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elle s élance vois son mari qui lui tendait les bras, et disparaît dans les Ilots. »

GERARD. C'est le nom de trois saints personnages, dont le premier fut tire" du séminaire des clercs de Cologne, pour gouverner l'église de Toul en 963 : il occupa ce siège avec édification l'espace de 31 ans. Le deuxième, d'abord moine de Saint-Denis, puis premier abbé de Brogne, au diocèse de Namur, mourut on 959. Le troisième, mort en 1 138, était frère de saint Bernard et religieux de Corbie. Les légendes de Hongrie font aussi mention d'un saint Cérard, martyr, précipité du liant d'une montagne voisine de Bude, où l'on voit une chapelle bAtie en son honneur. On peut voir dans l'ouvrage de l'élégant et judicieux Isthuanfi : De rébus Pannonicis, diverses particularités touchant ce saint, et nommément un genre de punition tout à fait singulier, attaché aux descendants de l'auteur de sa mort. On en cite un autre qui, après avoir passé quelques années dans un monastère de Venise, voulut faire le voyage delà Terre-Sainte; mais, en traversant la Hongrie, il futre'enu par Etienne, roi de cette contrée, et reçut un évèché.

GERARD THOM ou TUNG ou TENQUE,né en 1040 dans l'île de Martigues en Provence, suivant quelques écrivains, était plus vraisemblablement d'Amalfi. Il fut l'instituteur et le premier grand-maître des frères hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, connus aujourd'hui sous le nom de chevaliers de Malte. Cet ordre commença dès le temps où la ville de Jérusalem était" encore en la puissance des infidèles. Des marchands d'Amalfi en Italie obtinrent la permission de bâtir, vis-à-vis l'église du Saint-Sépulcre, un monastère de bénédictins, où les pèlerins pussent trouver l'hospitalité. L'a!>bé de ce monastère fonda en 1080 un hôpital, dont il donna la direction à Gérard, homme recommandablepar sa piété. Ce saint homme prit un habit religieux l'an 11C0, avec une croix de toile blanche à huit pointes sur l'estomac. Il donna cet habit à pi usieurs^ personnes qui s'engagèrent dans cette société, et firent les troix vœux de chasteté , de pauvreté et d'obéissance, avec un vœu particulier de secourir les chrétiens par les armes. Ces religieux obtinrent de grands privilèges dès leur naissance. Anastase IV les confirma en 1154 par une bulle, dans laquelle il leur permet de recevoir des clercs pour faire J'oftice divin et administrer les sacrements, et des laïques de condition libre pour le service des pauvres : telles sont les trois sortes de personnes qui composent l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem : les frères chevaliers, les clercs, et les frères servants. Le saint fondateur mourut en 1120, et eut pour successeur Raymond du Puy. L'abbé Vertot a écrit YHistoire de cet ordre. De Haitze a écrit la Vie de Gérard, Aix, 1730, in-12.

GERARD LE GRAND ou GROOT, célèbre par ses vertus, ses écrits et ses sermons, naquit à Deventer en 1340, et mourut en 1384, à 44 ans. 11 institua les clercs réguliers, appelés les frères de la Vie commune, parce que, mus s'engager par aucun vœu , ils demeu*»

raient ensemble et se procuraient par leur travail, qui consistait principalement à copier les livres des saints Pères, et à les corriger sur des anciens manuscrits, tout ce qui était nécessaire pour leur entretien, sans qu'aucun' se réservât rien en particulier. Gérard établit aussi une congrégation de filles, qui, après leurs exercices spirituels, s'occupaient à des ouvrages convenables à leur sexe. Il y en eut plusieurs monastères dans les Pays-Bas, dirigés par les clercs de la même congrégation. Il donna pour directeur avant de mourir, à ses disciples, Florent Badewyns, de Deventer, qui a été le maître spirituel de Thomas à Kempis (Voy. Standonck). Plus de la moitié de leurs maisons furent ruinées par les protestants de Hollande et d'Allemagne dans le xvi' siècle. Cette congrégation, approuvée en 1376 par Grégoire XI, subsiste encore avec honneur à Coiogne, à Wesel et ailleurs. Gérard avait été chanoine d'Aix-la-Chapelle et d'Utrecht; mais le désir delà solitude lui fit quitter ces bénéfices. Nous avons de lui plusieurs livres de piété, dont quelques-uns sont imprimés parmi les œuvres de Thomas à Kempis; ils en ont souvent l'onction et l'admirable simplicité; Cologne, 1660, in-8°, toiu. III. La plupart des autres sont restés manuscrits.

