‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 211 sur 336 · FAB · texte numérisé non relu

FAB

Entre dans un rcrtain noniliro de mots ou de locutions : extraordinaire, extra miwos.

Substantivement : vin d'extra, plat d'extra, qui sort de l'ordinaire : garçon d'extra, c'est-à-dire supplémentaire, pour aider, dans les calés ou les restaurants, les jours de letes.

Extrême, du latin extremnm, le plus éloigné.

Les extrêmes se touchent.

L'extrême science et l'extrême ignorance se touchent par l'extrême naïveté. (V. Hugo.)

Aux extrémités du règne animal et du règne végétal, se trouvent des familles entières que les botanistes et les zoologistes se disputent depuis des siècles, et dont leurs efforts combinés n'ont pu déterminer la nature ambiguë. (De Quatrefages.)

Extrémité, dérivé du précédent.

On dit d'un moribond ou d'un nécessiteux qu' « il est réduit à la dernière extrémité » .

Le mot extrémité dérive d'un superlatif altsolu: il n'y a ni dernière, ni avant-dernière extrémité.

Mieux vaut dire : « Il est réduit à l'extrémité », ou : « Il est à toute extrémité ».

FabEe, du latin fabula {fari. dire).

Au même radical se rattachent: fameux, fatal, fée, atîable, ineffable, enfant.

Il est la fable du quartier : la risée de tous.

Fabrique, du latin fuhrim: doublet populaire, fonje.

Fècre est resté dans or/erre, ouvrier en or.

— Fabrique, d'abord forge, s'est dit, par extension, de toute espèce d'atelier.

Vitruve applique le mot faber à tous les ou'vriers du bâtiment.

En Itahe, on donne le nom de fabrique à tout grand édifice, particulièrement aux églises; -d'où le nom de conseil de fabrique, donné à la réunion des marguilliers (fabriciens) chargés d'administrer le temporel des églises paroissiales.

FAG 4o3

Face, du latin faciem.

Face ;i faco, vis à vis, nez à nez.

— M\\ prêtre exhortait Dorât inoiiraiil à se repentir. «Vous verrez Dieu éternellement face à face, lui disail-il. — Futendez-vous? dit Dorât à ses amis. Pour un iucouslaiil. (•"csl terrihle ! Toujours face à face... Jamais deprolil ! «

Fâcher, anciennement /V/.«jr//r'/'. Provençal fasiigar: du latin faslldlum, ennui; plutôt que de fa.scis. fardeau.

Synonymes: prendre la chèvre, ...la mouche; se gendarmer: prendre le mors aux- dents.

— Qui se fâche a tort : Il n'y a que la véi'ité (pii olïeiise.

Dans nn dialogue de Lucien, Prométhée dit à Jupiter : « Tu [in-uds ta foudre au lien de répondre : donc tu as tort. »

Dans une discussion entre deux personnes, celle qui a tort se fâche. (Diderot.)

Les injures sont les raisons de ceux qui n'en ont pas. (J.-J. Rousseau.)

Oui ;^e fasclio en la feslr I-:st tenu pour une Iieste.

((j. .MKruiEii, xvic siècle.)

Fâcheux, dérivé du précédent.

Ennuyeux, gêneur, ...ces iuliniment petits espi-ils qui viennent s'imposer à vous et dévorer votre temps.

C'est le rôle d'un sot d'être importun ; un homme hahile sent s'il convient ou s'il ennuie ; il sait disparaître au moment qui précède celui où il serait de trop quelque part. (La Bruyère.)

Factum, mot latin. Exposé des faits.

A l'origine, mémoire en latin, où l'on exposait une afl'aire aux juges. Ce mémoire commençait par le mot factum.

Dans la suite, on a donné ce nom aux pamphlets politiques ou littéraires.

Faculté, du latin facultatem, de facere, faire.

Les quatre facultés étaient : 1° Arts et Belles-Lettres : 2'' Médecine: 3c Jurisprudence ; 4° Théologie.

L'Académie veut que Facuhé, pris al)solument. désigne la Faculté de médecine.

Un malade qui a refusé de prendre médecine est appelé dans Mohère « criminel de lèse-faculté ».

...Marcliant à pas coniplés.

Comme un recteur suM tles ijuatre facultés.

(UOILEAU.)

io4 FAI

Fade, fadeur, insipide : latin fatiunn.

Dangeau était d'une platitude et d'une fadeur à laire vomir. (Saint- Simon.)

— S'est dit pour triste, ennuyé.

Qnoy, je me sens ung iiotit fade.

{Teslamenl de Pat/ic/in.)

Fagot, de fax. lirandon. ou de fa sets: ou de fafjus{V).

— Conter des faoots, en conter : dire des frivolités, des faussetés, tromper.

On a dit d'abord : compter des fagots pour des coterets, c'est-àdire tromper, parce que le coteret a plus de valeur que le fagot.

Dans une vieille farce, la Querelle de Gautier Garguille et de Périne sa femme, on lit : « Tu me contes des fagots et des cotrels. >

Conter avait le double sens des deux liomopbones actuels.

Âujonrd'bui encore, le mot débiter se dit dans le douhle sens de compter el de raconter.

* — M'"" de Forqueville demandait à d'Alembert quel liien les Encyclopédistes avaient fait à l'bumanité. « Ils ont abattu la foret des préjugés, qui la séparait de la vérité, dit le piiilosopbe. — En ce cas, reprit-elle en riant, je ne suis plus surprise : ils nous ont débité tant de fagots... »

— Il y a fagots et fagots. (Molière. Médecin.)

— Sentir le fagot. Locution qui remonte à l'époque où l'on bi'ùlait les sorciers et les bérétiques ; surtout à la persécution contre les protestants, sous François I^^.

Le premier béréticpie qui fut brûlé vif par arrêt du Parlemenl. fut Jacques de Pavanes (29 mars 1525). C'est le cbancelier de L'Hôpital qui fit éteindre les bùcbers.

Henri II renouvela, eu lo47, les édits barl)ares lancés contre les calvinistes par François I". C'était l)ien commencer un règne de corruption et de dilapidation.

— Rabelais (V, 2) représente les inquisiteurs de la Cbambre du Cliàtelet sous le nom de « cbats fourrés ».

Fagoté, fagoter, fait comme un fagot : mis sans goût. Qui vous a fagoté comme cela ? (Molière, Bourgeois.)

— On appelle fagotin, un singe babillé que les bateleurs montrent pour amuser le public.

Faible, du latin pebilem. déplorable.

La cbair est faible...

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