‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 65 sur 323 · FRA FRA · texte numérisé non relu

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FRANC (N.... Le), prêtre eudiste, ancien jésuites. Il se voua à l'étal ecclésiastî'qtie, supérieur dos eudistes de Caen , était du passa à Rome pour suivre les cours de théonombre de ceux qui furent massacrés au logie et de droit canon au collège gercouvent des Carmes le 2 septembre 1792. Il mànique', et; ruï ofdbftrié prêtre le 10 août avait publié doux ouvrages int tulés : le 17 P. Il prêcha devànl Bfe oit X I \ la veille Voile I ré pour tes curieux, ou Secret de la de la Toussaint, el fui reçu Pa nuée suivante révolution, rérrlr à T aide ûe In fntnc-maron- docteur en droil canon. En 175V, il fu' nomnrrir, Paris. 1791, in-S° : Conjuration contre nié chanoine de la collégiale de Toussaint à la religion catholique et les souverains, Paris Prague, et en 1755 doyen no l'église des sauts 1792, in-S°. Le Frane avait l'ait des recher- Cômo el Danrrîenà Breslâuen Sïlési . Marieehes sur les hommes célèbres du Cotentin Thérèse hii donna, en I if {$, l'arche vfrd>é de (Manche), et il en communiqua le manuscrit, Mali nés, le titre de conseiller d'Ftat et la en 179-2, au célèbre abbé de Saint-Léger; grand'eroi* de l'ordre de Saint-Etienne. I.e ce'ui-ci fit beaucoup de notes critiques sur nouveau prélat déploya tout sou zèle dans ce travail, qui n'a pas été imprimé. s n d ocèse, et prêcha souvent à Maliues,

FRANCHINI fJpw . cordél er, historio- à Bruxelles ci à Lonvain ; il se levait à cinq

graphe de Tordre do Saînt-François , né à heures lu matin, célébra t chaque jour les

.Modène le 28 "décembre 1633, professa la saints mystères et joignait la méditation à

théoipgie à Fermo, et prêcha avec distinction de fréquentes prières. Ses règlements pour

dans les premières chaires de l'Ialie. 11 son diocèse, ses exhortations à ses sémina-

mourut le 4 avril 1695 dans sa ville natale, rislos et à son clergé, ses instructions réité-

On a de ce religieux : Status religionis rées au peuple qui lui était confié, sa cmis-

Franciscanœ minorum conventualittm, Rome, tante assiduité aux offices de l'égli e, tout

1682, ix\-f*° ; Be amtiquilate Franciscana con- annonçait combien il était p'nétréde sesde-

ventualibus adjudicanda, Ronciglione, 1685, voirs. Pie VI l'éleva nu cardinalat le 1" juin

in--i° ; Bibliosophin e r/iemdrie litterarie di 177S, et jusqu'en 1780 son administration fut

scrittori Frnncescani conrentuali eh' hanno aussi calme qu'heureuse. Mais la mort rie

l'archiduc Charles, gouverneur des Pays-Bas, et (.': suite celle de Marie-Thérèse, changèrent

l'analyse des ouvrages de théol >gie dans le totalement la face des affaires ; Joseph IL qui

Journal de Modène, du P. Bicchini, et entre succéda à sa mère, voulut faire des réfor-

autres manu«crits intéressants, il laissa ui:o mes, et renuit sur les matières ecclésiasti-

Yie de Sixte V, avec des Remarques critiques ques une foule d'édits et ordonnances aussi

sur 'a Vie de ce pontife, par (iregorio Loti. contraires à la religion qu'au repos de l'Etat.

