‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 117 sur 336 · E(1AI51!AS · texte numérisé non relu

E(1AI51!AS

(Pendant plus d'une lieue, ils ont frappé et taillé.)

Becomeusn lo chiqjlcs île litiinerrn morlal...

(G. DK Tl-df.le )

{Le carnage delà guerre mortelle recommença.)

Chapitre, du latin capitulum, dimin. de capat. N'avoir pas voix au chapitre : n'avoir ni crédit, ni considération dans sa famille, dans sa compagnie.

— Les assemblées de chanoines s'appellent chapitres: parce qu'elles se tiennent derrière l'autel, au chevet {caput) de l'église.

— Chapitrer: réprimander. Les religieux étaient réprimandés en plein chapitre.

Cette réponse ouïe, tous les bons frères soupirèrent de deuil, oyant

(entendant) la [)ètise de cet enfant, lequel fut condamné d'avoir le petit chapitre. {Moyen de parvenir, ch. 01.)

Chapon, du latin caponem.

Chapon de iniit niois, manger de roi.

Il en porte le nom, mais n'en mange pas les chapons.

Char, du latin carriim.

Le char, le vaisseau de l'Etat, vieille ligure devenue ridicule par al)us. Elle manque moins de prétention que de noblesse, car en disant d'un souverain qu' « il conduit le char de l'Etat »., elle le compare à un cocher.

Charabia, n'est pas originaire de l'Auvergne. Selon M. Pharaon, orientaliste, il vient de deux mots arabes, chara, achat, et hla, vente.

On entend par charnhia, un langage incorrect, composé de mots imitatifs, empruntés à plusieurs idiomes : telle, la langue franque. qui est en u^age dans le bassin de la Méditerranée pour les relations commerciales.

Charade, du provençal charar, bavarder pour passer leteiu[)S.

Charade en action : jeu où l'on exécute des scènes qui expriment le sens des diverses parties d'un mot.

— La charade est une sorte d'énigme, où l'on décompose un mol en syllabes qui forment chacune un mot particulier.

Exemples :

Mon premier est un tout seml»lal)le à mou dernier : sans cherclier. on ne peut découvrir mon" entier. {Chercher.)

Mon premier se sert de mon second pour manger mon entier. {Chiendent.)

Mon premier est latin, mon second est français, mon tout italien. {Italien.)

Mon premier est hquide, mon second est liquide, mon tout est liquide. {Potage.)

Quatre membres font tout mon liien ; mou dernier vaut mon tout et mon tout ne vaut rien. {Zéro.)

Charbon, du latin carboncni.

■ Provençal, carlioàn.

On n'est noirci que par le charlmn. (Voy. noircir.) La calomnie est comme le charl)on : quand elle ne l)rùle pas. elle noircit. De là les locutions : dénigrer quelqu'un, le noircir, et caustique. — Ce dernier vient du urec kaià. I)rùler.

CIIA 233

Charbonnier, chanoine de Saint-Maur, vêtu de noir.

Cliarhoimicr est maître chez soi : Gallus in sterquilinio suo plUrimum patent. (Sénéque.)

François i"^"" s'étant éloigné de sa suite, à la chasse, entra sans se faire connaître dans la hutte d'un charhonnier. Celui-ci prit la première place à taille, en disant: « Chacun est maître chez soi. » Il servit ensuite au roi un morceau de venaison, en le priant de n'en rien dire au « grand nez ^), c'est ainsi qu'on appelait le roi. Le lendemain, celui-ci se fit connaître, et accorda à son hôte le privilège de l'exemption du droit sur la vente des charhons, tant par eau que par terre.

Charenton. Echappé de Charenton : fou.

On dit aussi : Tous les fous ne sont pas à Charenton." Le vent vient de Charenton. Les Romains disaient : Navlget Anticyrani (Horace). Qu'il aille à Anticyre.

0 tribus Aniiciiri-s eu put insunubile !

(0 tête que. ne pourraient guérir tous les remèdes des trois

Anticyres !)

Cela équivalait à la locution :

Il l';mt vous piirgor Avec (iiiatro arains d'elléJjore.

(La Fonta.n..)

L'ellébore, plante qui passait pour guérir la folie, croissait abondamment à Anticyre.

