‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 98 sur 323 · GIO · texte numérisé non relu

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Giorgi publia également cinquante-sept Lettres inédites du Pogge, avec des notes, publiées à Paris en 17-23, in-4", sous les auspices du cardinal A.-E. de Rohan. 11 ajouta aussi (les notes à la belle édition des Annales de Baronius par le P. Mansi , Lucques, 1740, in-fol.

GIORGI (Antoine-Augustin), religieux augustin, né en 1711, à Santo-Mauro, bourg près de Rimini, se distingua par uue connaissance approfondie des langues grecque, hébraïque, chaldéenne, samaritaine et syriaque, et mérita d'être souvent consulté par Benoît XIV, qui l'appela à Rome au grand collège. Giorgi ne profita du crédit que lui donnaient sa science et son rangde procureur général de son ordre que pour rétablir la règle dans toute sa pureté, faire disparaître des écoles de théologie tout ce qui restait de l'ancienne barbarie, et remettre en vigueur la bonne littérature. Il exerça cet emploi pendant 22 ans. Il est mort le 4- mai 1797. On lui doit : Alphabetum Thibetanum, missionumapostolicarum commodo editum, etc., Rome, 1762, in-4° : ouvrage savant, mais trop diffus, et pas toujours exact. On a encore de lui : FragmentumEvangelii sancti Joannis grœco-coptothebaïcum sœculi IV, Rome, 1789, in-4-°; un volume sur les Actes des martyrs en langue cophte et plusieurs autres dissertations savantes sur des objets d'antiquité. On trouve la liste de ses ouvrages avec sa Vie dans les Vitœ Italorum de Fabbroni.

GIORGI (Alexandre), jésuite, naquit a Venise le 11 septembre 174-7. 11 était lils unique, et appartena.t à une famille qui descendait d'anciens patriciens, et qui occupait un rang distingué dans la république. Ayant fait ses études chez les Pères de la compagnie de Jésus, il entra dans leur noviciat à l'âge de 17 ans. Ses talents précoces le firent nommer, deux ans après, professeur de belles-lettres à Parme ; et il remplit cette chaire pendant plusieurs années. Il n'y avait que deux ans qu'il avait reçu les derniers ordres, lorsque la Société fut supprimée en Italie (1775). De retour dans son pays natal, il y donna des leçons particulières de théologie, jusqu'à ce que le marquis Bevilacqua l'appela à Ferrare, et lui confia l'éducation de ses deux neveux. Il continua de se perfectionner dans ses études; les connaissances qu'il acquit le mirent en relation avec plusieurs savants, et notamment avec le chevalier Vannetti, secrétaire de l'académie de Roveredo. Il avait publié divers ouvrages, et en préparait daufrres plus importants encore, lorsqu'un excès de travail, joint à une santé naturellement faibie, lui causa des crachements de sang répétés, et amena sa mort qui eut lieu le 14 juillet 1779, à l'âge de trente-deux ans. On a de lui : Del Modo d'insegnare, ou Traité sur la manière d'enseigner aux enfants les deux langues italienne et latine, Ferrare, 1775,in-8°. Ce petit traité, très-estimé, montre combien l'auteur é ait versé dans les deux langues dont il propose une méthode aussi exacte que facile. Prodromo ou Programme pour une Encyclopédie italienne, Sienne, 1780, iu-i".

Le P. Giorgi avait réuni plusieurs précieux matériaux pour ce grand ouvrage, auquel devaient contribuer les littérateurs les plus renommés. Il s'était réservé les articles les plus difficiles de la métaphysique et de la théologie; et afin d'offrir des modèles pour les articles à rédiger, il en inséra deux, fort remarquables, dans ce programme, savoir : Sur le péché originel, et de la liberté naturelle; De la grâce efficace et de son accord avec la liberté et la volonté humaine; Lettres au uombrQdetvo\^,adresséesèiM. Marc L.astri, de Florence, sur ce qui a été écrit par M. Martin Sherlock, savoir : i" De Vétat de la poésie italienne; 2° sur VArioste; 3" sur Shakespeare, Ferrare, 1779. Le P. Giorgi se fait remarquer dans ses lettres par son goût exquis et par son instruction dans les littératures italienne et étrangère. Plusieurs Lettres en latin, écrites à son ami le secrétaire Vannetti, et dans lesquelles l'auteur, tout en écrivant le latin avec une pureté et une élégance rares, soutenait qu'il était impossible aux modernes de s'exprimer correctement dans cette langue; c'était une erreur de sa modestie. Le chevalier Vannetti, aussitôt après la mort du P. Giorgi, publia sa Vie en latin, qu'il mit à. la tète de leur correspondance, Sienne, 1779, 1 vol. in-12.