FRANCK (Acguste-Herman) , théologien Le cardinal ne pouvait garder le silence ; il allemand, né h Lubeek en 1663, fit une par- présenta lui-même à Joseph, alors dans les tie de ses études à Leipzig. Il y fonda, avec Pays-Bas, un mémoire sur l'inconvenance quelqies-uns de ses amis , une espèce de de ses réformes et plusieurs autres sur les conférence sur l'Ecriture sainte, qui sub- éits rendus. Mandé a Vienne en 1787, pou? siste encore sous le titre de Collegium Phi- y rendre compte de sa conduite, il parla lobiblicum. Devenu ministe à Erfurt , il avec respect, mais avec une généreuse lifut obligé de sortir de cette ville en 1691. berté, et au bout <ie quelques mois il lui fut Le fanât sme que respiraient ses sermons lui permis de retourner dans son diocèse. On attira cette exclusion. L'électeur de Bran de- espéra d'abord que Joseph ferai! droit à l'opbourg l'appela dans ses Etats : il s'y rendit, position du clergé, et il parut un moment et fut professeur de grec et des langues disposé a ne pas exiger l'exécution des meorientales à Halle, puis <\c théologie en 16 8. sures qu'il avait prescrites ; mais, né avec un C'est dans cette ville qu'il fit la fondation de carac ère ardent, il se raidit ensuite contre la Maison des orphelins. Cette maison pros- les obstacles, et donna un nouveau décret péra tellement, qu'il y avait, en 1727, 2196 pour l'ouverture du séminaire général Ce jeunes gens, et plus de 130 précepteurs. On cardinal refusa non-seulement d'y envoyer y donnait à manger a près de 600 pauvres, ses théologiens, mais il porta un jug ment soit étudiants, soit orphelins. L'empiri me doctrinal contre cet établissement. Accusé et les charlataneries u'un certain Basedow en cett ■ ocoas on de désubé ssance, il rendit, contribuèrent depuis à lui faire perdre sa en 1788, un décret p< ur recommander la réputation. Franck mourut en 1727, ù6ï ans. soumission à l'Eglise el au pine •, mais en On a de lui des Sermons et des livres de dé- môme temps il adressa d" no .v 1! es reprévotion en allemand; Methodus stxdii theolo- sentalions au gouvernement pour réclamer fjiri ; Introductio ad lectionem Prophetarum; les droits de i'Eglis ■ et des évêques sur Commeniatio de scopo librorum Veteris et l'enseignement. L'empereur mécontent lui Nori Teslamenti ; Manuductio ad lectionem ordonna oc se r. mire a ! o ivain pour s assu- Scripturœ sacrœ ; Observationcs biblicœ. Les rer de l'orthodoxie des nouveaux profespréiugés de secte qui réglaient les jugements seuis. Le cardinal en fit l'examen en préce l'auteur ont empêché que ses ouvrages ne sence de deux théologiens qu'il s' tait a !fussent répandus horsde^ pays du Nord. joints, et i! prononça que la doctrine ensei-

PRANCKENBERCi Ican-Hemu-Ferdinand gnée étail rép é iep>ible sur plusieurs points

pk', cardinal-archevêque de Malines, né le et n'était point ortho .oxe. Joseph lise m n-

ib septembre 1726, à Glogau en S.lésie,d'une liant de plus en plus rigoureux, les Braban

famille distinguée, fit ses études chez les çons se révoltèrent et forcèrent les Autn-

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chiens de se retirer ; un congrès fut institué et les édits de Joseph abolis. On rétablit l'ancien ordre d'administration des évoques et on reprit le cours des études de l'université ; on arrêta aussi le rétablissement dos monastères qui avaient été supprimés. Pie VI avait écrit au cardin 1 et aux autres évoques du pays pour leur annoncer que l'empereur éliit disposé à faire droit aux réclamations des Belges, lorsque Joseph mourut. Son frère Léopdl qui lui succéda, avant révoq.ié les édits, cause de tant de troubles, fut reconnu par les Pays-Bas ; mais bientôt de nouveaux orages fondirent s r la Belgique. Les Français y pénétrèrent à la On de 1792, et tout en invitant l'université de Louvain à continuer ses travaux, la liberté, disaient-ils, étant amie des éludes et des lettres, Lxs églises les ; lus considérables furent dépouillées et souil ées par des excès de tout genre, qui soûl vè ent de nouveau un peuple religieux. Les Français en furent chassés dans le mois de mars 1793 ; ls y rentrèrent l'année suivan'e, et l'archevêque se retira d'abord à Uîrecht, puis à Amsterdam ; lorsqu'il revint dans son diocèse, il fut obligé de se loger dans son séminaire, son palais ayant été dévasté. Son ardent désir de voir le rétablissement de l'ordre le détermina à faire plusieurs sacrifices pénibles ; mais lorsqu'on prescrivit le serment de haine à la royauté, il répondit que sa conscience je lui permettait point de le prêter. Il protesta néanmoins de sa soumission envers la république (1796), en tout ce qui ne blesserait pas la loi de Dieu. Un décret de déporta ion ayantété lancé contre lui, il fut transféré à Emmerick. où il logea au monastère des religieux triuitaires. Mais un ordre qi>e ses ennemis obtinrent du roi de Prusse l'ayant forcé de se retirer de ce lieu d'où il correspondait avec son diocèse, ù se retira à Berkem, et envoya, peu de temps après, la démission de son sié..;eau pape qui la lui demandait. Le cardinal Consalvi l'invita au nom du saint-pèeà venir à Rome ; mais il refusa à cause de son âge, et mourut à Bréda des suites d'une attaque d'apoplexie, le 11 juin 180V. Ce courageux prélat avait continué dans l'exil ses fonctions épiscopales. On trouve d'intéressants détails sur sa vie et sur son administration dans l'ouvrage du doct. Van-de-Veide, intitulé : Synopsis monument or uni, (iand, 1822, 3 vol. in-8°. FRANCO (Antonio), portugais, né en 1662 à Montalv.is (province de l'Alentejo), entra dans la société des jésuites à l'âge de 15 ans, remplit les charges les plus importantes de son ordre, et, se consacrant en même temps à des recherches historiques, il contribua à la gloire de la société, en faisant connaître les jésuites portugais les plus recommandabies parleur pié é, leur talent et leur zèle. Le P. Franco mourut à Evora le 3 mars 1732. Parmi les ouvrages, sod eu latin, soit en portugais, qu'on a de ce religieux, on distingue : Annus gloriosus societatis Jesu in Lusitania, complectens sacras memorias illustrium virorum qui virtulibus, sudoribus, sanguine, fidem, Lusitaniam et societatem Jesu

