COX
— Donner un conseil est un acte qui établit une sorte de supériorité llaîteuse pour l"amour-propre. tout en lilessant celui à qui on le donne.
Recevoir un conseil et en user. c"esl un acte de soumission, un sacrifice qui nous Iiuinilie et nous iudis[»ose contre celui qui nous le donne.
Il est à remarquer aussi que les conseils sont souvent intéressés et ressemblent à celui de M. Josse. Il y a des gens qui voudraient vous erapècber de manger du melon parce qu'ils le redoutent.
— Les miroirs ont été appelés aniselUers avant le temps des Précieuses.
Consentir, du latin consentu-e, être du même avis.
(jui ne dil rien, consent : le silence implique l'assentiment.
Qui Idcet^ cldetiir consenlirc. (Axiome de droit.)
Conservatoire, du latin ronservare, conserver.
Le Conservatoire de musique fut créé à Paris, en 17112. par Sarrette, caititaine d'état-major, sous le titre d'Institut national de musique : mais le IG tbermidor. an III, Cbénier, dans un rapport au nom du Comité de l'instruction publique, revendiqua ce nom pour l'Institut national des sciences et des arts, et l'école de musique prit le nom de Conservatoire.
Considérer, du latin considei-are, cum et sidus, astre.
Regarder une cbose avec la même attention qu'on met à examiner les astres.
Est fait comme rontemplev.
Les anciens appelaient templum, temple, l'espace du ciel libre, que les augures désignaient avec le bâton augurai et où ils examinaient le vol des oiseaux.
Consolation, même origine que consoler.
La consolation des maliieureux est d'avoir des semblables. Épictête regardait cette maxime comme une preuve de la mécbanceté des bommes.
— Verre de consolation. C'est l'ouldi de la misère, que le pauvre cbercbe au fond d'un verre d'eau-de-vie.
On dit aussi, dans le laugage populaire : étrangler la douleur.
Consoler, du latin consokiri : de sohitlum, soulagement. Il est né consolé, se dit d'une personne peu sensible.
En vieux français : soûlas, agrément, plaisir.
Quand por ta desloyautù
M'as osté Tout le soûlas de ma a ie.
(A. CnAuritr,.)
Consorts, du latin consorles.
Se dit, dans une affaire civile, de tous ceux qui ont un intérêt commun avec quelqu'un, et qui gagnent ou perdent leur cause avec lui.
Conspuer, du latin ctcn et spuere, cracher sur. A signifié cracher sur quelque chose; signifie aujourd'hui repousser avec mépris.
Conte, latin computare, orthographe ancienne de compte.
Une morale nue apporte de l'ennui ; Le conte fait passer le précepte a^ ec lui.
(La Fontai.ne.)
Contes ! fabulœ ! (Térence.) Chansons que tout cela !
Conte à dormir dehout : récit ennuyeux , sornettes.
Contes de nourrice, ...de ma mère l'Oie. ...contes hleus.
— La hil)liothèque ])leuc, ainsi nommée parce que les pelils livres qui la composent sont recouverts en papier Itleu, est un recueil de contes frivoles, puhliés par Oudot, imprimeur à Troyos. vers la fia du xvi^ siècle.
Contempler. (Voy. considérer.)
Contentement, du latin contenius, content.
Contentement passe richesse. Riche qui est content.
Le premier dicton présente en quelque sorte une contradiction, car si le contentement pur se trouve dans les désirs bornés, l'amour des richesses, au contraire, est insatiable et ne saurait, par suite, arriver à donner une satisfaction . entière à ceux qui en sont possédés.
Contentieux, du latin contentlo, dispute, elîort. Ce sur quoi on dispute.
Contradiction, latin contra, dicere, contredire.
L'honneur de contredire a pour lui tant de charmes Qu'il prend contre lui-même assez souvent les armes ; Et ses vrais sentiments sont comliattus |)ar lui Aussitôt qu'il les voit dans la bouche (taulrui.
(Mui.iÉiiE, Misanthrope, II, 3.)