de la maison de Sorbonne de Paris, mécanique et l'optique, dans les collections On voyait à Rome , du temps de saint Gréacadémiques de Berlin, de Munich et de Got- goire le Grand, une église qui portait le nom tingue. — On a YEloge de Léonard Euler, par de Sainte - Euphémie. Il paraît que c'est la Nicolas Fuss, son élève, Berlin, 1784, in-4°. même que celle qui a été réparée par le papa

EULOGE, pieux et savant patriarche d'A- Urbain VIII, et qui subsiste encore aujour-

lexandrie en 581, mort en 607, laissa divers d'hui. Une ville de Calabre qui portait son

ouvrages contre les novatiens et contre d'au- nom , fut engloutie par un tremblement de

très hérétiques de son temps. 11 fut uni terre, le 27 mars 1638.

d'une étroite amitié avec saint Grégoire le EUPHÉM1US , patriarche de Constantino-

Grand. pie l'an 490, illustre par sa science et par ses

EULOGE de Cordoue (saint), prêtre, élu vertus, effaça des dyptiques le nom de l'hé-

archevêque de Tolède, la même année qu'il rétique Monge, ouvertement déclaré contre

Dictionn. de Biographie relig. IL 4

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