in Asia, Africa, America et Europa felicissime eœornarunt, Vienne, 1720, in-i° ; Synopsis annalium societatis Jesu in Lusitania ab anno 1540, usque ad annum 1720, Augsbourg, 1726, in-fol. ; Imagem do primeiro seculo da companhia de Jesu em Portugal, 2 vol. ir.-fol. ; Imagem do segundo seculo, un vol. Dans ce dernier ouvrage, resté inédit, sont rangés, par ordre chronologique, les événements les plus mémorab'es des premiers 150 ans de la société de Jésus, dans la province du Portugal. Une Syntaxe abrégée en langue portugaise ; une Traduction en la môme langue de V Indien! us universniis du P. de Pomey. FRANÇOIS D'ASSISE (s int), naquit à Assise, en Om'orie, l'an 1182. On le nomma Jean au baptême; unis depuis on y ajouta le surnom de François, à cause de sa facilité à parler la langue française, nécessaire alors aux Italiens pour le commerce auquel son père le destinait. La piété seule avait de l'attrait pour Jean. 11 quitta la maison paternelle, ven lit le peu qu'il avait, se revêtit d'une tunique et se ceignit d'une ceinture de corde. Son exemple trouva des imitateurs, et il avait diéjà un grand nombre de disciples, lorsque le pape innocent III approuva sa règle en 1210. Ce pape n'avait pas, dit-on, voulu écouter un homme que son extérieur annonçait peu avantageusement; mais ayant vu en songe le même pauvre qu'il avait rebuté, dans l'attitude de soutenir l'église de Sgint- Jean de Latran, qui paraissait s'écrouler, il le fit rappeler et lui accorda sa demande. L'année d'après, le saint fondateur obtint des bénédictins l'église de Notre-Dame de la Portioncuie, près d'Assise. Ce fut le berceau de l'ordre des Frères Mineurs, répandu bientôt en Italie, en Espagne et en France. L'enthousiasme qu'inspiraient les vertus de François était si vif, que lorsqu'il entrait dans quelque ville, on sonnait les cloches; le clergé et le peuple venaient au-devant de lui, c antant des cantiques et jetant des rameaux sur le passage. Sa nouvelle famille se multiplia tellement, qu'au premier chapitre général qu'il tint proche d'Assise en 1219, il se trouva près de 5000 frères mineurs. Peu après ce chapitre, il obtint du pape Honorius lil une bulle en faveur de son ordre. Plusieurs de ses disciples voulaient qu'il demandât le pouvoir de prêcher partout où il leur plairait, même sans la permission des évoques. Le sage fondateur se contenta de leur répondre : « Tâchons de gagner les « grands par l'humilité et par le respect, et « les petits par la parole et parle bon exem- « pie. Notre privilège singulier doit être de « n'avoir point de privilège. » Réponse oigne de l'humble fondateur, mais qui n'empêche pas que les exemptions et privilèges des religieux n'aient été souvent utiles à l'Eglise, et même nécessaires dans les diocèses dont les évèques étaient ou favorables à l'erreur, ou insouciants sur le salut de leurs ouailles. Ce fut vers le même temps que François passa dans la terre sainte; il se rendit auprès du sultan Mélédin pour le convertir. Il oifrit de se jeter dans un bûcher pour prouver la re-

