‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 63 sur 323 · FOI · texte numérisé non relu

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d'intérêts, ni querelles d'amour-propre, ni

conflits de passions; tout sera pour te mieux dans le meilleur des mondes possibles. La doctrine de Fourier n'est autre chose que 1 1 ri-habilitation du paganisme, sauf toutefois

le principe de la fraternité universelle qu'il a emprunté à la religion chrétienne, lui ne tenant aucun compte de la vie future, d s besoins moraux de l'homme el de ses sublimes pressentiments d'immortalité, en proclamant qu'il n'a d'autre but ici-bas que son bien-être personnel, en lâchant la bride à l'orgueil, à l'égoïsme et à toutes les passions ignobles qui en dérivent, en déifiant la matière et en l'élevant au-dessus de l'esprit, Fourier a posé les bases d'un ordre social, qui, s'il pouvait se réaliser, offrirait, au lieu de l'harmonie qu'il rêvait, l'image du plus épouvanta le chaos, et conduirait l'homme, de jouissance en jouissance à l'état de la brute. Nous n'avons poi t parlé de ses idées sur les femmes, sur l'éducation, sur le culte. Après avoir commencé par des problèmes agricoles, Fourier, dont l'imagination devenait cnaque jour plus audacieuse, s'attaqua au monde moral et religieux, à la vie future, et il voulut porter la réforme jusque dans le ciel., nommant, destituant, moditiant, suivant son calcul, les astres et les planètes, et s'attachant comme à plaisir à justifier ce vers d'Horace : C 'œl u m ipsum pelimusstultitia. Fourier, au milieu de ses rêveiies, conserva son modeste emploi, et il était encore, en 1827, chargé de la correspondance d'une maison américaine à Paris. Après la révolution de juillet, au milieu de l'effervescence avec laquelle se produisaient les idées les plus hardies , le système de Fourier commença à se répandre. Lorsque le saint-simonisine fut tombé, quelques partisans de cette secte se rattachèrent à son école, qui développa ses doctrines dans un journal intitulé la Phalange. Quelque temps après, on Ut, sous ses auspices, à Condé-sur-Vesgre, une première tentative qui ne parut point résoudre le problème que Fourier s'était proposé, de rendre le travail attrayant et de maintenir l'accord entre les sociétaires de différentes classes, dans la répartition des produits. Les fonds sur lesquels on ava t compté n'arrivèrent pas en assez grand nombre, et les constructions nécessaires à l'installation d'un essaim de sociétaires, ne purent s'achever. Fourier, qui, malgré le peu de succès de cet essai, avait conservé toutes ses espérances fut ravi à ses disciples h' 10 octobre 1837. 11 a laissé les ouvrages suivants : Théorie des quatre mouvements, lv0S, in-8° ; c'est le plus original et le plus h^rdi de ses ouvrages ; Traité de l'association domestique agricole, Pa is, 1822, 2 vol. in-8° ; Sommaire du Traité de l'association domestique agricole , ou Attraction industrielle, Paris, 1823, in-8° ; Le nouveau monde industriel, et sociétaire, o;i Invention de procédés d'industrie attrayante et naturelle, distribuée en séries passionnées, ibid., 1829,in-8°; Pièges et charlatanisme des deux sectes de Saint-Simon et Owen, qui permettent l'association et le progrès ,

ibid., 1831, in-8°; La fausse industrie morcelée , répugnante . mensongère, et l'antidote, l'industrie naturelle, combinée, attrayante , véridique, donnant quadruple produit, ibid., 1M35. in-8°. U a publié en outre divers art!-' clés dans le Phulansttre et dans la Phalange.