GIOVENE (Joseph-Marie), archiprêtre do Molfetta, où il était né le 23 janvier 1753, étudia chez les jésuites de cette ville, et voulut entrer dans leur congrégation. Il fut envoyé dans cette vue à Naples; mais les jésuites se virent peu de temps après chassés de ce royaume. Giovene, de retour dans sa famille, se livra à l'étude du droit et des sciences naturelles. En 1781, il fut nommé grand vicaire par Mgr Anlonucci, son évoque, et il eut de plus la surintendance du séminaire. Pie VII le chargea en 180G de gouverner comme vicaire apostolique l'église de Lecce, où la division s'était mise, et, plus tard, ayant été nommé grand vicaire de l'évoque d'Oria, il se trouva ainsi à la tête de l'administration spirituelle de presque toute la province de Lecce. L'affaiblissement de sa santé l'ayant obligé de renoncer a ses fonctions, il retourna à Molfetta, où il mourut le 2 janvier 1837, à 84 ans. On a de ''abbé Giovene : une Lettre sur le sel de la terre mentionné dans i 'Evangile; une Dissertation sur le sacrement de pénitence ; une édition des anciens Calendriers de la Pouille, avec des notes, ouvrage plein d'érudition et de critique; des Opuscules sur l'apparition de saint Michel au mont Gargm ; sur la ville de Molfetta et ses évêques, etc.

GIOVlO (Jean-Baptiste-Atuanase), né à Cômele 10 septembre 174-8, delà famille des comtes de ce nom, mort le 17 mai 1814, composa un grand nombre d'opuscules dans la plupart desquels il prenait la défense de la religion contre les attaques des philosophes modernes. Nous citerons : Pensées philosophiques et chrétiennes ; Réflexions sur les quinze mystères du Rosaire; Lettre aux Français, 1799, qui lui attira des persécutions'* Manuel chrétien; une Réfutation des Pensées

sur la religion, du roi do Prusse ; Explication* du Pdlrr.

GIRAC François B are ad de), évoque dé Hennés, né a Angôulème < n 1782, fui nommé, après aroir reçu tes ordres sacrés, v caire général du diocèse d'Augoulôrae el doyen (lu chapitre de ta cathédrale. Député en 1 7(15 à rassemblée du clergé par la province ecclésiastique de Tours, il fui no ié, l'ann e

suivante, à l'évêché de Saint-Brieuc, et présida les états de Bretagne. En 1769 il fut noinin '• évoque de Rennes. Lors [ue l'assemblée nationale eut décrété ta constitution civile du clergé, de Girac refusa I" serment exigé, et il justifia sa résistance dans une Déclaration du 10 décembre 1700. L'abbé Expilly ayant été nommé évoque constitutionnel de Quimper, de Girac refusa de le sacrer, et cette conduite lui mérita les éloges de Pie VI dans les brefs que ce pontife envoya au clergé de France. Cependant tes électeurs d'Iiïe-et-Vilaine furent convoqués pour élire un autre évéque ; de Girac leur adressa une lettre pour les engage) h s'abstenir, puis il en écrivit une autre à I abbé Lecoz qui lui faisait part de son élection et de sa perplexité. Il donna en même temps une Ordonnance pour défendre de reconnaître Lecoz. Forcé de S'expatrier pour éviter la vengeance de ses ennemis, il se retira d'abord à Bruxelles, et lors jue les événements de la guerre l'obligèrent de s'éloigner, il accompagna le comte de Mctternich, ministre autrichien, dans les Pays-Bas, et alla avec lui en Bohême, ensuite à Vienne; enfin, il se rendit auprès du dernier roi de Pologne, Stanislas Poniatowski, alors retiré à Saint-Pétersbourg, et il vécut avec ce prince dans la plus grande intimité jusqu'au moment de sa mort, où il eut le bonheur de lui prodiguer toutes les consolations de la religion. Avant te concordat, il donna la démission de son évèché, pour se conformer à la demande que le pape en avait faite à tous les évoques; mars il lui témoigna en mémo temps ses alarmes sur les suites de cetic mesure. Il aurait désiré (pie les anciens évêques eussent été réunis pour délibérer sur la démission qu'on leur demandait. Après cette démarche, il ne prit aucune part aux réclamalions de quelques-uns de ses collègues.

