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l'ensemble, on en saisit toute la force. Ce savant, comme la plupart des modernes, s'était laissé engouer de l'importance et de la beauté des maximes des anciens philosophes grecs et perses; mais ayant examiné leurs livres de plus près, il revint de son erreur. Il s'aperçut que c'est une ruse de nos philosophes de nous donner des extraits de Zoroastre, de Gonfucius, et d'autres prétendus sages de l'antiquité, pour faire croire <pic nous n'avions pas besoin de la religion chrétienne pour avoir une bonne morale : s'ils donnaient en entier les ouvrages de ces anciens, ils ne feraient point tant de dupes : car à coté d'une phrase raisonnable dictée par le bon sens, ils en mettraient une autre, qui semblerait naître d'une extravagance consommée. « C'est raisonner pauvrement, « dit un savant théologien, de dire : telle « maxime de la loi chrétienne se trouve dans « les philosophes, telle autre dans leslégis- « lateurs : l'une est prôchée à la Chine, l'au- « tre en Egypte ou au Japon : celle-ci a été « connue du temps de Pythagore, celle-là « cinq ou six cents ans après. Donc les hom- « mes n'ont pas été mieux instruits par Jé- « sus-Christ que par les païens. »
FRANÇOIS (dom Jean) , bénédictin de la congrégation de Saint-Vannes, zélé prédicateur et savant estimé, naquit le 26 janvier 1722, à Acremont, village dans le duché de Bouillon , et prononça ses vœux , en 1740, dans l'abbaye de Beaulieu en Argonne. Il enseigna la théologie, remplit plusieurs emplois supérieurs dans sa congrégation, et fut prieur de l'abbaye de Saint-Arnould et de Saint-Clément , dans la ville de Metz. La bibliothèque de cette dernière abbaye fut enrichie par lui de plus de cinq mille volumes de choix. Lorsque la révolution supprima les ordres religieux , il se retira dans le petit village d'Acremont , et il y mourut le 22 avril 1791 , dans sa 70e année. On a de dom François : Histoire de Metz (avec dom Tabouillot), Metz, 1769 et années suiv., 4 vol. in-4°, avec les preuves; Dictionnaire roman, wallon , celtique et tudesque , pour servir à l'intelligence des anciennes lois et contrats, Bouillon, 1777, in-4°; Bibliothèque générale des écrivains de V ordre de Saint-Benoît, patriarche des moines d'Occident, contenant une notice exacte des ouvrages de tout genre composés par les religieux des diverses branches, p filiations et réformes , Bouillon , 1777, 4 vol. le in-4°. Ce savant religieux s'était encore appliqué à la composition d'autres ouvrages, entre autres d'un Code monastique, à l'usage des supérieurs de tous les ordres, et d'un P ouille ûw. diocèse de Metz. Voy. ïhiébaud
FRANÇOIS (Locis-Jean), supérb ur prêtre de la congrégation de Saint-Lazare, massacré, le 3 septembre 1792, dans son séminaire, qui avait été converti en prison , fut averti du massacre, mais refusa de se séparer de ses frères, ou plutôt de ses enfants , en disant : «Un moment de plus serait un mauvais moment. » 11 avait publié plusieurs écrits où il manifestait son opposition aux principes des novateurs, savoir t Opinions sur les biens ec«
clésiastiques; Point de démission; Béponse à M. Camus, où il vengeait l'orthodoxie et la régularité des brefs de Pie VI , relatifs a la Constitution .civile du clergé; trois Lettres . sur la juridiction épiscopale, pour réfuter les écrits schisinatiques de (iratien , usurpateur du siège métropolitain de Rouen; Mon apologie, où il démontra qu'on ne pouvait prêter le serment, sans embrasser l'hérésie et créer un schisme; Apologie du Vreto apposé par le roi au décret concernant la déportation des prêtres ; Défense de mon apologie , ouvrage qui eut 7 éditions.
FRANÇOISE (sainte) , dame romaine, née en 138V, également respectable par sa piété et sa charité, mariée, dès l'Age de 12 ans, à Laurent Ponzani , morte en 1440 , à 56 ans, fonda, en 1425, le monastère àesOblatcs, appelées aussi Collatines , à cause du quartier de Rome où eiles furent transférées en 1433. « A toutes les vertus do la femme forte, dit « un hagiographe , à la prévoyance, à l'active vite , au courage, elle joignait , dans un « degré rare , toutes celles que le christia- « nisme a portées si haut, la douceur, la « charité , la patience , l'humilité. On voyait « cette dame illustre porter sur ses épaules « ce qui était nécessaire à l'entretien des « pauvres et de sa communauté, ou conduire « à travers la ville l'animal qui portait ces « provisions. On en raconte des choses fort « extraordinaires, que tant de sainteté rend « très-croyables , indépendamment des té- « moignages sur lesquels elles sont ap- « puyées. » Paul V la canonisa; on fait sa fête le 9 mars. On a sa Vie, par M. de Bussière in— 8°.