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ligion chrétienne; le sultan n'ayant pas voulu le mettre a une telle épreuve, renvoya François avec honneur. Revenu en Italie, il instiiua le tiers ordre. Il voulut, par cette institution, procurer aux laïques le moyen de mener une vie semblable à celle de ses religieux, sans en pratiquer cependant toute l'austérité, et sans quitter leurs maisons. Après avoir réglé ce qu'il croyait convenir le plus à ses différents enfants, et s'être démis du généralat, il se retira sur une des plus hautes montagnes de l'Apennin. C'est là qu'il vit, à ce que rapporte saint Bonaventure , un Séraphin crucifié qui perça ses pieds, ses mains et son côté droit; c'est l'origine du nom de Séraphique qui a passé à tout son ordre : événement étonnant, mais bien prouvé que le pape Alexandre IV a vérifié par lui-même, et que le judicieux Fleury (liv. 79, n° 5) a montré être hors des atteintes d'une critique équitable. Le P. Chalippe, récollet, dans la Vie de saint François, Paris, 1734 et 1736, réf te très-bien ce que Baillet a éfourdiment disserté sur ce sujet. Le saint patriarche mourut, deux ans après, à Assise, en 1226, âgé de 45 ans.. Son amour K)ur la pauvreté, son détachement de tous es biens de la terre, et sa profonde humilité, 'ont fait regarder comme un des plus parfaits modèles de l'abnégation chrétienne, de l'indifférence et du dépouillement évangélique. Sa maxime, ou plutôt l'élan habituel de sa piété, était les mots : Deus meus et omnia. « Paroles d'un sens sublime et profond (dit « un philosophe chrétien) : Dieu est tout; « quitter tout pour lui, c'est ne rien quitter, « puisque tout se retrouve en lui éminem- « ment. » Le ciel ne tarda pas à faire éclater sa sainteté par plusieurs miracles : ce n'en était pas un petit que la merveilleuse propagation de son ordre. Quoiqu'il eût défendu de toucher à sa règle, à peine fut-il mort qu'on l'interpréta de cent manières. Ce partage produisit dans la suite les différentes branches des Récollets, des Picpus, des Capucins, des Observantins. Ces ei.fants du même Eère diffèrent beaucoup entre eux par l'hait et par la façon de vivre. Les chroniques de l'ordre marquent expressément que le premier qui voulut se singulariser dans l'habit, quoiqu'il fût un des huit anciens compagnons du saint fondateur, fut frappé de lèpre et se pendit de désespoir. L'ordre de Saint-François, malgré ses différentes scissions, a produit des hommes illustres par leur science et leur vertu, et a donné à l'Eglise cinq papes et un grand nombre de cardinaux et d'évêques. Les services qu'il a rendus à l'Eglise et qu'il continue de rendre, sont inappréciables, et ont amplement vérifié la vision du pape Innocent. La h une que les sectaires lui portent est seule une preuve décisive du bien qu'il a opéré et des combats qu'il n'a cessé de livter aux erreurs. De prétendus réformateurs ont voulu ramener ces religieux, ainsi que tous ceux qui embarrassent les ennemis de l'Eglise, au travail des mains, en usage chez les anciens solitaires. Wiclef aurait bien voulu ériger cette

prétention en dogme; et quoique l'Eglise l'ait condamnée, quelques écrivains, parmi lesquels on est fâché de compter Fleury, ne se sont pas assez écartés de ses erreurs. « Quels qu'aiont été la vertu des solitaires « d'Egypte, dit un hagiographe, et le zèle « pour leur sanctification personnelle, il se- « rait déraisonnable de vouloir en faire une « règle complète et adéquate pour des reli- « gieux qui, sans professer la même austérité, « se dévouent à l'instruction des fidèles, à la « défense de la foi, aux combats contre les « hérétiques. Si leur vie est moins éclatante « en mortification, elle est parfois plus édi- « fiante en fait de docilité, d'humilité et d'or- « thodoxie : car l'on n'ignore pas avec quelle « facilité plusieurs de ces solitaires se sont « laissé entraîner dans diverses hérésies, et « avec quelle obstination ils y ont persévéré'; « et de nombreux monastères y persévèrent « encore aujourd'hui. » On lit, dans les ouvrages de saint Jérôme, un passage exactement applicable à. cette matière , où l'on trouve toute l'éloquence et la sévère logique de ce Père : Si aul fiscellam junco texercm, aut palmarum folia complicarem, aut in sudore vultus mei comederem panem, et ventris opus sollicita mente pertractarem; nullus morderet, nullus reprehenderct. Nunc autem quia juxta sententiam Salvatoris, volo operari cibumqui non périt, error mini geminus infligitur... 0 fratres dilectissimi, pro flabello, calathis, sportellisque,munusculis monachorum, spiritualia hœc et mansura bona suscipite. 2* preefat. in lib. Job. {Voy. saint Claude, Saint-Amour, Bonaventure, Norbert.) La meilleure édition des deux Règles du saint patriarche et de ses Opuscules, est celle du P. Jean de La Haye, en 1641, in-fol. Elles ont été réimprimées en Allemagne, en 1739, in-fol. Le P. Chalippe, récollet, a donné sa Vie, Paris , 1728 , in-4°, et 1736 , deux vol. in-12. On a aussi son Histoire par të. Chavin de Malan, in-8°.

FRANÇOIS DE PAULE (saint), fondateur de l'ordre des Minimes, naquit à Paule en Calabre, l'an 1416. Un attrait singulier pour la solitude et pour la piété le conduisit dans un désert au bord delà mer, où il se creusa une cellule dans le roc. La réputation de sa sainteté attira auprès de luiunç foule de disciples, qui bâtirent autour de son ermitage un monastère, le premier de son ordre. On nomma d'abord ses religieux les ermites de saint François; mais François voulut qu'ils portassent le nom modeste de minimes. Il leur prescrivit le carême perpétuel, et leur donna une règle, approuvée par le pape Alexandre VI, et confirmée par Jules II. Le nom du saint fondateur se répandit en Europe avec le bruit de ses vertus. Louis XI, dangereusement malade, l'appela en France du fond de la Calabre, espérant d'obtenir sa guérison par ses prières. Ce prince, très-jaloux de tenir son rang, alla au-devant de lui et se prosterna devant l'humble religieux. « Vous étiez alors, ô mon Dieu 1 connu dans « le monde (s'écrie à ce sujet un orateur ceci lèbre), et les cours (les princes n'étaient