Rentré en France, il refusa, dit-on, un évèché , mais il accepta un canonicat à Saint- Denis, et mourut le 2f9 novembre 18-20, dans sr. 89e année, doyen des évêques français. Le diocèse qu'il gouverna jus ju'au moment de la révolution lui doit la formation d'un petit séminaire, la reconstruction du grand , et plusieurs établissements d'instruction ou de secours. Ses aumônes répondaient à ses revenus, qui étaient considérables : il possédait, outre son évêché, les abbayes deSaint- Mélaine, de Saint-Evroul et (.e Froidmont. On a publié a Paris une notice sur M. F.-B. de Grac, évoque de Bennes, 1821, in-8°.

GIRARD (GuiLi a-umi:; , archidiacre u'Angoulôme, avait été secrétaire du duc d'Kpernon. Après la mort de ce duc, il donna des mémoires pour sa Vie, en k vol. in-12. Il

nous y apprend beaucoup de particularités intéressantes. Sttr la (in de ses jours, cet auleu. se livra entièrement a la piété el ne s'occupa plus (pie d'( bjets religieux. Ce fut' alors qu'il ëntrepi il la traduction des œuvres du pieux Louis de Grenade. Elle parut sur la lin ou xvn* siècle, en 10 vol. in-8°, ou 2 vol. in-ibî. C'est la plus exacte que nous ayons; mais nous pourrions en avoir une plus élégante. Quelques biographes pensent qu'il n'a traduit (pie la Guide au pécheur, le meilleur des ouvrages de Grenade, réimprimé en 1817 en '2 vol. in-12 , et que les autres écrits de ce pieux dominicain ont élé traduits par un prèlre de l'Oiatore qui a gardé l'anonyme. Girard mourut en 16G3, dans un âgé très-avancé.

GIRARD DE V1LLETHIERRI (Jean), pieire de Paris, mort dans sa patrie en J70L), à 08 ans, enrichit l'Eglise d'un g; an I nombre de livres de piété. Ses traités recueill s pourraient comp ,ser un corps de morale pratique pour toules les con itions et tous le3 états. 11 appuie ce qu'il dit, par les principes de la raison, parl'Ecrilure sainte, par les Pères et par les conciles. Ses principaux ouvrages sont : Le véritable pénilmt; Le Chemin du ciel; La Vie des vierges; celle des gens mariés, des veuves, des religieuses, des riches et des pauvres ; La Yiedcs saints; La Vie des tierce; un Traitède la vocation; Le chrétien étranger sur la terre; un Traitède la flatterie; un autre de la médisance ; La Vie de, Jésus-Christ dans l 'Eucharistie; Le chrétien dans la tribulaliou ; u\ï Traité des églises el des temples ; r/h autre du respect gui leur est du; La Vie de saint Jean de Dieu; un Traité des vertus théologales ; enfin la Vie des justes. Ces différents ouvrages sont chacun en 1 ou 2 vol. in-12; on lésa souvent réimprimés : il se* ait à souhaiter qu'ils fussent écrits avec plus de pureté et de précision.

