LUCAIN
— L'écriture apportée en Grèce par Cadmus a inspiré à Brébeuf le quatrain suivant :
C'est de lui que nous \ient cet art ingéniciiv De peindre la pensée et de parlei aux yeux. Et par les traits di^ers de figures tracées. Donner de la couleur et du corps aux pensées.
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Corneille trouvait ces vers très ])eaux^ et aurait donné une de ces pièces pour les avoir faits. Il essaya de les imiter :
C'ost des Phéniciens que nous vient l'art d'écrire. Cet art ingénieux de parler sans lùen dire ; Et, par des traits divers (pie notre main conduit. D'attacher au papier la parole qui fuit.
— L'écriture a été longtemps en France le privilège des clercs. Les gentilshommes se piquaient de ne saAoir manier que l'épée. Dans les actes passés par les nobles, la formule consacrée était : « Le dit seigneur a déclaré ne savoir écrire, attendu sa qualité de gentilhomme. »
Écrivain, celui qui a la passion de l'encre et du papier*. (Gliateaubriaud.) Ch. Nodier appelait le xix*"' siècle « l'âge du papier ».
— La Revue de rinstruriion publique donne uue curieuse liste des pensions que Louis XIV faisait aux écrivains en 1663 :
Au sieur P. Corneille, l^'' poète dramatique du monde. 2 . 000 liv.
Desmarets, conteur 1.200 »
Ménage, critique 2.000 «
L'abbé de Pure, historien 1.000 »
Th. Corneille jeune, poète dramatique 1.000 »
Mohère, excellent poète comique 1.000 »
Benserade, poète 1.500 y>
L'abbé Cotin, orateur 1.200 «
Racine, poète " . . 800 »
Chapelain, le plus grand poète ([ui ait jamais été. . 3.000 »
L'abbé Cassaigne, poète et tliéologien l.oOO »
Perrault, httérateur , . . . . 1.500 )>
Mézeray, historien 4.000 )>
Aujourd'hui, le pubhc paie plus généreusement que le grand roi.
Eugène Sue a vendu son roman le Juif erimnt au Constitutionnel pour son feuilleton 100.000 francs, et ses Mijstères de Paris aux Débats 160.000 francs.
Alexandre Dumas a vendu ses romans aux journaux 1 fr. 25 la ligne.
Le premier roman de George Sand a été payé 400 francs : Indiana, 1.000 francs: la Revue des Deux-Mondes paie aujourd'hui à George Sand 500 francs la feuille, et ses œuvres lui rapportent annuellement 40.000 francs (1865).
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Victor Hugo vend aujourcrimi ses poésies 7 francs le vers. Son premier roman Han (V Idandc (1823) a été payé 300 francs.
Chaque feuilleton de Jules Janin aux Débals est payé 230 francs.
Quelques rédacteurs politiques de journaux reçoivent 12.000 francs par an.
En 1866, le Times a iiuit rédacteurs payés chacun 60.000 francs par an.
EcrouelleS; du bas-latin scrofellœ, scrofule.
Les rois de France, pour toucher les écrouelles, gUssaient un doigt sur le visage du malade, du front au menton et d'une joue à l'autre, en disant : « Dieu te guérisse ! le roi te touche. »
C'était un remède souverain, dit un plaisant.
Henri lY répétait ces mots, à la bataille d'ivry. à chaque coup qu'il portait.
Richelieu avait pris un tel ascendant sur Louis XIII, qu'on dit que le roi ne s'était réservé que le pouvoir de guérir les écrouelles.
Ecu, du latin scutiim, bouclier: provençal escut ; italien scudo.
— De la forme arrondie du bouclier-écu on a fait, par analogie, écu et écussoii. qui, en blason, est le champ où l'on place les armoiries.
De là aussi on a appelé certaines pièces de monnaie écas, parce qu'elles portaient l'écu aux armes de France.
— Écu, monnaie de compte eu usage dans les marcbés de province et qui équivaut à l'ancien petit écu de trois livres. On compte par 10, 50, 100 écus : mais au-delà on compte par pistoles.
— Le premier écu est plus difficile à gagner que le dernier million.
Cette maxime, qui parait paradoxale, est attribuée à J.-J. Rousseau. Elle signifie que. pour l'homme doué du génie dés affaires, e plus difficile n'est pas de faire valoir un capital, mais d'en trouver un à faire valoir.
Écuyer, celui qui porte fécu. comme Lancelot, le valet de trélle.
Eden, mot biblique ; eu hébreu, lieu de délices.
L'Écriture rapporte que de ce jardin délicieux sortait un fleuve divisé en quatre brandies. De là. on a pensé qu'il était situé en Arménie, vers les sources de fEuphrale. du Tigre, du Phase et de l'Oxus.