‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 95 sur 323 · GIB · texte numérisé non relu

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ment s en général et en particulier, 17-25 , 12 vol. in-12; Tradition ou Histoire de f Eglise sur le sacrement de mariage, 1 T2'i , 3 vol.

in-4°. Il démontre, par une suite non interrompue de monuments les plus authentiques, tant de l'Orient que do I Qccid ni, que cette matière a toujours été soumise à la juridiction de l'Eglise. Ces arguments, lires de l'autorité, sont d'ailleurs exactement conformes aux lumières d'une saine raison , à to 'tes les notions du christianisme et aux intérêts de la société civile « J ai frémi, dit « un sage et savant protestant (M. Deluc), j'ai « frémi toutes les rois que j'ai ci tendu rlis- « cuter philosophiquement l'article fin ma- « riage. Que de manières de voir, que de « systèmes, que de pass o.,s en jeu ! On nous « dit que c'est à la législation civile d'y « pourvoir. Mais cette législation n'est-elle « donc pas entre les mains des hommes , « dont les idées , les principes changent ou « se. croisent? Voyez les accessoires du ma- « riage qui sont laissés à la législation cite vile; étudiez, chez les différentes nations « et dans les différents siècles , les varia- « tions, les hizaneries, lesahus qui s'y sont. « introduits, vous sentirez à quoi tien Irait « le repos des familles et celui de la société, « si les législateurs humains en étaient les « maîtres absolus. Il est donc fo t heureux « que, sur ce peint essentiel , nous ayons « une loi diyine, supérieure au pouvoir des « hommes. Si elie est bonne, gardons-nous « de la mettre en danger en lui donn; nt une « autre sanction que celle de la religion. « .Mais il est un nombre de raisonneurs qui « prétendent qu'elle est détestable. Soit. Il « en est pour le moins un aussi grand nom- « bre qui soutiennent qu'elle est sage, et « auxque s on ne fera pas changer d'avis. « Voila donc la confirmation de ce eue j'a- « vance : savoir, que la société se diviserait « sur ce point , selon la prépondérance des « avis en divers lieux. Cette prépondérance « changera t par toutes les causes qui ren- « dent variable la législation civile , et ce « grand objet, qui exige l'uniformité et la « constance, pour le bonheur et le repos de « li société, serait le sujet perpétu l des dis- » putes les plus vives. La religion a donc « rendu le plus grand service au genre hu- « main , en ponant sur le mariage une loi « sous laquelle la bizarrerie des hommes est « forcée de pi er; et ce n'est pas là le seul « avantage que l'on retire d'un code fonda- « memal d • morale, auqu.l il ne leur est fias « permis de loucher. » (Lettres sur VHistoire de la terre et de l'homme, tom. I", p. 48. Voy. Dominis, Gehbais, Launoy, Pothier) ; Corpus juris canonici per régulas naturali ordinc dispositas, 1737, 3 vol. in-fol. Cet e compilation, assez bien digérée, a été recherchée et l'est encore.

G1BERT (Balthasar) , naquit h Aix en 1G62 Après a oir p ofessé pendant quatre ans la philosophie à Beauvais , il obtint une des chaires de rhétorique du collège Mazarin, et la remplit pendant cinquante ans avec autant de "Me aue d'exactitude. L'université

