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1er renvoie dans son dictionnaire. 24° Itinéraire du voyage de Vabbé de Feller en diverses parties de l'Europe, Liège, 1820, 2 v. in-8°. Cet ouvrage est peut-être celui qui peint le mieux son auteur; on l'y retrouve dans sa vie privée, dans le commerce de ses .amis, et Ton aime sa bonté et sa franchise. 25° Réflexions sur V Instruction de M. Vévêque de Boulogne (Asseline), touchant la déclaration exigée des ministres du culte catholique, par F.-X. de Feller, in-8" de 39 pag., à Liège, chez Desoër, 1800. — On a publié à Pans un recueil des meilleurs articles du Journal historique et littéraire, sous ce titre : Cours de morale chrétienne et de littérature religieuse, par Vabbé de Feller, 1824-25, 5 vol. in-8°.
FELLON (Thomas-Bernard), jésuite, né à Avignon le 12 juillet 1672, mort le 25 mars 1759, avait du talent pour la poésie latine. On connaît ses poëmes intitulés : Faba Arabica; Magnes. On a encore de lui : Oraisons funèbres de M. le duc de Bourgogne et de Louis XIV ; Paraphrase des Psaumes, 1731, in-12. On lui a attribué par erreur un abrégé du Traité de V amour de Dieu, par saint François de Sales; cet ouvr. est de l'abbé Tricallet.
FELTON ( Jean ), gentilhomme anglais , très-zélé pour la religion catholique, afficha publiquement aux portes de la maison épiscopale de Londres la bulle de Pie V, par laquelle ce pontife déclarait hérétique la reine Elisabeth, qui s'était déclarée chef de l'Eglise et avait aboli le culte catholique. Felton fut condamné à être pendu, et il le fut en 1570. On le détacha de la potence, pendant qu'il était encore en vie ; puis on lui coupa les parties naturelles, qui furent jetées dans le feu ; ensuite on lui fendit l'estomac, pour lui arracher les entrailles et le cœur, et après lui avoir coupé la tète, on mit son corps en quatre quartiers. Telle lut à l'égard de ce courageux défenseur de l'ancienne religion, la vengeance d'une princesse que le philosophisme du jour a tant exaltée. Son fils, Thomas Felton, religieux de Saint- François de Paule, périt également par le dernier supplice avec un autre prêtre, le 28 août 1588. ;
FENEL (Charles-Maurice), oncle du savant de même nom, qui fut membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres, était doyen de l'église de Sens. Il mourut vers 1720, laissant en manuscrit 3 vol. in-fol. de Mémoires pour servir à l'histoire des archevêques de Sens. Cet ouvrage était conservé dans la bibliothèque de l'abbé Maçon, et il a servi pour la rédac.ion de l'histoire de cette métropole aux auteurs de la Gallia christiana.
FENELON (François de Salignac de Lamotte), naquit au château de Fénelon en Périgord, le 6 août 1651, d'une maison ancienne et distinguée dans l'Etat et dans l'Eglise. Des inclinations heureuses, un naturel doux, joint h une grande vivacité d'esprit, lurent les présages de ses vertus et de ses talents. Le marquis de Fénelon son oncle, lieutenant général des armées du roi, homme d'une voleur peu commune, d'un es-
prit orné et d'une piété exemplaire, traita cet enfant comme son propre fils, et le fit élever sous ses yeux à Cahors. Le jeune Fénelon fit dps progrès rapides, les études les plus difficiles ne furent pour lui que des amusements. Dès l'âge de 19 ans, il prêcha et enleva tous les suffrages. Le marquis, craignant que le bruit des applaudissements et les caresses du monde ne corrompissent une âme aussi bien née, fit prendre à son neveu la résolution d'aller se fortifier dans la retraite et le silence. 