FRANÇOISE , femme de Pierre II, duc de Bretagne, fille de Louis d'Amboise, vicomte de ïhouars , naquit en 1427. Elle eut beaucoup à souffrir de l'humeur sombre et chagrine de son mari , qui en vint jusqu'à la frapper : outrage dont elle fut si affligée qu'elle en tomba malade. Le duc la voyant à l'extrémité lui en demanda pardon , et vécut depuis avec elle dans une grande union. Ede fut sa principale garde dans tout le temps de sa maladie; mais ni ses prières, ni ses soins n'empêchèrent point qu'il ne mourût. 11 dit avant d'expirer « qu'il laissait son épouse « aussi pure qu'il l'avait reçue. » Les parents de celte princesse et le rôi Louis XI emdoyèrent inutilement les prières , la ruse et a force pour l'obliger à épouser le duc de Savoie, qui la désirait ardemment à cause de sa vertu. Elle se fit carmélite en 1467, et mourut le 26 février 1485, victime de sa charité. Elle gagna sa dernière maladie auprès d'une religieuse, qu'elle secourut jusqu'à la mort. L'abbé Barrin a écrit sa Vie, Bruxelles (Rennes), 1704, in-12.
FRANCOLINI(Balthasar), naquit àFeimo, dans la Marche d'AncÔne, en 1650, se fit jésuite en 1666, enseigna avec distinction la philosophie et la théologie à Rome, et mourut au codége romain le 10 février 1709, avec la réputation d'un religieux vertueux et savant. Son livre intitulé : Clericus romanus contra nimium rigorem munitue t imprimé à
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Rome avec les approbations ordinaires , en 1705, et ensuite à Munich, en 1707, a pour objet de réfuter les reproches dos jansénistes, et surtout du docteur Arnauld, contre la manière dont on administre dans l'Eglise le sacrement de pénitence.
FRANCO W1TZ (Matrtas Flach), né à Albona, dans l'Istrie, le 3 mars 1521, est connu parmi les théologiens prolestants sous le nom de Flaccus lliyricus. Luther eut en lui un disciple ardent : ce fanatique s'éleva avec force contre l'intérim de Charles-Quint et contre les projets de pacification. 11 eut beaucou.) de part à la composition des centuries de Magdebourg (Voy. Jldex). Nous avons de lui : Le Catalogue des témoins de la vérité, Francfort, 1672, m-k° {Voy. Eiseinguen); Missa latina antiqua,\n-8°, Strasbourg, 1557. La rareté de ce livre l'a rendu très-cher. Cette liturgie contient la foi et les usages anciens de l'Eglise romaine. Les protestants croyaient qu'elle serait un témoignage contre les catholiques; mais s'étant aperçus qu'elle fournissait des armes à leurs adversaires, ils n'oublièrent rien pour en supprimer tous les exemplaires; et c'est la cause de leur rareté. On la trouve cependant en entier dans les Annales du P. Le Cointe, et dans les Liturgies du cardinal Bona. Francowitz a donné un Appendix à sa Missa latina, dans son édition de Sulpice-Sévère, Baie, 1556, in-8°. On a encore de lui une foule de Traités violents contre l'Eglise romaine. Il veut y prouver « que la papauté est une invention du dia- « ble, et que le pape est un diable lui-môme. » Tous les ouvrages de cet enthousiaste furieux sont peu communs. Ceux qui sont curieux de sottises et de pauvretés peuvent en voir le catalogue dans le tome XXIV des Mémoires de Nicéron. 11 mourut à Francfortsur-le-Mein en 1575 , à 55 ans. Ritter a publié une notice sur la vie et les ouvrages de Flaccus lliyricus , Francfort , 1723 et 1725, in-4°.
FRANCUS (Sébastien), fameux anabaptiste du xvie siècle, publia plusieurs écrits remplis d'erreurs et de fanatisme. Lesthéologiensde la confession d'Augsbourg , assemblés à Smalcalde en 15i0, chargèrent Mélanchthon de le réfuter. Francus publia encore un livre trèssatirique contre les femmes-, il fut réfuté par Jean Freherus et par Luther, qui se chargea volontiers de la cause du sexe.