— Un ancien préteur, qui s'était retiré à Anticyre poury rétai)lir sa santé, demanda à Caligula une prolongation de congé. L'empereur le fit tuer, disant qu'une saignée lui était nécessaire, puisque l'ellébore ne servait de rien. (Suétone, Caligula, 29.)

Charge, du celtique carg, faix: d'où luissi ca?'gai.soii.

Ou plal()t verbal de charger: en latin rxirricare, de carras, char.

De là aussi caricature.

Charriage : vol au charriage, à la mystification, à l'américaine, du vieux mot charrier, mystifier, au propre mener un chariot. (Vidocq.)

Rouler a conservé un sens analogue. (

— Il faut prendre les charges avec les liénélices. i'ùi uber, ibi tuber. (Apulée.) Pas de bien sans ninl.

Charité, du latin caritatem, de carus, cher, précieux. D'où aussi cherté, chérir.

CariUfs correspond au grec kharis, Khcuntes, les Grâces. La grâce est, en effet, le parfum de la bonté. Les Grâces étaient chez les Grecs le symbole de cette harmonie sociale qu'établissent la bienveillance et une mutuelle sympatliie.

La charité est tout le christianisme. Elle en est la devise et la formule définitive, car le Christ a, par l'Eucharistie (?) t'ait l'acte de charité par excellence, en sacrifiant sa vie pour sauver les hommes.

— La charité est la plus excellente des trois vertus théologales : Major autem horum est carilas. (Saint Paul.)

Elle consiste à aimer notre prochain comme nous-mèmc, et par amour de Dieu. Elle comprend la piété ou la pitié, la bienveillance, la commisération, la miséricorde, en un mot, toutes les charmantes vertus du cceur et du dévouement :

Affection, amitié, amour, bienfaisance, bienveillance, bonté, civihté, clémence, complaisance, concorde, confiance, consolation, déhcatesse, éducation, égards, fidélité, générosité, grâce, humanité, humilité, indulgence, modestie, piété, pitié, philanthropie, pohtesse, reconnaissance, résignation, sympathie.

— Auguste Comte l'appelle al/ruisme. par opposition à éyoïsine.

— Ne pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous ht, voilà la justice': faire pour autrui, en toute rencontre, ce que nous voudrions qu'on nous fit, voilà la charité.

— Bals, concerts, loteries de charité : bienfaisance à la tire. Où le plaisir moissonne, la charité a le droit de glaner.

— Trajan fut, dans l'antiquité, le créateur de l'assistance publique : ses institutions de charité lui firent donner par ses contemporains le surnom iVOptimus, très bon, qu'il partageait avec Jupiter.

Par suite de cette tradition, on ht dans les prières de l'Eglise grecque : « Dieu, pardonne-lui, comme tu as pardonné à Trajan par l'intercession de saint Grégoire. »

Saint Thomas admettait le salut de Trajan, obtenu par l'intercession du pape saint Grégoire, et Dante l'a mis dans son Paradis.

— 0 charité! Evangile ! religion, divine santé de l'âme, les hypocrites vous changent en poison ! Redoutez la charité des vipères.

Charitable comme saint Vincent de Paul.

Charité bien ordonnée commence... (continue et finit) ... par soi : Prima sibi caritas. C'est la devise favorite de l'égoisme.

Omncu sibi malle meliu-s e.sse, (jnam alteri.

CrtiiE.Nci., Andrieiine, U, 6.)

CHA 23o

Le prêtre l)aptise son enfant le premier. (Proverbe antérienr an Concile de Trente, qui a imposé le célibat an\ prêtres.) — La pean nons est plus près que la chemise.

Charlatan, du celtique chrirlataria, bavarda.ue : ou do l'italien clarJalano, de cinrlare. iiabiller.

CoilTcr le casque de Manpin : parler i)eaucoup.

Charnière, latin cardinaria, de cardo, gond.

Cest, au propre, le pli formé par les muscles charnus et puissants qui enveloppent l'articulation de la cuisse avec le bassin, et qui est la charnière par excellence, au moyen de laquelle le corps peut se plier.

Charrier droit : se bien conduire.

