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1777, in-4°. Ce fut encore le Père Coleti qui publia cette Dissertation, à laquelle il joignit une préface et des notes. On y trouve une réfutation des principes de critique adoptés par Baillet, Dupin, etc.
FARMER (Hugues), ministre presbytérien à Londres, né en 1714, fut un des prédicateurs d'une congrégation de Dissent'Ts, et se ut une grande réputation par son éloquence et par ses ouvrages, qui ont pour but d'établir que l'univers est gouverné par Dieu seul. Les principaux sont : un Essai sur la nature et le dessein de la tentation de Jésus-Christ dans le désert, où il soutient que c'était une vision et non un faiWréel; une Dissertation sur les miracles, qui a pour objet de prouver quils sont les arguments d'une interposition divine et des preuves absolues de la mission et de la doctrine d'un prophète, 1771 ; un Essai sur Ics^, démoniaques du Nouveau Testament, 1775, où il prétendait que ces démoniaques n'étaient que des malades. Fariner est mort le 6 février 1787.
FARNÈSE, paj e qui prit le nom de Paul III. Yoy. ce nom et Alexandre Farnèse.
FARNEWORTH (Elus), ecclésiastique anglais, né, à ce que l'on croit, à Bonteshall, dans le comté de Derby, devint recteur de Carrington, et mourut dans la misère, le 25 mars 1763. On lui doit des traductions anglaises de quelques ouvrages italiens : Vie du pape Sixte V, de Grégorio Leti, avec une préface, des prolégomènes, des notes et un appendix, 175rs-, in-fol.; Histoire des guerres civiles de France, de Davila, 1757, 2 vol. in- 4°; la Traduction des OEuvres de Machiavel, éclaircio par des notes, des dissertations, et quelques pans nouveaux sur l'art de la guerre, 1761, 2 vol. in-4°, et 1775, 4 vol. in- 8°, avec des corrections, et le portrait et la vie de Machiavel.
FARNSWORT ou FARNE-WERT ( Richard),futun despremiers disciples de Georges Fox, auteur de la secte des quakers. II ajouta aux rêveries extravagantes de son maître, le précepte observé scrupuleusement dans le quakérisme, de ne parler à personne, môme aux rois dans les suppliques, et même à Dieu dans la prière, qu'en tutoyant. 11 composa un livre pour démontrer cette impertinence. Il prétend que l'usage contraire est une flatterie indigne des enfants de lumière : c'était le titre que prenaient les quakers. Fox approuva cette idée, et il fut le premier à s'y conformer.
FARON (saint), évoque de Meaux en 627, fonda l'abba.e qui porte son nom, assista au 2e concile de Sens en 657, et mourut le 28 octobre 672, à près de 80 ans.
FASSONI (Lirérat), savant religieux de l'ordre des clercs réguliers des écoles Pies, était en 1754, professeur de théologie et de littérature grecque dans le collège de Sinigaglia et en même temps dans le séminaire de cette ville. En 1755 et 1756, il professa la théologie dans le nouveau collège que les Piaristes venaient d'obtenir à Rome, et il mourut dans cette vdle en 1767. Entre autres Ouvrages on cite de lui : De Leibnitiano ra~ tionis principio, Sinigaglia, 1754, in-folio;
De grœca sacrarumlitlcrarumeditione a LXX interpretibus, Urbin, 1754, in-4° ; réimpr. à Rome en 1758 avec des additions et des corrections ; De miraculis adversus Bened. Spinosam, 2e cdil., augm., Rome, 1755, in-folio; De voce Homousion, Rome-, 1755, in-4% où l'auteur montre que ce mot ne fut point rejeté par le concile d'Antioçhe; De cultu Jesui - Christo a Magis adhibito , adversus Rich. Simonium et Sam. Basnogium, Rome, 1756, in folio; De puellarum monasteriis canone 38 Epaonensis concilii eclebratis, 1757, in-folio; De cognitione S. Joannis-Baptistœ in matris utero exsultanlis, adversus Sam. Basnagium, Rome, 1757, in-4°; De veritate atque divinitate historiée Magorum, quœ est apud Matthœum, cap. n, vers. 1-13, adversus Collinsium, Rome, 1^58, in-folio. F, ssoni était en 1758 membre de la congrégation des conciles et associé de l'académie étrusque de Cortone.
