‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 121 sur 336 · CHI · texte numérisé non relu

CHI

chair du chien. Les nègres la préfèrent à celle des autres animaux. En Chine, elle est si recherchée et d'un prix si élevé, que les riches seuls peuvent en avoir sur leurtahle.

Hippocrate dit que les Grec'S mangeaient du chien.

Les Romains en servaient dans leurs festins, et Pline dit que les jeunes chiens rôtis étaient un mets digne des dieux.

— Horace emploie le mot canis avecracceptioii d avare. (Liv. Il, Sut. 2.)

— Le cliien est l'ami de l'honime : « Plus j'ai connu h'S hommes, plus j'ai aimé le chien. » (Staël.)

— C// /en est un terme d'amitié : mon petit chien! mon chienchien chéri !

Au point de vue de la tidéhté, cette comparaison i)eut paraître llalteuse.

— Tout le monde aime les chiens et fait leur éloge, niais [lar une inconséquence l)izarre, le nom de ce Udèie ami de l'homme a été transformé en injure. Ainsi, tandis qu'on dit par tendresse : ma poulette, mon chat, on appellera quelqu'un « chien » quand on est fâché contre lui.

Chien de chrétien ! disent les Turcs. Frenrh dofj (chien de Français), disent les Anglais.

— Chien de cour. On appelait ainsi, dit .Mercier, le sous-principal du collège des Quatre-Nations, parce que, semhlal)le aux cliiens de herger, son emploi est de contenir les élèves dans une grande cour, jusqu'au moment de l'ouverture des classes.

— (Test le cliion do Jean de Nivelle.

(Jiii s'enfuit quand on l'appelle.

(Voy. Niecllc.)

Le chien de saint Roch. (Voy. Rock)

— Le chien de Montargis. Sous le règne de Charles V, un nommé Auhry de Montdidier fut assassiné dans la forêt de Bondy, par le chevalier Macaire. Son cliien reconnut le meurtrier parmi les courtisans du roi, lui sauta à la gorge et l'étranglait. Macaire avoua son crime avant de mourir, et, en mémoire de cet événement, on éleva ;'i ce chien un monument sur hi cheminée de hi grand'sallc du château de Montargis.

— Entre chien et loup : sur le soir, au crépuscule, lorsque Ion ne saurait distinguer un chien d'un loiq), un lil Idanc d'un lil noir. (Le crépuscule, du latin creperus, douteux.)

Sideribus dublis. (Juvénal.) Ubscuru juni lace. (Liv.)

CHI 2ol

Cette locution est très ancienne, et se trouve dans Marculle. au vii<" siècle : Inter canem et lupum.

Entre can e lop, a la fin del jorn. (Cat.del apost. de Honia.i

Lors(i(ril ni'st jour no niiil. (jUcIikI Ii' \;iillanl berger. Si eesl un chien, nu i(ni|», ne |m ni ;iu vrai juger.

M'"- de Sé^i,uné (lettre 802) a employé cette locution an pluriel, pour dèsi.Jiner des idées obscures : « Pour moi, j'essaie d'éclaircir mes entre-cliien-et-loup autant qu'il m'est possible. » (Voy. Patron M in et.)

— Il est comme le chien du jardinier, il ne man.ae pas de choux, et ne veut, pas qne les autres en mangent. Le chien du jardinier est comme le dragon des Hespérides, ne laissant pas approcher des pommes d'or et n'y touchant pas.

Mais, madame, s'il vous aimait, ^ous n'en voudriez point, et cependant vous ne voulez pas qu'il, soit à une autre. C'est faire justement comme le chien du jardinier. (xMolière, Princ. d'Elid., IV, 6.)

— Qui se couche avec les chiens, se leva avec les puces. Qui chien hante, puces rapporte. (Voy. fréquenter. )

— Un chien regarde bien un évèque, se dit à celui qui s'olïense de ce qu'on le regarde.

Un chien ahoye bien à la lune, et un chien regarde bien un éNèque, dont moult s'ébahit. (Moy. de parc. cb. LIX.)

— Rompre les cbiens, terme de vénerie : faire échouer un projet.

Mais le mari, qui se doutait du tour.

Rompit les cliiens...

(La Fontaine, Coules.)

Donner sa langue aux chiens, est pour : au sphinx. Chien hargneux a toujours l'oreille décbirée. (La Fontaine. Fables X, 9. — Voy. hargneux.) Chien qui aboie ne mord pas. (Voy. aboyer.) Battre le chien devant le lion. (Voy. battre.)

Chiffon, anciennement rlu /}';', coupure, morceau d'une chose, et spécialement d'une étoile.

Se dit d'une petite lllle. Une ligure chiri'onnée. c'est-à-dire enfantine.

Louis XV appelait une de ses llUes Chiffe.

En argot f'urbesque. \n\ petit garçon s'appelle eifini, poiu" chilTon.

2o2 CHI

Chiffonner, djins le sens de chagriner, vient du celtique cldf^

chagrin (0.

Chiffre, de l'hélireu sip/n\ nonihre.

Les chilîres arahes sont les cliilîres d'arithmétique de 0 à U. Ils lurent introduits en Europe par Léonard de Pise, qui était agent de commerce à Bougie. Ces chiffres et le système décimal sont dorigine indienne.

— Les chiffres romains sont les lettres numérales dont les Romains se servaient pour compter. Ces lettres sont au noinlire de sept : C. D. L L. M. Y. X.

Les chitïres romains de la première dizaine furent faits à l'imitation des doigts de la main, sur lesquels on les comptait, en commença'nt par l'auriculaire.

V fut pris pour cinq, parce qu'il indique par sa ligure la silhouette de la main étendue avec les cinq doigts écartés. Le mot c/'/uj vient lui-mèrne d'une racine sanscrite qui signifie main.

X, qui est formé de la réunion de deux V, vaut 10. noiubre égal aux doigts des deux mains.

Dans la suite, on écrivit ^//r/Z/r en plaçant I de\ant V. comme quantité diminutive.

De même, on mit l'unité devant X, pour marquer la même diminution, et.X, à son tour, servit à diminuer les chitïres plus forts :• XL.

La lettre numéi-ale M exprima le nomhre mi Ne, parce qu'elle est la première lettre du mol millia.

Celle lettre eut d'abord la forme CD. dont la moitié ressemble à un D qui représente cinq' cents.

Le C est l'initiale de cenlum.

Chimère, personnage mythologique; du grec hliimaira.

Belle nyjnphe dans la [)artie supérieure du corps, et serpent pour le reste.

La Chimère s'était unie à Typhon, vent terrible et furieux. Elle devint mère de quatre enfants : Othos, le chien de Géryon, tué par Hercule ; Cerbère; l'Hydre de Lerne, aux sept tètes toujours renaissantes ; une autre Chimère, qui avait la tète d'un lion, la queue d'un dragon et le corps d'une chèvre. Sa gueule béante vomissait des flammes. Elle fut tuée par Bellérophon.

— (J/ii/nr/'e sert à désigner des imaginations vaines : esprit cbimérique, pi'ojels chimériques ou sans fondement.

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