GIRARD (Je \> -Baptiste), jésuite, natif de Dole, se ht un nom dans son ordre par ses talents. Aprèsavoir professélcshumanitésetla philosophie, il se consacra a la prédication et à la direction, ei il exerçait ces emplois avec autant d'assiduité que de succès. Un nombre infini de femmes du monde furent mises par lui dans le chemin du salut. Plushurs tilles entrèrent dans le cloîire à sa persuasion, et en furent l'exemple. 11 fut envoyé d'Aix à Toulon en 1728, pour être directeur du séminaire royal de la marine. Parmi les péniti ntes qui vinrent à lui, se trouva Marie-Catherine Cadière, fille de 18 à 20 ans, née avec un cœur sensible, et entêtée de la passion de faire parler de ses vertus. La pénitente, échauffée par le plaisir d'avoir un directeur qui la prônait partout, voulut avoir une réputation encore plus étendue. Elle préten lit avoir des extases et des visions. Son directeur parut d'abord y ajouter quelque croyance ; mais sentant qu'il y avait (| elque chose d'outré dans la conduite de sa pénitente, il chercha à s'en débarrasser. La Cadière, piquée contre lui, choisit un autre directeur. Elle s'adressa à un carme, fameux janséniste, et connu par sa -haine contre les

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jésuites. Il engagea sa pénitente à faire une dépositiop, dans laquelle elle déclara que le P. 'Girard, après avoir abusé d'elle, lui avait f;:it perdre son fruit ; et comme par cette déclar tion elle aurait été aussi coupable que lui, elle l'accusa d'enchantement et de sortilège. Cette misérable étala sa honte aux yeux de l'univers, pour l'unique plaisir de la vengeance. L'affaire fut portée au parlement d'Aix, et elle mit la combustion dans les familles. Enfin, après des cabales, des querelles, des satires, des chansons et des in ures sans nombre, lé-parlement déchargea le P. Girard des accusations intentées contre lui, et la Cadière fut condamnée aux dépens. Cet arrêt fut prononcé le 10 octobre 1731. Peut-être ceux qui se sont étonnés que le parlement ne jugeât point avec plus de rigueur, ne connaissent pas assez les circonstances où ce tribunal se trouvait, ni le dangereux fanatisme du parti qui s'élait déchiré pour la prétendue dévote. On assure d'ailleurs que le résultat des interrogatoires qu'elle a subis prouve plus de folie que de méchanceté, plus de docilité à des impulsions étrangères que de malice personnelle. Après que le procès fut terminé, le P. Girard fut envoyé par ses supérieurs à Dole. Il y fut recteur, ^ty mourut, le 4 juillet 1733, avec la réputation d'un homme zélé et vertueux, mais pas toujours as^ez circonspect. La fureur d'écrire est telle en France, qu'on a formé 6 vol. in-12 des pièces de ce singulier procès. GIRARD (Gabriel), aumônier de Mm la duchesse de Berry, tille du régent, et interprète du roi pour les langues esclavonne et russe, né vers l'an 1677 à Clcrmont en Auvergne, mérita une place à l'académie française par quelques ouvrages de grammaire qui respirent la philosophie : Synonymes français, leurs différentes significations, et le choix qu'il en faut faire pour parler avec justesse, in-12. Ce livre, plein de goût, de fine;-se et de précision, subsistera a tant que la langue, et servira môme à la faire subsister. Le but de l'auteur est de prouver que presque tous les mots qu'on regarie comme parfâ.tement synonymes dans notre langue, durèrent réellement dans leur signification,, à peu près comme une même couleur parait sous diverses nuances. Ce grammairien philosophe saisit admirablement ces différences imperceptibles, et les fait sentir à son lecteur, en rendant ce qu'il aperçoit et ce qu'il sent, par des termes propres et clairs. Le choix des exemples est excellent, à quelques-uns près, qu'il aurait pu se dispenser de prendre dans des matières de galanterie. Les autres présentent presque toujours des pensées fines et délicates, des maximes judicieuses, et des avis importants pour la conduite. M. Beauzéo a donné en 1769 une nouvelle édition de cet ouvrage, augmenté d'un volume et de quelques articles posthumes de l'abbé Girard. L'abbé Roubaud a effacé en quelque sorte cet ouvrage par les Nouveaux Synonymes français, Paris, 1786, k vol. in-8'. Mais il convient lui-inôiiiequerabbé Girard a le mérite d'avoir ie premier ouvert

