‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 210 sur 336 · EX · texte numérisé non relu

EX

Éveiller, e et veiller : latin vigilare.

Éveiller le chat qui dort : renouveler un danger.

Éveillé comme un chat qu'on fesse. {Moyen de parvenir.)

Éveillé comme une potée de souris. (Voy. jjotée.)

Plus éveillé qu'une horloge. (Marivaux.)

ÉventaW, àe éventer ; l-ài'm vent us.

— Synonyme : zéphir. (Dict. des Prérieuses.)

L'éventail recueille le soufile parfumé du zéphir et le porte au visage de la heauté. (Maxime arahe.)

— On attrihue à Louis XYIII le quatrain suivant, qu'il envoya, accompagné d'un éventail, à Marie-Antoinette :

Au milieu des clialeurs extrêmes.

Heureux d'amuser vos loisirs, J'aurai soin près de vous d'amener les Zéphirs : Les Amours y viendront d;eux-mèmes.

Evêque, de episcopum, venu du grec épis/wpos (surveillant).

— Évéque des champs, qui donne la hénédiction du pied, c'est-àdire un pendu.

Eussions été par ces méchants Faits au uioins évèques des cliamps.

(ScA„ru.N-.,

— Évèque injjartibus (in/idelium), c'est-à-dire dans les contrées hahitées par les infidèles. Titre honorifique, qui sert à désigner des fonctions s'exerçant en dehors d'un mouvement réguHer.

Cet usage date de l'époque où tous les évèques furent chassés d'Orient par les Sarrasins. Ils se retirèrent en Italie, où ils conservèrent leurs titres avec des coadjutoreries.

H. Mûrger a été secrétaire in partibus d'un diplomate.

— Évèque d'or, crosse de hois. (Voy. adosse.)

— Devenir d'évèque meunier (Ralielais) : tomher d'une haute situation.

Par compensation, on a vu un gardeur de porcs devenir pape : Sixte-Quint.

Ex, es ou é, préfixe dérivé de ex. Marque l'extraction, la privation.

Extraire, expulser, escompter, épuiser.

Il est augmentatif (?) dans exagération.

Ex se dit pour « qui a été, ancien » : ex-ministre.

Dans la locution ex-libris. il faut sous-entendre unus : un des livres.

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^.r est toujours suivi d'un trait d'union : e\-iuairp : tandis (jue ('S ne Test jamais : docteur es sciences.

Exactitude, du latin exactum.

L"e\a(iilude est un duel avec le temps, ...la politesse d(^s rois.

Llionmie exact ne se contente pas de n'être pas on retard : il est en avance.

L'exactitude est en même temps un trait de politesse et un acte de modestie.

Exagération, du latin ex-ugyerare, amonceler. ExfUjérer, c'est mentir, altérer la vérité en l'augmentant. L'exagération est le mensonge des honnêtes gens. (J. de Maistre.)

— Diogène convenait qu'il avait mis de l'exagération dans sa philosopliie. « Je fais, dit-il, comme les maîtres de chœur, je monte au-dessus du ton, pour appreudre aux autres à ne pas rester en dessous. »

Dans les arts, il faut toujours forcer le ton, attendre que la corde haisse d'elle-même... (Winckelman.)

— L'exagération d'une vertu devient un défaut : la honte poussée à l'excès devient duperie ; l'amour exagéré devient fanatisme ; la la rgesse , p rod i ga I i t é .

■— En littérature, de nos jours, on abuse des épitliêtes outrées. Autrefois, pour qualifier la heauté d'une cliose, on disait qu elle était johe, charmante; aujourd'hui, nous disons : c'est adorahle, incroyahle, divin, inouï, exquis, ravissant, mirifique.

On ahuse surtout du mot fabuleux, pour he:ui, grand, surprenant : un succès fal)uleux : a moins qu'on n'emploie mirobolant, épatant, écrasant.

Il y a aussi des choses pbnrauiiueuses, piiéuoménales, pyramidales.

Atïreux est devenu /io?7•^■/J^7«/^/: et le mot chic, à peine introduit, a engendré chicard et chicocandard.

Excelsior, plus haut, plus éle\é. Mot latin.

Titre d'une poésie de Loiigfellow, romancier américain, mort vers 1858.

...Dans notre ahaissement, il faut répéter Yexcelsior du poète, et pousser la génération vers tout ce qui peut purifier les cœurs et élever les âmes (1871).

— Ce mol correspond à exceller, aux expressions : Toujours plus liant ! Sursu//i corda I (Epita[(he de Gerson.)

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Wallersloii, voMiuctir aiii^lais, se vaille d'aNoir t^riiiipé jusiiu'à la pointe (lu paratonnerre qui surmonte la croix tle Saint-Pierre de Hoiue. et d'y avoir laissé sou uaul.