de Pans', qu'il honorait par ses talents, et dont il défendait , dans toutes les occasions, les droits avec beaucoup de chaleur , lui déféra plusieurs fois le rectorat. En !7-i8, le ministère lui lit offrir une chaire d'éloquence au collège royal , vacante par la mort de l'abbé Couture; mais il crut devoir la refuser. En 1740, ses démarches contre la constitution Unigenitut le firent exilera Àuxerre. L mourut à Begennes , dans la maison de l'évoque, en 1741, à 79 ans. On a de lui plusieurs ouvrages, parmi lesquels on d stingue : la Rhétorique, ou les Règles de Véloquence , in-12, ouvrage excessivement loué parles journalistes. Dp liité aieur instruit, qui lira cel ouvrage, n'y trouvera cependant tout au plus qu'une compilation de la Rhétorique d'Aristotc, de celle d'Hermogène , du livre de YOrateur de Cicéron et des Institutions oratoires de Quintilicn. Il est vrai qu'il y règne beaucoup de méthode , qu'il y a de l'érudition , beaucoup de citations ; mais les ouvrages didactiques, surtout de cette espèce, exigent encore du goût, de la critique, des vi es bien présentées, et principalement une élocution soignée , propre a animer les préceptes que l'auteur veut faire goû'er. C'est précisément la partie faible de cette rhétorique. Le style en est tantôt diffus, tantôt embrouille , et toujours sans caractère. Jugements des savants sur les auteurs qui ont traité de la rhétorique, 3 vol. in-12. C'est un recueil de ce qui s'est dit de plus curieux et de plus intéressant sur l'éloquence , depuis Aristote jusqu'à nos jours. Ci t ouvrage, fort supérieur aux Jugements de Baillet , et pour le fond et pour la forme , a eu pourtant moins de cours. Des Observations assez justes sur le Traité des études de Bollin. C'est un vol. in-12 de [très de 500 pages, écrit avec autant de vivacité que de politesse. Bollin y répondit en peu de mots, Gibeit répliqua ; mas celle petite guerre ne rompit pas les liens qui unissai- nt les deux célèbres a tagonistes , en les attachant l'un et l'autre à la cause du diacre P;'ris.

GIBERTI (Jean-Matthieu), pieux et savant évèquc de Vérone, né à Païenne en 1495, fut employé par les papes Léon X et Clément VII dans des affaires importantes. Il était fils naturel de François Giberti, Génois, général de l'armée navale du pape. Il gouverna son diocèse avec tant de sagesse, de zèle et de ptudence, que saint Charles Borromée et plusieurs autres évoques établirent dans leurs églises les mômes ordonnances que Giberti avaii établies dans la sienne. Il mourut en 1543, pleuré de ses ouailles, dont il était l'exemple par ses vertus, et le père par ses immenses charités. Les gens de lettres perdirent en lui un ardent protecteur. Giberti avait une presse dans son palais pour l'impression des Pères grecs. C'est de la que sortit, en 1529, cette édition grecque des Homélies de saint Chrysostome sur saint Paul , si estimée pour l'exactitude et pour la beauté des caractères Ses ouvrages latins ont été imprimés à Osti glia, 1740, in-4u, seconde et très-belle édition

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G1BIEUF (Guillaume) , docteur de Sorbonne, natif de Bourges, entra dans la congrégation de FOratoire. II fut vicaire général du cardinal de Bérulle. et supérieur des carmélites en France. !1 mourut h Saint-Magloire,' à Paris, après l'an 1650. On a de 1 li divers ouvrages, entre autres, un Traitélatin de la liberté de Dieu et de la créature, 1030, in-4°. 11 y enseigne des choses qui paraissent approcher des erreurs qui ont été condamnées dans fausénius, comme le témoigne Isaac Habert, évèque de Vabres, dans sa Théologie des Pères grecs, p. 148. On peut cependant assurer qu'il aimait sincèrement la vérité. Dès qu'il sut que le saintsiége avait c ndamné la doctrine de l'évoque d'Ypres, il rompit avec ceux qui restèrent attachés à ce parti, comme il en conste par une lettre circulaire qu'il écrivit aux carméliies en 16'i9. 11 était ami intime de Descartes et du Père Mcrsenne.

G1BRAÏ (Jean-Baptiste), prêtre de la doctrine chrétienne, né en 1722, aux Ca unies, Di es de Cordes, diocèse de Tarifs, fut chargé )ar ses supérieurs de professer les belles- ! ettres dans les collèges de la congrégation, et il le (it avec succès pendant douze ans. On lui confia alors la direction d'un séminaire. Au commencement de la révolution, il fut nommé pir le département principal du collège de Castelnaudary. L'assemblée constituante ayant accepté la constitution civile du clergé, il y a ihéra et accepta des fonctions ecclésiastiques ; il fut néanmoins persécuté et emprisonné. Rendu à la liberté, il continua de tenir au parti constitutionnel jusqu'à sa mort, arrivée à Castelnaudary, en décemb e 1803. On a de lui : une Géographie ancienne et moderne, 1790, 4 vol. in-12 ; une Géographie moderne, qui a obtenu plusieurs éditions ; un nouveau Missel du diocèse de Tarbes ; un Rituel d'Aleth ; un Missel et un Bréviaire pour le môme diocèse ; des Hymnes pour les ollices de l'Eglise.

