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1700. Le ment bible
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SertatiODS. Elle parut à Paris en Père Félibien était un homme d'un
SÛr et d'un espril facile; niais
santé fut un grand obstacle à ses études.
FÉLIBIEN Jacques), frère d'André, chanoine ci archidiacre de Chartres, où il était
ut' en 1636, a composé : des Instructions
morales, en forme de catéchisme, sur les Commandements de Dieu et sur le Symbole, tirées de L'Ecriture sainte; Pentateuchus historiens, Paris, 1703, in-V'. Ce livre a été Supprimé par un arrêt du conseil ; dans plusieurs exemplaires, (les cartons retranchés se trouvent à la lin du volume. Il mourut le 23 novembre 1716, à 80 ans.
FÉLICE (FORTONÉ-BàHTHÉLEMI de), né à Rome le 34 août 1723, d'une famille originairement napolitaine, lit de bonnes études chez les jésuites et professa avec beaucoup de succès à Rome et à Naples. Ayant enlevé dans un couvent une femme de condition, il fut obligé de fuir, et il se retira, après avoir parcouru différents pays, à Berne, où il embrassa la religion protestante, et se lia intimement avec le célèbre Haller et Tscharlier. 11 vint ensuite établir une imprimerie à Yverdun, et publia avec ce dernier YEstratto delta letteratura europea, journal qu'il continua pendant 9 ans, et qui se fait remarquer par une saine critique et une érudition variée, il a donné en outre un trèsgrand nombre d'ouvrages; les principaux sont: De Newtoniana attractione, unica cohœrentiœ naturalis causa , adversus Clar. Hambergcrum, Berne, 1757, in-V" ; Discours sur la manière de former Vesprit et le cœur des enfants, Yverdun , 1703, in-8" ; Principes du droit de la nature et des gens, d'après Burlamaqui , Yverdun, 8 vol. in-8°. Il en donna ensuite un abrégé sous le litre de Leçons de droit de la nature et des yens, 1709, 4 petits vol. in-8°. L'Encyclopédie, ou Dictionnaire universel raisonné des connaissances humaines, Yverdun, 1770-30, 42 vol. in-4°, 0 vol. de supplément, et 4 vol. de planches , d'après l'édition de Paris, mais qu'il crut pouvoir refondre, améliorer, enrichir. Tous les articles signés I). F., et toutes les additions placées eulre deux astériques, sont de lui. Il eut pour collaborateurs Euler, Deleuze, Tscharner, Lalande, Dupuis, Lieutaud, Haller, Formey, etc. Code de l'humanité, ou Législation universelle, naturelle, civile et politique, Yverdun, 1778, 13 vol. in- 4". Cet ouvrage est tiré en partie de son Encyclopédie, mais il y a joint des développements nombreux. Tableau philosophique de la reliyion chrétienne, 1779, 4 vol. in-12; Tableau raisonné de l'histoire littéraire du xvmc siècle, Yverdun, 1779-1783, in-8J; Eléments de la police d'un état, 1781,2 vol. in-12. Félice mourut à Yverdun le 7 février 1789.
FÉL1CI (Lotis) , jésuite , né à lschio en 1740, entra jeune dans la société de Jésus, y fit profession en 1773, et fut un modèle de toutes les vertus chrétiennes; il a fondé deux établissements qui ont rendu et r» ndent encore d'importants services à la religion. Le premier est la cungié0alioii de vignerons et
d'agriculteurs, qui fit changer les mœurs, inspira la religion et la charité à des gens grossiers; le second établissement du père l'ïlici est une association connue sous lo. nom d'Union des prêtres de saint Paul : elle fut formée en 1790, dans l'hôpital de la Consolation. Là, d'anciens jésuites, des prêtres réguliers se réunissaient pour assister les malades. Le prélat Médicis fut le bienfaiteur de cette société, et le nombre des associés augmenta rapidement. D'abord leurs conférences bi-mensuolles se tenaient dans l'église de la Sapience; ils prirent ensuite pour lieu de réunion l'Oratoire de Saint-Paul , dans l'église de Saint-Stanislas des Polonais. Des cardinaux et des prélats assistent souvent aux réunions de cette association, qui est divisée en huit brandies, dont chacune a un régulateur particulier, et a pour but de distribuer des secours spirituels aux malades des hôpitaux, de faire le catéchisme, de prêcher les samedis et les dimanches aux matelots de toutes les nations; de propager par toute la terre la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie : de visiter les pauvres malades dans les maisons d • Borne, de leur porter des secours spirituels et temporels, etc. Le bien qu'a fait cette société est incalculable. Malgré son âge et ses infirmités, le père Félici se réunit à ses confrères lors du rétablissement de la compagnie de Jésus, et mourut dans leurs bras le 29 novembre 1819, à 81 ans. Les vertus de ce pieux jésuite le tirent révérer et chérir à Rome, où il était le conciliateur, l'ange de paix dans les familles, et enfin le bienfaiteur des pauvres.