GERARD (Jean), théologien luthérien, né à Quedlimbourg en 1582, enseigna la théologie à léna avec réputation. On a de lui grand nombre d'ouvrages. Les principaux sont : des Lieux communs de la Théologie; la Confession catholique ; Y Harmonie des quatre Evangélistes, Genève, 1646, 3 vol. in-folio ; des Commentaires sur la Genèse, sur le Deutéronome, sur les Epîlres de saint Pierre et sur l'Apocalypse. Il mourut en 1637.

GERARD (Jean), savant luthérien, professeur en théologie et recteur de l'académie d'Iéna, sa patrie, mourut en 1668, à 57 ans. On a de lui : une Harmonie des langues orientales; un Traité de V église cophte, et d'autres ouvrages estimés. — Jean-Ernest Gérard, son fils, marcha sur les traces de son père.

GERARD (Alexandre), ministre de l'église d'Ecosse, né en 1728, dans le comté d'Aberdeen, mort le 22 février 1795, fut professeur de philosophie naturelle et expérimentale au collège Maréchal, puis de théologie au collège royal d'Aberdeen. Il a laissé : un Essai sur le goût, 3' édition, 1780, trad. en franc, sur la 2e édition par Eidous, qui y a ajouté trois dissertations sur le même sujet; Dissertations sur des sujets relatifs au génie et aux preuves du christianisme, Aberdeen , 1766 et 1774, in-8°; Essai sur le génie, ibid., 1780,111-8°; des Sermons, 1780-82, 2 vol.; les Devoirs du pasteur, publiés en 1799, par son fils Gilbei t, qui lui succéda dans la chaire de théologie. On doit à ce dernier un extrait de ses leçons, qu'il a publié sous ce titre : Institutes of biblical criticism, etc.

GERARD (Philippe-Louis), chanoine de Saint-Louis du Louvre, naquit à Paris l'an 1737, d'une famille honnête, mais peu aisée, qui lui fit faire néanmoins ses études au collège de j,nuiH<H3randi Doué d'une im*gi«

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nation vive, il se livra avec une égale ardeur à l'étude des lettres et au monde, dont les dangereuses illusions, comme il l'avoue luimôme, l'égarèrent un moment. Ayant eu le bonheur de connaître l'abbé Legros, alors chanoine de la Sainte-Chapelle, il reconnut son erreur, et pour se consacrer entièrement et sans retour au service de Dieu, il embrassa l'état ecclésiastique , dont il remplit , durant sa longue carrière, les saintes fonctions avec autant de zèle que de succès. Il fut un des ecclésiastiques à qui l'Assemblée du clergé de 1775 décerna des honneurs et des encouragements pour avoir pris la défense de la religion. C'était un titre pour être persécuté pendant la révolution. Il le fut effectivement, e't resta longtemps en prison. Rendu à la liberté, il alla passer dans la retraite le reste de sa vie, et mourut le 24 avril 1813. On lui doit : Le comte de Valmont, ou Les égarements de la raison, qu'il publia d'abord en 3 vol., ensuite en 5, enfin en 6 vol., y compris la Théorie du bonheur, et qui a eu plus de 20 éditions. Cette production, d'un ordre aussi relevé que utile, en assurant à l'abbé Gérard des titres certains à la gloire d'un écrivain très-distingué, lui a acquis des droits incontestables à la reconnaissance de tous les amis de la religion et des mœurs. L'auteur, dit un écrivain judicieux , « y montre, dans une « agréable fiction , les écarts d'un jeune « homme entraîné par ses passions et par « des sociétés pernicieuses, et y établit les « preuves qui ramènent tôt ou tard, à la reli- « gion un esprit droit et un cœur vertueux. » C'est le meilleur livre qu'on puisse mettre entre les mains des jeunes gens pour les prémunir contre la philosophie moderne.