les yeux a la nation, sur la richesse que la langue acquerrait par la seule explication des synonymes, qui, sans une différence nette et précise, la surchargent de mots en l'appauvrissant d'idées. L'ouvrage de l'abbé Roubaud n'est d'ailleurs pas a l'abri de la critique. On y trouve quelquefo's une mélaphysique de langage, des idées exoïques et romanesques, qui semblent tenir à la secte des économistes, à laquelle il était agrégé. Les Synonymes de Girard ont été réimprimés plusieurs ibis avec un cxlrait de ceux de Roubaud, sous ce titre : Synonymes français avec leurs différentes significations, publiés par Girard, Beauzéc, Roubaud, et autres écrivains célèbres, et classés par ordre alphabétique, 2 gros vol. in-12, Paris, 1806. Cette édition a fait tomber les Synonymes de l'abbé Roubaud. M. Guizot a publié un Nouveau dictionnaire universel des synonymes, augmenté d'une grande quantité de synonymes nouveaux, Paris, 18C9, 2 parties in-8°. Cne grammaire sous le titre de Principes delà langue française, 2 vol. in-12, 1747 : inférieure aux Synonymes, du moins pour la forme; mais qui offre d'excellentes choses, et même, suivant son titre, les vrais principes de la langue. L'auteur subtilise trop sur la théorie du langage et ne cherche pas assez à en exposer clairement la pratique. L'abbé Girard mourut eu 1748, à 71 ans. C'était un homme d'un esprit fin, et \ers6 dans ia lecture des bons écrivains.

GIRARD (Claude), théologien janséniste, licencié de la faculté de théologie de Paris, fut choisi, lois des orageuses cont sîaiions du jansénisme, pour amènera un accommodement les opposants à la signature du formulaire Des conférences eurent lieu entie M. Choiseul, évèque deCominges, qui le fut depuis de Tournai, et le P. Ferri, d'une part, Girard et Lalanne, de l'autre part. Mais tout ce qu'on put obtenir des opposants fut i ne procuration pour écrire en leur nom au pape, et l'assurer <ie leur soumission. Cette procuration fut signée de Girard et de Lalanne, qui y joignirent cinq articles de doctrine, correspondants aux cinq fameuses propositions extraites de Jansénius. Ces pièces ayant été adressées à Rome, le pape les fit examiner par des théologiens qui en firent leur rapport dans une congrégation extraordinaire, où il fut résolu de ne rien répondre sur les cinq articles , parce qu'ils étaient conçus d'une manière ambiguë et contradictoire,* et les choses en restèrent là. Girard publia un compte rend i de ces négociations, sous le titre de Relation de ce gui s'est passé depuis un an pour terminer les contestations présentes, 1663. Déjà il avait fait imprimer un Eclaircissement du fait et du sens de Jansénius, sous le nom de Denys Raymond, Cologne, 1660 et 1662, en quatre parties.

GIRARD (Antoixe), jésuite, né l'an 1603, dans le diocèse d'Autun, mort vers 1680, composa un grand nombre d'ouvrages de dévotion, ou en traduisit du latin. Ses traductions lui firent donner le surnom de tourneur, parce qu'il employait, dans ses titres.

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l'expression tourne du latin. Nous citerons de lui : Les combats mémorables et victoires dessaints, avec diverses images, Paris, 16W, in-V' ; Les Journées mémorables dés Français, ibid., HiVT, in-V", fig, ; Sommaire de la vie et passion de Jésus-Christ, Paris, 1650, in-fol., fig.; Les peintures sacrées de lu Bible, etc., in-fol. et in-12, avec fig. ; Recueil des épttres et évangiles de toute l'année, L661, in-V" ; Idée d'une mort pieuse tl chrétienne dans l'histoire