FAUCHER (Denis), bénédictin, né à Arles en 1487, tit profession au monastère de Polinorc en Italie, fut envoyé par ses : upérieurs pour établir la réforme d;ms les maisons de l'ordre situées en deçà des monts, et mourut à l'abbaye de Lérins en 1562. Ce religieux avait composé : Ecloga de laudibus insulœ Lerinensis, impr. à la suite du poëme : De situ et laudibus sacrœ insulœ Lerinœ, par Grég. Cortese, Paris, 1597, in-8°, et dans la Chronique de cette abbaye par Barrai; De contemptu mortis elegia, se trouve à la suite de la pièce de poésie dont nous venons de parler; la Préface du traité de saint Eucher : De laudibus cremi, et celle de l'instruction do saint Faust ad Monachos, dans l'édition de ces deux ouvrages, Paris, 1578, in-8°; Annalium Provinciœ libri V. Cette histoire de Provence a été attribuée aussi à d'autres auteurs; enfin diverses poésies latines.
FAUCHE! (Claude), né à Dorne, diocèse de Nevers, le 22 septembre 1744, embrassa l'état ecclésiastique, fut précepteur des enfants du marquis de Choiseul, frère du ministre, et entra ensuite dans la communauté des prêtres de la paroisse de Saint-Roch à Paris. Ayant été interdit par l'archevêque, il fit differentspersonnages.il pa;vint par ses intrigues, autant que par ses talents, et un genre d'esprit tout à fait singulier, plein de contrastes et de disparates, a être prédicateur ordinaire du ro:, vicaire-général et chanoine honoraire de Bourges, abbé commendataire de Montf irt, etc. La révolution le mit à même de donner l'essor à ses mauvaises qualités; il y joua un rôle bruyant : le 14 juillet 1789, on le vit un sabre à la main, s'avancer trois fois à la tête des assaillants, donnant des ordres et faisant des discours. Il devint ensuite évêque schismatique du Calvados, et se signala par divers écrits où se trouvent des vérités fortement énoncées, à côté des plus monstrueuses erreurs : tels sont le Discours sur la religion nationale, Paris, 1789, in-8° (Voy. Dominis) ; trois discours sur la liberté humaine, 1789; YOraison funèbre de Vabbé de VEpée, 1790; Eloge civique de Franklin, 1790; Sermon sur
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l'accord dr la religion et de la liberté , 1791, etc. Le 6 avril' 1792, lorsqu'un décret
supprima le costum «lésiastiquè, l'abbé
Fauchet déposa sur le bureau sa calotte et sa
croix, ci ses confrères imitèrent son exemple : c'était le vendredi saint.... ! Cependant lorsqu'il vit la chute du trône, et qu'il lui fut impossible de se méprendre sur le but du parti dominant, contre la religion, il prit une marche rétrograde, se déclara contre le mariage des prêtres, et prouonça, lors du procès de Louis XVI, un discours courageux pour le temps, où il combattit ceux qui voulaient la mort du roi, et leur dit des rérités assez hardies, entremêlées pourtant des phrases alors en usage contre le tyran et la tyrannie. Dans les différents appels nominaux, il vota toujours pour le parti le plus favorable. Depuis il s'attacha au parti fédéraliste, et lutta avec courage contre Marat cl Robespierre. Ayant été' accusé de conspiration contre le parti jacobin, devenu dominant à la Convention nationale, il fut condamné à mort, et périt sous la guillotine, le 31 novembre 1793, après avoir abjuré ses erreurs, et s'être confessé à un prêtre vertueux, renfermé avec lui à la Conciergerie, et qui avait eu le bonheur de le faire rentrer en lui-même Voy. les Annales catholiques, tom.IV, p. 169). Dans les temps antérieurs à la révolution, il avait prononcé à l'académie française un panégyrique de saint Louis, et avait fait YOraison funèbre du duc d'Orléans, père d'Egaiité, et de Phélypeaux d'Herbaud, archevêque de Bouryes ; un Discours sur les mœurs rurales.
