DEV
avec le soleil rayonnant, indiquant qu'il éclipsait tous les autres princes, comme le soleil elï'ace les étoiles.
Devoir, du latin dehere, opposé à acolr (C'est pour de habere.)
Le devoir est donc une dette, une pbljoation, qui nous est imposée par la loi, la coutume, la bienséance.
Il faut placer le devoir avant le droit, et non le droit avant le devoir ; car les hommes sont comme les enfants : ils se croient d'autant plus heureux, qu'ils ont moins de devoirs à remplir.
Le devoir est surtout ce qu'on désire imposer aux autres.
— Devoir est un substantif masculin, peu usité en prati(pie.
— Qui doit a tort. La loi condamne le débiteur.
Fais ce que dois, advienne que pourra. (Montaigne. ) C'est la devise des maréchaux de France.
Faisons notre dovoir, les dieux feront le reste.
(Voltaire, Catilinn.)
Le devoir dune fille est dans l oliéissance.
(CoRNKii.i.K, Menteur, V, 7.)
Le devoir d'une fenune est dans la complaisance.
(C. I."H.U11.KV1I,I.K.)
— Compagnon du devoir : Décorant, pour decoirant.
Les trois grandes fractions du compagnonnage sont : les Enfants de maitre Jacques ; les Enfants de Salomon ; les Enfants du père Soubise. (Vinçard.)
Dévot, du latin derofum, dévoué.
Celui qui s'est attaché par un vœu (voy. ex-voto), par une imprécation, une conjuration, une consécration, sans réserve, ni esprit de retour en arrière.
Les anciens dévouaient aux dieux infernaux.
— Faux dévot : mangeur de crucifix, tartufe.
Il est de faux dévots, ainsi que de faux braves.
(Tnrlittfe. I, Gj
Ah ! vous êtes dévot, et vous \ ous emportez !
, (W.. II, -i.)-
Il y a une fausse dévotion, qui succède à l'amour des plaisirs, quand on ne peut plus les goûter, et qui devient une ressource pour certaines femmes, sans jeunesse et sans beauté.
Quand le diable devient vieux, il se fait ermite.
— Les Anglais disent qu'« il n'y a pas d'église où le dialile n'ait sa chapelle » .
— Titres curieux de certains ouvrages de dévotion : Les Allumettes du feu divin. (P. Doré, in-12, 1538.^ La Boutique de l'apothicaire spirituel.
Encensoirs fumants de pensées mystiques.
Le I^rise-t('te du drayon infernal.
Le Sucre spirituel.
La Douce moelle et la sauce des 0 savoureux de VAvent.
Planta vitis, par Jean Plantavit, évéque de Lodève.
Le Fouet des paillards.
Marie à la Coque (sic).
La Passion de N. S. J.-C. en vers ])urlesques (1649).
La Dé rot ion aisée, par le P. Lemoine, jésuite.
Dévouement, du verbe dévouer, votare.
Le pélican,, en comparaison, n'est qu'un égoïste...
C'est une 1)rave fdle qui m'est toute dévouée ; on ne peut m'eftleurer avec une épingle, sans qu'elle crie comme si on la poignardait. (Voy. Clierbuliez, Revanche de J. Noirel.)
Dia, interjection invariable.
Cri du charretier pour faire aller les chevaux à gauche.
S'oppose à liuau ou huant.
Il n'entend ni à dia ni à liuaut : il ne comprend rien.
Diable, de diabolus, traduit du grec diabolos, délateur, calomniateur;
Synonymes : Asmodée (les Juifs l'appelaient aussi le Roi des démons) : le Démon ; Lucifer ; l'Ange déchu : Satan.
— Dans les superstitions du Moyen-Age, le Diahle était la plus liante incarnation de la perversité : car c'est le Moyen-Age qui a créé le Dial)le, être hideux et grotes(]ue. fait à l'imitation des Satyres de l'antiquité païenne.
Le Malin ; le Tentateur, qui offrit à Jésus tous les biens de la terre, et Satan, l'archange déchu, le Porte -lumière, d'origine divine, — Satauaël, d'après une tradition qui existait aux premiers siècles de l'Église, était "fils de Dieu, comme Jésus. Il se révolta, et après sa chute, créa le monde matériel et visible, dont il était le souverain maître.
— Avoir le dialde au coi-ps. Se dit d'un énergumène. ?s'"est cependant pas la même chose qu' « être possédé du démon ».
Il se démène comme un diable dans un bénitier.
C'est le diable ! C'est le diable à confesser : chose très difficile.
Dire 1;
Il messe, ça v?
1 tout seul :
mais
Un pauvre prêtre disait :
prêcher, c'est le diable ! »
Au diable !... Que le diable l'emporte !... exclamations de dépit.
On dit aussi, mais ironiquement, dans le même sens : " Que le bon Dieu te bénisse ! »
Ahi ad Aclu'ronteni !
(Pl.AUTt.)
Aux corbeaux ! disaient les Grecs.
— Les Génois, dont l'esprit était très remuant, oITrirent à Louis XI de le reconnaître pour leur souverain. « Vous vous donnez à moi, leur dit-il, et moi je vous donne au diable. »
(Voy. lanlaire, pntaflole, nacre.)
— C'est au diable de Vauvert : très loin.
(Tost le (lial)le de Vauvert...
(Villon, Gr. Tpxtnineiil. Sir. lOO.)
Rabelais (II, 18) dit : « Diable de Yalvert. »
L'abbaye de Vauvert, ou Yalvert (Valiis vlridls), se trouvait à une assez grande distance du centre de Paris; d'où est venue la locution : aller au diable de Vauvert. poni' dire une grande course ; et on a quelquefois changé Vaareri en au vert.