GIEZI. Voy. Elisée.

GIFFORD (Guillaume) , archevêque de Reims, mort en 10*29 , à 76 ans, est auteur du livre intitulé : Calvino Turcismus, qui parut à Anvers en 1597, in-8°, sous le nom supposé de Guillaume Rcginald. Il fit beaucoup de bruit, et les huguenots en furent très-mécoutents.

GIGGEI (Antoine), prêtre de la congrégation des Oblats, docteur du coilége ambiosien à Milan, -cort en 1032, est connu par un Thésaurus lingux arabica.', 1632, 4 vol. in-fol., fort estimé. Il est encore auteur de la traduction latine d'un Commentaire de trois rabbins sur les Proverbes de Salomon, Milan, 1620, in-4% et d'une Grammaire chaldaique et targumique, que l'on garde en manuscrit dans la bibliothèque de Milan.

G1L-DE-FRÉDÉRIC (François), dominicain, missionnaire au Tunqum , trouva en arrivant en 1735 dans la partie occidentale de ce royaume , 20, 000 chrétiens , qui avaient été baptisés par les missionnaires de son ordre. 11 s'appliqua aussitôt è cultiver cette nouvelle vigne avec le plus grand

soin ; mais en 1737, ayant été arrêté par un bonze, il fut condamné à mort l'année suivant:1. Son supp'ice fut longtemps différé. On s'eng gea à lui laisser la vie, pourvu qu'il déclarât seulement qu'il n'était venu au Tunqmn qu'en qualité de marchand. Mais cette déclaration étant un mensonge, il no voulut pas même permettre qu'un autre je fit en son nom. Les idolâtres, étonnés de l'ardeur que le missionnaire marquait pour le martyre, ne purent s'em oêchor de s'écrier : Les autres hommes désirent de vivre , et celuici ne soupire quapr s la mort ! Rien n'étant capable d'ébranlé la constance du Père Gil, il f t décapité le 22 janvier 17H.

GILBERT (saint), premier abbé de Neufontaines eu Auvergne, or Ire de Prémontré, était un gentilhomme qui se croisa avec le roi Louis le Jeune, qu'il accompacna en Palestine l'an 1147. De retour en France, il embrassa la vie monastique avec Pétronilio sa femme, et fonda l'abbaye de Neufontaines en 1151. H y mourut l'année d'après.

GILBERT, abbé deCiteaux, était anglais ; il se distingua tell mient par son savoir et par sa piété, dans son ordre et dans les universités de l'Europe, qu'il fut surnommé le Grand et le Théologien II mourut à Cîteaux en 1166 ou 1168, laissai t divers écrits de théologie et de morale. — Yoq. Porrée.

GILBERT DR SI «îPRINGHAM, fondateur do l'ordre des Gilbertins en Angleterre, né à Lincoln vers 1104, mais originaire de Normandie, fut pénitencier, et tint une école pour instruire la jeunesse. Il mourut trèsâgé en 1189, après avoir, oulre la fonda ion de son ordre, établi plusieurs hôpitaux. Saint Bernard l'aimait et l'estimait.

GILBERT (Nicolas-Jos.-Laur.), poète, né en 1751 à Fontenoi-le-Chà eau (Lorraine), mort à l'Hôtel-Dieu de Paris en 1780 , lit contre les sophistes sa ^atire du Dix-huitième siècle, 1775, qui fut suivie de Mon Apologie, 1778. No:. s citerons encore de lui ses Odes sur le Jugement dernier, sur le Jubile, et surtout sa Paraphrase du psaume XL , qu'il lit huit jours avant sa mort.