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« pas des lieux inaccessibles à votre grâce « ni à la piété chrétienne, puisque vos ser- « viteurs y étaient si honorablement traités, » Quoique le saint annonçAt au roi une fin prochaine, au lieu de la guérison qu'il espérait, il continua à jouir de toute sa confiance, et l'aida à finir par une mort chrétienne une vie qui, à bien des égards, ne l'avait pas été. François établit quelques maisons en France, et mourut dans celle du Plessis-du-Parc, en 1507; il fut canonisé en 1519, par Léon X. Les minimes furent appelés en France Bons- Hommes, du nom de Bon Homme que les courtisans de Louis XI donnaient à leur père. Les hommes du siècle ne manquent jamais de confondre la piété et la précieuse simplicité de l'Evangile avec ce qu'ils appellent bonhomie. Le P. Hilarion de Cosie a donné sa Vie, 1655, in-4°.

FRANÇOIS-XAVIER (saint) , surnommé Y Apôtre des Indes, né au château de Xavier au pied des Pyrénées le 7 avril 1506, était fils de Jean Jysse, gentilhomme de Navarre, et de Marie A?pilcueta, et était par sa mère neveu du célèbre docteur Navarre. Il enseignait la philosophie au collège de Beauvais à Paris, lorsqu'il connut Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites. Il s'unit étroitement avec lui, et fut un des sept compagnons du saint espagnol, qui firent vœu dans l'église de Montmartre, en 1534, d'aller travailler à la conversion des infidèles. Jean III, roi de Portugal, ayant demandé des missionnaires pour les Indes orientales, Xavier s'embarqua a Lisbonne en 1541. De Goa où il se fixa d'abord, il répandit la lumière de l'Evangile sur la côte de Comorin, à Malaca, dans les Moluques, dans le Japon. Un nombre infini desbarbaresreçurent le baptême. Xavier leur inspira le goût pour le christianisme, autant w ses vertus que par son éloquence; et a Providence renouvela plus d'une fois, en aveur de ces nouvelles églises, les merveilles des premiers temps du christianisme. 11 mourut en 1552, dans l'île de Sancian, à la vue de l'empire de la Chine, où il brûlait de porter la foi. H était âgé de 46 ans, et en avait employé dix et demi à la conversion des Indes. « Terme bien court , dit l'abbé Bérault , « quand il n'eût soumis qu'une nation au « joug de l'Evangile. Mais s'il a établi la foi « dans 52 royaumes plus ou moins éten- « dus, s'il a arboré l'étendard de la croix « dans trois mille lieues de pays; s'il a bap- « tisé de sa main près d'un million tant de « Sarrasins que d'idolâtres; s'il a procuré à « l'Eglise plus de nouveaux sujets que les « fameux hérésiarques de son siècle n'ont « fait de déserteurs et d'apostats, ne peut-on « pas dire que la rapidité des conquérants « les plus mémorables n'égala pas la sienne; « et que, s'il eût rempli la mesure commune « de la vie humaine, le monde entier, pour « son zèle, plutôt que pour leur valeur, eût « été un champ trop étroit? » Son corps, plusieurs fois relevé de terre, d'abord à l'île de Sancian, puis à Malacca, ensuite à différentes lois à Goa, fut trouvé sans aucune corruption. En 1782, il fut derechef découvert

et exposé, durant trois jours, aux yeux du public. (Voy. la Relation de M. Cicàla, et sa Vie imprimée à Liège, p. 22). Grégoire XV le mit au nombre des saints en 1622. Les protestants mômes lui ont donné ce nom. Tavernier dit qu'on peut V appeler à juste titre le saint Paul et le véritable apôtre des Indes. Richard Haklvit, au second tome des Navigations de la nation anglaise, en parlant de l'île de Sancian, remarque qu'elle est fameuse par la mort de François-Xavier, dont il fait un grand éloge, auquel il ajoute que les histoires modernes des Indes sont remplies des excellentes vertus et des œuvres de ce saint homme. Baldaeus, dans son Histoire des Indes, après avoir parlé de Xavier comme d'un autre saint Paul, dit que les dons qu'il avait reçus pour exercer la charge de ministre et d'ambassadeur de Jésus-Christ, étaient si éminents, qu'il ne lui est pas possible de les exprimer. Et quelques lignes après, adressant la parole au saint môme : Plût à Dieu, s'écrie-t-il, qu'ayant été si célèbre par votre ministère, notre religion nous permît de vous adopter, ou que la vôtre ne vous obligeât pas de nous renoncer ! Effectivement, la vie et les immenses travaux de ce grand homme sont le fruit visible de cette conviction intime, de cette foi vive, de cette charité active et brûlante, que les systèmes et les opinions des hommes ne sauraient produire : aussi, le zèle pour la conversion des infidèles a-t-il toujours été et sera toujours propre à l'Eglise catholique ; ceux des sectaires qui ont voulu l'imiter n'en ont pu soutenir longtemps les apparences, moins encore en renouveler les effets ; et pour dire un mot des apôtres de la nouvelle philosophie, contents d'enseigner commodément dans des brochures la prétendue vérité, ils n'ont garde de quitter leurs foyers pour l'annoncer à des peuples ignorants et sauvages. On a de saint François-Xavier cinq livres d'Epîtres, Paris, 1631,° in-8°; un Catéchisme, des Opuscules. Ces ouvrages respirent le zèle le plus animé, la piété la plus tendre, un jugement sûr et solide. Les PP. Turselin et Bouhours, jésuites, ont élégamment écrit sa Vie, l'un en latin et l'autre en français. Celle-ci a été très-souvent réimprimée. On a de M. Dulard une épopée intitulée la Xavériade, ou Y Apostolat de saint François-Xavier, un peu froide, mais pleine de grandes idées : il y en a une autre en latin.