de la mort de Louis XIII, tirée d'un recueil du l'. Jacques Dinèt, qui avait assisté ce prince à la mort, 1656, in-fol.; Le bûcher des damnés, traduit ilu latin de Drexélius, Paris, 1G:18; /,'/ Peinture de la miséricorde de Dieu , ou les Joies du Paradis, traduit du môme, Paris, 1639 ; L 'Héliotrope, idem, ibid., 1GV0; une traduction des quatre livres Délimitation de Jésus-Christ, de (ieison, Paris, 16V1, in-8°, nombre de l'ois réimprimé dans les xvn' et xvih" siècles. On y a relevé des inexactitudes dans certains passages relatifs à la grAce ; Histoire de Josaphat, roi des Indes, traduit de saint Jean Damascène, 1643, in-12 ; les Vies des saints, de Ribadeneira, Paris, 2 vol. in-fol., plusieurs fois réimprimées. — Jean Girard, autre jésuite, né l'an 1570, dans le diocèse de Metz, mort le 29 septembre 1634, à Pontailler, en Bourgogne, enseigna dans les maisons de son ordre les humanités, la philosophie et la théologie. 11 visitait souvent les prisonniers, qu'il instruisait et consolait avec une infatigable charité. Le P. Jean Girard a laissé des pièces de poésie, des Caniiques spirituels, et un grand nombre de li vies de dévotion, tous imprimés par Cramoisy, à Paris.

GIRARD (Gilles), curé d'Hermanville, près Caen, né à Campsour, dans le diocèse de Coutances, a été un des meilleurs poètes latins de son temps. 11 avait perfectionné son talent dans l'université de Caen, où il professa les humanités. 11 réussit surtout dans l'ode alcaïque, et ne le cède en ce genre à aucun poète moderne. Nous avons de lui un nombre assez considérable de poésies lyriques, dont la plupart ont été couronnées aux Palinods de Rouen, et imprimées séparément. L'auteur mourut en 1762, âgé de 60 ans.

GIRARD (N.), ancien curé de Saint-Loup, au xvnr siècle, s'est fait connaître par un livre intitulé : Les petits prônes, ou Instructions familières, principalement pour les peuples de la campagne, Lyon, 1766, 8 vol. in-12, qui se relient en 4, estimés et recherchés, quoiqu'il ait paru depuis un grand nombre d'ouvrages dans le même genre. Ils ont été traduits en latin sous ce titre: Concioncs in dominicas et (esta, usui parochorum, Augsbourg, 17GG, k vol. in-8°.

GIRARD (l'abbé), ecclésiastique distingué, naquit à Joux, village près de Pontarlier, en Franche-'. o.nté, vers 1752, vint à Paris, fit ses études au col ége de Louis-le-Grand. et emporta le [ rix d'honneur. Son application et sa bonne conduite lui gagnèrent la bienveillanc ■ de ï. de Cicé, alors évoque de Rodez, qui. rès nv l'abbé Girard eut pris

les ordres, l'emmena dans celte ville et le nomma professeur de rhétorique. Ce prélat, ayant fondé un collège dans sa ville ép'sco pale, en confia la direction à 1 abbé Girard, SOUS lequel se formèrent des sujets distingués, entre autres M. Frayssinous, évêquo d'Hermopolis. Cet établissement avait obtenu une réputation méritée; l'abbé Girard s'y distingua par un zèle actif, une sage fermeté, une piété exemplaire et une indulgence paternelle. La révolution arriva, et l'abbé Girard, n'ayant pas voulu prêter le serment à la constitution civile du clergé, resta caché en France chez un ami; il put ainsi, et en secret, porter à quelques fidèles des secours spirituels. Echappé a la persécution, il sortit de sa retraite, dans des temps plus calmes, et fut choisi pour directeur du collège de Figeac ; mais il avait laissé de trop beaux souvenirs à Rodez; les vœux de tous les habitants le rappelèrent, et il reprit la direction ciu collège de celte ville, en y apportant les mômes vertus et les mêmes lumières qui l'avaient distingué auparavant. Quand l'Université fut réorganisée, on érigea en lycée le collège de Rodez, et l'abbé Girard en fut nommé proviseur. Pendant près de cinquante ans, il dirigea une nombreuse jeunesse, qui reçut de lui les bienfaits de l'éducation fondée sur les principes chrétiens. L'élite des habitants de ce pays le considérait comme le second père de leurs enfants, et avait pour lui un respect et une affection sans bornes. L'abbé Girard, regretté de tout le monde, et plus particulièrement encore de ses élèves et des pères de famille, est mort le 23 avril 1822, à l'âge d'environ 70 ans. On a de lui : Préceptes de rhétorique, tirés des meilleurs auteurs anciens et modernes, Rodez, 1787, in-12; 9e édition, ibid., 1827, in-12. Cet ouvrage, devenu classique dans presque tous les collèges de France, est fait avec beaucoup d'ordre et de méthode.