GILBERT (Nicolas-Alain), missionnaire, né à Saint-Malo le 31 mars 1762, fut élevé à Paris dans le séminaire des Missions-Etrangères ; la faiblesse de sa santé mit obstacle au désir qu'il éprouvait de se rendre dans les pays lointains pour y prêcber l'Evangile. De retour dans son diocèse, il fut nommé successi ement vicaire à Saint-Péru, puis à Dinan, et enfin à Josselin, où il remplaça dans les fonctions de curé M. Alain qui avait été élu député aux états généraux. Avant refusé le serinent, h fut arrêté, puis relâché peu de temps après ; il passa aussitôt en Angleterre, où son premier s un fut d'apprendre la langue du pays. Dès lors il se voua entièrement aux fonctions de son ministère, se tixa à Whitby où il bâtit une église et un presbytère, et ne tarda pas à y voir s'augmenter la population catholique qui, à son arrivée, était peu considérable. Il consacra aussi les loisirs de son exil à publier ditférents écrits où il combattait les

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erreurs des sectesdu presbytérianisme et du méthodisme qui sont si nombreuses en Angleterre. A son retour en France, il se livra aux missions de l'intérieur, et fut un des premiers ecclésiastiques qui s'adonnèrent à ces pénibles fonctions. Toutes les villes et les campagnes qui avoisinaient Saint-Malo profitèrent de ses éloquentes prédications. Les communautés religieuses des diocèses de Saint-Brieuc et de Quimper recevaient, par ses soins, des retraites édifiantes- L'abbé Gilbert refusa le canonicat que lui offrit l'évêque de Quimper dans le but de lui faire prendre quelque repos. Ce prêtre plein de zèle est mort, en donnant une mission dans le diocèse de Tours, le 25 septembre 1821. Il a publié en anglais : Défense de la doctrine de ('Eglise catholique sur l'eucharistie, dans deux conversations entre un catholique et un presbytérien, Londres, 1800 ; Recherches sur cette question : Si les marques de l'Eglise véritable sont applicables aux Eglises presbytériennes, Berwick, 1801 ; la Doctrine catholique du baptême prouvée par l'Ecriture et la tradition, Berwick, 1802; Réponse aux fausses représentations que J. Wcsley a faites des doctrines catholiques, Whitby, 1811. 11 avait aussi ré.iigé un Recueil de cantiques pour l'usage de ses missions, dernière édition, 1801, et publié quelques articles dans les journaux anglais pour la religion catholique, en répo se à quelques attaques des protestants. On trouve sur lui une notice plus étendue dans rAmi de la religion, tome XXX, p. 753.

GILDAS (saint), surnommé le Sage, né dans le pays de Galles en 493, ou , selon Leland, en 511, se retiia dans une île déserte nommée Hnlms, situe dans le canal de Bristol. Forcé de l'abandonner à cause des fréquentes incursions des pirates, il ada passer le reste de ses jours dans l'abbaye de Glastonbury. C'est , dit-on , le plus ancien auteur de la Grande-Bretagne dont on ait conservé quelques écrits. Il reste de lui des Canons et des Règlements de discipline à l'usage de l'Irlande , dans le tome IX du Spicilége de d'Achery, et une Lettre De excidio Rritanniœ , publiée à Londres, 1525, in-8"; à Bàle, 1541, in-8"; et dans la Biblioth. des Pères. Cette lettre se divise en deux parties : dans la première, saint Gildas attaque les désordres des grands, et dans la seconde il blAme les vices du clergé. On l'a souvent confondu avec saint Gildas le Radonique, fondateur du monastère de Bhuis, près de Van es en Bretagne , et avec saint Gh.das YAlbanien ou l'Ecossais , disciple de saint Patrice , dont la bibliothèque de CantOibéry possède encore quelques ouvrages.

GILDON (Chaules), critque anglais, né à Gillin-diam près de Shaftesbury , dans le comté de Dorset, en 1665, abandonna la religion catholique, publia les ouvrages antichré iens de Charles Blount , revint à des sentiments plus raisonnables, qu'il manifesta dans son Manuel des Déistes , et mourut en 1723. Voy. Blount (Charles). Gildon s'étant avisé de critiquer Pope, celui-ci lui répondit en lui donnant une place dans sa Dunciadc.