FOURNET (Am)rk-Hi meut), prêtre, né à Pérusse, diocèse de Poitiers, le 0 décembie 1752, suivit d'abord un cours de droit, mais il 1 interrompit pour entrer dans la carrière ecclésiastique. En 1782, il fut nommé à la cure de Maillé, et plu tard, pour se soustraire aux persécutions et à la mort qui menaçaient les piètres restés fidèles à leur devoir, il passa en Espagne avec plusieurs de s s confrères. Dans un pèlerinage qu il voulut (aire a pied à Saint-Jacques de Compostellc, il tomba malade à Burgos, et passa un mois à l'hôpital. La pensée lui vint alors d'entrer dans l'ordre des Cannes, mais un provincial de l'ordre l'engagea à rester dans le clergé séculier. 11 revint dans sa patrie en 1797, et étant retourné vers ses paroissiens, il exerça parmi eux les fonctions de son saint ministère en secret. Vers l'époque du Concordat, il forma le plan de son oeuvre des F, lies de la Croix, ou Sœurs de Saint- André, d stinées à soigner les malades et instiuire les jeunes t lies. Cette congrégation, fondée en 1806, approuvée par les grands vicaires de Poitiers eu 1817, reconnue par le gouvernenv nt en 1819 et en 1820, fut autorisée définitivement par un bref du pape Pie VIII, du 1er septembre 1829. Aujourd'hui elle est répandue dans une très-;;rant.e partie de la France, notamment dan1- les diocèses de Poitiers, de Bayonne, de Paris, de Versailles, d'Orléans, de Bourges, etc. L'abbé Fournet se démit, en 1820, de sa cure de Maillé pour s'o ccuper exclusivement de la direction des religieuses, et mourut le 13 mai 1834, à 82 ans.

FOUUNIER (Raoul), sieur du Rondeau, né à Or! 'ans le li septembre 1562, éiait fils de Guillaume Fournier, docteur régent de l'université d'Orléans, qui, indépendamment de divers ouvrages de droit, laissa des manuscrits que Raoul mil au jour, en les enrichissant de savantes notes. Il contribua beaucoup à la fondation d'une maison dans Orléans, pour servir d - retraite aux Pères de l'Oratoire, et mourut dans cette ville, le 20 septembre 1627, Iais3ant les ouvr-ges suivants : Reruin quotidianarum libri très priores, Paris, 1600; Libri très poster iores, ib:d., 1605. Ces deux ouvrages roulent sur e- difficultés de droit civil et canonique,; Méditations chrétiennes , au nombre ue six, Paris, 1613 ; De la consolation et des remèdes contre l'adversité; Conférences académiques, recueillies par Nicolas de Heere, doyen de Saint- Aignun d'Orléans. C'est un recueil des discours qui se sont prononcés dans une réuni n de littérateurs Orléanais; sur les treize qui composent ce volume, hu t sont de Rao;:l Fournier, qui fit imprimer séparément celui d'entre eux qui traite de l'Origine de Vâme; La philosophie chrétienne, divisée en deux

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livres, Paris, 1620 ; Le Prédicateur, Paris , 1622. Dans cet ouvrage, l'auteur enseigne moi s l'art de débiter des sonnons que celui de les composer pour la plus grande utilité des fidèles; Cento chriscianus , poëme de 600 vers, où 1 auteur fait servir les vers d'Ovide à célébrer les merveilles de la religion. Ce livre fut publié, après la mort de l'auteur, par un de ses neveux; Les dernières pensées de Raoul Fournier, distribuées en 15 méditations ; Pensées d'une âme saintement affectionnée envers Dieu; ces deux productions sont également posthumes.

FOURNIER DE LA CONTAMINE (Marie- Nicons), évoque de Montpellier, né le 27 décembre 1760, à Gex, alors dans le diocèse de Genève, aujourd'hui dans celui de Belley, département de l'Ain, commença ses études ecclésiastiques au séminaire du Saint-Esprit, à Paris, et lit ses cours de théologie au séminaie de Sainl-Sulpice. Au sortir de sa licence, il devint grand vicaire au diocèse d'Auch, dont le siège était occupé par M. Latour-du-Pin. Peu de temps après il revint à Paris, où il fut reçu docteur, et il entra, en 1789, dans la compagnie des prêtres de Saint- Sulpice. L'abbé Emery, son cousin, qui en éîait supérieur général, l'envoya professer la théologie morale au séminaire d'Orléans, et il conserva cette chaire jusqu'à l'époque où il l'ut renvoyé, ainsi que tous ses confrères, parce qu'ils refusèrent de prêter serment à la constitution civile du clergé. Accueilli chez M. d'Auteroche, riche propriétaire à Orléans, connu par ses traductions en vers d'Horace, de Virgile, du Tasse et de ASilton, l'abbé Fou, nier passa tout le temps de nos orages révolutionna res dans cette maison, tantôt caché, tantôt se montrant, selon que les circonstances étaient plus ou moins favorables. Il habita quelque temps avec ses hôtes une terre éloignée qu'ils possédaient en Sologne, et quand l'ord: e parut se rétablir, M. Emery l'engagea à venir rejoindre ses confrères, qui venaient de comm. ne r l'établissement d'un séminaire dans Je faubourg Sainl-J.icques, à Paris. C'est alors que l'abbé Fournier s'appliqua activement à la prédication. Dans sa retraite à Orléans, il avait composé un grand nombre de sermons; ce qui ne l'empêchait pas d'improviser souvent en chaire, et ce te circonstance explique comment son éiocution était parfois plus abondante que soignée. Le succès qu'il obtenait en chaire à Paris (1801) irritait les ennemis de la religion. A Saint-Rochil iit entendre des paroles pleines d'énergie contre l'esprit révolutionnaire et l'impiété, et il ne oraignèt pas de déplorer hautement la mort de Louis XVI. Les conventionnels qui entouraient Bonaparte au conseil d'Etat et ailleurs l'engagèrent à faire un exemple sur ce prédicateur, qui fut arrêté, conduit à Bicètre et traité comme fou. On le revêtit du costume des fous, et comme eux il fut placé dans une loge. Ses amis ne découvrirent sa r traite qu'après plusieurs jours et à force de recherches. Une demoiselle Sophie Jouen, u,ui faisait profession de piété, et qui rendit beaucoup ue ser