FRANKE (Jean), hébraïsmt allemand, né l'an 1650 à Schlicht en Mecklembourg, lit ses études à Leipzig et se chargea de l'éducation de quelques jeunes seigneurs; il devint pasteur de Trantow et de Sassen en Poméranie , en 1686, puis, en 1689 , de Baggendorf, se démit de son emploi en 1702, et mourut le 17 avril 1723, à Neubrandenbourg. On cite de Franke : Lux tenebrosa, sive schedium de accent uationis hebrœœ imperfectione; Diacritica sacra; Memoriale symbolicum; deux Traités , en allemand , sur la théologie mystique dans la langue allemande; Historia Ruthœ juxta accentus hebrœos explicata; Commentarius acroamaticus inJonam; — in psalmos Davidis ; Prophetia Amosi, Nahum, Ha-
bacuci, Sophoniœ,Obadiœ, Haggœi, Malachiœ, juxta accentus resoluta et explicata ; Dissertalio de Pelecano, etc.
FRANÏZ (Wolfgang) , théologien luthé rien, né en 156k, à Plauen dans le Voigtland (Haute-Saxe), devint professeur en histoire, puis en théologie, à Wittenberg, où il mourut en 1628. On a de lui : Animalium historia sacra, Wittenberg , 1612, in-8°; 5e édition, Amsterdam , 1658, in-12, recherchée pour la beauté de l'impress'on et la commodité du format ; avec la continuation de Jean Cyprianus, Dresde, 1687; Leipzig, 1688 , 2 vol. in-8'. L'édition la plus complète et la plus estimée est celle de Francfort, 1712, 5 tomes en k vol. in-4°; Tractatus theologicus de interpretatione sacrarum Scripturarum maxime légitima, duabus constans regulis a Lulhero ad papatus romani destructionem in versione bibliorum germanica usitatis , 1634, in-8°; Wittenberg, 1708, in-4°; De reliquiis ecclesiœ sanctorum Witenbergœ , Wittenberg , 1617, m~k°; Schola sacrificiorum patriarchalium sacra , hoc est assertio satisfactionis a D. N. J. C. pro peccatis totius mundi prœstitœ, in sacrificiorum veterum typis fundatœ, et recentibus Arianis seu Photinianis opposita, qui a eu plusieurs éditions , parmi lesquelles on cite celle de Wittenberg, 165i, in-V. Le célèbre Scheuchzer a consulté YHistoria animalium pour sa Physica sacra.
FRASSEN (Claude), lié près de Péronne en Picardie , en 1620, définiteur général de l'observance de Saint-François, docieur de Sorbonne et gardien de Paris , mourut en 1711, dans la 91e année de son Age. Ce savant religieux avait paru avec distinction dans 13 chapitre général de son ordre, tenu à Tolède en 1682, et dans celui de Rome en 1688. A l'exception de ces deux voyages , il vécut toujours dans une exacte retraite. Les principaux fruits de ses veilles sont : une Philo sophie imprimée plusieurs fois en 2 volumes in-4°; une Théologie, k volumes in-folio, Paris, 1672, qui vaut mieux que sa Philosophie , qui était bonne cependant pour son temps : la logique , la métaphysique et la morale y sont très-bien traitées; ilya, comme c'était alors l'usage, plusieurs questions plus su.tiles qu'impo. tantes, mais qui servaient à rendre l'esprit jusle. Disquisilioncs biblicœ, Paris , 1682, 2 vol. in-4°, le premier sur la Ribie en général, le deuxième sur le Pentateuque, réimprimés avec des augmentations, à Lucques , 1761 , 2 vol. in-fol. L'érudition brille dans cet ouvrage; mais on y désirerait plus de méthode et de précision. On lui reproche d'avoir pillé dans la Démonstration évangélique de M. Huet et d'avoir masqué son larcin d'une ruse assez commune aux plagiaires. 11 critiqua d'une façon peu dé cente l'illustre prélat, à l'instigation de Louis Ferrand ; mais dans la suite il en demanda pardon à l'offensé.
FRAVITAS. Voy. Flavitas.
FRAYSSINOUS (Denis-Luc), évèque d'Hermopolis , chanoine honoraire de la métropole de Paris , pair de France, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit , ancien minis-