FRANÇOIS DE BORGIA (saint), grand d'Espagne, duc de Gandie, ville du royaume de Valence, où il naquit en 1510, et vice-roi de Catalogne, jouissait de la plus grande consi- ? dération à la cour de Charles-Quint. Chargé de conduire à Grenade le corps de l'impératrice Isabelle, pour y être déposé dans le tombeau royal, et obligé d'attester que c'était réellement le corps de cette princesse, qui avait été un prodige de beauté, il fut si frappé à l'ouverture du cercueil, de ne pouvoir plus la reconnaître, que ce tableau de la mort devint pour lui une leçon subitement efficace. Il vécut en saint au milieu de la cour, et, après la mort de son épouse, il entra chez les jésuites, dont il fut le troisième gé*

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néral. Tous les honneurs le poursuivirent, dans sa retraite; de riches évèchés, le cardinalat et d'autres dignités lui turent offertes à plusieurs reprises, et, après la fnorl de Pie V, une partie des rardinau v voulurent ré}ever sur la chaire de saint Pierre. I échappa à tout cela, cl mourut à Rome quelcrues mois après ce pape, le 30 septembre 1571 à l'flge de 62 ans, après avoir étab i sa çompa ,nie dans un grand nombre de provinces ri rend ■ de grand servi ■> b l'Eglise. Le voyage □ r'il lit par ordre de Pie V avec le cardinal Alexandrin, pour réunir les princes chrétiens contre les infidèles, avança sa m ri, 3 forces et l'état de 9« santé ne répondant pas aux fatigues de cette commission. C'était un homme 'une mortification extraor iinaire. Sainte Thérèse, qui l'appelait un *afti£,reche chut et suivait ses conseils dans les affaires difficiles. Charles-Quinl voulut 1" voir dans sa retraite de Saii.t-Just, et lui répéta ce qu'il lui avait confié, longtemps auparavant, t ■ e son exemple avait beaucoup servi à le déterminer à quitter le trône et le mini ',et que dès lors il en avait conçu la résolution, anei dote qai détruit I s contes tmag n 's sur l'abdication de ce prince {Voy. Vesal). Clém ut X le mit au nombre d s saints en 167:. Il laissa plusieurs ouvrages, traduits de l'espagnol en latin par le P. Alphonse Deza, jésuite, Bruxelles, 1(175, in-fol. Voy. sa Vie, pu- 1-1 ée en franc., 1072, in-i°, par le P. Verjus, d'aorôs Ribadeneira et Êusèbe Niérembe g. FRANÇOIS DE SALES [saint), né a : château de S*ales, diocèse de Genève, en 15 57, fit ses premières études .à Paris et son cours de droit à Padoue. Il édifia ces deux villes par sa piété aussi douce que tendre. Il fut d'abord avocat à Cliambéry, puis prévôt d'Anneei , ensuite évoque de Genève, après la ni rt de Claude Garnier, son oncle, en 1602. Son zèle pour la conversion des zuingliens et des calvinistes avait éclaté avant son épiscopat; il nefut q e plus ardenl après. Ses succès répondirent h ses travaux, il avait gagné a l'Eglise plus de 70,000 hérétiques, depuis 1502 jusqu'i n 1602, époque où il fut évoque.Il s Tait difficile de faire un détail exa t de ceux qu'il ramena au bercail, depuis 1602 jusqu'à sa mort. Le cardinal du Perron disait qu'il n'y avait point d'hérétique qui! ne pût convaincre; mais qu'il fallait s'adresser à l évêque de Genève pour les convertir. Un jour nouveau luisît sur le diocèse de Genève, dès qu'il en eut pris possession. Il fit fleurir la science et la piété dans le clergé séculier et r; .ulier. Il institua, l'an 1 ' > 1 0 , l'ordre de h Visitation, dont la baronne de Chaulai, qu'il avait détrompée les faux charmes du inonde, fut la première supérieure. Il voulut qu'on y admit les filles d'un tempérament délicat, et môme les infirmes, qui ne peuvent se placer dans le monde, ni dans les cloîtres austères. Cette cong égation fut érigé en titre d'ordre et de religion, l'an 1618, par le pape Paul V. Sur la fin de cette même année, François fut obi gé de se rendre à Paris avec le cardinal de Savoie, pour conclure Le mariage du prince de Piémont avec Christine de

