‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 225 sur 336 · FIE · texte numérisé non relu

FIE

Fidélité, de fidelem {fuies, foi).

Vertu dont le deuil se porte en jaune.

Si la fidélité .sï'tait jamais perduo.

C'est dans le cœur dos rois qu'il la faudrait clierclier.

(Le 1101 JtAN.i

Fieffé, dérivé de fief, lias-latin feodnm.

Ce mot désignait autrefois quiconque tenait un droit à condition de foi et d'hommage. Le seigneur récompensait les services d'un vassal par le don d'un llef.

Un tailleur fietïé était celui qui tenait du roi le droit de tailler les monnaies.

On dit aujourdliui dans un sens ironique : ivrogne, voleur fiefïé: comme si le personnage en question avait reçu en fief le défaut attriliué.

Rabelais appelle « goutteux de franc-alleu » un ivrogne lieffé.

Fier, latin fidere. se lier, avoir confiance.

On dit, dans le Berry, d'un homme peu loyal, en jouant sur une demande du Paler {fut voluntas tua) : « Il n'y a pas de fuit dans son Pater. »

Fier, adjectif; du latin fer nui, sauvage.

De fier, vient faraud, pour fiêrand (i) élégant, fier de ses beaux ha hits.

Jauhert donne cette étymologie, en faisant remarquer qu'il s'y ajoute une teinte de ridicule.

— Fier comme Arta ban (voy.), comme nn Castillan, comme un paon (voy.), comme un pou sur gale, comme un coq sur sou fumier. (Voy. Rodomont.)

— Fier-à-bras, qui frappe a^e(• le bras, pour fiert, 3^ personne du verbe férir, frapper.

Guillaume Fier-à-Bras (bras de fer), frère de Robert Guiscard qui conquit la Sicile.

C'est aussi le nom d'un géant qui combattit contre Olivier.

Fier-à-Bras, leqnel fut vaincu par Olivier, pair de France, compagnon de Roland. (Rabelais, II, 1.)

Au figuré : fanfaron qui veut se faire craindre par des menaces, des l)ravades.

Fièvre, du latin fehrim (de fervere, bouiUir).

Dans les campagnes on dit, comme autrefois, les fièvres.

KIG 479

Tes fortes lieltvres quartiiines qui te piiissciil ospouser. (Rabelais, y, 12.)

— Que la lièvre qiiarU; l'étoulle !

La fièvre quarte, qui revient le quatrième jour, esl la plus tenace de toutes les fièvres. L'imprécation ci-dessus est fort ancienne ; on en trouve de nombreux exemples dans Rabelais et dans le Licre des quatre Dames, d'Alain Cbarlier.

— Touiber de fièvre en chaud mal : de mal en pis.

Fiferlin, la cent millionième partie d'un cheveu fendu en quatre.

Quantité extrêmement petite.

On appelait ft ferlin une monnaie qui valait le quart d'un denier.

Fignoler, raffiner, vouloir surpasser les autres par la finesse, la perfection de sou tra\ail.

Figue, du latin ficum.

— Faire la figue à quelqu'un. Si.ane de mépris qui consiste à montrer le pouce placé entre le médius et l'index.

« L'ung d'eulx, voyant le portraict papal lui fist la ligue, qui est eu iceluy pays signe de contemuement et dérision manifeste. » (Rabelais, lY, 45.)

Ce proverbe vient de ce que, en 1162, l'empereur Frédéric V' ayant pris Milau, ordonna, en réparation d'un outrage fait à sa femme, que « les nobles ^Milanais tireraient avec les dents une figue placée au foudoiuent d'une vieille mule ».

Sismoudi nie cette origine. {\o\ . Bior/mp/t/e J/lc/iaud, Béalrix.)

Preno'l sordei-s c'iicicn soanitl.

Aissi corn fcs lu Lombard de las fujua.s.

(K. DK MlllAVAKI,.)

(Prennent la souillure qu'ils avaient méprisée, comme le Lombard fit des figues.)

C'était une grande injure de présenter aux Milanais le poing, en faisant ressortir le pouce. La locution et le geste qui l'accompagne sont encore une raillerie injurieuse.

C'est lancre qui la nef arreste Et faict la figue à la tempeste.

(FOIUIAOKI..)

Qui aux (|iiaraiile fait la fi,L,uie.

(Snl. Mrnipfii-i'A

Figuier, du latin firariiim.

Page 1