DUA
De là est venu l'usage de donner aux hajttpmes des dragées, dont l'accouchée a la plus belle part.
— Autrefois les dames portaient sur elles des dragées dans de petites boîtes : Henri III et les seignenrs de sa cour portaient aussi des dragées.
— Écarter la dragée, ou lancer des postillons (expression triviale) : lancer, en parlant, des jets de salive au visage de celui cjui vous écoute.
On dit aussi : « Il a la conversation plnvieuse : il tant nn pai'a[)lni(' pour l'écouter. »
— Tenir la dragée haute à queUpi'un. c'est lui offrir nn a[i[i,ît difficile à atteindre: Ini faire aclieter cher nn avantage on nn plaisir.
L'expression vient d'un jeu qni consiste à faire voltiger, an honl d'une ligne à pèchel% une dragée que les enfants ne doivent saisir qu'avec les lèvres et sans y porter la main.
Dragon, latin draconen: du grec drakôn.
— Le dragon, le plus ancien et le plus redouté des aniinan\ fabuleux, est le roi des monstres, comme le lion et l'aigle sont les rois des animaux réels.
Protée dans ses diverses formes, il habite indistinctement l'air, la terre et l'eau. « Il vole, il marche, il nage », dit saint Grégoii'ç.
— Dragon de vertu.
(Juoi ! lïio ^oir W mari de ces femmes de l)ieii,
Ces draj^oos de Aeriii, ces honnêtes diablesses
Se relrandianl lonjours dans leurs sages prouesses !
(MoLiKRE,. iVo/p rfcx Femmes. IV. s \
— Dragon, soldat de cavalerie: du latin (h'tKjonnai-iinu, i\\'[\gonnaire. Nom des soldats ronuiins qni avaient nn dragon ponienseigne.
Drain, de l'anglais lo drain, qui a la signification de dessécher, égoutter : ou du grec draô, s'enfuir.
...Slrritisqni; din /iithi^, (ijilfKjiic remis, Vicina-s urbcs ulit ri (jr<n-r smlii itratnim.
(I1ui;m:k, Art jiorli'/iir, (l.ï |
(Vn marais longtemps stérile et oi'i s'agitait la rame, connait maintenant la charrue et nourrit les villes voisines.)
Drap, du latin trahen: on plutôt du bas-latin drajipu.^. tissu. . — La première manufacture de dra[)S en France fut établie à Elbenf en Kî()7.
DRO 391
— Mettre quelqii un dans de Iteanx draps : le compromettre. Mettez un Maure dans de beaux draps 6/«nc5,cela le fera paraître
encore plus noir. (Le Duchal.)
Drapeau, diminutif du précédent, l-^teiidard, pavillon, gonfalon (Voy. lalxirum.) C'est la patrie qui niarciie. et l'iiistoire en plein vent. (Mallelille, octobre 18G8.) Le vieux drapeau fait honneur au capitaine.
— Au xiF siècle, toute espèce d'étoiïe s'appelait drap. Drap-linge était une étotTe de lin. On a dit par al)réviation : du
linge.
Ou dit encore : drap de lit.
Le drapeau était le drap déchiré ou partagé.
— Pasquier {Recherchen, VIII. 3) dit : « Ainsy de Testendard, liannière ou enseigne que nous disons aujourd'huy drapeau... Cela est provenu d'une hypocrisie ambitieuse des capitaines, qui, pour paroistre avoir été aux lieux oîi l'on remuoit les mains, veulent représenter au public leurs enseignes déchirées, encore que peutestre il n'en soyt rien. »
Dressoir, bulfet, étagère, crédence oi'i l'on dresse la vaisselle.
Anciennement, chez les personnes à qui leur rang et leur qualité permettait une vaisselle eu or ou en argent, on en étalait les diiïéreutes pièces sur un buffet ou crédence, qui de ces pièces ainsi dressées avait pris le nom de dressoir. (Legrand d'Aussy, Vie privée des Français.)'
Droit, du latin direchaii, aligné : d'où dreif, droit, pris au sens moral.
Opposé à torlam, qui a donné tort .
— Le droit (jus), est l'ensemlile des lois qui régissent la société et que l'on suit pour se conduire selon la justice... .Ir.s- av/?y/ c/' l)oni.
Le droit est la part qui revient à chacun dans l'usage des forces mises à la disposition de tous par Dieu ou par la société. Un droit, ou pouvoir, n'existe qu'en vertu d'un devoir. On ne doit pas confondre le droit de la force et la force du droit.
— Le droit est le Iton sens des siècles, renferuh'' dans les lois. (K. Augier.)
Pro jure continu leyeni. (V. Hugo.) C'est la devise du socialisme.
— Le mot droits se dit aussi pour impôts et redevances.