11 le mit sous la conduite de l'abbé Tronson, supérieur de Saint-Sulpiceà Paris. A 24 ans, il entra dans les ordres sacrés, et exerça les fonctions les plus pénibles du ministère dans la paroisse de Saint-Sulpice. Harlay, archevêque de Paris, lui confia, 3 ans après, la direction des Nouvelles- Catholiques. Ce fut dans cette place qu'il fit les premiers essais du talent de plaire, d'instruire et de persuader. Le roi ayant été informé de ses succès, le nomma chef d'une mission sur les côtes de Saintonge et dans le pays d'Aunis. Simple à la fois et profond, joignant à des manières douces une éloquence forte, il eut le bonheur d'opérer un grand nombre de conversions. En 1689, Louis XIV lui confia l'éducation de ses petits-fils, les ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berri. Ce choix fut tellement applaudi, que l'académie d'Angers le proposa pour sujet du prix qu'elle adjuge chaque année. Le duc de Bourgogne devint, sous un tel maître, tout ce qu'il voulut. Fénelon orna son esprit, forma son emur, et y jeta les semences du bonheur de l'empire français. Ses services ne restèrent point sans récompense; il fut nommé, en 1695, à l'archevêché de Cambrai. En remerciant le roi, il lui représenta (dit Mme de Sévigné) « qu'il ne pouvait regarder comme une ré- « compense , une grâce qui l'éloiguait du « duc de Bourgogne. » Il ne l'accepta qu'à condition qu'il donnerait seulement trois mois aux princes, et le reste de l'année à ses diocésains. Il remit en même temps son abbaye de Saint-Valéry, et son petit prieuré, persuadé qu'il ne pouvait posséder aucun bénéfice avec son archevêché. Au milieu de la haute faveur dont il jouissait, il se formait un orage contre lui. Né avec un cœur tendre et une forte envie d'aimer Dieu pour luimême, il se lia avec Mme Guyon, dans laquelle il ne vit qu'une âme éprise du même goût que lui. Les idées de spiritualité de cette femme excitèrent le zèle des théologiens, et surtout celui de Bossuet. Ce prélat voulut exiger que l'archevêque de Cambrai, autrefois son disciple, alors son rival, condamnât Mme Guyon avec lui, et souscrivît à ses Instructions Pastorales. Fénelon ne voulut sacrifier ni ses sentiments, ni son amie. Il la mettait au nombre de ces mystiques qui, portant le mystère de la foi dans une conscience pure, ont plus péché dans les termes que dans la chose, aussi savants dans les voies intérieures , qu'incapables d'en instruire les autres avec l'exactitude et la précision que demande la théologie. Il crut rectifier tout ce qu'on lui reprochait, en pu-
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bliant son livre de VExpUtatiùn de» Maximes des saints, 1697, in-12. Le style er était pur, vif, élégant et affectueux ; Les prin cipes étaient présent s avec art, et les con tradiotions sauvées avec adresse. On y voyait, dit un historien, un homme qui craignait égalemenl d'être aocisé de suivie Mohnos, et d'abandonner sainte Thérèse; tantôt donnant trop b la charité, tantôt ne donnant pas assez à l'es] é anee. Bossu et, <]ui vil dans le livre de Fénelon quelques rapports avec des assertions déjè condamnées par la proscr ption du Quiétitme, s'éleva contre cet ouvrage avec véhémence- Les noms de Monta» et de Priseille, prodigués à Fénelon et à son .unie, parurent indignes de la modération d'un évoque» « Bossuet, a dit un bel esprit de ce « siècle, eut raison d'une manière révoltante; >< et Fénelon mit de la douceur, môme dans « ses torts. » D'habiles théologiens ont cru que dans cette dispute, comme dans beaucoup d'autres, il y avait dessuj positions qui n'existent pas dans la réalité; que dans l'amour de Dieu on supposait tantôt des abstractions, des considérations .précisives ou négatives, aussi inutiles que fatigantes; tantôt des motifs d'intérêt, des espérances explicites et formelles, également inconnues au véritable amour, qui saisit et embra intimement son objet, sans tant de raisonnement et de calcul. Quoi qu'il en soit, un historien très-instruit du fond de cette controverse, rapporte une anecdote qui sert beaucoup a fane connaître Fénelon. « On con- « seilla à Fénelon de faire diversion, en atta- « quant à Rome les sentiments et les livres « de Bossuet, et en les accusant de détruire « la charité pour établir l'espérance. Mais le « | lieux archevêque ne voulut pas user de « récriminations contre un frère ; et comme « on l'exhortait à se tenir en garde contre les « artifices des hommes, que l'expérience lui « avait si bien appris à connaître, il fit cette « belle réponse : Moriamur in simplicitate « noslra (mourons dans notre simplicité). » Cela ne l'empêcha pas de se défendre comme il le