FÉLICISSI.ME, diacre de Carthage, se sépara de saint Cyprien avec les chrétiens tombés dans la persécution, vers l'an 251. Il voulait qu'on les reçût à la communion sur une simple recommandation des martyrs, et sans qu'ils eussent fait pénitence. 11 se joignit à Novat et à quelques autres prêtres. Saint Cyprien les excommunia.
FÉLICITÉ (sainte), dame romaine, souffrit le martyre avec ses sept fils, sous Marc-Aurôle, vers l'an 104. Les enfants, encouragés par leur illustre mère, supportèrent les tourments avec une constance admirable. L'ainé fut flagellé jusqu'à la mort, avec des fouets garnis de plomb ; les deux suivants furent assommés à coups de bâton , et les autres décohés avec leur mère, qui fut martyrisée la dernière. Voy. Pekfétle.
FÉLIX, proconsul et gouverneur de Judée, frère de Pallas affranchi de Claude, passa en Judée vers l'an 53 de Jésus-Christ. Drusille, fille du vieil Agrippa, gagnée par ses caresses, l'épousa quelque temps après. Ce fut devant lui que saint Paul comparut. Néron le rappela de la Judée, qu'il pillait et tyrannnisaitdela manière la plus o lieuse; ce qui n'empêcha pas Tertullus qui pérorait contre saint Paul, de le ilatter d'une manière lâche et indigne, pour l'engagei- à condamner ce grand apôtre, dont l'éloquence frappa tellement le gouverneur romain, qu'effrayé des grandes vérités du christianisme , il rompit brusquement la conférence. Act. xxiy.
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FELIX I" (saint), pape, successeur de saint ceux qui s'étaient laissé rebaptiser en Afri - Denvs en 269 mourut martyr l'an 274. Sous que pendant la persécution. Il mourut sainson nontificat'la paix de l'Eglise fut troublée tement en 492. C'est le premier pape qui ait nar l'hérésie de Paul de Samosate, et elle fut employé l'indiction dans ses lettres. Athanersécutée par l'empereur Aurélien. Il nous laric, roi des Goths, quoique arien, respecta resiede cepontifeun fragmentde la /e«requ'il ses vertus et son zèle pastoral. Félix en obécrivit à Maxime d'Alexandrie, contre Sabel- tint plusieurs grâces et actes de justice. Ce iius et Paul de Samosate. Elle fut lue dans les fut en sa considération que ce prince donna
un édit solennel en faveur des libertés et privilèges de l'Eglise, et prit des mesures pour faire respecter le sacerdoce chrétien.
FELIX IV, natif de Bénévent, monta sur la chaire de saint Pierre, après le pape Jean Ier, le 24 juillet 526, par la faveur de ïhéodoric. Il gouverna l'Eglise avec beaucoup de zèle, de doctrine et de piété, et mourut , au commencement d'octobre 530, suivant Anastase.
FELIX V. Voyez Amédée VIII.