GILLES (saint), Mgidius, né à Athènes,

passa en France, se retira dans un désert près de l'embouchure du Bhône, de là, dans un lieu voisin du Gard, et enlin dans une forêt au diocèse de Nîmes, où il s'occupa, entièrement du service de Dieu. Ce fut, diton, a. la prière d'un roi de France, qu'il reçut des disciples qui observèrent longtemps la règle de saint Benoît. On a presque toujours confondu ce saint avec un saint (il les <pie saint Césaire d'Arles créa abbé d'un monastère près de cette ville, et qu'il envoya a Rome en 514 , pour obtenir du pape Syrnmaque la confirmation des privilèges de son église. Le Père Stilting, l'un des Bollan- (listes, a prouvé, dans une savante dissertation, que saint Gilles, Athén;en de nation, vivait à la fin du vu' et au commencement du vin' siècle ; et que l'autre tlorissait au commencement du vie. Baronius les a confondus, trompé apparemment par une ancienne Vie de ce saint, qui 'n'est qu'une compilation sans critique.

GILLET (Louis-Joachim), chanoine régulier et bibliothécaire de Sainte-Geneviève, né l'an 1680 à Fremorel, diocèse de Saint-Malo, étudia chez les jésuites à Bennes, et prit en 1701 l'habit de chanoine régulier dans le prieuré de Sainte-Catherine du Val des écoliers, à Paris. Après avoir fait sa théologie avec distinction à Sainte-Geneviève, il fut chargé par ses supérieurs de professer la philosophie dans une maison que la congrégation avait à Ham en Picardie. De là il revint à Paris, et il fut nommé bibliothécaire. Il profita des avantages de sa nouvelle position pour se rendre habile dans les langues savantes et dans diverses branches d'érudition, et en 1717 il fut nommé au prieurécure de Mahon, diocèse de Saint-Malo, qu'il conserva 23 années. A l'âge de 60 ans, il alla, au grand regret de son évoque et de ses paroissiens, reprendre son emploi de bibliothécaire, et il termina sa carrière par une mort chrétienne le 28 août 1753. Il s'était fait surtout une réputation dans la connaissance des langues grecque, hébraïque, chaldaïque et syriaque. On a de lui : une nouvelle traduction de l'historien Josèphe, faite sur le grec, avec des notes historiques et critiques, etc., Paris, 1756-1758, h vol. in- 4°, avec une préface du traducteur. La version d'Arnauld d'Andill / est peut-être plus élégante, mais celle-ci est plus exacte et plus fidèle ; un Opuscule sur la nature, le génie, l'excellence de la langue hébraïque ; un Traité sur la méthode qu'on doit suivre pour apprendre la langue latine ; des Commentaires abrégés sur plusieurs livres de V Ancien Testament, et principalement sur les Psaumes ; des Notes sur saint Clément d'Alexandrie ; une Critique des historiens anciens et modernes qui ont écrit sur les premiers temps de lamonarchie française.

GILLI (Philippe-Sauveur), jésuite, né dans l'Etat romain, alla comme missionnaire, vers 1740 , dans l'Amérique méridionale , où il passa 18 ans , c'est-à-dire jusqu'à la suppression de son ordre. Il a publié en italien : Essai sur l'histoire d'Amérique, ou Histoire

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naturelle, civile et sacrée des royaumes et provinces espagnoles de la Terre ferme dans V Amérique méridionale, Rome, 1780-1784, 4 vol. in-8% avec cartes et Figures. On y trouve des notions curieuses; l'excès de crédulité de l'auteur lui fait dire cependant quelquefois des choses peu sensées. Le m' livre du tome III , dans lequel on remarque des détails sur les langues de l'Orénoque, a été traduit en allemand et publié avec des notes par François-Xavier Veigl , ex-jésuite, il fait aussi partie de la Collection publiée par de Murr, Nuremberg, 1685 , 1 vol. in-8°.