France. Cette princesse le choisit pour son aumônier : le saint évêque, qui avait déjà refusé un évêché en France, et qui refusa vers le même temps la coadjutorerie de IY>vèrhé de Paris, ne voulut accepter cette place ' qu'à condition qu'elle ne Tempe lierait point de résider dans son diocès • pour lequel il soupirait. Il y retourna le plus tût qu'il put, et contin a d'y vivre en pasteur des premiers siècles de l'Eg i ie, <n In née, en Augustin. L'an 1622, ayant eu ordre de s • rendre h Lyon, où. le duc de Savoie devait voir Louis XIII, il y fut frappé d'apoplexie le 27 d • ïembre, ei mou«*ul le lendemain à 56 ans. Il fut canonisé par Alexandre Vil, le 19 ,ivril 166:5. Sont François de Sales était une de ces âmes tendres et sublimes, nées pour la vertu et pour la piété, et destinées par le Ciel à inspirer l'une et l'autre. On remarque ce caractère dans tous ses écrits : la candeur, l'onction qu'ils respirent, les rend délicie x même a ceux que 1. s lectures de piété ennuient le plus. I,es principaux sont : Introduction à la vie dévote. Le b t de ce livre était de montrer que la dévotion n'était pas seulement faite pour les cloîtres, mais qu'elle pouvait être dans le monde, et s'y accorder avec les obligations delà vie civile et séculière. Il fit des fruits merveilleux à la cour de France et à celle de Piémont. Un Traité de l'amour de Dieu, mis dans un nou- \ el ordre par le P. Fellon, jésuit >, en .'} vol. 11 a été depuis imprimé en 2 vol., et abrégé en un s-ul par l'abbé Tricalet. Des Lettres spirituelles, et d'à dres ouvrages de piété , recueilli' en 2 vol. in-i'ol. Elles ont été réimprimées en 1817, en 3 vol. in-8", avec un beau ; ortrait et un modèle dé son écriture. Saint François de Sales y paraît un des mystiques les plus judicieux des derniers temps. Les lecteurs qui voudront connaître plus en détail ses ouvrage et ses vertus, peuvent lire sa Vie élégamment écrite par l'abbé Marsol- J;er, en 2 vol , et son Esprit, par Camus, évêque de Relley, son intime ami. Ce derni r livre, insipidement prolixe, a été réduit par M. Collot, docteur de Sorbonne, à un gros vol. in-8°, ou 2 vol. in-12, plusieurs fois réimprimé. On a publié à Paris, en (82.J, une belle édition complète de ses œuvres, 16 v. in-8°. On a aussi sa Vie par Loyaud'Auiboise, avec portr. et fac-similé, 1 vul. in-8°.

FRANÇOIS. Voy. Régis.

FRANÇOIS [dom Claude et dom Philippe), qu'on réun t dans le môme article pour éviter les redites, appartenaient tous deux à la congrégation de Saint-Vannes. Dom Claude, né à Paris en 1559, fut envo. é, après avoir fait sa profession, au Mont-Cassn, pour y étudier les règlements sur lesquels la congrégation de Saint-Vannes, encoreau berceau, voulait se modeler. Dom Claude revint avec une constitution qu'il avait rédigée, et fut nomm ; présidentde la congrégation. Il trouva après ([ clques années d'expérience, que 1 article des constitutions qui statue la vacance de la supériorité après le terme do cinq ans, sans que le supérieur pût être Continué, oiïïait des inconvénients. Les autres

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supérieurs, et particulièrement dora Philipne, ne partagèrent pas son opinion ; on écrivit de part et d'autre, mais sans se convaincre mutuellement. En 1630, le pape mit tin à la dispute en permettant de continuer le supérieur au delà de cinq ans, lorsque le bien de la congrégation le demanderait L'union entre les deux confrères ne so dfrit pas de cette dissension, etdom Claude, après avoir rendu de grmds services à la congrégation, et en avoir été douze fois prés'dent, mourut à l'abbaye de Saint-Michel, le 10 août 1632. — François (<lom Philippe), dont le véritable nom était Philippe Collard, naquit à Lunéville en 1579. Il était à peine âgé de 10 ans lorsque son parent Lignarius, abbé de Sénones, le prit dans son monastère dins l'intention d'en faire son coadjuteur. 11 p it l'habit de Saint-Benoît, et lo squ'il eut t'ait profession, il alla faire ses cours de philosophie et de théologie à l'université de Pont-à-Mousson. Il y étudia aussi la langue grecque, et avec tant de succès que dès ce moment il s'en servit habitueilement nour correspondre avec son père qui était Irès-v rsô dans cette langue. Désirant entrer dans un monastère où la réforme fût en vigueur, il quitta secrètement, en 1603, Séiones, malgré les avantages qui devaient l'y retenir, et se rendit à Saint-Vannes, où il fit profession l'année suivante, api es avoir enseigné la philosophie et la théologie à Saint-Mich d, où le cardinal de Lorraine avait introduit la réforme. Rappelé à Saint-Vannes, il y fut uns à la tête du noviciat. En 60J, il fut nommé visite t, et, trois ans après, prieur de l'abbaye de Saiut-Airy de Verdun, dont il devint abbé. En1622, il fut élu président de la congrégation. M mourut à Saint-Airy, le 27 mars 1637, après avoir fut reb tir l'église de celte abbaye, et l'avoir enrichie de be ucoup de choses' précieuses. C'était un re i^ieux plein de zèl ■ et de piété, et très-attaché à la discipline. Marie-Jacqueline Bouette de Biemur, religieuse bénédictine, a écrit sa Vie, insérée dans le 2" volume d s Hommes illustres de l'ordre de Suint-Benoît. Dona Philippe écrivit plusieurs ouvrages au sujet de son différend avec dom Claude. On a en outre de lui : Trésor de perfection tiré des épitres et évangiles qui se lisent à la messe pendant Vannée, Paris, 16S5, k- vol. in-12; Le Guide spirituel pour les novices, Paris, 11316, in-12; Le Noviciat des bénédictins avec un traité de la mort précieuse des bénédictins, in-12 ; Renouvellement spirituel nécessaire aux bénédictins ; La Règle de Saint-Benoît, traduite avec des considérations, Paris, 1613 et 1620; Occupation journalière des religieux; Enseignement tiré de la règle ; Courte explication de ce qui se dit dans l office divin, contenant le sens littéral et mystique de chaque psaume, avec des affections ; Les Exercices des novices. Ils ont été traduits en latin, et étaient en usage dans presque toutes les congrégations de bénédict.ns.