FELIX (saint), prêtre de Noie en Campanie, eut beaucoup à souffrir pour la foi sous Dèce et Valérien. La paix ayant été rendue à l'Eglise, Félix reparut, et continua à s'acquitter des fonctions du saint ministère. Après la mort de Maxime, évêque de Noie, on voulut » le mettre à la tête de cette Eglise; mais son humilité s'y opposa. 11 passa le reste de ses jours en paix, dans une terre qu'il labourait lui-même. Il y mourut vers l'an 256. Les mi-
conciles de Chalcédoine et d'Ephèse, et ce fragment est dans les actes du concile de Chalcédoine. On lui en attribue trois autres, visiblement supposées.— Relativement à l'édition de ses écrits donnée par M. Migne,
VOV. EUTYCHIEN.
FELIX II, archidiacre de l'Eglise romaine, placé sur le siège pontifical en 355,parl'emlereur Constance, pendant l'exil du pape Libère, en fut chassé après le retour du véritable pontife. Constance aurait voulu que Libère et Félix gouvernassent tous deux l'Eglise de Rome, et que chacun fût à la tête de son parti; mais le peuple ayant entendu cet ordre de l'empereur, qu'il fit lire dans le cirque, s'écria tout d'une voix : « Il n'y a « qu'un Dieu, qu'un Christ, qu'un évêque.. Félix, obligé de se retirer, mourut dans une de ses terres le 22 novembre 365. Le Martyrologe d'Usuard et celui de Rom^ lui donnent
le titre de martyr : mais le P. Papebroch racles qui se "sont opérés à son tombeau sont prouve que c'est sans preuve, dans une dis- attestés par saint Paulin , saint Augustin , sertation insérée dans le Propylœum ad Acta Sulpice-Sévère et le pape Damase. Quelquessanctorum, p. 56.111e dit cependant digne du uns de ces illustres et saints écrivains ont culte qu'on lui rend comme saint. Singularis été témoins oculaires des faits qu'ils rapporipsius , dit-il , ad obitum usque per annos tent. Saint Paulin atteste qu'il a vu de ses plusquam octo modestia , qua sese conti- yeux un énergumène marcher la tête en bas nuit in humili recessu, oblatis recuperandœ contre la voûte d'une église, sans que ses sedis occasionibus nunquam nsus, poslquam id habits fussent dérangés, lequel fut délivré par sine fidei catholicœ periculo fieri non posse les reliques de saint Félix de Noie. « Ces cognovit, omnem a grata posteritate venera- « sortes de faits, dit un auteur moderne, sont
tionem commeruit. Plusieurs critiques le placent dans le catalogue des papes; mais il paraît qu'on doit le regarder plutôt comme évêque-vicaire du pape Libère, qui, selon quelques-uns, avait consenti qu'on le mît à sa place, et qu'il eût droit de lui succéder, s'il venait à mourir pendant son exil ; par là on excuse le clergé de Rome d'avoir adhéré à son ordination et de l'avoir regardé pour pape, surtout après qu'on eut annoncé à
« traités de contes par les beaux esprits du « jour; mais il sont rapportés par deshom- « mes de toute probité, et rejetés par des « gens qui n'en ont pas assez pour être crus, « lors même qu'ils disent des choses trèsce ordinaires. » Félix a toujours été honoré à Noie comme un saint. Son culte passa de l'Italie en Afrique.
FELIX (saint), succéda à saint Briton dans le gouvernement de l'Eglise de Trêves en 385.
Rome la chute apparente dans la foi du pape Son épiscopat fut agité de violents orages.
Libère. Le tombeau de Félix, trouvé sous le pontificat de Grégoire XIII l'an 1582, avec une inscription honorable, confirme le sentiment des critiques favorables à sa mémoire. FELIX III, Romain, bisaïeul de Grégoire
Les évêques, assemblés à l'occasion de son sacre, communiquaient tous les jours avec Ithace et ses adhérents, qui sollicitaient la mortderhéréliquePrisciUienetdeceuxdeson parti. Saint Martin, que des affaires avaient
le Grand, fut élu pape après Simplicius en appelé vers le môme temps à Trêves, com-
483. 11 commença par rejeter l'édit d'union, publié par l'empereur Zenon, et anathématisa ceux qui le recevaient. Acace de Constantinople troublait alors l'Eglise; il tâcha de le ramener par des lettres pleines de douceur; mais apprenant qu'il ne cessait de communiquer avec Pierre Mongus, hérétique anathématisé, il prononça contre lui une sentence de déposition et d'excommunication.
