‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 157 sur 336 · DET · texte numérisé non relu

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Destin, on des/inec: du laliii des/inare.

C'est le Faiuin des Latins, la nécessité inévitable à laquelle chacun est assujetti.

— Le Destin, divinité aveugle, était né du Chaos et de la Nuit. Les mortels lui étaient soumis : ses arrêts ne pouvaient être

i-évoqués, même par Jupiter.

Les trois Parques étaient les ministres de ce dieu inexorable.

— Les souhaits ne sont que des placets que la folie de l'homme présente au Destin, et auxquels il fait si peu d'attention, qu'il ne se donne pas la peine de les lire. (Féuelon.)

Diicunt volenteni fata. nolentem traJiunt. (Sénèque.)

Celui qui est destiné à se pendre, ne se noie pas. (Proverbe turc.)

— Un homme avait perdu son père et son aïeul dans des naufrages : il continuait cependant à naviguer.

On lui tit remarquer qu'il devait craindre un sort pareil : « Mais apprenez-moi comment sont morts vos parents? répliqua le marin. — Dans leur lit. — 'Et comment osez-vous encore coucher dans un lit ? ».

Destrier, dextrarium, cheval de main.

C'était le cheval de bataille, que l'écuyer tenait en main.

tipposé à palefroi, cheval de cérémonie.

Détaler, de taillis.

Le cerf détale, c'est-à-chre (piitte le taillis pour fuir devant les chiens.

Détente, ancien participe de détendre, distendere.

Dur à la détente, c'est-cà-dire serré, avare.

Il resseml)le aux arl)alètes de Cognac, il est dur à la détente.

Détester, du latin de testari. repousser une accusation avec serment, rejeter avec indignation.

Détourner, de et tourner.

Comme une femme laide qui rencontre un miroir (?).

Détraquer, dé i'i traquer : germanique trekken. tirer, ou détourner de la trace.

Au figuré : cheval, esprit détraqué.

Détruire, du latin de.^truere

La société perd la \alenr des oiijets inutilement détruits. (F. Bastiat.)

— On dit, lorsque (piehpie poterie ou quelque verre se casse

DEiï -m

dans un ménage : «Cela fail aller l'industrie ; il faut que tout le monde vive. »

L'industrie du potier ga.unera, en etTet, cinq francs [)Our une soupière cassée qu'il faudra remplacer : mais, par suite de celtcî dépense, le bourgeois n'achètera pas un chapeau de cinq francs, et c'est l'industrie chapelière qui y perdra.

En résumé, comme le bourgeois représente la société dont il fait partie, on arrive à conclure qu'elle a perdu la valeur de la soupière cassée.

Dette, du latin débita nt. chose due.

Dettes criardes : petites sommes qu'on doit à des artisans, à des boutiquiers. Dettes bien noimnées, car rien n'est plus criard que le petit marchand qui perd sa marchandise et le profit qu'il en espérait.

Dettes vulgaires, mesquines, réclamées à grands cris.

— Les dettes qu'on paie font des trous, celles qu'on ne paie p-s font des taches.

Le suicide d'un homme qui a des dettes est un vol à main armée.

— Qui paie ses dettes, s'enrichit.

(Jui, qui s'acquitte s'enrichit. Ce proverbe paradoxal a été inventé par les créanciers.

Martainville, à' qui on le citait, dit : « Bah! c'est un fau\ bruit que les créanciers l'ont courir. «

— ...Vos cent écus ! j'aimerais mieux vous les devoir toute ma vie. que de les nier un seul instant. (Beaumarchais, Barbier, III, 5.)

• Le trop grand empressement qu'on a à s'acquitter d'une obligation, est une espèce d'ingratitude. (La Rochefoucauld.)

Deus ex machina. Expression latine, qui désigne le dénouement, plus heureux que vraisemblable, d'une situation dramati(iue.

Dans les tragédies antiques, la catastrophe se dénouait souvent par l'intervention d'un dieu, qu'une machine faisait subitement descendre sur la scène. Or, ce dieu s'appelait, dans l'argot des coulisses du temps, Deus ex machina, le dieu de la machine.

De là notre locution, qui sert à désigner un événement heureux et imprévu.

Deum (Te) laudamus !

Comme Dieu doit être (latte de nos éloges ! (Ici ce soûl plut(')t des remerciements.)

— Maurice, maréchal de Saxe, était luthérien. Ou dit, après sa

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