ENI
S'enfuir un pied chaussé, l'autre nu : très vite. Qui s'enfuit, on l'ensuit.
Enganer, ancien verbe.
Synonyme : tromper.
De Gane ou Ganelon, qui livra l'arrière-oarde de Charlemagne à Marsille, roi des Sarrazins, et causa la mort de Roland. En provençal et en espaiinol, enganar signifie tromper. Renart qui tost le monde enfj:ane.
(Roman de Renart.)
Bien voit ([uMIs l'ont traïe et qu'elle est enganée
{Berte ans //>'on^ pii'-s, v. 403.)
Engin, du latin uiyentum: d'où autrefois enr/eigner. Les Ingegniers qui ont l'engin l)asti.
(Roman de Garin.)
Engin vaut mieux que force, — et bois qu'escorce.
Prenez-y pour enseignement qu'engin vaut mieux que force. (Rabelais, liv. I.)
Il n'y a que deux lois dans le monde : celle du plus fort et celle du plus fin.
Il n'y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit. (Napoléon.)
La sagesse unit la force à la ruse, en cousant la peau du lion à celle du renard.
Les puissants commandent, les gens d'esprit gouvernent, parce qu'ils forment l'opinion. (Duclos.)
Cédant arma loyœ, concédai laiirea tim/na'.
(CCKHON.)
(Que les armes cèdent à la toge, le laurier à l'éloquence.) Les idées gouvernent le monde. Emises par quelques penseurs, elles réagissent sur la umltitude et l'instruisent à son insu. La Révolution de 1789, préparée par les livres, a été faite par des gens qui ne savaient pas lire.
Engouler, de en et gou/e ou gueule.
Avaler à pleine gueule.
Et avait jà engoulé cinq des pèlerins. (Rabelais.)
Enivrer, du latin ehriu/n, ivre.
Enivré de vin, de gloire, d'amour, de ses succès. Un pédant eniM-é de sa vaine science.
(BOILIAU.)
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Il lie faut pas. t'omnio font quelques-uns, mettre un accent sur la première syllabe.
Enjôler, de enç/eolei', de caveohi. cape.
Attirer par de douces paroles, tromper comme font les oiseaux (•a[itifs, qui attirent par leurs chants les autres oiseaux et les font prendre au piège.
— Roquefort dérive enjôler de enjoéler, donner des joyaux.
Marie de Berry, fille du duc de Berry, fut mariée au comte de Diinois, le 23 mars 1383. Par le contrat il fut convenu que le Duc « vestiroit sa fille selon son estât, hors le lict et dans le lict » ; cela s'appelait enlinger, fournir vêtements et linge: que le comte « li enjouèlerait », c'^est-à-dire lui donnerait ses bagues et joyaux... (La Tliomassière. Histoire du Berry.)
Enjôleur, jadis « débrideur de nonnes ».
Les caresses qu'il vous fait, ne sont que pour vous enjôler. (Molière, Bourgeois.)
Enlèvement, de enlever: latin lecare.
En argot, lever signifie voler.
En provençal, enlever une femme se dit raubar.^
Ennui, du grec nnia, tristesse.
Bien plutôt du latin in odio, qui est en haiue. odieux, déplaisant.
L'ennui naquit un jour de l'uniformité.
(I.A.MOTTF.-HorDARri.)
L'ennui est né un soir, à la campagne, en famille. (Lamennais.) L'ennui est entré dans le monde par la paresse. (Voltaire.) L'ennui est une maladie, dont le travail est le remède : le plaisir n'est qu'un palliatif. (Le^is.)
— Ennui profond: spleen.
Le remède, c'est le besoin et le travail : les Anglais pauvres n'y sont pas sujets.
— L'ennui est la maladie des gens d'esprit, et de ceux qui n'ont rien à désirer. Un sot n'est pas ennuyé, mais ennuyeux.
— Cbàteaubriand, dans ses Mémoires, a dit : « Je m'ennuie, c'est dans ma nature, et je suis comme le poisson dans l'eau. Si cependant l'eau était un peu moins profonde, je m'y plairais peut-être mieux.»
— L'ennui est un malheur imaginaire, le malheur des heureux dans l'acception populaire du mot.
La mélancolie qui s'empare de certaines âmes, les torture, les