G1LLI (David) , ministre protestant converti , né dans le bas Languedoc , se rendit habile dans les langues grecque et hébraïque, et lit sa théologie à Saumur sous le célèbre Amyrault. Nommé ministre à Baugé , il se lit une telle réputation comme prédicateur, que les protestants de Lyon, où il était allé prêcher , voulurent le retenir pour être leur ministre. De retour au milieu de son petit troupeau de Baugé , il s'appliqua à de nouvelles études sur les fondements de la réformation protestante, et il fit part des doutes qui en furent le résultat à son ami David Courdil. Tous deux, après un examen approfondi qui détermina leur conviction, rentrèrent dans l'Eglise catholique , et ils tirent leur abjuration le 6 juin 1683, jour de la Pentecôte, entre les mains de M. Arnauld, évoque d'Angers. Gilli s'appliqua principalement ensuite à ramener à la vérité ses anciens coreligionnaires , et il eut le bonheur d'engager plusieurs ministres et beaucoup de protestants à suivre son exemple. Son ami et lui devinrent membres de l'académie d'Angers. Gilli mourut dans cette ville le 27 décembre 1711, peu de temps après Courdil, à l'âge de 63 ans. On a de lui : un Traité de la véritable idée du christianisme, manuscrit; un Abrégé de l'histoire du Vieux et du Nouveau Testament, avec de courtes réflexions; et un Abrégé de l'histoire universelle jusqu'à Charles- Quint; un recueil où, sous le titre de Conversion de Gilli , on trouve les discours que son ami et lui prononcèrent au consistoire de Soiges, pour y déclarer et motiver leur résolution de rentrer dans le sein du catholicisme, et celui qui leur fut adressé, le jour de leur abjuration, par l'évêque d'Angers.

GILLOT (Jacques), d'une famille noble de Bourgogne, était chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris et doyen des conseillers-clercs du parlement. Sa maison était une espèce d'académie ouverte a. tous les savants. Il mourut en 1619, laissant une riche bibliothèque. Ce chanoine eut beaucoup de part axiCatholicon d'Espagne, ou Satire Ménippée, Ratisbonne (EIzévir), 166i, in-12; et avec les notes de Godefroi, Bruxelles, 1709, 3 vol. in-8°. C'est dans sa maison que fut composée cette satire, pour tourner en ridicule la ligue catholique , quoiqu'il fût plus naturel qu'un chanoine tournât ses talents contre la ligue huguenote,plusdigne,parles troubles qu'elle causait depuis longtemps dans le royaume, et par sa rébellion formelle contre le trône et l'autel , de faire l'objet de l'indignation

des bons citoyens et des sarcasmes des satiriques. Ce fut Gillot qui imagina la procession builesque rapportée dans cet ouvrage, et que les imbéciles ont prise pour une réalité : mais cette calomnie théâtrale contre les religieux et le clergé ne peut donner qu'une mauvaise opinion de l'auteur. La harangue du légat est encore do lui. Les autres harangues sont de Florent Chrétien , de Nicolas Rapin et de Pierre Pit.hou , trois beaux esprits d'une religion très-équivoque. Nous avons encore de Gillot : des Instructions et des lettres missives concernant le concile de Trente, dont la meilleure édition est celle de Cramoisi , Î65V , in-i°; la Vie de Calvin , imprimée in-4°, sous le nom de Papirc Masson, et qui , se'on quelques-uns , est effectivement de ce dernier.

G1LON ou GILLES, diacre de l'Eglise de Paris, ensuite moine de Cluny, enfin évoque de Tusculum et cardinal, fut un des meilleurs poètes du xne siècle , et mourut vers 1142. Il réunissait , dit l'abbé Le Bœuf, le goût et la fécondité. On a de lui : un poème latin, où il chante la première croisade de 1095; une Instruction en vers , qu'il dédia au prince Louis, fils de Philippe-Auguste, pour lui inspirer l'amour de la vertu par l'exemple de Chailemagne qu'il y célèbre : c'est ce qui a fait appeler cet ouvrage le Carolin ■ la Vie de saint Hugues, abbé de Cluny.

