EAU
Eve, d'où évier (souillarde), doublet &q.' aquarium, conduite d'eau.
...L'ève qui coiiroit.
{Roman de la Rose.)
Eve a pris aussi les formes effe,yau, ?/«i;e. Aujourd'hui inusitées, mais qu'on retrouve dans des noms de localités, tels que : Les Etîes, Grandetîe. etc.
Pire est coie yave que la rade. (L'eau tranquille est pire (jue l'eau courante.)
— De l'cnuve hénitte le plus petit est assez. {Prov. XVI, 23.) Eau l)énite : eau qui se fait dans les églises avec certaines
prières et cérémonies. L'usage en est très ancien, et on en attribue l'institution à saint Alexandre, martyrisé sous Hadrien.
— Eau lustrale. Rabelais appelle l'eau bénite « eau grégoriane », parce que Grégoire I«% le Grand, s'il ne l'a pas inventée, l'a beaucoup recommandée.
Le même auteur (liv. Y, cli. 27), l'appelle aussi >• eau mercuriale », par assimilation de l'eau Iténite à l'eau lustrale des païens, Aqua Mei^curii.
Entin au liv. L chap. 18. il nomme, par opposition à eau bénite de cour, le vin : « eau bénite de cave ».
— Donner de l'eau bénite de cour : faire de l)elles promesses, qui ne reviennent pas plus cher que l'eau bénite.
Fari bona : dire des fariboles.
C'est recevoir un soUiciteur avec une bienveillance apparente, lui donner des espérances, sans intçntion de les réaliser.
C'est aussi une façon polie d'adoucir ce qu'un refus a de pénilile.
Fumum vendere : vendre de la himée. (Martial.)
Phalerata vefba (ïérence) : paroles ornées. ()n appelait pha/erœ les colliers des chevaliers... et même des chevaux.
Belle chière, m&nt arrière.
Mieux vaut cœur en bouche que bouche en cœur.
— Eau-de-vie : alcool, esprit de vin. A reçu ce nom d'Arnaud de Villeneuve, médecin qui vivait à la lin du xiii*! siècle. Il lui attribuait la propriété de prolonger la vie, de conserver la jeunesse. On s'en frottait les membres pour leur rendre la vigueur.
Pline dit que le vin cuit, très fort en esprit, est appelé bios^ vie. Rabelais appelle l'eau-de-vie « eau ardente », comme les Provençaux disent « aiguë ardente » .
Le mot eau-de-vie se rapproche de celui d'ambroisie, mets
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d'immortalité. On semble assimiler l'alcool à la boisson (?) des dieux. Ce ne saurait être que pyr antipbrase.
— Il n'y a pas d'eau pire que celle qui dort. Mézeray attribue ce proverbe à Louis XIII. Aiguë coie — Ne la croye. [\\\i^ siècle.)
— Mettre de l'eau dans son vin : se modérer. Ce n'est pas faire de l'abondance, ou eau rougie.
y i nain (Kjuu Ifiiiiicnire.
(TlUCI.I.E )
Vinuiii aqiiii (Ulnere.
(Pline.)
De l'eau dans le vin, c'est du platonisme dans l'amour.
Pytbagore dit qu'Acbéloiis, magistrat d'Étobe, apprit aux bommes à mettre de l'eau dans le vin !
C'est, dit Platon, modérer une divinité furieuse par la présence d'une divinité sobre.
Calmer les ardeurs de Baccbus par le commerce des Xympbes. (Plutarque.)
On dit que Baccbus ayant été frappé de la foudre, les Nympbes le jetèrent proinptement dans l'eau pour éteindre les llammes qui le dévoraient.
— Battre l'eau : perdre sa peine.
Faire venir l'eau à la boucbe.
Faire venir l'eau à son moubn.
Les mécbants sont buveurs d'eau (allusion au déluge universel). Croyez cela et buvez de l'eau : n'en croyez rien. Se jeter dans l'eau pour la pluie. (Babelais.) Pour éviter un inconvénient, se jeter dans un danger.
— Pour les Précieuses, un verre d'eau était un bain intérieur.
Ebaubi, dit la même cbose (.[iiéba/ii. mais est d'un emploi Ijurlesque.
Je suis loLil OltaLilik'. et je tuinlje des nues.
(Tartti/l'e.)
Eblouir, en roman emblousir, voir bleu.
N'y voir que du feu. D'oîi l'expression « passé au bleu » , disparu (?).
Ecarlate, couleur rouge très vive.
Ce mot. comme cramoisi (voy.), désigne moins une couleur, que la perfection d'une couleur poussée au ton le plus lia ut. L'écarlate rouge était due au carmin de cocbenille, mais le nom