FAUCHKUIl (Michel Le), ministre protestant, fut app< lé de Montpellier a Charenton. Son éloquence ne fut pas moins admirée à Paris qu'en province. Le maréchal de La Force dit, au sortir d'un de ses sermons sur le duel, « (fue si on lui envoyait un cartel, il le refuserait. » Il mourut à Paris en 1657, estimé des catholiques et des protestants. Sa probité ne le cédait pas à son génie. On doit à sa plume, aussi ingénieuse qu'éloquente, un Traité de l'action de l'orateur, Paris, 1657, in-12; Lyon, 1676; Leyde, 1686, in-12, imprimé d'abord sous le nom de Conrart, ouvrage estimé ; des Sermons sur différents textes de l'Ecriture, Genève, 1660, in-8°; Prières et méditations chrétiennes, Genève, 1661, 1662, in-8°; un Traité de l'Eucharistie, contre le cardinal du Perron, Genève, 1635, in-fol., imprimé aux dépens des églises réformées par ordre du synode national.
FAUR DE SAINT JORR1 (Piekre du), premier président au parlement de Toulouse, mort d'apoplexie en prononçant un arrêt en 1600, âgé de 60 ans, a laissé un grand nombre d'ouvrages, monuments de son érudition. Ceux que les savants lisent avec plus de fruit sont : Dodecameron, sive-deDei nomine et attributis, 1588, in-8°, écrit estimable , qui renferme quantité de passages des Pères grecs et latins, éclaircis ou corrigés; trente-trois livres latins des Semestres, en 2 vol. in-4°, 1598 et 1639, plusieurs fois réimprimés. On y trouve beaucoup de re-
cherches et de questions éclaircies. Des feux gymniques des anciens, traité aussi savant <pie le précédent, in-fol., 1595. Il y a beaucoup à apprendre dans ces différents ouvra-, ges; mais il faut y chercher l'instruction, et non le plaisir. 11 y règne quelquefois de la confusion, et le style n'est pas agréable.
FAURE (Charles), abbé de Sainte-Geneviève et premier supérieur-général des chanoines réguliers de la congrégation de France, naquit en 159V à Lucienncs, près de Sainl-Germain-en-Laye, d'une famille noble. Il entra dans l'abbaye de Saint-Vincent de Senlis, et la réforma par ses conseils et par ses exemples. Celte réforme fut suivie de celle de l'abbaye de Sainte-Geneviève do Paris, et de près de 50 autres maisons. Le réformateur lut nommé général de cette nouvelle congrégation. 11 travailla avec des peines et des fatigues incroyables à rétablir l'ancienne discipline. Il mourut saintement en 1644, à 50 ans, laissant une Conduite pour les novices, et d'autres ouvrages. La Conduite a été réimprimée en 1775. Le P. Chartonnet a publié la Vie du P. Faure, en 1698, in-i°. Elle renferme l'histoire des chanoines réguliersde la congrégationde France, et Y Esprit de leur fondateur, que le P. Faure avait commencé lui-même. Elle est écrite d'une manière édifiante.
FAURE (François), cordelier, né en 1612, d'une ancienne famille de l'Angoumois, sousprécepteur de Louis XIV, évéque de Glandèves, puis d'Amiens, mort d'apoplexie à Paris le 11 mars 1687, âgé de 75 ans, parvint à l'épiscopat par son talent pour la chaire. C'est lui qui lit cette application du vers de Virgile à la reine, lorsque prêchant la Passion à Saint-Germain-l'Auxerrois, il fut dans le cas de recommencer son sermon à l'arrivée de cette princesse :
Iûfandum, regina, jubés renovare dolorem!
application heureuse, mais déplacée quant h la sainteté du sujet et du lieu. On a de lui plusieurs oraisons funèbres, entre autres celle d'Anne d'Autriche, qui avait fait beaucoup de cas de ses lumières et de ses vertus. C'était un homme de bien et d'un grand zèle pour l'orthodoxie; les jansénistes ne lui ont pas pardonné d'avoir censuré les Lettres provinciales, et la fameuse traduction du Nouveau Testament de Mons.