GILPIN (Bernard), ministre anglais, naquit à Kentmire , dans le comté de Westmoreland, en 1517, d'une famille illustre de ce comté. A l'âge de 16 ans, il fut envoyé à Oxford et y fit ses études avec un tel succès , qu'il fut agrégé du collège de la reine. Ayant appris le grec et l'hébreu, il devint le premier professeur de ces deux langues au collège de Christ , que Henri VIII venait de fonder. Gilpin avait embrassé l'état ecclésiastique, et se montrait très-attaché à la religion romaine , que professait toute sa famille. Il la déi'endit avec autant d'éloquence que de courage , en soutenant plusieurs thèses publiques contre Jean Hooper, évoque de Worcester. Mais à cette malheureuse époque, l'hérésie, soutenue par le roi luimême , avait déjà fait de grands progrès en Angleterre ; et le fameux Pierre Martyr ayant obtenu , après la mort d'Henri VIII , une chairede théologie dans l'université d'Oxford, y prêchait les erreurs de Luther. Gilpin, séduit par l'éloquence de l'orateur, embrassa ce qu'on appelait la réforme. L'évêque de Durhani, oncle de Gilpin, avait composé un traité sur l'eucharistie , et envoya son neveu consulter sur cet ouvrage les plus savants théologiens de Louvain et de Paris. Leurs lumières et leur foi orthodoxe lui furent inutiles. Ce fut en vain que son oncle lui fit offrir une cure dans le diocèse de Durham; il ne voulut point l'accepter, parce qu'il ne pouvait pas la desser\ir lui-même. Ayant enfin accepté la cure d'Easingdon, sa cônscence fut bientôt alarmée de ce qu'à cette cure était uni le double emploi d'un archidiaconé : il la résigna donc et fut pourvu de celle d'Houghton , qui n'avait pas cet in-

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convenu ni. Le règne de Marie, fille e1 successeur de Henri N III (élevée par sa pieuse nu M' , Catherine d'Aragon) , avail rendu a l'Eglise catholique sa prépondérance, <-t l'on réprimait l'audace des protestants, q ri s'agitaient de lous côtés, ou par leurs intrigues^ ou parle' rs prédications. Gilpin se borna à prêcher contre plusieurs abus, comme la uonrésid me, la pluralité des bénéfices, de. Il fut néanmoins dénoncé à la reine .Mari-', et contraint de se rendre à Londres, où il s'att'i «lai! à monter sur un échafaud , dernii re ressource des princes oui veulent ré abl r la tranquillité dans leurs États, troublés par des factieux opiniâtres. Ayant appris en route la mort il.' Marie, Gilpin retourna à Houg iton, et le règne d'Elisabeth commença a se faire remarquer par une persécution réelle contre les catholiques, auxquels on n'épargna pas les plus mauvais traitements. A peine montée sur le trône, la nouvelle reine remit h des prélats protestants tous les sièges é,M^eopaux. L'un offrit à (1 lpin l'évêché de Car4 lisle, mais il le refusa. Il mourut dans sa cure d'Houghton, en 1583, à Page de 06 ans. On regrette sincèrement qu'un nomme doué de plusieurs vertus chrétiennes soit tombé dans les erreurs d'une doctrin qui a troublé souvent et les consciences et les royaumes. Il avait établi à Houghton une école et un séminaire que lui-même dirigi ait. Il y a une Tic de Gilpin, écrite par Cartellon, êvêque de Chichester , Londres. 103 j, in-18. A la fin du volume, on trouve un des si rmons de Gilpin , prêché en présence d'Edouard VI, en î552.

GILPIN (Guillaume), vicaire de Boldrc, dons New-Forest, près de Lymington , né vers l'an 1724 , d rigea d'abord une maison d'éducation à Cheam, dans le comté de Surrey, qu'il confia ensuite à son lils, et mourut à Boldre le 5 avril 180V, à 80 ans. Ou re des récits estimés de Voyages dans diverses parties de la Grande-Bretagne, on a de lui : Vie de Bernard Gilpin, etc., 1753, in-8°; Vie d'Hugues Latimer, 175V , in-8°; les Vies de Jean H'iclef et de ses principaux disciples, lord Cobham , /. Hus, Jérôme de Prague et Zisca , 170V , in-8"; Vie de Thomas Cranmer, 178V, in-8"; Trois Essais sur le beau pittoresque, sur les voyages pittoresques, sur l'art d'esquisser le paysage , avec un Poëme sur la peinture du paysage, 1792, in-8" : les deux: premiers ont été traduits en français, Breslau, 1799. in-8"; Sermons prêches dans une église de campagne, avec quelques essais et sujets pour des sermons, 1799, 1800 et 1803, 3 vol. in-8" ; Contrastes moraux, 1798, in-12. On a imprimé après sa mort ses Dialogues sur divers sujets, 1807, in-8°.