Peut-être, faudrait-il désirer le retranchement de quelques passages dans lesquels les passions sont peintes de manière à amollir le cœur. Les leçons de l'histoire, ou Lettres d'un père à son fils sur les faits intéressants de l'histoire tiniverselle, 1787-180G, 11 vol. in-12. Les premiers volumes de cet ouvrage sont accompagnés de savantes dissertations qui offrent autant d'érudition que de critique : les derniers, qui terminent l'histoire ancienne jusqu'à Jésus-Christ , paraissent traités avec moins de soin. L'Esprit du christianisme, précédé d'un précis de ses preuves et suivi d'un plan de conduite, Paris, 1803, in-12. Des mémoires sur sa vie, suivis de mélanges en prose et en vers, Paris, 1810, in-12. Il n'est pas certain que cet ouvrage soit de l'abbé Gérard. Des sermons pour l'avenl, le carême et les principales fêtes de l'année, Lyon, 1814- 10, 4 vol in-12. On trouve à la fin du 4e volume un panégyrique de saint Charles. Gérard a laissé plusieurs ouvrages inédits : le plus important de ceux-ci a été publié sous le titre suivant : Essai sur les vrais principes relativement à nos connaissances les plus importantes, Paris, 1826, 3 vol. in-8°, avec le portrait de l'auteur.

GERASLViE (saint), solitaire de Lycie, après avoir mené longtemps une vie erémitique dans son pays, passa ensuite en Palestine, où il se laissa surprendre par Théodose ,

moine vagabond, qui lui inspira les erreurs d'Eutychès. Le saint abbé Euthyme lui ouvrit les yeux, et sa faute ne servit qu'à le rendre plus humble, plus vigilant et plus pénitent que jamais. Il bâtit ensuite une maison de 70 cellules, près du Jourdain, dans laquelle il finit saintement sa vie, avec un grand nombre de solitaires, le 5 mars 475, dans un âge avancé. La prière et la méditation des vérités éternelles remplirent entièrement ses dernières années. L'auteur du Pratum spirituale dit qu'il guérit un lion qui s'était enfoncé une forte épine dans le pied, que cet animal lui resta attaché, et mourut de regret après avoir perdu son maître.

GERAUD ou GERARD (saint), Geraldus, moine de Corbie, abbé de Saint- Vincent de Laon, puis de Saint-Médard de Soissons, et enfin premier abbé de Saint-Sauve, près de Bordeaux, mourut le 3 avril 1005. Sa vie avait été sainte, sa mort le fut aussi. Il a laissé une Vie de saint Adalhard , insérée dans les Acta sanctorum.

GERAUD (saint), comte et baron d'Aurillac, fonda l'abbaye d'Aurillac, ordre de Saine-Benoît, en 894, et mourut le 13 octobre 9C9. 11 fut le père des pauvres et l'exemple des solitaires.

GERBAIS (Jean), né en 1G29 à Rupois, village du diocèse de Reims, docteur de Sorbonne en 1661, professeur d'éloquence au collège royal en 1662, mort en 1699, à 70 ans, avait un esprit vif et pénétrant. On a de lui plusieurs ouvrages en latin et en français; les premiers sont mieux écrits que les seconds. Les principaux sont : un traité De causis majoribus, Paris, in-4°, 1769, pour prouver que les causes des évoques doivent être jugées en première instance par le métropolitain et par les évèques de la province. Ce traité déplut à la cour de Rome, non-seulement par les assertions qu'il conlenait sur les libertés de l'Eglise gahicane, mais aussi par la manière dure dont elles étaient exprimées. Innocent XI le condamna en 1680. L'Assemblée du clergé de l'année suivante ordonna à Gerbais d'en publier une nouvelle édition corrigée, pour donner, dit l'abbé Barrai, dans son Dictionnaire critique, quelque satisfaction à la cour de Rome, qui n'en aurait dû recevoir aucune. Qu'en sait-il, et de quel droit se mêle-t-il de condamner la conduite d'un corps si lespectable,qui sans doute savait ce qu'il devait et ce qu'il ne devait pas au siège de Pierre'/ Un Traité du pouvoir de l'Eglise et des princes sur les empêchements du mariage. L'auteur y prouve, contre Launoy, que l'Eglise a toujours usé du pouvo:r de constituer les empêchements dirimants (Voy. Launoy). Il accorde cependant aussi aux princes le pouvoir d'établir de t ls empêchements : sentiment qui a été défendu encore par d'autres catholiques, mais qui, comme le remarque un savant théologien de ce siècle, ne résiste pas à une très-simple, mais invincible obserbation. « 11 me vient en idée (écrit-il à r M. Ricci, évoque de Pistoie) que les em- « pereurs romains ont, sans besoin, inondé « l'Europe , l'Asie et l'Afrique du sang de

