‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 160 sur 336 · DIE · texte numérisé non relu

DIE

nommés ciiideurs de vendange. » Cette plaisanterie est fondée sur la propriété laxative du raisin, nommé pour cette raison foirard. Dans la Prognostication pantagruélique, Rabelais dit encore (chapitre de l'automne) : « Les cuidez seront de saison, car tel Guidera vessir, qui Itaudement fiantera. »

Dictionnaire, du latin dlctum, diction... L'auteur d'un dictionnaire est un lexicographe.

— Bois-Robert a fait les vers suivants, pour critiquer la lenteur que mettait l'Académie à rédiger son dictionnaire :

Depuis dix ans dessus l'F on travaille :

Et le destin m'aurait fort obligé,

S"ii m'avait dit : <' Tu vivras jusqu'au G. »

Lebrun disait plaisamment du dictionnaire de l'Académie :

On fait, défait, refait, ce beau dictionnaire.

Qui, toujours très bien fait, reste toujours à faire.

— Il en est des grands dictionnaires comme de ces cathédrales gigantesques, qui sont l'œuvre d'une suite de générations, et auxquelles les plus grands artistes ont apporté leur génie.

L'autorité des dictionnaires est fondée sur la capacité de ceux qui le composent, ou sur le mérite des auteurs cités et proposés pour modèles.

Les citations d'auteurs connus sont une marque de déférence appréciée du puljlic, qui n'aime pas à recevoir de leçons ; et les exemples tirés des bons écrivains de la langue sont le moyen de faire accepter une loi du langage, sans l)lesser son amour-propre.

Un dictionnaire sans citations est un squelette. (Voltaire.)

Le dictionnaire de l'Académie est le seul qui puisse se dispenser de citer : l'Académie est en quelque sorte une cour souveraine, qui a le droit de rendre des arrêts sans appel.

Dieu, du latin Deum, ancien français Dlex, Deo : en grec Dlos, génitif de Zeus, Jupiter.

Du même radical est venu déifier.

Dieu est un cercle infini, dont le centre est partout, et la circonférence nulle part. (Timée de Locres.)

Platon et Pascal ont adopté cette détînition.

— Jurer ses grands dieux : faire un serment solennel.

Les anciens partageaient l'Olympe en deux classes de dieux. Les grands dieux {dit majores) au nombre de douze. Les serments qu'on faisait en les invoquant, étaient les plus solennels. Les petits

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