FAURE ( Jeaïs-Raptiste) , jésuite, né à Rome le 25 octobre 1702, de parents français d'origine, fit ses études au collège Romain, dirigé par les Pères jésuites, dont il prit l'habit Je 30 mars 1738, et remplit successivement les chaires de philosophie, de controverse, de théologie scolastique, et des saintes Ecritures. Le P. Faure professa pendant trente années', et fut un des premiers théologiens de son siècle. Les papes Renoît XIV et Clément XIII ne dédaignaient pas de le consulter dans les matières les plus graves. Lors de la suppression des jésuites, il fut enfermé parles ordres de Clément XIV dans le château Saint-Ange, avec plusieurs chefs de son ordre; et ou prit cette rigou-
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reuse mesure envers le P. Faure, parce que l'on craignait que sa plume savante ne prît la défense de ce même ordre qu'on venait de proscrire. Pie VI, en rendant la liberté aux jésuites captifs, permit au P. Faure de demeurer dans son couvent de Jésus ; mais les ennemis des jésuites l'en tirent bientôt expulser. Il se retira à Viterbe, où les habitants lui firent l'accueil le plus distingué, et où il rédigea en 2 vol. in-4°, une Défense du fameux décret du roi Désidère, décret si honorable pour cette ville, et qui existe dans son palais municipal. La vie de ce pieux ecclésiastique était partagée entre ses devoirs religieux, ses études et les soins qu'il donnait aux pauvres et aux infirmes. 11 mourut à Viterbe le 25 avril 1777, âgé de 75 ans. On lui fit de magnifiques funérailles ; son portrait fut placé dans la grande salle du palais municipal, et son éloge fut prononcé dans l'académie littéraire de cette ville. 11 a laissé : Thèses polemicœ, etc. Accedit dissertatio de capitulis S. Celestino II olim tributis, etc., Rome, 1754; Dissertatio polemica de jure regaliœ et primarum pœnarum contra publieistas protestantes, Rome, 1753; Dissertatio polemica in recentiora quœdam erronea systemata de morum dogmatibus , Rome , 1753; De praxi guelphellania in dilatione sacramentalis absolutionis ; Dissertatio polemica adversus Edmundi Richcrii politiam ecclesiasticam; Thèses theologicœ et polemicœ de jure naturœ ac gentium contra Grotiam.... Ilobbesum, Puffendorfium, etc., Rome, 1757; S. Augustini Enchiridion...notis et assertionibus theologicis illustration, Rome, 1755 ; Conclusions universœ theologiœ, Rome, 176G ; Brevis Apparatus ad theologiam et jus canonicum, Rome, 1751. En Italien : Supplément , ou Suppléments aux premières animadversions de M. Sampieri, dans la cause du vénérable Jean Palafox; A Vauteur des deux Lettres intitulées : Avis salutaires,^i&[i\es, 1774 ; deux petits ouvrages très-intéressants sur la dévotion du sacré cœur de Jésus; Essais théologiques pour former un errata corrigé , Lu^ano , 1773 ; Jugement impartial sur la controverse entre les Pères conventuels et les observantins, ouvrage posthume, etc.
FAUSTE, évoque de Riez, né vers l'an 390, dans la Grande-Rretagne, quitta le barreau où il brillait, pour s'ensevelir dans le monastère de Lérins. Il en fut abbé vers l'an 433, lorsque saint Maxime quitta ce poste pour gouverner l'Eglise de Riez. Il lui succéda dans cet évèché vers 455, fut exilé en 481, et mourut vers l'an 485. On a de lui un Traité du libre arbitre et de la grâce, où il relève trop les forces de la nature; et d'autres ouvrages, dans la Ribliothèque des Pères. Le nom de Fauste était autrefois dans le Catalogue des saints de Gennadius ; mais Molanus (De Martyr ologiis, cap. 13) a montré qu'il n'avait jamais été mis dans le Catalogue des saints par l'Eglise romaine, et qu'il ne se trouve pas dans le Martyrologe d'Usuard. Simon Bartel, auteur d'une Histoire chronologique des évoques de Riez, a mis à la fin de son ouvrage une Apologie de
Fauste, que les curieux pourront consulter. FAUSTUS (Jean), fameux nécromancien dans le commencement du xvie siècle, que quelques-uns disent natif de la Souabe ; d'autres d'Anhalt, et d'autres encore de la Marche de Brandebourg, près de Salzwedel. Son père était un paysan, qui envoya ce fils à ses parents à Witlenberg, où il fréquenta le collège et s'attira par son esprit l'affection de tous ceux qui le connaissaient. A l'Age de 10 ans, il alla à Ingolstadt pour y étudier la théologie, et 3 ans après il prit le degré de maître-ès-arts. Il quitta ensuite la théologie, et s'appliqua, avec une assiduité extraordinaire, à la médecine et à l'astrologie judiciaire. Philippe Camérarius dit qu'il étudia la magie à Cracovic, où il assure qu'on en donnait alors des leçons. Pendant cet intervalle de temps, Faustus hérita des biens considérables de son oncle paternel qui mourut a Wittenberg. il employa cet héritage à la débauche, s'adonna entièrement à toutes sortes de sortilèges et aux conjurations des esprits, et se pourvut de tous les livres magiques. Jean Wagner, fils d'un prêtre de Wasserbourg, fut le domestique fidèle qu'il se choisit, et à qui il communiqua tous ses secrets. Faustus se servit aussi, pendant