Cette sentence fut attachée au manteau d'Acace par des moines acémètes, auxquels cette hardiesse coûta la vie. Félix assembla un concile à Rome en 487, pour la réconciliation de
Dictioisn. de Biographie kelig. H.
muniqua avec les mêmes évêques en assistant à l'ordination de Féix; faiblesse qu'il se reprocha toute sa vie. Saint Ambroise, plus ferme que lui, refusa constamment de communiquer avec Félix et les autres évêques qui avaient eu part à son ordination. Peu de temps après les évêques des Gaules s'assemblèrent en concile à Turin, où, après lecture faite des lettres écrites à ce sujet par saint Ambroise et le pape saint Sirice, il fut résolu qu'on n'accorderait la communion qu'à ceux qui se retireraient de celle de Félix : celui-ci, ne voulant point être cause d'un schisma
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klans l'Eglise, se démit de l'épiscopat, et se retira auprès de L'église de la Sainte-Vierge (aujourd'hui Saint-Paulin) à Trêves, quil avait l'ait réparer ou construire; il y passa le reste de ses jours, éloigné de tout commerce avec le monde, et dans l'exercice des plus sublimes vertus
FELIX, évèque d'Urgel, ami d'Elipaod, évèque de Tolède, soutenait comme lui que Jésus-Christ est fils adoptif. Cette erreur fut condamnée au concile de Narbonne l'an 79if de Friuiil la même année, de Ratisbonno en 792. 11 fut envoyé ensuite à Rome, où il abjura son erreur; mais il continua à la répandre après son retour à Orgel. Alcuin et Paulin d'Aquilée la réfutèrent victorieusement. Il fut de nouveau condamné à Francfort , en 794 , à Rome , en 799, et la môme année à Aix-la-Chapelle. C'est dans cette dernière assemblée qu'il fut dépossédé de l'épiscopat à cause de ses rechutes , et ensuite relégué à Lyon par Charlemagne, dont le jugement en cette affaire ne fut que l'expression de l'entière adhésion de ce prince aux décisions de l'Eglise, comme l'a prouvé Bossuet (Polit, de V Ecrit., liv. vu, .art. 4, prop. il). Félix écrivit du lieu de son exil à son peuple d'Urgel une lettre qui contenait l'abjuration de son erreur; on doute qu'elle fût plus sincère que les autre .:. « Fé- « lix d'Urgel passa sa vie, dit l'abbé Bergier, « dans une alternative continuelle d'abjura- « tions et de rechutes, et la termina dans « l'hérésie. » Il mourut vers l'an 818.
FELIX, surnommé Pratensis, parce qu'il était né à Prato en Toscane, fut instruit dans les langues orientales par son père qui était un rabbin juif. Félix s'étant fait catholique entn dans l'ordre des ermites de Saint-Augustin, vers 1504, et après avoir éditié ses irères il mourut très-vieux en 1557. On a de lui : Psalterium ex hebrœo ad verbum fere tralatum adjectis notationibus, Venise, 1515, in -4"; réimpr. à Haguenau et à Bade en 1522 et 1524, même format; on trouve aussi cette version dans le Psalterium sextuplez, Lyon, 1530, in-8°. Le pape Léon X ayant approuvé cette traduction , Félix résolut de faire le même travail sur les autres parties de l'Ancien Testament. Elssius cite les versions de Job et d'autres livres de la Bible, mais elles n'ont point été publiées ; Biblia sacra hebrœa, cum ulraque masora et largum, item cum Commenlariis rabbinorum, cura et studio Felicis Pratensis cum prœfatione latina Leoni X nuncupata, Venise, Bomberg, 1518, 4 t. in-f . FELL ( Jean ), né en 1625 à Longworth, évèque d'Oxford en 1675, mort en 1686, à 61 ans, fut sincèrement attaché à la famille royale des Stuart. Persécuté par les parlementaires, il se renferma dans son cabinet, et y acquit des connaissances très-étendues. Dans le temps de la révolution, en 1660, il reparut, et fut récompensé de son zèle pour son roi, par des bénéfices et enfin par l'évêché d'Oxford. On a de lui le 1er volume des Rerum anglicarum Scriptores, Oxford, 1684, in-fol. : la mort l'empêcha de continuer cette savante et utile collection. 11 avait donné,
avec Péarson, une très-belle édition de saint C\ prien, Oxford, 1682, in-fol., avec des remarques savantes, et une édition des œuvres de saint Théophile d'Antioche, Oxiord,1684. Son Nouveau Testament grec avec les variait-1 tes, imprimé dans la même ville, in-12, 1675, est estimé. On a encore de lui : Vu du docteur Henri JJammond, Londres, 1661, in-8°, en anglais, souvent réimprimée en tête de la Vie de cet auteur; Alcinoi in platonicam pkilosophiam introdactio, Oxford, 1G67, in-8° ; une traduction latine des Antiquités de l'université d'Oxford de Wood, 167V , 2 vol.