El il fera bien, s'il me croit, Désormais de cliarrier droit.

(S.:.VMu.>-, G,o. I.)

Chartre, tenir en ctiartre privée (^en prison) : détenir, séquc--trer : du latin carcerem, prison.

Dans une chartre un dragon le gardait.

(I.A l-O.VTAENK, V], 6.)

Ou estre mis contre druictiu'e, Comme sainet Fol, en chartre oliscure.

{Roman do la Rose.)

Charybde et Scylla, deux gouffres situés en face l'un de l'autre, dans le détroit de Sicile, rendaient ce passage très dangereux aux navigateurs, parce que les eaux sont constanmient englouties et rejetées avec d'horribles mugissements. (Odyssée, ch. xn.)

La proximité de Charybde et de Scylla donna lieu à un proverbe qui s'applique .à ceux que la peur d'un mal fait tomber dans un pire.

Inciflit in Scyllam cupiens vitnre Chari/bdiin.

Ce vers est de Gauthier de Lille (xiii*^ siècle) dans son Alexandre ide (hv. V. 301).

Noël, dans son dictionnaire, édition de 1824, au mot /îccre, l'attribuait à Horace.

S(iu\riU dim moindre mal on tombe dans nn |iire.

[C. d'Hari.kvilik.)

La vieille au lien du eo([ les lit tomber par là De CiiarNbdi- en Sexlla.

,Lx Foxr.u.NK.)

Le poisson tombe de la poêle dans la Ijraise.

Chasse, do cliosscr: latin capllare. poursuivre, cherclier à saisir.

C/iàsse, ijoite à nieUre des reliques, vient de cnpsa : d'où aussi caisse.

Vive la cliasse et ses noljles loi§irs !

C'est le plaisir des rois et le roi des plaisirs.

(SoRlhK, 1827.)

— Il n'est cliasse que de vieux chiens.

Camus, évèque de Belley, disait : « Il n'est châsse que de vieux saints. «

On aurait pu lui répondre : Quel rapport du saint au chien ? « Quœ communlcatio sancto homini ad canein ? » (Ecclésiasle, XIII, 22.)

— Chasser sur les terres d'aulrui. Le duc de Longueville disait, en apprenant que les gcntilsliomines voisins chassaient sur ses terres : « J'aime mieux avoir des amis que des lièvres. »

Chassieux, de chassie: latin cœcitla.

Avoir les yeux chassieux : faire de la cire pour N.-D.

Chaste, du latin castus.

Isidore {Orig., liv. X) dit qu'il vient a castrat lone, sive reali, sive inentaïi.

Chaste est opposé à inceste.

On peut être chaste même dans le mariage ; les- religieux seuls font vceu de chasteté en même temps que de continence.

— On dit : chaste comme Suzanne, ...comme Joseph.

La chasteté de Joseph a été' expliquée, en 1863, par le directeur du Musée égyptien du Caire. Il a prouvé par ses découvertes et par un huste du temps, que M™" Putiphar était atïreusement laide et, de plus, qu'elle avait 70 ans à l'époque où elle faisait des agaceries à Joseph, ce qui explicjue la vertu du jeune homme.

Celle-là seule est chaste, que personne ne prie d'amour. (Ovide, Amor, I, 8, 43.)

La chasteté est une preuve de laideur, dit Sénè(pie, le grand philosophe. {Bienfaits, lll, 16.)

« Amusez-vous, ô helles, dit la Dipsas d'Ovide : celle-là seule est chaste, que personne ne prie ; si elle n'est point novice, c'est elle qui fait le premier pas...

Se fâcher contre une épouse adultère, ([uelle grossièreté !

...Si tu es sage, sois indulgent ; quitte cet air sévère, et ne revendique pas tes droits d'époux. Cultive les amis que te donnera

ta femme. Honneur et crédit te ^ien(l^ont ainsi sans fatigue aucune. Tu seras do tous les festins de la jeunesse, et tu verras dans ta maison mille objets que tu n'y auras point apportés. » (Amours.)

— Avoir les yeux, les oreilles chastes : redouter les mots graveleux; et obscènes.

... Et quelqu'un même des laquais ci'ia tout haut qu'elles étaient plus chastes des oreilles (pu> de toiil le rester du corps. (Molière, Critique.)