deux ans , des instructions de Christophe Kayllinger, fameux cristallomancien. Enfin, l'infortuné Faustus conjura, dit-on, le démon, traita avec lui pour 24 ans, et en reçut un esprit familier pour son service, nommé Méphistophélès. On rapporte que Faustus joua des tours surprenants à la cour de l'empereur Maximilien ; mais qu'à la fin le démon l'étrangla et le déchira d'une manière effroyable dans le village de Rimlich. Il avait alors 41 ans. George -Rodolphe Widman raconte tout cela dans l'histoire de la Vie de Jean Faustus, qui sans doute paraîtra fort singulière ; mais que les auteurs contemporains, ceux même qui ne passent ni pour crédules ni pour superstitieux, rapportent comme indubitable. Le fameux Mélanohihon, qui vivait dans ce temps-là, en parle comme d'une affaire notoire. Et dans notre siècle, où la philosophie a longtemps ri de ces sortes d'histoires, on la voit courir elle-même avec une criminelle curiosité après tout ce qui peut les reproduire. Voij. Asmodée , Brun (le), Brow.n (Thomas), Delrio, etc. — M. d'Archenholz, dans son Tableau de l Angleterre,' Paris, 1788, fait mention d'un doc teur Falkon, qui peut être considéré comme le pendant de Faustus. «11 y a, dit-il parmi « cette nation un homme extraordinaire, qui, « depuis trente ans, est célèbre dans les an « nales cabalistiques. 11 se nomme Gain Che « nul Falk, et est connu généralement sou* « le nom de docteur Falkon. Un certain « comte de Ranzow, mort depuis peu au « service de France comme marécbal-de- « camp, assure dans ses mémoires cabalis- « tiques, magiques, etc., avoir vu ce Falk « dans le pays de Brunswick, sur une des « terres de son père, en présence de beau- « coup de personnes connues, qu'il i:omme « toutes et qu'il prend à témoin de la vérité
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« de ce qu'il avance. Falk s'osl-il servi dans
«ses opérations de la méthode dn Schro- «pfer?fo n'eu sais rien. Ce qu'il 3 a de « certain, c'est que cet homme vil actuelle- « nient il Londres. Lorsqu'il sort, ce qui arec ri\e très-rarement, il est toujours revêtu « d'un long talar, qui va très-bien avec sa « longue barbe blanche el sa figure noble et « intéressante. Il est actuellement âgé de « 70 ans à peu près, .le ne me donnerai 1 as « la peine do rapporter ici toutes les choses « incroyables ci extraordinaires qu'on ra-
« conte de ce vieillard Un prince
« voulut aller !e voir, il 3 a quelques aux nées; il se présenta à la porte de Falkon, « et ne lut point reçu. » Le comte de Mirabeau, dans sa Monarchie prussienne, parle aussi en plusieurs endroits du goût des philosophes modernes, des princes et autres bruyants personnages, pour la magie. « Voyez, « dit-il, en Allemagne tant de princes ivres « de l'espoir et de l'attente des moyens sur- « naturels de puissance, évoquer les esprits, « explorer l'avenir et tous ses secrets, ten- « ter de découvrir la médecine universelle, « de faire le grand œuvre, et pour élancher « leur soif insatiable de domination et de « trésors, ramper à la voix de leurs thauma- « turges, que dirige un sceptre inconnu. » Ailleurs il parle d'un nommé Schropfer, cafetier de Leipzig, auquel le duc Charles de Courlande avait fait donner des coups de bâton, mais qui sut ensuite tellement fasciner ce prince, et une grande partie des personnes les plus considérables de Dresde et de Leipzig, qu'il joua un assez grand rôle. « Dès lors, dit-il, on vit reparaître en Lu- « rope les folies de l'Asie, de la Chine, la « médecine universelle, l'art de faire de l'or « et -.es diamants, le breuvage de l'immorta- « lité , etc., etc. Le genre particulier de « Schropfer était surtout l'évocation des mate nés : il commandait aux esprits; il faisait « apparaître à son gré les morts et les puis- « sances invisibles. On sait quel fut Je dé- « nouement de son drame. Après avoir con- « sumé des sommes immenses à ses adhé- « rents, après avoir aliéné le bon sens do « plusieurs d'entre eux, dans l'impossibilité « de se soutenir plus longtemps, il se cassa « la tête d'un coup de pistolet, dans un bos- « quel près de Leip.-ig. A Schropfer succéda « Saint-Germain, qu'un comte de Lambert « avait annoncé dans son Mémorial d'un mon- « dain, etc. » Il est encore parlé plus amplement de ces farces dans l'Essai sur la secte des Illuminés, ouvrage d'ailleurs indigeste, où toutes les notions sont confondues. Le cagliostrocisme et le mesmérisme présentent des scènes du môme genre. «Qui eût cru, « dit un auteur, qu'un siècle où l'existence « de Dieu était un problème, où presque ««tous les hommes doutaient de celle de leur « Ame, et ne répondaient que par un sourire « moqueur à tout ce qui supposait celle des « anges et des démons, qui eût cru, ou qui « eût dû le prévoir, qu'un 1. 1 siècle, au lieu « de finir par une entière incrédulité, fini- « r<iit par courir'avec autant d'avidité à du
» surnature] de toute espèce , qu'i. avait « comu si longtemps après des livres qui en « détruisaient jusqu'à la possibilité?»