in-folio.
FEULER ( François-Xavier de), naquit à Bruxelles, le 18 août 1735. Son père, secrétaire des lettres du gouvernement des Pays- Bas, fut anobli (tour ses services par l'impératrice Marie-Thérèse. C'est dans Luxembourg et chez son aïeul maternel que le jeune de Feller passa ses premières années ; les jésuites qui dirigeaient le collège de cette ville furent ses instituteurs. La surveillance sévère de son aïeul et les soins de ses maîtres lui tirent employer fructueusement des années précieuses trop souvent perdues dans la dissipation et les plaisirs. Feller, dans un âge plus avancé, reconnaissait qu'il ne devait qu'à ces circonstances heureuses l'habitude du travail qu'il avait contractée de bonne heure. Envoyé à Reims, il y lit avec distinction son cours de philosophie, et y soutint des thèses où il fut fort applaudi. Il montra un goût particulier pour la physique et les sciences exactes. Elevé dans la piété, et adonné depuis son enfance à l'étude, ce double penchant tourna ses vues vers l'institut des jésuites, qui unissait l'exercice des vertus religieuses à l'amour et à la culture des lettres. 11 entra, vers la fin de septembre 1754, au noviciat de la société, à Tournai. C'est alors qu'il ajouta à son prénom celui de Xavier, saint auquel il eut toute sa vie une dévotion particulière; mais Dieu le soumit à une rude épreuve. Pendant la première année de sa probation, il lui survint une telle faiblesse d'yeux, que souvent il en perdait presque totalement l'usage. Il savait que cette incommodité était un obstacle à son admission définitive. La crainte d'être exclu d'un état auquel il se croyait appelé le tourmentait. Dans cette perplexité cruelle il s'adressa avec ferveur au Dieu qui a dit : Demandez et vous recevrez. Il éprouva d'abord un peu de soulagement, et bientôt les symptômes qui l'inquiétaient disparurent entièrement. Lorsqu il eut fini son temps d'épreuve, et qu'il eut été admis au nombre des membres delà société, il fut, suivant l'usage de l'institut, employé à l'enseignement. Il professa les humanités à Luxembourg et à Liège, puis la rhétorique et les belles-lettres. L'habitude des classes, un travail assidu, une mémoire des plus heureuses, avaient prodigieusement étendu ses connaissances.
