‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 96 sur 323 · GIO · texte numérisé non relu

GIO

professa la théologie. Lorsqu'il fut retourné à son monastère do Ravenno , son ancien abbé, alors archevêque de ce diocèse, le choisit pou." son théologien. En 1763, l'abbé Gioannetfi fut nommé procureur, puis abbé lie ce même monastère, et eut sous sa direction M. Zuila , depuis cardinal. Tandis que le nouvel abbé faisait observer parmi ses religieux une exacte discipline , il embellissait l'église du monastère , en augmentait la bibliothèque, le cabinet de physique et de numismatique , qu'il enrichit et qu'il classa comme un homme très-versé dans ces sciences. Il fit dessécher plusieurs marais, dont les exhalaisons infectaient le couvent, et au milieu de ces travaux, il surveillait les études des novices, et dirigeait, comme père spirituel, un monastère de religieuses appelées Favelle de Ravenne. Dans une année de disette (1766), il ouvrit a;x pauvres les greniers de sa communauté , augmenta les aumônes qu'on leur donnait journellement; et, quand les greniers et la caisse du m omis (ère furent épuisés, il emprunta 40,000 fr. (huit mille écus romains) , pour se procurer du blé dans les pa>s étrangers. Son ardente charité ne se borna pas à secourir les pauvres de Ravenne , elle s'étendit jusque sur les habitants delà petite république de Saint- Marin , auxquels il fit parvenir des grains à ses dépens. Ses fonctions d'abbé étant terminées dans ce monastère , en 1770 , on lui conféra, trois ans après, la même dignité dans celui de Rome, situé sur le Mont-Célio. Il employait s<'S moments de loisir à former les novices dans l'art épigraphique ou lapidaire, dans les antiquités, dans la numismatique, et lit d'excellents élèves qui, par le rs connaissances dans les sciences, illustrèrent l'ordre des camaldules. Le cardinal Jean- Ange Rraschi , qui fut ensuite pontife sous le nom de Pie VJ, devint abbé commendataire du monastère gouverné par André Gioannet'i. Le cardinal eut lieu d'apprécier les talents et les vertus de ce dernier, et, quand il fut élu pape, le 15 février 1775, il l'appela souvent auprès de lui pour le consulter sur les matières les plus importantes. La modestie deGioannetti n'était pas moin Ire que son savoir et sa piété : aussi quand Pic VI le nomma, le 31 janvier 1)76, évêq e dînériea in parlibus et administrateur du diocèse de Bologne, non-seulement il conjura le pontife d'en choisir un autre plus digne que lui, mais il fit faire à ses religieux des prières pour obtenir de Dieu que le saint-père renonçât à son projet. Obligé d'obéir, i! se rendit à" Bologne , où il publia plusieurs mandements qui et dent autant de témoignages de son ■ zèle éclairé pour la religion. Ces mandements étaient essentiels à une époque où ie.jub 1 5 venait d'être célébré. 11 lit faire des processions, des prières publiques, et choisit pour prédicateur le célèbre missionnaire apostolique, le docteur Barthélémi del Monte. Rappelé à Rome, il fut nommé, le 15 décembre 1777, par Pie VI, cardinal et archevêque de Bologne. De retour dans celte ville, il y fut reçu par ses compatriotes avec des acclama-

GIO Ui

tions dejoie. Il eut encore à exercer sa charité et son zèle apostolique dans les années 1778 et 1779, où la disette et les tremblements de terre désolèrent la ville de Bologne. Cioannctti prodigua aux pauvres r-t aux habitants, victimes de ces deux fléaux, tous lès secours qui étaient en son pouvoir, et souvent il se laissait manquer du nécessaire pour pouvoir les soulager. Il ord nna des prières publiques, observa lui-même un jeûne rigoureux, et le soir il allait, pieds nus, et accompagné d'un seul prêtre, visiter les églises, en habit de simple ecclésiastique. Alors l'Italie commençait, comme le reste de l'Europe, à être infectée 'des maximes philosophiques nées et proclamées en France. Le cardinal Gioannelti composa pour les fidèli s dix-huit Leçons pastorales, publiées en 1784- et suivies d'un Appendice de réflexions dogmatiques, tirées des Actes des apôtres, et a ant pour objet de défendre et de prouver la primatic du saint-siége II tint en 1788 un synode diocésain, par lequel il établit dans son diocèse une pure et exacte discipline parmi tous les pasteurs. La constitution de ce synode est partagée en quatre livres qui traitent, le 1" de la foi, de la doctrine et de toutes les vertus relatives à la religion; le 2% des sacrements ; le 3% des prêtres, du, culte et des biens ecclésiastiques ; le 4e est consacré à des détails de discipline par rapport aux monastères , couvents , séminaires , établissements pieux, hôpitaux, etc., et contient un Appendice renfermant des édits, décrets, lettres pas~ torales, dispositions , soit pontificales, soit diocésaines, sur les sujets contenus dans les quatre livres que nous venons de citer. Le cardinal Gioannetti, malgré son <1ge et ses infi mités, faisait régulièrement la visite de t ut son diocèse, et sa visite, était toujours utile au culte des églises et à la morale publique. On ne saurait donner assez d'éloges à ce respectable prélat, pour le généreux et tendre accueil qu'il tit aux prêtres français émigrés. Ses moyens ne pouvant suffire à tOiS leurs beso ns, il parlait en leur faveur. A sa voix les couvents et les maisons de la ville s'ouvraient, et chacun s'empressait de venir à leur secours. Lorsqu'après l'invasion des Français en Italie la v lie de Bologne voulut s'ériger en république, il adressa, le 9 janvier 1799, une Lettre pastorale au sénat de Hologne, dans laquelle il plaidait avec courage en faveur des droits du saint s:ége et de l'Eglise. Cependant Pie VI, prisonnier et chassé de sa capitale, passa par Bologne le 29 mars 1799. Le cardinal Gioannetti ic vit pour la dernière fois, car ce pontife ino. rut le 29 août suivant à Valence en Dauphiné. Lorsque la paix eut été tendue à l'Eglise, G oannetti s'empressa de rétablir les temples et les établissements pieux de son diocèse dans leur état primitif. Après avoir assisté au conclave de Venise, il solennisa, le 26 mars, l'exaltation de Pie VII, en célébrant, en action de grâces, dans l'église de son monastère, àMurano (Etats vénitiens), une messe à l'issue de laquelle il chanta le ,TeZ)eum.llrevintàBologne,où, attaquéd'une

Page 1