GiN (Pierrf-Louis-Claude), né à Paris en 17*20 , fut successivement avocat , conseiller au parlement et ensuite au grand conseil. 11 se fit remarquer par son attachement aux principes religieux et à la cause des Bourbons, dans les occasions les plus périlleuses. Le 22 décembre 1792, il adressa à«Barrère un plaidoyer eu faveur de Louis XVI, qui lui valut l'honneur d'être incarcéré avec sa famille, à l'abbaye de Port-Uoval. Lorsqu'il

cul recouvré sa liberté, en 179V, on le nomma maire de Cluiiart, où il possédait quelques biens. Il né crut pas pouvoir refuser; mais lorsqu'un décret viul assujettir les fonctionnaires publies à prêter le serment de haine à la royauté, non-seulement il s'y refusa, mais il déclara que le gouvernement monarchique était le seul qui put convenir à la France. Il échappa néanmoins à la persécution, et mourut à Paris le 19 novembre 1807. 11 a laissé un grand nombre d'o ivrages, presqùetous médiocres : Traité de l'éloquence du barreau, 1767 et 18, 3, in-12; De lu religion, par un homme du monde, 1778-

1 10, V vo . in-8". Il le retoucha et l'abrégea en 1806, sous ce t Ire : De la religion du vrai philosophe. On . trouve une collection complète des systèmes des philosophes, de louis vains sophismes,et jusqu'à leurs sarcasmes. Le P. Beauregard , citant cet ouvrage en 1780, dans son fameux sermon des philosophés, disait : « Ils le connaissent, ce livre; « ils n'y ont pas répondu, ils n'y répondront «jamais.» L'abbé Du voisin , alors censeur, dans l'approbation qu'il donna pour la première édition, dit (pie l'on y trouve un plan vaste et bien rempli , et des vues neuves; malheureusement il s'en trouve beaucoup de communes, et le stylo ne répond pas toujours au sujet. À ki tète de cet ouvrage se trouve la liste de ses product ons. Les vrais principes du gouvernement français , 1778, in-8% plusieurs fois réimprimé. Cet ouvrage est écrit en faveur du gouvernement monarchique, et l'auteur y combat Montesquieu et Mably, mais avec îles armes bien inégales. Analyse raisonnée du droit français, pour la comparaison des lois romaines et de celles de la coutume de Paris, 1780, in-V°, et 1803, 6 vol. in-8"; OEuvres d'Homère , 1783,8 vol. in-12. Cette traduction , qui a obtenu trois éditions, a été effacée par celle de Bitaubé. Nouveaux mélanges de philosophie et de littérature, 178V, in-12; OEuvres d'Hésiode, traduc: ion nouvelle, avec notes, etc., Paris, 1785, in-;s"; Idylles de Théocrilc , traduction nouvelle, 1788, in-8" et in-12; Harangues politiques de Démosthènes, avec des notes relatives aux circonstances présentes, 1791, 2 vol. in-8°; Odes de Pindare, unique traduction complète en prose poétique , 1801 , in-8°. Le vicaire de Wakefivld, tiaduit de l'anglais, in-8", et avec le texte , 2 vol. ; Discours sur l'histoire universelle, faisant suite à celui de Bossuet, 1802,

2 vol. in-12. Quoique infiniment au-dessous de l'original, cette continuation n'e-t pas absolument sans mérite. Elle aurait eu sans doute plus de succès sans les fautes nom-

.breuscs d'impression qui s'y trouvent, et quelques négligences de style qu'i. était facile de faire disparaître.

GIOANNETTJ ( .. elciiior-Bexoît), cardinal et archevêque de Bologne, naquit dans cette v.Uo le 9 janvier 1722, d'une famille bourgeoise estimée. 11 entra à 17 ans dans le monastère des camaldules de Ravcnue, dont il prit l'habit le 29 juin 1739, et changea s> n prénom en celui d'Andréa. M reçut les ordres en 17V4 , et se rendit à Brunoro, où il

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