FAVRE ou LE FÈV RE (Pierre , lo premier des compagnons de saint Ignace, dont il avait été le répétiteur au collège do Sainte-Barbe à Paris, naquit en 1506 au hameau du Villaret, diocèse de Genève. Il contribua, par son exemple, à la réforme des ecclésiastiques et des ordres religieux; et, par son zèle ardent, à la propagation do l'ordre des jésuites. Il fonda les collèges doCologne (15H), de Coïmbre et de Vaïladôlid (15V6), reçut de Philippe II, du roi de Portugal et du pape Paul 111 les témoignages les plus flatteurs de l'estime qu'ils lui portaient, et mourut h Rome en 15'i6. Il a laissé des Lettres, dont quelquesunes ont été imprimées avec celles du Père Canisius. Sa Vie, écrite par Nicolas Orlandini, a été publiée à Home, 1615, in-fol., et à Lyon, 1617, in-8".
FAVRE (Marie-Th.), ancien supérieur des missionnaires do Chanibéry, né le 7 novembre 1791, à Samoëns, petite ville du Faucignv, en Savoie, fit ses études ecclésiastiques au grand séminaire de Chambéry. Ordonné prêtre le 3 août 1817, il fut nommé vicaire de Sallanches, et enfin professeur de rhétorique au petit séminaire de Saint-Louis-du- Mont,en 1819. C'est de là qu'après avoir conçu son plan de mission, il sortit pour aller porter aux peuples la bonne nouvelle du salut. 11 rédigea à cette époque un Traité de politesse. L'abbé Favro commença le cours de ses missions vers la fin de l'année 1821. Eclairer l'intelligence par l'exposé lumineux et précis des vérités chrétiennes, émouvoir ensuite la sensibilité par tout ce que la religion renferme de terrible ou de touchant, tel fut le double but qu'il se proposa. Pour atteindre le premier, il avait établi trois exercices particuliers : le catéchisme, l'examen de conscience et la conférence. 11 avait coutume de diviser Ja population en quatre classes : hommes, jeunes gens, femmes et filles, et de leur donner séparément des conférences relatives aux besoins particuliers de chacune. Pour atteindre le second, c'est-à-dire pour remuer les consciences et achever de gagner les Ames à Dieu , il employait les divers exercices de la mission, les discours, les exhortations fréquentes, les visites publiques et simultanées à Jésus-Christ et à la sainte Vierge, d'autres cérémonies extérieures qui, en frappant les sens, produisaient dans les cœurs des impressions salutaires, enfin les invitations réitérées à la prière et au recueillement. L'abbé Favre se retira au collège de Conilans, vers la fin de l'année 1833, pour y travaillera sa sanctification dans la solitude, et pour mettre par écrit le résultat de ses éludes et de sa longue expérience. Mgr Rey, évoqua d'Annecy, et Mgr Billiot, évoque de Maurienne, lui écrivirent plusieurs fois des lettres flatteuses pour l'engager à se fixer dans leurs diocèses respectifs; mais rien ne put l'engager à quitter sa rc raite. 11 mourut à Albertville le 16 juin 1838. On a de fui : le Ciel ouvert par la confession sincère et la com-