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u leurs meilleurs sujets, dans l'unique vue « d'extirper la religion chrétienne. Car une « seul* loi qui, (Mi vertu de leur droit in é- « rent el notoire, eût statué que la confes- « sion du christiarnsme était un empêch - « ment dii-imant ie mariage, suffisait pour a faire oublier, à la lin d'une génération, le « nom adoré d .1 ésus-Christ, sans verser un i « goutte de sang, sans opprimer toul l'uni- « vers. Les chrétiens euss nt dû renoncer au « christianisme., ou s'abstenir du mariage, qui, « en vertu de la loi impériale, sérail devenu « pour eux un sacrilège el une incestu u e « union. Ainsi l'E lise, composée seulement « de célibataires, dont la propagation est ira- « possible, eût péri dans sa naissance. Que « pourrie/.- vous opposer à celte difficulté? « Qu • les empereurs, dans le cours de trois « siècles, ont ignoré ce droit, ou qu'ils n'y « ont pas songé, ou qu'ils ont préféré contre « l'ordre? des choses les persécutions et !e « carnage. Mais qui sont donc les princes « auxquels Dieu a révélé ce pouvoir qu'il « leur avait donné? Comment, entre tant d'a- « poslats, dans l'espace de 3(K) ans, ne s'en « est-il pas trouvé un seul qui, instruit de ce « dogme, suggérât à César un moyen si fa- « cile et si ellicace? Comment l'empereur Ju- « lien, élevé dans les mêmes écoles, imbu « des mômes principes que les Basile et les « Grégoire; Julien, si bien instruit dans la « religion à laquelle il renonça, qu'il pouvait « prendre à tâche de la combattre même par « sa plume, et d'engager les meilleurs a iteurs « ecclésiastiques de son temps à lui répon- « dre; comment, dis-je, cet empereur n a-t-ii « point usé d'un moyen si doux et si con- « l'orme à soi plan de détruire le christia- « nisme sans verser de sang". Supposons que « tons ce ix qui professaient la religion du « GaliJéen fu-s mt déclarés inhabiles à con- « tracter un mariage légitime; ceseuletsim- « pie édit de l'apostat eût effectué dans un « moment ce que n'avait pu f ire le fer des « Dioctétien et des Maximin. Parcourez ainsi « l'histoire des siècles ; appliquez cette idée « aux empereurs ariens et iconoclastes, aux « protestants d'Allemagne, au long et cruel « règne de la reine Elisabeth, et figurez-vous « quelles pertes eût pu causer au catholicisme « une seule loi sur les maria q<. Cette évi- « dence dont vous parlez n'est donc qu'une « chimère, et ce dogme a été ignoré dans « toute l'Eglise, jusqu'au temps de Launoy, « de Dominis; et ce sera un dogme que Dieu « aura révélé à ces docteurs, ou qu'ils auront « fabriqué. Quoi ! si Jésus-C risl eût donné « aux princes le pouvoir d'annuler les raa- « riages; pouvoir qui à chaque instant pouce vait tourner à. la destruction de son Eglise, « il s'ensuivrait qu'il a réuni dans son plan « des principes contradictoires qui se dé- « truisent mutuellement : car, d'un coté, il « eût voulu que nulle force humaine ne put « faire cesser son règne spii il uel sur la ter; e ; « et, d'un autre, il eût permis que tous les « souverains eussent le moyen de le ruiner « de fond en comble, dès "qu'ils l'auraient « voulu, il aurait institué des sacrements

« dan* son Kglise, comme des sources in- « épuisai)! sd ■ ses grâces, et il «1 lirai' dépendu « de la volonté d'un seul homme de les tarir « tout d'un coup 1 Puisqu'il est donc impos- « Bible de soupçonner môme que la Sagesse « éternelle ait pu tomber dans une absurdité «si palpable, il est évident, en supposant, « comme vous êtes contraint de le fa ne, la « perpétuité de l'E lise, ei l'a nature intrin- « sèque du sacrement, que Dieu ne peut avoir « accordé aux princes delà terre au un pou- « voir sur la validité du mariage, fit il ne « vo is servirait de rien de dire que les em- « pereurs païens ou les princes hérétiques « ne pouvaient user de ce pouvoir au dés- « avantage de la religion chrétienne ou de « l'Eglise catholique. Car si ce droit leur ap- « par tenait en effet, ils auraient pu s'en s< r- « vir toujours, si non licitement, du moins « validement, et la défense serait toujours « tombée indirectement sur la validité du « sacrement; de sorte que les chrétiens, « selon les principes mêmes de leur religion, « eussent été obligés d'obéir et de préférer « une stérilité destructive à un manifeste « concubinage. » On peut voir d'autres réflexions également simples et justes dans le fourn. hist. et Utt.,l$ lévrier 1791, p. 250. Des Lettres sur le pécule des religieux faits curés ou évoques, 1696, in-12. Une édition des Règlements touchant les réguliers, conjiée par ordre du clergé de France, qui le gratifia d'une pension de 600 livres. Ces règlements parurent en 1665, m-k°, avec les notes du savant Huilier. On les trouve aussi dans les Mémoires du clergé, par Le Merre, tom. VI. Quelques écrits sur la comédie, sur la parure des femmes, etc. Gerbais fonda par s in testament deux bourses dans le collège de Reims, dont il était principal. Voy. Tu- DEsenr.