Il possédait parfaitement les auteurs anciens ; il savait par cœur Virgile, Horace, et plusieurs autres écrivains de l'antiquité, et il pouvait les expliquer de mémoire. Toutefois
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le soin donné aux ouvrages profanes n'avait pas ralenti ses études religieuses ; l'Ecriture sainte et l'Imitation de Jésus-Christ n'étaient pas moins présentes à sa mémoire que les auteurs classiques, et l'on assure qu'il suffisait de lui indiquer un chapitre de la Bible ou d'A-Kempis, pour qu'aussitôt il le récitât tout entier. Ses leçons formèrent d'excellents élèves, dont hs prémices littéraires, recueillies dans les Musœ Leodicnses, attestaient l'habileté du maître. Après avoir fourni sa carrière dans l'enseignement, le P. de Feller fut envoyé à Luxembourg pour y apprendre la théologie. Il s'était, de lon;ue main, préparé à cette étude nouvelle. Pendant qu'il enseignait la rhétorique, il avait lu les principaux ouvrages des Pères, et il avait parcouru à plusieurs reprises la théologie dogmatique du P. Petau. Cette science ne lui offrit que peu de difficultés : il trouva du temps pour une autre tAche qui lui fut imposée. On le chargea de prêcher en latin le carême devant un auditoire nombreux, composé de jeunes gens qui étudiaient à Luxembourg la théologie, la philosophie et la rhétorique. On fut étonné do la facilité avec laquelle Feller s'acquitta de ce ministère ; on ne le fut pas moins de la beauté et de la solidité de ses discours. Cependant il ne les écrivait point, et quelques heures de méditation lui suffisaient pour disposer dans sa mémoire le développement de divers points qu'il avait à traiter. Le P. de Feller n'avait pas fini son cours de théologie en 1763, lorsque les jésuites furent supprimés en France. Le roi Stanislas les avait conservés en Lorraine, et Fini; ératrice Marie-Thérèse dans ses Etats héréditaires. Une partie desjésuiles français reflua dans les collèges des Pays- Bas ; pour leur faire place, les jeunes jésuites qui n'avaient point achevé leur théologie allèrent la continuer dans d'autres provinces. Le P. de Feller était de ce nombre, et fut envoyé à Tirnau, en Hongrie, où les jésuites avaient un bel établissement; il y fut bien reçu, et son mérite ne tarda point à s'y faire connaître. On le chargea de prononcer divers discours académiques ; il le fit de manière, à augmenter encore la bonne opinion qu'on avait conçue de lui. Il passa dans les pays étrangers environ cinq ans dont il profita pour augmenter son instruction. Ayant obtenu la permission de voyager, il parcourut la Hongrie, l'Autriche, la Bohème, la Pologne, et une partie de l'Italie, ses tablettes à la main, observant les mœurs et le caractère des peuples, et notant ce que les divers lieux offraient d'intéressant ou de curieux pour l'histoire, la physique, l'histoire naturelle, l'agriculture, le commerce, etc. Il visitait les bibliothèques, les archives des monastères, les manufactures, et descendait jusque dans les mines ; de sorte qu'il revint avec de bons mémoires, pleins de faits et d'anecdotes, qu'il a depuis mis en ordre, en y ajoutant des observations recueillies dans d'autres pays, où depuis il eut occasion de voyager. Cet ouvrage précieux a été publié en 1820. Le P. de Feller revint dans les
Pays-Bas en 1770. Le 15 août de l'année suivante, il s'engagea par les quatre vœux. Il enseigna encore à Nivelle depuis son retour ; mais ses supérieurs lui firent quitter cette carrière pour celle de la prédication. C'est là que sa belle mémoire, chargée des richesses que de longues études lui avaient acquises, le servit merveilleusement; s'il n'improvisait point ses sermons, du moins il n'avait pas besoin d'une longue préparation. On assure qu'il ne commençait son plan que l'avant-veille du jour où il devait prêcher; le lendemain il employait quelques heures à le méditer, et le troisième jour il prononçait son discours avec une facilité d'élocution qu'on aurait crue être le produit d'un long travail. C'est au milieu de ces occupations que le P. de Feller eut la douleur de voir abolir un institut qu'il chérissait, et où il avait passé ses plus belles années. 