‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 169 sur 336 · DOI · texte numérisé non relu

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— Chez les anciens, montrer qiielqii'iin avec le doigt index, était un signe de respect pour sou mérite, nn hommage rendu à sa dignité. (Voy. digne.)

Désigner quelqu'un avec le médius était, au contraire, une marque de mépris; c'est pourquoi on appelait ce doigt infamU, obscœnus.

Démosthèue ne put se défendre d'un mouvement de vanité à la vue d'une marchande d'herhes qui le montrait du doigt; en disant : « Tenez, voilà Démosthèue ! »

Horace dit à un de ses protecteurs :

Totiim muneris hoc lui est, Quod monstror diçjitn prœlereuntiwn.

(Si les passants me montrent du doigt, c'est à vous seul que je le dois.)

.4/ pulc/irum est diijilo nionstrari et dicier lue e-st.

(Pr.se, 1.)

(Il est heau d'être montré au doigt, d'entendre dire : C'est lui ! )

Vous n'oseriez après paraître en nul endroit.

Et ciiacun, vous voyant, vous montrerait au doigt.

(Moi.iÉRK, Femiiiex Saranlcs.)

— Faire claquer ses doigts. Les Romains employaient souvent ce geste, eu faisant ghsser vivement l'annulaire contre le pouce.

Signaijue dut medio di<jHis cum pollice junctis.

(OviDiz. Faites, V, 43;t.)

Ce geste était employé pour un usage ignoble chez les jeunes débauchés, qui, dans les repas, faisaient entendre ce claquement de doigts, pour qu'on leur apportât, dans la salle même du festin. un ^ ase qui ne devrait jamais y paraître.

Diijili rrepnnti^ sifjna novil eiinmlms.

Et delichtœ .suscitalor arinte, Doinini bibentis ebriuin retjil penein.

(MArrri.u., Ul. &2-io.)

Les Romains se servaient aussi de ce geste, comme nous le faisons encore, pour désigner une chose futile, facile, dont on ne fait aucun cas.

— Athénée dit .que le tombeau de Sardanapale, roi d'Assyrie, était orné d'une statue, dont la main droite semblait presser les doigts contre le pouce, comme pour les faire claquer. Sur le piédestal, on lisait celte inscription :

« Moi, Sardanapale, tils d'Auacyndaraxe. j'ai Ijàti Tarse en un jour. Mangez, buvez, jouez : tout le reste ne vaut pas cela. »

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C'est-à-dire ne vaut pas le ,seslo que je fais : ne vaut l'ien.

— Compter sur ses doigts :

Compidare d'KjUis. (Pline.) Ad dlgilùs venire. (Pline.)

Les cliitTres romains furent faits, [loiii- la itrt'uiic'n' dizaine, à l'imitation des doigts de la main. (Yoy. chl/fro.)

— Les quatre doigts et le pouce. (Yoy. main.)

— Les cinq doigts de la main s'appellent : 1" le pouce. poUicem : 2" l'index ou indicateur, et aussi mbitaris, par^e que les Romains saluaient en abaissant ce doigt. Ils l'appelaient encore digiiua nvmerans. le doigt qui compte : 3° le doigt du milieu, ou médius, infamis. obscœniis : 4° annulaire, annularis ; o' auriculaire, petit doigt.

— Mon petit doigt me l'a dit. Ce petit doigt bavard, qui raconte aux parents les grosses fautes de leurs enfants, est en rapport babituel avec l'oreille, où il remplit des fonctions de confiance : et il profite de la faculté qu'il a de s'y introduire, pour faire sournoisement aux parents ses confidences et ses perfides rapports.

L'enfant apprend, en grandissant, que ce doigt s'appelle auriculaire, et qu'an l'a trompé.

11 vaudrait mieux bannir ces puérilités de l'éducation première, et dire aux enfants que vous lisez la vérité dans leurs yeux, pour les empécber de mentir, et ne plus leur parler de Croquemitaine, ni de la petite Ijète qui est dans la montre, ni d'une foule de sottises qui leur faussent le jugement.

— Dans le Malade imaginaire (II, 11), Argan questionne la petite Louison et lui dit : « Prenez-y bien garde, au moins : car voilà mon petit doigt, qui sait tout, et qui me dira si vous mentez. »

— Pendant la République de 1793, le général Beiirnonville envoya à l'Assemlilée nationale la relation d'un combat dans lequel les Autriciiiens avaient perdu 1.200 hommes, tandis que de notre côté la perte se bornait au petit doigt d'un cbasseur.

On fit ce quatrain :

Quand d'Aulricliicns lUorls un compte plus de mille. Nous ne perdons (ju'un doigt, encor le plus petit !

tlolà ! monsieur de Beurnon\ ille^

Ia> petit doigt ni\ pas tout dit.

— Savoir sur le bout du doigt : bien. Les Latins disaient : ad tinguem.

Ou dit aussi : ;i\oii' de l'espi-it jusqu';iM bout des ongles.

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