‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 88 sur 323 · SER · texte numérisé non relu

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l'avait espéré, aans l'exercice de son étart.

Chargé pat l'empereur de décorer un appartement du palais, il fut ensuite récompensé de son habileté par un titre le noblesse et par le grade de chevalier de l'ordre du Saint- Empire. Sa mère (mademoiselle Lasausse), femme leine de vertus, lui donna ainsi qu'à son frère et à ses deux sœurs une éducation toute chrétienne. Ce frère, qui devint colonel de hussards de l'archiduc Josenh, communiait souvent à la tête des officiers de son régiment, et plus taid il se retira dans la solitude pour ne s'occuper que de ses dernières tins. Ferdinand entra aussi dans la carrière des armes et devint un officier distingué. Vers 180+ , il commandait comme colonel un corps-franc qui portait le nom de Marie- Thérèse; en 1806, il fui élevé à la dignité de chambellan et fait chevalier de Malte. Après la paix de Tilsîtt, il demanda à s xvir dans les armées d'Espagne, et il l'obtint avec le tdrede lieutenant général. C'était le temps où cette nation luttait contre l'invasion française. Ne pouvant se rendre directement en Espagne, il passa en Angleterre pour solliciter des secours et former ensuite une légion nouvelle d'Autrichiens. Mais j es poursuites de ses créanciers, auxquels il opposa la rési.s an ce la plus énergique, amenèrent l'application de Valien-bill (loi contre les étrangers), et il fut déporté en Danemark. Bonaparte le réclama; il fut arrêté à Husum, puis conduit à Hambourg, et de là à Paris, ayant deux gendarmes dans sa voiture et un bur le siège. Au mois de février 1812, il était jeté dans le donjon de Vincennes, d'où il fut transféré à la Force, au connu ne nient de l'année suivante. Il y rencontra plusieurs ecclésiastiques, notamment M. de Boulogae, évéque de Troyes, le P. Fontana et le cardinal Gregorio. ii partagea même sa chambre avec le premier pendant six semaines. M. ueGéramb avait été marié, mais il avait perdu sa femme à Païenne en lo08. 11 se voyait donc libre, et il prit alors la résolution de quitter le monde et de passer Je reste de sa vie au couvent de Jérusalem. En eil'et les événements de 1814 lui ayant rendu la liberté, il partit pour la Palestine; mais, en passant à Lyon, il apprit que dom Eugène , abbé de la Trappe de Westphalie , allait établir son institut en France. Changeant aussitôt de plan, il se dirigea vers l'abbaye de Darfel i, où il passa u-e année, et vint ensuite «u Port-du-Salui. C'est Je 13 avril 1817 , qu'après un fervent noviciat de treize mois, il prononça ses vœux. Lorsqu'on songea à rebâtir l'église du Port-du-Salut, à cause de son insuffisance et de sa vétusté, le frère Géramb fut chargé IIP la quête, qui fut abondante. Eu 1827, il quitta Laval pour se rendre dans une autre maison de l'ordre située près de Mulhouse, dans le diocèse de Strasbourg, et connue sots le nom de Notre-Dame de la Trappe du Mont-di s-Olives. Lorsque parurent les faneuses ordonnances du 16 juin 1828, le P. Géramb protesta par une lettre qui lit une grande sensation. La révolution de juillet 1630 ayant forcé lés religieux non français à

s'éloigner, il se rendit dans la célèbre abba\ e de Saint-Bernard au canton de Lucerne. Mais là aussi les religieux étaient en butte à de grands désagréments, ce qui lui donna la pensée de faire un pèlerinage en Palestine, et il partit le 21 juin 1831, muni de 1 agrément du souverain pontife et des lettres de recommandation de la sacrée propagande.

C'est ce voyage qu'il raconta lui-même plus tard dans son PHcrinage à Jérusalem et au mont Sinai, 3 vol. in-8° ou in-12, ouvrage plein d'intérêt. Il était de retour parmi ses frères les Trappistes, le 22 décembre 1833 : ceux-ci étaient heureusement rentrés dans leur couvent. En 1837, il lit le voyage de Borne avec le titre de procureur général de la Trappe, congrégation de France, et il en a fait i récit uans son Voyage de la Trappe à Home, 1 vol. in-12, 1838. Peu après, il fut nommé abbé. Le pape le chargea de remettre à la reine Marie-Amélie un grand cierge de Notre-Dame de Lorette, et uans l'entrevue qu'il eut en 1838 avec cetœ pj incesse pour accomplir sa mission, elle donna au père Géramb un crucifix d'ivoire. La nouvelle qu'il reçut de la mort de l'un de ses deux lils qui combattait pour la liussie dans les provinces circassiennes fut un coup bien rude pour son cœur; mais sa vie entière n'étau-clle pas dépens bien des années un longsacriuce? Pour la constance dans la ferveur et lu rigueur des austérités imposées par sa règle, il ne le cédait à aucun de ses frères. Une carrière si sainte et si méritoire s'est terminée par une mort non moins sainte, à Borne le 15 mars 1848. Outre les ouvrages que nous avons mentionnés, le Père Géramb a publié: Lettres à Eugène sur l 'Eucharistie, ii^., 1 vol. in-12; L' Unique chosenécessaire, ou Réflexions, pensées et prières pour mourir saintement, 1 vol. in-12, orné d'une gravure ; L éternité s'avance, et nous n'y pensons pas, ou Réflexions et Pensées pour mourir saintement; pour servir de suite à l'ouvrage précédent, 2e édition, 1 vol. in-12, avec une • gravure. Le Pèlerinage à Jérusalem a été traduit en allemand, 2 vol. in-8°. — ÎNous avons ait que Géramb perdit sa femme eu Sicile en 18t,8. Quoique celte version nous semble la vraie, nous en donnons une autre d'après un de ses biographes, tout extraordinaire qu'elle paraisse : « A sa sortie du château de Vincennes, le général se dirigeait vers l'Allemagne pour rejoindre sa famille, et madame de Géramb venait à sa rencontre. Ils arrivent l'un et l'autre au bord du Bhin, si je ne me trompe. A cet endroit les eaux étaient resserrées dans un lit fort étroit et n'en étaient que plus profondes et plus rapides. On avait détruit tout récemment un petit pont qui joignait les deux rives. Les dernières luemsdu soleil couchant bottaient péniblement sur les lignes fuyantes et brisées de l'horizon. C'était un crépuscule plus opposé au jour que la nuit même. Les deux époux s'étaient aperçus. M. de Géramb était à cheval; il met pied à terre. Madame de Géramb descend de sa voiture. Ils louchaient au bord du fleuve. Hélas1 l'infortunée ne voit pas le précipice;

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