11 remplissait alors les fonctions de prédicateur dans le collège des jésuites à Liège : il prit l'habit d'ecclésiastique séculier, et ne quitta point cette ville, il se dévoua à la profession d'homme de lettres, si souvent dégradée par des productions coupables, et il résolut de l'ennoblir en consacrant sa plume à la composition d'ouvrages utiles à la religion. Il publia plusieurs écrits jusqu'en 1787, époque où éclata la révolution brabançonne. En 1794, l'approche des armées françaises et leurs succès dans la Belgique obligèrent l'abbé de Feller de quitter Liège. 11 se retira en Westphalie, où l'évêque de Paderborn l'accueillit avec bienveillance, et lui donna un logement dans l'ancien codége des jésuites. Au bout de deux ans il quitta ce séjour pour aller à Barteinstein, résidence du prince de Hohenlohe, qui l'avait invité à s'y rendre; enfin, en 1797, il se fixa h Ratisbonne. Le prince-évêque de cette ville lui fît l'accueil le plus favorable, l'admit dans son intimité, et s'en faisait accompagner dans ses voyages à Freysingen et à Berchtesgaden, domaines de son évôché. Des offres avantageuses avaient été faites à l'abbé de Feller ;il aurait pu trouver „un établissement en Italie et en Angleterre; mais il préféra à ces différents partis l'honorable hospitalité que lui accordait le prince-évêque, jusqu'à ce qu'il pût retourner dans sa patrie, vers laqu lie se portaient tous ses vœux, et qu'il ne devait plus revoir. Au mois d'août lbOl, il fut saisi d'une fièvre lente qui, sans paraître d'abord dangereuse, mina insensiblement ses forces. L'hiver avait semblé lui rendre quelq.e vigueur, lorsque la fièvre qui l'avait quitté le reprit au printemps, et le progrès du mal lui fit bientôt sentir que sa fin approchait. Il se prépara à la mort avec le calme d'un vrai chrétien. Le 27 avril 1802, il se fit apporter le saint viatique , qu'il reçut avec une foi vive. Le 12 mai suivanf, ayant éprouvé une faiblesse, il demanda qu'on lui lût les prières des agonisants. Il languit encore quelques jours, et le 21 mai 1802 il expita dans de grands sentiments de piété. Si la mort de Feller fut une perte pour les lettres, elle n'en fut pas une moins grande pour la reli-
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gion qu'il avait constamment défendue contre [es attaques de l'incrédulité et lessophismes <ie la philosophie moderne. Il avait repoussé toutes les innovations dangereuses. Doué d'une piété solide et éclairée, il était resté très-attaché à son institut, qu'il regardait avec raison connue saint et utile, et il regretta toute sa vie l'état religieux. Rejeté clans le monde, il y vécut comme il aurait fait dans un collège de jésuites, fidèle aux mêmes devoirs, pratiquant les mêmes exercices, livré aux mômes travaux. Son dévouement pour le saint-siége ne se démentit point. Animé des intentions les plus droite-, mais dominé par une vive imagination, on put quelquefois lui souhaiter plus de mesure, jamais plus de zèle. Dans la société, il était doux, complaisant et poli ; ses amis étaient nombreux et tous dignes d'estime. Il a beaucoup écrit, et a toujours cherché avec bonne foi la vérité : jamais aucun autre intérêt n'a guidé sa plume. On a de lui : 1" Jugement d'un écrivain protestant, touchant le livre de. Justinus Febronius, 1771. C'est la réfutation du fameux ouvrage de M. deJSontheim, évoque de Myriophite et sulfragant de Trêves, qui parla suite en rétracta la doctrine. 2° Entretiens de Voltaire et de M. P., docteur de Sorbonne, sur la nécessité de la religion chrétienne et catholique, pur rapport au salut. 3° Lettre sur lr Dîner du comte de Boulainvilliers, facétie de A'oltaiio. 4° Examen critique de V Histoire naturelle de M. de Buffon. L'abbé de Feller y attaque la théorie de la terre de cet auteur. 5° Une édition de YExamen de l'évidence intrinsèque du christianisme, traduit de l'anglais de Jenyns, avec des notes, 1 vol. in-12, 1779. Jenyns, l'un des lords du commerce, après avoir été fort religieux dans sa jeunesse, tomba dans le déisme. 