‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 224 sur 336 · FEY · texte numérisé non relu

FEY

la mort, le nombre XVII était réputé néfaste, parce que ce nombre, en cbiffres romains, peut, si on intervertit les lettres, donner YIXI (J'ai vécu).

— On appelle feux, au tiiéâtre, un supplément accordé à certains acteurs, en sus des appointements, pour chaque représentation.

Autrefois on donnait aux clianteurs de l'Opéra, aux principales fêtes de l'année, du pain et du vin, à titre de gratification. Vers la tin du xviii" siècle, ils demandèrent qu'elle fût remplacée par des bougies pour éclairer leurs logos. On dit alors : donner des feux.

Feuille, du latin foliam, pour fol/' titn. ,

La feuille de vigne. — Les docteurs mabométans disent que le fruit défendu à Adam et à Eve fut la banane, ou ligue d'Inde. En ayant goûté, ils s'aperçurent de leur nudité et la voilèrent avec les feuilles de cette plante, dont les dimensions étaient aptes à l'envelopper:

Fève, du latin fabam: provençal fava.

Mdiijdian gros pan et faïuis ain sal.

( !'(> de saini Honorai.)

(Ils mangeaient gros pain et fèves avec du sel.)

— Le roi de la fève : roi du festin, élu par le sort.

Les Grecs se servaient de fèves pour élire leurs magistrats.

La cérémonie du roi de la fève nous vient du repas des Saturnales, où les convives se partageaient un gâteau qui contenait un denier, et saluaient roi celui qui le trouvait dans sa part, en criant : « Phœbe domine ! » comme on crie : « Le roi boit ! »

Cette invocation à Pliébus s'est conservée en France jusqu'au xvii^ siècle, et àQ Plnebe domine est venu roi de la fève (?).

— Les anciens attribuaient à la fève de singulières propriétés. Ils croyaient que l'odeur qui s'exhale d'un champ de fèves rendait fous ceux qui la respiraient.

Les fleurs des fèves se développent au mois de juin, époque du solstice, où les chaleurs doivent agir le plus vivement sur les cerveaux faibles.

Cum fribn fovescit, .stidlorum copia crescit.

(Jiiaiid les fèves sont Ilorics, Solz commencent leurs folies...

{/tfiOr/aisiaiia.)

— Pythagore défendait à ses disciples de manger des fèves, parce qu'il croyait que les âmes avaient pu passer dans ce végétal par la métempsycbose.

Fie 477

C'est pourquoi Hor;ice (Sat. I, G) dit plaisamineiit : Fuba l^ytlui- (jonv corjnatn », la lève cousine de Pylliaoore; et Rabelais (/Vo/. liv. Y) : Pytiiagore qui fut roy de la fe])ve, tesnioing Horace ».

Février, du latin febiniarium.

Dans ce mois, les Romains célébraient des fêtes expiatoires, februalia. de fehruare. purifier, expier.

Fehrud Hoiiinno lU.reve primaria patres.

(OviuK. Fastes.)

L'Éolise catholique cék'jjre le 2 février la puritication de la Vierge.

— Février, le plus court et le pire de tous.

Fi! Interjection marquant la répulsion.

Onomatopée qui imite le souffle qu'on pousse naturellement quand une odeur puante frappe l'odorat.

(Jn a appelé « maître lifi » le vidangeur, qui, par la nature de son état, conserve une forte odeur...

Fiacre, nom d'homme (saint irlandais).

Un nommé Sauvage obtint, en IGoO, le privilège d'établir des voitures pul)hques à Paris. Elles se louaient au prix de cinq sous l'heure. Il s'établit à l'hôtel Saint-Fiacre.

— Le lîacre est le corbillard de la vertu des femmes.

Fiancer, du latin /iden/iam, assurance de sa foi. En roman fermar:

El e.icrid' a s'ainia :

« No dupiez, iiKi fennadn. »

Il crie à son amie : « Ne craignez pas. ma fiancée. » (Fierahras.)

Fiasco, italien fiasco, (lacon.

— Faire tlasco : ne pas réussir.

On pense que ce dicton est venu de ce qu'un apprenti verrier, ayant la prétention de souffler une dame-jeanne, n'a pu faire qu'un flacon. Mais l'expression n'existe pas en itahen.

Ficelle, fî/icellum, diminutif de fduhi, petit fil.

— En terme d'art, procédé pour arriver au but en dehors des règles ordinaires.

— S'emploie aussi pour désigner un homme rusé, retors, un peu

fripon, un chevaUer d'industrie.

Cadet-Roussel a trois gareons :

L'un est voleur, l'autre fripon, Le troisièuii' est un peu ficelle.

[Cliaason, 1793.)

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