Excès, du latin flxrossm/i. aller au-delà, soi'lir de. L'excès eu tout est un déïaiil.

Excrément, du ialiu ej-cn-inenlum, de c.rrej'Here, séparer, évacuer.

Synonymes : fèces (médec.) de fœx, lie, dépôt; liente, excréments des animaux, particulièrement ceux des oiseaux, appelés aussi guano: factionnaire, excrément humain déposé au pied de certains murs, qui semble crier : « au lar.ee ! » ; sentinelle perdue; orphelin de mui'aille : Une: lifi : tarie hourhonnaise.

Excuser, du Ialiu iwciisarr. nu'tlre hors de cause.

Tel s'excuse, qui s'accuse.

— Faites excuse, je vous demande excuse (?) si.unilie excusez-moi. Il ne faut pas confondre avec : faites des excuses.

J'ai en tort, excusez-moi ; les jeunes ^ens doivent èlre iudul.uents pour les vieilles femmes ; vous u'exiiierez pourtant pas que je me mette à genoux... (G. Sand.)

— Excusez! exclamaliou ironiipie : Ah! vous no voulez pas travailler? Excusez !

Monrose, de la Gouiédie-Française, à (pii un pai-lerre de province demandait des excuses pour un manque de respect, s'avança vers la rampe et dit : « h]xcusez ! » du ton d'un homme à qui on demande quelque chose d'exorhitant. Ce mot fut compris et très applaudi.

11 faut Unir comme dans les pièces du TluhUre de Clara Gasul : « Excusez les fautes de l'auteur. »

Exemple, du hilin iweinplum. de cximere, prendre dehors.

Rabelais emploie ci-onpler. et s'exemp/er : copier, prendre exemple.

Les mauvais exemples nous perdent : Af if/us pi>rimu>i exempt h. (Séuèque, Vil a heain, I.)

La lille suit l'exemple de sa mère.

FA mimlur Iccilcr fUia nutlris iirr.

Ce vers, d'origine inconnue, est cité |)ar .loauues de (ialendia et aussi rai)poi'té dans les Bujarriireu de Tabourol. chapitre des vers léonins.

Sœjir sdiel similis, filins rssn jxilri, El s/uiuihtr Ircilrr filin iiuilris ilcr.

(Kmiei.ais, UI, 41.)

l.,i plus utile iii.niièrc do comniander. c'est l'exoinple.

Exergue, du j^rec ex, hors de, evf/on. oiivra.tre.

C'est lin petit espace réservé au lias du type d'une médaille, où se p:ravent le lieu et la date. L'inscription elle-nièine s'appelle exertjuc.

Expérience, du latin cxperior. faire l'essai, l'épreuve.

E.vpcriu rrcile Roherlo : Crois-en Robert et son expérience.

Les illusions tomlient l'une après l'autre, comme les écorces d'un fruit, et ce fruit, c'est l'expérience. (G. de Nerval.)

Ce que le teini)S apporte d'expérience, ne \;iiit pas ce qu'il emporte d'illusions. (Pelit-Senn.)

L'expérience, c'est la inoularde après le diner.

L'expérience du mallieiirvaut liieii celle des années. (A. RadclilV. )

— L'esprit liumaiu. aux diNorses périodes de son évolution, a passé successivement par le sentiment, la raison, l'expérience.

Le sentiment créa les vérités de la foi. la mytliolode.

La raisou. ou philosophie, enfanta la scolaslique.

L'expérience, c'est l'étude des phénomènes naturels, (pii. démontrés jiar les vérités du monde extérieur. lU' sont formulés à priori, ui dans le scnliiiieut. ni dans la raison.

Dans la recherche de la vérité au moyen de l'expérience, le sentiment a toujours l'initiative, c'est l'idée à priori, l'intuition: la raison développe l'idée et déduit les conséquences lo.aiques : mais, si le sentiment doit être éclairé par les lumières de la raison, celle-ci, à son tour, doit être guidée par l'expérience.

Faciamus experimentum in anima vili. Proverbe qui revient à : La vie d'un vilain ne compte pour rien.

Le savant A. Muret fuyant l'arrêt de la cour de Toulouse qui le condamnait au feu, tomba malade dans une ville d'Italie. Les médecins, pensant n'être pas compris, convinrent d'essayer sur lui un remède violent. Ce proverbe latin, prononcé par eux, retentit dans la tète du malade, qui, le lendemain, trouva assez de force pour éclia[>per à l'épreuve fatale.

Expert, du latin expertus, expérimenté.

Désigne la science appuyée de la pratique.

Exploit, du latin explicitiim. achevé, accompli. Ku terme d'huissier, il peut avoir la même ori-îiue. ou venir de ex ])lnrii(). par une décision du juge (?)•

Extra, mot latin, hors de.

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