GERBEL ( Nicolas ) , Gerbelius , jurisconsulte, natif de Pforzhcira , hab.le dans les langues et dans la jurisprudence, fut professeur en droit à Strasbourg, où il mourut fort vieux, en 1580. Le président de ïhou l'appelle virum optimum, et pariter doctrina ac morum suavitate excellentem. Son principal ouvrage est une description estimée de la Grèce , sous le titre de : Isagoge in tabulam Grœciœ Nicolui Sophiani, imprimée à Bade, en 1550, in-fol. On a encore de lui : VitaJoannis Cuspinifini ; De an&boptistarum ortu et progressu, etc. Ces écrits sont curieux.

GERBERGE, fille de saint Guillaume, comte de Toulouse, renonça de bonne heure au inonde , pour mener une vie retirée à. Chàlons. Elle édifiait cette ville par ses vertus, lorsque Lothaire , usurpateur du trône impérial sur son père Louis le Débonnaire, eut la cruauté de 1 faire enfermer dans un tonneau comme une sorcière et une empoisonneuse, et. de la faire précipiter dans la Saône , où elle périt. C'était pour se venger de Gaucelme et du duc Bernard, frères de cette princesse , qui s'étaient opposés à ses desseins ambitieux , et qui avaient favorisé contre lui le parti de l'empereur son père. Le Père Daniel prétend, dans son Histoire

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de France, que Gerberge avait d'abord épousé le comte Wala, et embrassé ensuite la profession monastique dans le temps que ce seigneur prit de son côté l'habit religieux dans l'abbaye do Corbie.

(JEKBERON (Gabriel), né à Sainl-Calais dans le Maine en 1628, fut d'abord de l'Oratoire, et se fit ensuite bé icdictin dans la congrégation de Sa nt-Maur en 1049. Il y enseigna la ihéologie durant quelques années. Il s'expliquait avec si peu de ménagement en faveur de la doctrine de Jansénius , que Louis XiV voulut le faire arrêter dans l'abbaye de Corbie, en 163*2; mais il échappa aux pou.su tes de la maréchaussée , et se sauva en Hollande. Sa vivacité et son enthousiasme l'y suivirent. L'air de Hollande étant contraire à sa santé, il passa dans les Pays- Bas. L'archevêque de Malines le fit saisir en 1703, et le condamna comme partisan des nouvelles erreurs sur la grâce. Le Père Gerberon fut ensuite enfermé par ordre du roi dans la cita selie d'Amiens, puis au château de Vincennes , sans que ni les prisons , ni les châtiments pussent modérer la ohaleur de son zèle, pour ce qu'il appelait la bonne cause. L'on ne doutait pas qu'il ne dût mourir dans l'opposition aux décets de l'Eglise, lorsqu'il revint à des sentiments plus catholiques. Il demanda avec empressement de signer le formulaire , ce qu'il fit le 18 avril 1710, rétractant la doctrine de tous ses livres, et témoignant beaucoup de douleur de son attachement aux opinions condamnées.