vices à cette triste époque aux prêtres persécutés, parvint à pénétrer jusqu'auprès de lui. L'abbé Fournier <]ui jugeait, aux rigu; urs qu'on faisait peser sur lui, qu'on avait l'intention de le fusiller, la pria de lui procurer un confesseur. Elle fit venir M. l'abbé Lasausse, qu'on ne voulut toutefois admettre qu'en présence du geôlier, ce qui rendait irapossible une confession. Mademoiselle Jouen feignit alors une attaque de nerfs, et pendant qu'elle occupait le geôlier, les deux ecclésiastiques purent s'entretenir. Bonaparte fit ensuite transférer son prisonnier à la citadelle de Turin, et il obtint bientôt qu'il aurait la ville pour prison. Le cardinal Fesch, archevêque de Lyon, ayant obtenu sa liberté, l'appela dans le chef-lieu de son diocèse, et se fit sa caution auprès du premier consul. Enfin, M. Latour-du-Pin, ancien archevêque d'Auch, devenu, depuis le Concordat, évêque de Troyos, le réclama et le nomma un de ses grands vicaires ; lanomin tion fut agréée (1803). L'abbé Fournier se fit entendre de nouveau dans les chaires de Paris, et il devint chapelain, puis aumônier de l'empereur. Durant son séjour dans la cap taie, il demeurait chez le cardinal Fesch, et, en 18-6, il fut promu à l'évèché de Montpellier, que la démission de M. RoMet laissait vacant. Il eut, à cette occasion, avec l'empereur, une longue conférence, dans laquelle il eut à s'expliquer sur un grand nombre de difficultés concernant la reiigion. Le nouveau prélat partit pour Montpellier au commencement de 18.>7. Il lit plusieurs établissements, favorisa plusieurs communautés de son diocèse, qui comprenait les anciens diocèses de Montpellier, de Béziers, de Saint-Pons, d'Agde, île Lodève, d'Aibi, de Castres, de Lavaur et de Vabre, et aimait surtout à lépandre, du haut de la chaire, la parole de Dieu. 11 prêcha encore à Paris en 1817, lorsqu'il y vint, à l'occasion de sa nomination au siège de Narbonne, qu'il élait question de rétablir. Mais le concordat de 1817 n'ayant point reçu d'exécution , cette élection n'eut point de suite. En 18i5, il fit pa tie d'une commission d'évèques et d'ecclésiastiques, créée le 20 juillet ne ce te année, pour le rétablissement de La Sorbonne, et il fut un des signataires de la déclaration des évèques, datée de Paris, le 3 avril 1826, contre les doctrines de M. Lamennais. Le préiat, voyant que le projet relatif à la Sorbonne restait sans exécution, retourna peu de temps après dans son diocèse. Parmi les bonnes œuvres auxqu'llcs M. Fourni r contribua, nous devons nnntio ner surtout l'établissement d'une maison de la Visitation à Gex, sa ville natale, i our la [u lie il fit, dit-on, un don de trente mille francs, et la fondât on de la maison des Filles Repenties, faite avec ses seules ressources. tes diocésains le perdirent le 29 décembre 1834. Ai. l'abbé Ginouilhac, professeur au grand séminaire, prononça son orais< n lu neore au service qui fut eélébié pour lui, le 19 janvier 1835, cans la cathédrale de Montpellier.

FOURQUEVAUX (Jean-Baptiste Kaimo.nd

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