Quand la vertu s'est enfuie du cœur, la pudeur se réfu,uie,sur les lèvres. (J.-J. Rousseau.)

Garçon, courtisan, coureur, sont des mots honnêtes ; garce, courtisane, coureuse, sont des injures. Vénus est un mot charmant ; vénérien est ahominaiile. (Voltaire, Mélange.^ litiéraires.)

Chat, du latin catus, pour rautus, avisé, tin (?).

D'où agir en catimini, en cachette, à la manière des chats.

En provençal cat.

— Synonymes : lapin de gouttière, minet, minon.

Le votre n'est qu'un petit minet; quand il aura étranglé autant de rats que le mien, il sera un chat parfait. {Moyen (Je parvenir.)

— On lit dans VAlcoran que le chat naquit dans l'arche, de réternuement du lion.

Le chat est fidèle par intérêt, voleur par instinct, et ingrat par caractère. (Bufïon.)

Le chat est l'animal qui ressemble le plus à l'homme : il est comme lui paresseux, gourmand et ingrat.

— Chat éciuuulé craint l'eau froide-: on redoute un mal qu'on a éprouvé.

Si tu fais que mon premier ne craigne pas mon dernier, je te donne mon entier. {Château.)

Tranqiiillus etidin noHfriif/us liorret lUjiuis.

(Ovide.)

(Celui qui a fait naufrage craint jusqu'aux eaux tranquilles.)

— Acheter chat en poche : sans voir la marchandise, comme si on achetait un chat pour un hèvre.

Acheter chat en sac. (Montaigne, III, 5.)

— Emporter le chat; payer en chats et en rats : s'en aller sans rien dire, ou sans payer ce qu'on doit. Le chat était une nmnnaie. (Voy. Ducange au mot c/iattus )

— Il est comme le chat : il retombe toujours sur ses pattes.

Ce proverbe, fondé sur l'observation, s'applique à ceux qui savent

se tirer d'atïaire dans les cas difiiciles, avec une liiiliileté qni fait plus d'honneur à leur adresse qu'à leur probité.

— Réveiller le chat qui dort : réveiller une haine assoupie, un danger. IrriUire crahrones. (Plante.) Irriter les frelons,

X" as-tu pas tort De réveiller le chat (jui dort ?

(ScAiinoN. V\r<j\lo tnirr^li.)

— Tirer les marrons du feu avec la patte du chat. Re?7i suatn alieno pericu/o curm^e. (Salluste.)

— Amoureuse, friande comme une chatte.

A bon chat bon rat : bien attaqué, bien défendu.

Appeler cliat un cbat. (Voy. appeler.)

La nuit, tous les chats sont gris. (Voy. nuit.)

Château, du latin castellum^ diminutif de castnim.

Faire des cbîdeaux en Espagne, c'est-à-dire des projets chimériques, de beaux projets irréalisables : c'est un passe-temps innocent et une distraction agréable, qui fait oublier un moment au malheureux ses privations et ses soutîrances.

Lurs feras cliasteaux en Esiiayne.

(Rfimdii de In Rose.)

Je fais des châteaux en lispagne.

(Rk.,>-ii.r, Salii-e IX.)

• — Champcénetz disait d"un homme à projets sinistres : « Il fait des cachots en Espagne. »

Cette locution vient de la province de Gastille. qui doit son nom aux Castillos, nombreux cliàteaux fortifiés cpii la défendaient contre les Maures ÇO-

Châtier, du latin castlgare, de casliutK l'cndre pur.

(Jiii aime bien châtie bien : Qui /jcne amat bcne rastujat. Il faut, en elïet. bien aimer quelqu'un pour voidoir le corriger de ses défauts.

Bien labeure qui diastole sfon enfant (xm« siècle). (Ici chastoie signilie instruire.)

Celui qui aime bien son tils, lui fait souvent sentir la verge. (Salomon.)

Fer mal battu, fer mal forgé.

Châtrer (déviriiiser). Voy. castrat, chanteurs, Jionyre, virtuose.

Chattemite, du latin cata mitis. chatte douce.

CIIA 2:i9

Personne qui alVecte une eouten;ince douce. Iiunilile. il;ilteu<c. pour tromper quelqu'un.