On le mit en liberté, et le 30 du même mois, il ratifia de son plein gré , dans l'abbaye de Saint-Germain des Prés, ce qu'il avait fait à Vincennes. Il élad temps qu'il se reconnût. A une obstination de 50 ans, enfin désavouée, il ne survécut pas 10 mois entiers , éiant mort le 29 mars 1711 , à l'Age de 83 ans , , « non sans de cruels remords, dit un histo- « rien, surtout à cause du grand nombre d'â- « mes qu'il avait égarées ; mais en même « temps avec une ferme confiance dans les « miséricordes du Seigneur, et avec une vice vacié de repentir qui a pu en expier le « délai. » On a de lui plusieurs ouvrages sur les disputes du temps, ou sur des querelles particulières. Ceux qui ont échappé au naufrage de l'oubli sont : une Histoire générale du jansénisme, 3 vol. in-12, Amsterdam, 1703, telle qu'on devait l'attendre d'un apôtre de cette doctrine. 11 a laissé sur le même sujet : Annales janseniani , qui n'ont pas été imprimés, et qui ne doivent pas l'être. L'auteur traita ses ennemis de molinistes outrés, de disciples de Pelage, de semipélagiens. Plusieurs livres de piété, écrits avec feu ; des éditions de Marius Mercator , Bruxelles, 1673, in-12; de saint Anselme et de Baïus, Paris, 1675 et 1G81, in-fol. ; une Apologie, latine, de Rupert , abbé de Deutz, au sujet de l'Eucharistie, Paris, 1669, in-8°; un Traité historique sur la grâce; Lettres à M. Jiossuct, évâque de Meaux ; la Confiance chrétienne ; le Chrétien désabusé. La Règle des mœurs , contre les fausses maximes de la morale corrompue, in-12; la Défense de ÏE-

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glise romaine; V Histoire de la robe sans coulure de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui était révérée dans l'église des religieux bénédictins d'Argenteuil ; ouvrage qui manque de critique, où l'auteur se fonde sur des titres qui sont eux-mêmes suspects ; et qui , quand môme ils seraient aut entiques , ne prouveraient rien. Avis salutaires de la sainte Vierge à ses dévots indiscrets. Ce livre , qui corrigeait un excès par un autre, fut défendu à Rome en 1674, donec corrigatur, et ensuite absolument. Le Père Bo rialoue fit un sermon pour le réfuter (De la dévotion envers la sainte Vierge dans le 2e t. des Mystères). Le Père Gerberon avait dans ses ouvrages, comme dans son caractère, une impétuosité qui faisait de la peine à ses amis mômes ; mais en même temps quelque cb -se déplus franc et de plus droit que n'ont ordinairement les gens de parii ; et c'est peut-être ce qui le détacha enfin de la faction à laquelle il avait sacrifié ses talents et son repos, l'espace d'un demi-siècle.

GERBERT (Martin), baron de Hobnau , prélat catholique allemand, né à Horb dans la Forêt-Noire, en 1720, mort en 1793 , entra dans l'ordre de Saint-Benoît , où il se distingua par son vaste savoir et ses vertus Devenu abbé du célèbre monastère de Saint- Biaise., il ne relâcha tien de son application à l'éiude, en même temps qu'il consacra une vie laborieuse et édifiante au bien de sa maison, de ses sujets et d ; l'Eglise catholique , dont les intérêts l'ont aussi vivement que constamment occupé, comme on le voit par la nature de ses ouvrages, qui sont en grand nombre , et dont voici les principaux : Ap~ paratus ad eruditionem theologicam , Fiïbourg, 1754; Theologia vêtus et nova circa realem prœsentiam Christi in Eucharistia , Fribourg , 1753 ; Principia thcologiœ exegeticœ , prœmittuntur prolegomena theol. uni' versa', Saint-Biaise, 1757 ; Principia thcologiœ dogmaticœ juxta seriem temporum et traditionis ecclesiasticœ digesta, 1758; Principia thcologiœ sgmbolicœ , 1758; Principia theologiœ mysticœ ad renovationem interiorcm et sanctifivationcm chrisliani hominis , 175S ; Principia theologiœ moralis juxta principia et legem evangeiicam , 1758. Principia theologiœ canonicœ quoad exteriorem Ecclesiœ formant et gubernationem, 1759 ; Principia theologiœ sacramentalis, 1759; Theologia lilurgica, 1759 ; Dissert, de recto et perverso usu theol. scholasticœ, 1759; Dissert, de ratione exercitiorum scholaslicorum , prœcipue dispulationum , cnm inter calholicos, tum inter hœrclicos, in rébus fidei , 1759; Dcmonstratio verœ religionisverœqueEcclesiœ, 1700; De légitima Ecclesiœ poteslate circa sacra, 1761 ; De communione potestatis ecclesiasticœ inter summos Ecclesiœ principes, pontificem et episcopos, 1761 ; De veteri liturgia Alemannica ; De cantu et musica a prima sacra Ecclesiœ œtate usque ad prœsens lempus; De radiis Divin itatis in operibus nalurœ , provident iœ et gratiœ, 1762 ; Iter Alemannicum- ; accedit ltalicum et Gallicum, 1765; De festorum dierum numéro minuendo, celebritate amplianda,176& ;

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