‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 105 sur 336 · CAN · texte numérisé non relu

CAN

Sirius n'a lieu, depuis un grand nomi)re d'années, que lorsque les fortes chaleurs sont passées, du moins en Europe. Malgré cela, la croyance populaire persistera longtemps encore.

— Les ahiianachs indiquent les jours caniculaires du 24 juillet au 26 août inclusivement. Ces jours se terminent, en réalité, le 22 août, où le soleil quitte le signe du Lion pour entrer dans celui de la Balance. La canicule dure tout le temps que la constellation du chien se lève et se couche avec le soleil.

— De canicule vient chaleur caniculaire : « Mais alors, disait Calino, pourquoi dit-on : un h^oid de chien ? »

Canne, du latin canna, roseau; celtique can, lieu marécageux. De Canna, nymphe changée en roseau par le dieu Pan. De là cannabis, chanvre, petit roseau, canehière ou chènevière.

— Canne, mesure agraire en Provence ; canal, canule, cannelure.

— Canif, qui sert à tailler les roseaux, dont on faisait usage pour écrire ; canon.

— En provençal canestéou, panier en canne. Eu grec canéphores, porteuses de corbeilles.

— Dépôt des cannes. Lycurgue, dans une assemblée tumultueuse, eut l'œil crevé d'un coup de bâton que lui donna un jeune homme nommé Alexandre.

Depuis, les Lacédémoniens ne portèrent plus de bâtons dans leurs assemblées.

— Une ordonnance de police de 1784 défend le port des cannes à dard, sous peine de 300 francs d'amende.

— Au plus fort de la Terreur, la Comédie-Française donna Paméla ou la Verlu récompensée, par François de NeufcluUeau. Cette pièce fut l'occasion de grands désordres et de rixes entre les modérés et Jes démagogues. Pour éviter le renouvellement de ces troubles, la police fit imprimer, sur l'affiche du théâtre, conformément aux ordres de la municipalité : « Le public est prévenu qu'on entrera sans cannes, bâtons, épées, et sans aucune espèce d'armes offensives. »

— Le 22 mars 1817, la représentation de Gernianicus, tragédie d'Arnaud, fut, au Tbéâtre-Français, le prétexte d'une collision pohtique et sanglante. Les bonapartistes s'étaient donné rendezvous pour applaudir; une caltale royaliste s'était organisée pour siffler. Un sous-officier de la garde lira son sabre au milieu de la foule; ce fut le signal d'une mêlée elfrayante, et un grand nombre de duels furent la suite de cette soirée..

CAN 19o

De ce jour date l'interdiction absolue des armes et des cannes dans les parterres des théâtres. (Mémoires de Véron.)

Canon, XuUima ratio des rois (Richelieu), vient du grec kcuiôn, règle, dans le sens de règlement ; de canna, roseau, dans le sens d'arme.

Les canons ont été employés, en France, en 1338.

— Canons, objet de toilette, toile tuyautée qui llottait sur les jamlies à partir du genou, et dont parle Molière :

Et de ces grands canons, on, comme en des entraves On met tous les matins ses deux jambes esclaves.

(École dex maris.)

— Les canons de l'Eglise. Le mot kanôn, règle grammaticale, a été employé par l'école d'Alexandrie pour désigner la liste des auteurs dont l'exemple faisait loi, et que nous appelons classiques. C'est avec une acception seml)lal)le qu'il s'introduisit dans la langue ecclésiastique.

Les Conciles promulguèrent des canons, c'est-à-dire des décrets, des règles à suivre en matière de discipline ou de doctrine.

Le mot canon, spécialement appliqué à la Bible, est la liste arrêtée des livres qui la composent et doivent servir de règle souveraine à la croyance des fidèles.

De là est venu canoniser, inscrire au catalogue des saints. C'est la déclaration du pape qui commande que ceux qui se sont fait remarquer par leur sainteté, soient insérés dans le canon de la messe.

Les canons de l'Eglise n'ont, comme on le voit, rien de commun avec les foudres du Vatican, qui ne sont plus aussi terribles qu'autrefois. On pourrait leur appliquer le vers souvent cité : Ia^s gens que vous tuez se portent assez bien.

— Canonique, régulier, a fait chanoine : en provençal, canonge.

Canton, du tudesque kant, coin.

En provençal cantoun; d'où canteoù, c\vài\te.mi de pain, morceau de pain affectant la forme d'angle ou de jante de roue.

Canton signifie aussi un morceau de territoire : Los un cantos de la mai/so. (Hist. abr. de la Bible.)

Il a signifié aussi morceau, coin, quartier :

Ou'al dérier canlel de l'escut Li livmnu'l.

.'Rojii.iri de Jaitre.)

(Qu'il lui tranche le dernier quartier de l'écu.)

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