GIRARDIN (Jacques-Félix), prêtre, docteur en théologie, mort à 75 ans, le 13 juin 1753, à Fréjus, sa ville natale, composa\ine Histoire de la ville et de l'église de Fréjus, Paris, 1729, 2 parties in-12 ; une Histoire de saint Ansile, patron de Callas (près de Draguignan), Aix, 1750, in-12; la Vie du serviteur de Dieu François Mets, né au Bar, hermitc du cap Roux, Aix, 1752, in-12; la Vie du serviteur de Dieu Laurens Bonhomme, solitaire près de Fréjus, in-12, sans date, mais l'approbation est de 1749. Laurens Ronhomme, mort en 1704, avait précédé François Mets à l'ermitage du cap Roux ; Songe historique, pièce de vers de 9 pages in-12, sans date, sur la naissance de Cornélius Gallus, à Fréjus. — GmAitDiN (Jean-Raptiste), curé de Mailleroncourt-Saint-Pancras, diocèse de Resançon, mort dans sa paroisse le 13 octobre 1783, a laissé : Réflexions physiques en forme de commentaires sur le chapitre vin du livre des Proverbes, depuis le verset 22 jusqu'au verset 31, Paiis, 175S, ou Resançon, 1759, in-12. Le but de l'auteur est de prouver la bonté et la sagesse du Créateur par l'ordre immuable de l'univers ; L'in

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crédule désabusé par la considération de l'univers, contre les spinosistcs et les épicuriens, Spinal, 4769, 2 vol. in-12; il démontre l'existence de Dieu et prouve sa sagesse par des raisons tirées de ses ouvrages ; il réfute ensuite les objections présentées contre la Providence. On lui attribue : Lettre dun gentilhomme à un docteur de ses amis, pour savoir s'il est obligé de se confesser au temps de Pâques à son curé, ou d obtenir de lui la permission de s'adresser à un autre confesseur, avec la réponse du docteur, Epinal, 1762, brochure in-12.

G1RAUD (Pierre), archevêque de Cambrai, cardinal-prêtre du titre de Notre-Dame de la Paix, naquit, le 11 août 1791, à Montferrand, près Clermont. Peu de temps après avoir reçu les ordres sacrés, il fut nommé curé de la cathédrale de Clermont, puis vicaire général honoraire. 11 prêcha l'Avent de 1826 à la cour de Charles X, et reçut, à cette occasion, le titre de prédicateur ordinaire du roi. Institué évêque de Rodez par Pie VIII, le 5 juillet 1830, il fut sacré à Paris le 30 novembre suivant, en secret, par suite de la perturbation causée par la révolution qui venait d'avoir lieu. Louis -Philippe le choisit pour occuper le siège archiépiscopal de Cambrai, rétabli par une bulle du 1er octobre 1841 ; le prélat fut institué le 24- janvier 1842, et prit possession de son nouveau siège le 21 février suivant. C'est en 1847 que le pape Pie IX le créa cardinal. En 1849, il fit le voyage d'Italie, pour porter aux pieds du souverain pontife exilé le témoignage de son respect filial et l'offrande des fidèles de son diocèse, qui fut une des plus abondantes des diocèses de France. Mgr Giraud est mort le 17 avril 1850, après une longue maladie. On a de lui des Instructions pastorales et Mandements, formant 3 vol. in-8°, dont les deux premiers furent publiés en 1842, et le troisième renferme les instructions et mandements de 1842 à 1847. Parmi ces mandements, on remarque celui qui traite de la loi du travail, imprimé aussi séparément, in-18. On lui doit en outre uu Catéchisme du diocèse de Cambrai, avec explication, histoires et témoignages tirés des saintes Ecritures, des Pères et des Conciles, 2 vol. iu-8% dont le premier a paru en 1846.