devait, et d'écrire beaucoup pour s'expliquer lui-même. .Mais ses livres ne purent empêcher qu'il ne fût renvoyé dans son diocèse au mois d'août 1G97. Fénelon reçut ce coup sans s'affliger et sans se plaindre. Son palais de Cambrai, ses meubles, ses papiers, ses livres, avaient été consumés par le feu dans le même temps, et il l'avait appris avec la même tranquillités Innocent XII le condamna enfin en 1099, après 9 mois d'examen : soit que le savant et pieux prélat n'eût pas assez distingué les principes des vrais mystiques d'avec ceux de Molinos; soit que dans des matières abstraites, cachées dans l'intimité de l'Ame et des voies secrètes de Dieu, et dès lors difficiles à traiter sans obscurité et sans équivoques, il n'ait point mis cette exactitude théologique, cette précision d'idées el de langage, que demande la conservation de la foi et de la morale chrétienne (Voy. saint Jean de la Croix, Rusbrocii, Taulàbb, etc.). Le papeavait moins été scandalisé du livre des Maximes que delà chaleur em-
portée de ses adversaires. Il écrivit h quel" (pies prélats : Peccavit exeessu amoris divini. sed vos peceastis defectu amoris proximi. Fénelon se soumit sans restriction et sans ré-. serve: il ne recourut pas 8 la distinction du fait et du droit; il n'allégua pas que lés écrits publiés pour sa défense étaient, malgré les efforts de ses adversaires, restés hors d'atteinte. Il lit un Mandement eontre son Une,
ei annonça lui-même en chaire sa condamnation. Pour donner à son diocèse un monument ('<' s n repentir, il fit faire, pour l'ex position du Saint-Sacrement, un soleil porté par deux ange», dont l'un foulait aux pieds divers livres hérétiques, sur un desquels était le titre du sien, quoique cette qualification n'eût été donnée à aucune des propositions condamnées. Après cette défaite, qui fut pour lui une espèce de triomphe, il vécut dans son diocèse en digne archevêque, en homme de lettres, en philosophe chrétien. 11 fut le père de son peuple et le modèle de son clergé. La douceur de ses mœurs, répandue dans sa conversation comme dans ses écrits, le fit aimer et respecter , même des ennemis de la France. Le duc de Marlborough, dans la dernière guerre de Louis XIV, prit soin qu'on épargnât ses terres. Il fut toujours cher au duc de Bourgogne; et lorsque ce prince vint en Flandre dans le cours de la même guerre, il lui dit en le cpiittant : Je sais ce que je vous dois ; vous savez ce que je vous suis. On prétend qu'il aurait eu part au gouvernement, si ce prince eût vécu. Le maître ne survécut guère a. son auguste élève, mort en 1712; il fut enlevé à l'Eglise, aux lettres et à la patrie, lé 7 janvier, en 1715, à 63 ans, et fut généralement pleuré, surtout par Clément XI, qui lui destinait un chapeau de cardinal. Plusieurs écrits de philosophie, de théologie, de belles-lettres, sortis de sa plume, lui ont fait un nom immortel. On y voit un homme nourri de la fleur de la littérature ancienne et moderne, et animé par une imagination vive, douce et riante. Son style est coulant, gracieux, harmonieux; les hommes d'un goût délicat voudraient qu'il fût plus rapide, plus serré , plus fort, plus fin, plus pensé, plus travaillé; mais il n'est pas donné à l'homme d'être parfait. Ses principaux ouvrages sont : Les Aventures de Télémaque, composées, selon les uns, à la cour; et fruit, selon d'autres, de sa retraite dans son diocèse. Un valet de chambre, à qui Fénelon donnait à transcrire cet ouvrage singulier, qui tient à la fois du roman et du poème épique, en prit une copie pour lui-même. Il n'en fit im rimer d'abord qu'une petite partie, et il n'y en avait encore cjue 208 pages sorties de dessous presse, lorsque Louis XIV, injustement prévenu contre l'auteur, et qui croyait voir dans le livre une satire continuelle de son gouvernement, fit arrêter l'impression de ce chef-d'œuvre ; et il n'a pas été permis d'y travailler en France, tant que ce prince a vécu. Après la mort du duc de Bourgogne, le monarque brûla tous les manuscrits que son petit-fils avait conservés de son précepteur. Fénelon passa toujours, à ses