ECO
Ecolier, dérivé du précédent.
Synonymes : Petit écolier. K>"'iii^'>id. Hon écolier : iort en thème, pioclieur. Mauvais écolier: cancre (Yoy. fruit sec.)
Economie, du grec oi/ios, maison, et nomos, règle.
Léconomie est recommandée même aux riches, comme une des formes de la sagesse. Elle est un devoir étroit pour le pauvre: devoir dur à remplir : c'est la pratique même du stoïcisme.
L'économie doit se compléter par l'épargne, qui est le seul générateur de la richesse à la portée du pauvre.
Il y a possibilité d'épargner toutes les fois qu'il y a écart entre la recette et le l)esoin. L'épargne peut commencer où finit le nécessaire. (J. Simon.)
L'économie est la seconde Providence du genre humain. (Miral)eau.)
L'économie est la source de l'indépendance et de la liberté. (M'"e Geot'frin.)
Économie vaut mieux que profit. (Proverbe russe.)
L'économie est fille de l'ordre et de l'assiduité. (Lewis.)
Un sou épargné est un sou gagné. (Franklin.)
Il y a plus de dignité à retrancher les petites dépenses qu'à s'abaisser aux petits gains. (Bacon.)
Qui ne laisse rien perdre, s'enrichira un jour. (Franklin.)
Il n'y a pas de gain plus sûr que celui de l'économie.
Qui veut faire une porte d'or y mette tous les jours un clou.
Un sou est le commeucement d'un million.
L'avarice est insatiable, et végète au milieu du superflu : l'économie ne se refuse rien du nécessaire, et se permet des plaisirs à peu de frais.
L'économie, vertu chez le pauvre, est un vice chez le riche.
Écorcher, du latin excorlicare, doublet de écorcer, ôter l'écorce.
Excorier, c'est ùter le cuir ; éplucher, c'est enlever la peau ou le poil.
Boni pastorls est tondere pecus, non deglubere. (Suétone, Vie de Tibère, 32.) Le bon pasteur tond ses brebis : il ne les écorche pas.
11 y a des gens qui ne se contentent pas de la toison, et (pii veulent avoir la peau.
Ecossais, dérivé de Ecosse : latin Scotia.
402 ECR
Fier comme un Écossais. (Destouches, le Glorieux) Fiers comme Escossoys. (Rabelais, Y, 19.)
— Tissu écossais. On désigne sous ce nom des étoiles bariolées de diverses couleurs, et dont l'usage doit être bien ancien, puisque les Romains, commandés par César, et qui ignoraient leur véritable nom^ les appelèrent Picti (peints de diverses couleurs), à cause de leur costume.
Glaudien dit, dans son poème sur le troisième consulat d'Honorius :
i\>f faim nomme Piclos.
(Les Pietés si bien nommés.)
Écot, du frison srot. contribiilion.
Ralielais dit : « Parler par écot », chacun à son tour.
Ecouter, du latin ausculnrre : doublet de ausculter.
— « Frappe, mais écoute ! » Thémistocle, dans la guerre contre Xerxès, osa être d'un sentiment contraire à celui du Spartiate Eurybiade, élu général des Grecs. Celui-ci, irrité de sa résistance, le menaça de le frapper. C'est alors que Thémistocle lui adressa ces paroles.
Hélas ! presque toujours le fort frappe, mais n'écoute pas.
— Ouvre tes deux oreilles, jamais tes lèvres. (Maxime géorgienne.)
Écrevisse, vieux allemand hrebiz (même sens).
On a cru longtemps, ainsi que le constate le proverbe, que ce crustacé marchait à reculons.
La Fontaine en a fait une fal)le, et l'on connaît la plaisante déliuition mise sur le compte de l'Académie. Voici comment on raconte l'affaire : .
Un jour, le célèbre naturahste Cuvier arriva à l'Académie pendant qu'on travaillait à la lettre E du dictionnaire. Il se fit lire l'article écrevisse : l'animal était ainsi défini : .« Petit poisson rouge, qui marche à reculons. » Le savant dit alors : « Mes chers confrères, l'écrevisse n'est point un poisson, elle n'est point rouge, elle ne marche pas à reculons ; sauf ces légères restrictions, votre définition est parfaite. »
Ce qui a pu donner naissance à l'opinion erronée que l'écrevisse marche à reculons, c'est que, lorsqu'elle fuit le danger, elle nage en effet à reculons. Mais, lorsqu'elle cherche sa proie, ou qu'elle se promène au fond de l'eau, elle marche très bien en avant, comme les autres animaux.
ECR 403
Ecrire, jadis escrire ; du laliu scrlbere.
Eu argot : parler papier.
Les Grecs se servaient pour écrire du scariphos, ])urin. Plus tard, on se servit du cnlamiis ou roseau, qui traçait les caractères sur le papyrus avec de l'encre ; d'où le roman calamar, encrier.
Synonymes : écrire comme un chat, ûrilmuiller, faire des pattes de mouches : écrire mal.
Écrire comme un ange : écrire hieu.
— On dit indilTéremment d'un homme qui a une belle écriture ou un beau style : il écrit bien. On s'expose ainsi à confondre un calligraphe et un écrivain. Pourquoi ne pas dire, en parlant de celui qui a une mauvaise écriture : il grapliie mal ? On dirait alors : X... graphie aussi mal qu'il écrit bien.
— Verba volant, srripta manent. Les paroles s'envolent, les
écrits restent.
On ne scet qui meurt ni (lui vit.
Pourquoy faict ijon mettre en escrit,
(xvimc Siècle.)
— « Qu'on me donne deux lignes écrites avec l'intention la plus innocente, j'y trouverai de quoi faire pendre l'auteur. » On attribue ces mots à Ricbelieu et à Laubardemont.
— Fabio Mirto disait (xvii« siècle) : « Ou voit dans l'Évangile que J.-C. n'a écrit qu'une seule fois; encore l'a-t-il fait sur le sable, pour que le vent effaçât l'écriture. »
— Pensa molto, parla poco, scrici weno. (Proveri)e italien.) Pense beaucoup, parle peu, écris moins encore.
Ecriture, du latin scrlplurani.
Écriture autographe, cliirogi-aphe : c'csi-à-dire faite par la personne même.
— On attriliue l'invention de l'écriture aux Phéniciens.
Phœiiices primi, famœ d trcililur, utisi Maniuram nidibits coceiii aiynare fUjuris.