GIRAUDEAU (Bonaventure), jésuite, né à Saint-Vincent sur Jard en Poitou, mourut en 1774, âgé de 77 ans, après avoir donné : une Introduction à la langue grecque, 175letsuiv., 5 part, in-12; 4e édiL, 1777, 5 vol., dont les deux premiers sont en français et les trois autres en latin. Praxis linguœ sacrœ, 1757, in-4°, ouviage très-estimé , quoiqu'il y ait quelques vues hypothétiques. Il prétend , comme Masclef (voy. ce nom), lire lhéoreu sans les points massorétiques ; mais avec cette différence, que partout où il manque une voyelle, il v place la lettre O, au lieu que Masclef y met la première voyelle qui se trouve dans le nom de la consonne qui précède : système qui d'abord paraît arbitraire, ma. s que l'auteur semble avoir puisé dans la lecture et l'étude des anciennes versions. Il y a cependant des cas où il en paraît résulter des sens

Dictionn. de Biographie relig. II.

incommode* et difficiles. Les Paraboles du Père Bonaventure, petit in-12, rempli de moralités bien déduites, ingénieusement et sagement adaptées à l'éducation de la jeunesse : YEvangile médité, ouvrage digne de son titre, dont on a fait plusieurs éditions in-12 et en 8 vol. par les soins de M. Duquesne, vicairegénéral de Soissons, à qui le manuscrit avait été confié par feu M. de Beaumont, archevêque de Paris. Il y a des passages pleins d'éloquence et de feu. Le style en est pur, coulant, naturel, la manière grande et noble, les idées vastes, les réflexions profondes. C'est la philosophie de l'Evangile. Le vrai chrétien, et surtout le chrétien instruit, y trouve de quoi nourrir substantiellement sa pensée et son cœur. « Tout y est digne du « Fils de Dieu, dit un protestant (.VI. Nallat, « recteur de l'église de Saint-Pierre en l'île « de Guernesey), tout y répond à la sufeli- « mité de sa doctrine et à 1 excellence de ses « saints préceptes. Les réflexions touchent « et persuadent, tant par leur solidité, leur « beauté, que par la manière de les exposer, « qui est digne d'elles. Tout y est méthodi- « que, lié, simple, instruct f, et surtout onc- « tueux. » [Lettre de M. Nallat à l'abbé Duquesne, en date du 14 avril 1777.)

GIRMONT. Voy. Bernard de Girmont.

GIRON GARCIAS DE LOAYSA, archevêque de Tolède, né à Talavera en Espagne en 15+2, fut appelé à la cour de Philippe II, qui le fit son aumônier, lui confia l'éducation de l'infant d'Espagne, son fils, et le [/laça ensuite sur le siège de Tolède. II ne l'occupa pas longemps, car il mourut cinq ou 6ix mois après, en 1599. On d t que le chagrin qu'il conçut du peu de considération que lui témoignait le roi Philippe III, successeur de Philippe II, hâta sa mort; mais cette faiblesse n'est pas à présumer dans un homme dont le caractère montrait de la fermeté, et n'avait jamais paru asservi à l'ambition. Ce savant prélat avait publié en 1594, in-fol., une nouvelle Collection des conciles d'Espagne, avec des notes et des corrections. C'était la meilleure qu'on eût avant celle du cardinal d'Aguirre. — Voy. Loaïsa.

GIROT (Ltienne-Amrroise), né à Montivilliers, près le Havre-de-Grâce, le 20 décembre 1753, venait d'être nommé curé de la paroisse de Saint-Germain-de-Montivilliers lorsqu'il fut déporté en Angleterre ; son ami l'abbé Edgeworth, confesseur de Louis XVI, lui procura des élèves dans les familles les plus distinguées, il ne rentra en France qu'en 1822. 11 mourut dans son pays natal, le 28 avril 1834, hiis.-ant les deux ouvrages suivants : Le moraliste de la jeunesse, Londres, Dulau, 1801, in-8°; La morale des anciens, ibid., 1807, in-8°.

G1ROUST (Jacques), jésuite, né à Beaufort en Anjou en 162'*, mort à Paris en 1689, à 65 ans, rempiit avec beaucoup de distinction les chaires de la province et de la capitale. Sa manière de prêcher était comme son âme, simple et sans fard; mais dans cette simplicité il était ordinairement si plein d'onction, qu'en éclairant les esprits, il ga-

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