Rapprocher c.iuteleux, précaution, ouelter, de cattarc. faire comme les chats.

Rabelais appelle « gros mitouard « un doucereux tout fourré de malice, qu'il marie à une chatte fourrée. Mitouard est l'anumentatif de i/iafou (f).

Chaud, de calidum i d'où chautïer, calefacere.

Les augmentatifs (?) sont : brûlant, ardent, enflammé.

— Chaud comme braise, ...comme une caille.

BulTon dit que la caille a plus de chaleur que les autres oiseaux. Chaud comme braise est synonyme de : ardent en amour.

D;iiis les gardes ù"ançaises • J"a\ais un amoureux.

Fringant, ciiaud comme firaise, Jeune, l)eau, vigoureux.

(Vadk.)

Voy. battre le fer qiuind il est chaud.

Chaume, nom des tiges des graminées, ce qu'on appelle vidgairemawi paille.

Yoy. chômer, qu'on écrivait autrefois chaupmer (?) {calamus).

Chauve, du latin calvus.

— Chauve comme Eschyle, comme un genou, cor.ime un melon, comme l'occasion, comme un œuf.

Phis chauve f;:ie Cadet-Roussel.

Un chauve tient plus à ses cheveux que ses cheveux ne tiennent à lui.

Efîacez vos défauts par vos .qualités, et imitez César, qui couvrait de laurier sa tète chauve. César se fit décerner une couronne de laurier, qu'il portait toujours en pul)lic, pour cacher la nudité de son crâne.

Chauvinisme, de Chauvin, nom d'un vieux soldat.

Se dit par ironie, de l'admiration exagérée de la gloire militaire. et du patriotisme exagéré.

Le chauvinisme est proche parent du patriotisme: mais c'est un parent ridicule.

— Jean Chauvin est la personnification du patriotisme militaire en France. Chauvin s'est battu depuis Clovis jusqu'à Napoléon, pour faire la France ce qu'elle est. Il est tout à la fois du siècle de

Gharlcmagne, de ceux de saint Louis et de Louis XIV. Il s'est appelé Condé, Turenne,, Jean Bart, Hoche, Marceau, sur les champs de hataille, Foy à la trihune, Béranger et Scrihe dans les lettres.

— Le mot cJiaucinisme a été créé après le premier Empire pour exprimer le fanatisme militaire.

Scrihe dans le Soldat Inhoureur, a mis en scène un personnage nommé Chauvin, cjui se hvre à une admiralion sans ]»ornos pour la mémoire de son empereur.

— C'est vers 1820 que la réaction des idées impériaUstes contre la Restauration, ramena les souvenirs militaires dans la littérature et au thécàtre.

On a fait rimer pendant toute la Restauration yloire et victoiro, laurier et guerrier, France et vaillance.

Voici, comme exemple littéraire, un échantillon des vaudevilles

du temps :

Te souvk'iis-tu, quand la victoiro

Nous couronnait de ses lauriers Y

Alors le temple de Mémoire

Etait ouvert à nos guerriers.

— Non, la valeur ne vaut pas la vaillance :

Trente revers valent-ils un succès ?

...La France, ^ois-tu, sera toujours la France,

Et les Français seront toujours les Français (sic).

— En 1825, commença la réaction contre le chauvinisme: c'est Chariot qui, en créant le type du conscrit chauvin, ridiculisa cet excès d'amour-propre national, et lit justice de ces niaiseries.

Chef, du latin raput : d'où capitaine.

A signifié jadis bout, le commencement ou la tin d'une chose.

On dit encore « chef d'une toile », le hout par lequel on a commencé à la fahriquer.

On disait « venir à chef » (c/ierlr), pour venir à liout, et l'on en a composé le mot achever. Comparez le provençal acabar.

En provençal camin.

Faire son chemin : Fit via vi. (XirgWe.) On s'ouvre un rlicmiii par la force.

Les rivières sont des chemins qui marchent. (Pascal.)

Et l'on dit : Où va cette rivière ?

On leur fait même quelquefois jouer un rôle actif: on les compare en quelque sorte à des êtres animés, quand on dit: Tout chemin

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