FRANÇOIS ou FRANC1SCUS de VICTO- RIA, ainsi nommé du lieu de sa naissance, dominicain, professeur de théologie à Sala

manque, mort en 15i9, est auteur de plusieurs petits traités de théologie, recueillis en un vol. in-8° sous le titre de Theologicœ prœlectiones.

FRANÇOIS DE JÉSUS MARIE, carme réformé, natif de Burgos, fut professeur de théologie à Salamanque etdéfiniteur général de son ordre. Il mourut en 1677, après avoir pu >1 é un Cours de théologie morale, imprimé à Salamanque, et réimprimé 'eouis a Madrid et à Lyon, en 6 vol. in-fol.

FRANÇOIS ROMAIN, dit le frère Romain, de l'ordre de Saint-Dominique, naquit à Gand en lf;V6. Il travailla, en l(;8'i-, à la construction d'une arche du pont de Maëstricht par ordre des Etats de Hollande. Louis XIV l'appela, quelques années après, en France pour achever le Pont-Royal, commencé par Gabriel, et qu'on désespérait de pouvoir fimr. Le succès de cet ouvrage lui valui les titres d'insoecleur des ponts et chaussées et d'architecte du roi dans la généralité de Paris. 11 mourut dans cette ville en 1735, à 89 ans. Il é'ait aussi bon relig eux que grand architecte. Il donnait aux dev irs de son état tous 1 s moments qu'il pouvait dérobera l'architecture.

FRANÇOIS (Laurent de), né à Arinthod, dans le diocèse de Besançon, le 2 novembre 169 5, passa quelques années dans la congrégation de la mission et s'y distingua par ses talents, qu'il continua d'employer utilement contre les erreurs du temps, après en être sorti. Il mo rut à Paris le 2ï février 1782, et lais-a ses légataires universels, les pauvres de la paroisse dans laquelle il était né. Ses vertus répondaient à son èle pour la religion, dont il pratiquait les devoirs comme il en d fendait les dogmes Nousavons de lui: Lettre sur le pouvoir des déinons, m-k° ; Les Preuves de la religion de Jésus-Christ, 1751, 8 vol. in-12; L'Examen du Catéchisme de riionnéte homme, 176i, 1 vol. in-12; Réponse aux difficultés proposées contre la religion chrétienne par J.-J. Rousseau, 1765, in-12; Observations sur\a Philosophie de l'Histoire, et le Dictionnaire philosophique, 2 vol. in-8°, avec gravure. Voltaire, dans une épitre î d'xVIembert, traite l'auteur de pauvre imbécile, qui a fait un livre en deux volumes contre les philosophes, que personne ne connaît et ne connaîtra. 11 faut cependant bien que le livre ait été connu, puisqu'il a donné tant d'humeur à l'irascible philosophe dont l'honnête critique ne trouvait ni esprit, ni jugement chez les gens qui réfutaient ses erreurs. Examen des faits qui servent de fondement à la religion chrétienne, 1767, 3 vol. in-12. Les ouvrages non imprimés de cet auteur, sont la Réfutation du Sgst me de la nature, h vol., et celle ûi\ Livre des Trois imposteurs. Ces ouvrages, sans avoir le mérite de l'élégance et de la précision, ont celui de la clarté, de la simplicité, de la facilité et de l'onction. Les excédents raisonnements opposés <ux erreurs du temps semblent quelquefois s'affaiblir par la prolixité de l'exposition el la marche grave et modeste de l'auteur; mais pour peu qu'on réfléchisse et qu'on resserre

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