— La tradition rapporte que saint Louis donna à six religieux de Saint-Bruno, une maison et des terres au ^illage de Gentilly. Ils demandèrent peu après à s'établir dans le palais de Vauvert, bâti par le roi Robert, sur les terrains où est maintenant l'Observatoire de Paris.
Ce palais avait été abandonné depuis l'excommunication de son fondateur. On le croyait habité par des démons, des revenants, des spectres traînant des chaînes, et un monstre vert, moitié homme moitié serpent.
Le roi le leur donna avec toutes ses dépendances, et dès lors les esprits ne revinrent plus.
Le nom d'Enfer resta seulement à la principale rue de ce quartier, en souvenir du tapage infernal que les diables y faisaient.
On dit encore : faire un bruit, un tapage d'enfer.
— Faire le diable à quatre : beaucoup de bruit.
On dit aussi dans un sens analogue : se mettre eu quatre, crier, faire du bruit comme quatre : manger comme quatre ; avoir de l'esprit comme quatre. (Voy. (juatre.)
— On représentait, au Moyen-Age, des pièces de théfitre appelées
3f)8 DIA
3f y stères, dans lesquelles fiouraieul des diaMes, dont le rôle consistait à tourmenter les pécheurs.
' Les grandes diableries étaient des pièces où il y avait quatre diables. D'où la locutian : faire le diable à quatre. Mais la grand'dial)lerie à quatre personnages. (Rabelais, I, 4.)
— Il vaut mieux tuer le diable que le diable vous tue.
Cette maxime, d'un français peu correct, est passablement féroce.. Pourquoi tuer le diable ? Il fait vivre plus de gens qu'il n'en tue : il y a plus de bons diables que de mauvais. Si quelquefois nous nous battons avec le diable, c'est presque toujours nous qui commençons, en le tirant par la queue.
— Loger le diable dans sa bourse : n'avoir pas le sou. Anciennement les monnaies portaient toutes l'image de la croix,
signe redouté du diable. Cela fit dire que, si le diable voulait se glisser dans une bourse, il fallait qu'elle ne contint aucune monnaie.
Dick Mitford m'a envoyé mille pièces d'or fort à propos, car il restait à peine quelques pièces à la croix dans nos poches, pour empêcher le diable d'y danser. (W. Scott. Péveinl du Pic, Y, 5, cil. 12.)
F. Génin tire cette locution de l'usage qu'on avait, en Italie, de peindre au fond des plats une ligure hideuse de diable, qui était cachée par les ahments, et faisait la grimace quand le plat était vide. De là, on disait : le diahle est dans le plat.
Un personnage de la comédie de Firenzuela, pour exprimer qu'il ne restait rien à manger, à son arrivée, dit : Abbiamo ti-ovato il dlavoJo nel catino. Comme nous disons : la marmite est renversée.
— Quand le diable devient vieux, il se fait ermite.
Se dit d'un vieux libertin repenti, Narcisse dévot, qui fait sa prière devant une armoire à glace ; et des femmes que la vieillesse convertit à une dévotion feinte ou réelle, refuge d'une galanterie repentante. Myrtes repentis, changés en nénuphars, elles oiïrent à Dieu les restes du diable.
Chacun connaît la belle Madeleine :
(jui lie son temps ayant servi l'amour, Servit le ciel, étant sur le retour.
Et (|ui pleura sa vanité mondaine.
(VoLTAiiiR, Piirel/e. IX, "200.)
Brantôme a appliqué ce proverbe à Charles-Quiut, qui. après avoir bouleversé le monde, se lit moine dans sa vieillesse.
Rabelais (IV, (54) a dit au rebours : « De jeune liermitte, vieil diahle. »
— Il y a des esprits malveillanls qui rroient apercevoir le diahle sous la robe de tous les ermites.
— Tirer le dialjle par la queue : avoir de la peine à vivre.
Le comte de Contlans plaisantait un jour le cardinal de Luynes, de ce qu'il faisait porter sa queue par un chevalier de Saint-Louis. L'Eminence répondit que. parmi ses caudataires, il s'en était trouvé qui portaient le nom et les armoiries de Contlans. « II n'y a rien d'étonnant à cela, dit gaiement le comte ; dans ma famille, on a été réduit plus d'une fois à tirer le dialde par la queue. »
Diamant, (adamantem).
La Légion d'honneur des femmes.
Diane, du latin dies, jour : batterie de tambour à l'aube pour éveiller les soldats.
Diantre, euphémisme pour déguiser le mot diable: comme bleu pour Dieu, dans corbleu, morbleu.
Ménage dit aussi que ce juron s'emploie pour diable. Créature du grand vilain diantre d'enfer. (Raljelais, III, 3.) Le diantre emporté... {Moyen de parcenir, ch. 16.)
Diapason, du grec dia, pasôn, à travers toutes les notes; équivalent du latin octave.
Le diapason est un accord de musique qui se fait par octave. C'est l'étendue du son que peut produire une voix ou un instrument.
— On appelle aussi diapason, un petit instrument dont le son iu\ariable donne le ton du la, qui sert de régulateur pour accorder les iustruiiieuts de musique. Il donne 870 vi])rations à la seconde.
Diarrhée, du grec dia, à travers. 7'héo. couler. Synonymes : courante, foire, va-vite, venette, perdre. sa clef. Les Grecs appelaient logodiarrliée ce bavardage importun que nous traduisons par : un (lux de paroles. Le dévoiement occasionné par le raisin s'appelait rrt-/o/.
N'apportez point le vin nouveau.
Car il fait avoir le va-tost.
(Testament de Palhelin.)
— Rabelais appelle ceux qui ont gagné un cours de ventre pour avoir trop mangé de raisin a des cuideurs de vendange ». (Liv. I. ch. lo.) « Et souvent cuidans péter, ils se concilient : dont sont