6° Dissertation en latin sur cette question : Num solarationis vi, et quibus argumentis demonstrari potest non esse plures vno deos, et fueruntne unquam populi aut sapientes qui hujus veritatis cognitionem absque revelationis divinœad ipsos propagatoe auxiliis habuerunt? Cette question avait été proposée par l'académie de Levde. Le prix fut adjugea un discours où l'auteur avançait que la croyance d'un seul Dieu n'était fondée sur aucune preuve démonstrative, paradoxe que releva l'abbé de Feller dans une autre dissertation insérée dans son journal du 1er octobre 1780. 7° Une édition des Remontrances du cardinal Bathiani, primat de Hongrie, à Joseph II, empereur, au sujet de ses ordonnances touchant les ordres religieux et d'autres objets, 1 vol. in-8", 1782, en latin et en français. Lorsque ces remontrances furent renoues publiques, une lettre, sans nom d'auteur, les attaqua : Feller y répondit victorieusement. 8° Une édition de l'Histoire et fatalités des sacrilèges vérifiés par des faits et exemples, etc., pat- Henri Spehnan.avec des additions considérables et des extraits, en latin et en français, des livres des Machabées et autres livres saints, 1789. 9° Traité sur la mendicité, 1775. L'abbé de Feller n'en est que l'éditeur; mais il y a l'ait des changements considérables et beau-
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coup d'additions. 10° Discours sur divers sujets de religion et de morale, Luxembourg, 1777, 2 vol. in-12. ll"Une édition de la Vie de saint François-Xavier; c'est celle du P. Bouhours, mais augmentée de quelques opuscules de piété. 12° Véritable état du différend élevé entre le nonce apostolique de Cologne et les trois électeurs ecclésiastiques ; ouvrage plein de détails curieux sur ces disputes. 13° Supplément au Véritable étal, etc., continuation du sujet traité dans le livre mentionné ci-dessus. 14-° Coup d'œil jeté suite congrès d'Ems, précédé d'un supplément au Véritable état ; ces troisouvrages se tiennent et sont intéressants pour l'histoire ecclésiastique de ce temps. 15° Défense des réflexions sur le Pro memoria de Salzbourg, avec une table générale des quatre ouvrages précédents ; tous sont cités presque à chaque page dans la Réponse de Pie VI aux archevêques de Mayencc, de Cologne, de Trêves et de Salzbourg, au sujet des nonciatures. 16° Dictionnaire de géographie, 1782, 2 vol. in-12 ; 2* édition, Liège, de 1791 à 179i, 2 vol. in-8°. 17° Observations philosophiques sur le système de Newton, le mouvement de la terre et la pluralité des mondes, avec une dissertation sur les tremblements de terre, les épidémies, les orages, les inondations, etc., Liège, 1771 ; 2* édition, Paris, 1778; 3e édition, Liège, 1788, avec des augmentations considérables. L'astronome Lalande écrivit contre cet ouvrage. Feller lui répondit, et la dispute en resta là. 18° Catéchisme philosophique, ou Recueil d'observations propres à défendre la religion chrétienne contre ses ennemis, Liège, 1773,
I vol. in-8°, et Paris, 1777 ; 5* édition en 1819, à Lyon, chez Guyot, 2 vol. in-8°, faite, dit-on, sur une copie revue par Feller, et chargée de corrections et de notes de sa main. Mme de Genlis a fait réimprimer ce livre sous le titre de Catéchisme critique et moral, avec d'assez nombreux retranchements. Cet ouvrage, plein d'érudition, passe pour un de ceux où l'auteur a montré le plus de talent. 19" Examen impartial des époques de la nature de M. de Buffon, plusieurs éditions : la h' est de Maëstricht, 1792, 1 vol. in-8°. 20» Dictionnaire historique, 1" édition en 1781, 6 vol. in-8°; une seconde édition, augmentée considérablement, parut de 178J à 1797.
II y en eut une 3e en 1809, après la mort de Feller, mais avec la même date de 1797, condition qu'il avait exigée de son imprimeur. C'est cette même édition que l'on a reproduite en 1818, avec un Supplément. 21" Réclamations belgiques, ou Représentations faites au sujet des innovations de l'empereur Joseph 11, 1787, 17 vol. in-8°. 22° Quelques Notes sur la bulle de Pic VI, Auctorem fidei, au sujet du concile de Pistoic. 23' Journal historique et littéraire, Luxembourg et Liège, 00 gros volumes. Depus 1774 jusqu'en 1794, il en paraissait deux cahiers par mois. 11 serait difucile, peut-être impossibl ••, de se procurer un exemplaire bien complet de ce Journal, même en Belgique; mais un Extrait en a été publié à Bruges, 1818-20, 3 vol. in-8°, qui contient tous les passages auxquels Fel-