‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 241 sur 336 · FOU W · texte numérisé non relu

FOU W

plantées en terre, qui soutenaient une pièce de l)ois posée en travers, et à laquelle pendait une corde pour les criminels.

Plus tard, on érigea hors des villes des piliers on maçonnerie pour remplacer les fourches, dans les lieux où le seigneur avait droit de justice (,/ms gladii), et le nomhre des piliers était réglé par limportance de la seigneurie. Le gibet de Montfaucon, prés Paris, avait seize piliers.

Le pilori, pilier en maçonnerie pour exposer les coupahles, se dressait sur la place puhhque.

— Passer sous les fourches caudines : subir une humiliation: passer sous le joug ; être soumis à quelqu'un.

Les Fourches Caudines, gorges des montagnes du Samnium, étaient ainsi nommées de la vallée deCaudia, située entre Naples et Bénévent, où, 321 avant J.-C, deux légions, commandées par Sp. Posthumus, furent liattues et ol)ligées à passer sous le joug-.

Dans le monde, un homme intelligent et instruit est pressé par une telle foule de sots, que, bon gré mal gré, il lui faut capituler et passer sous les fourches caudines des opinions Ijanales et des erreurs en crédit.

Fourchette, diminutif du précédent.

Le sceptre de la gourmandise.

— En argot, hète à cornes : les anciennes fourchettes n'avaient que deux dents.

Se servir de la fourchette du père Adam : expression familière, se servir de ses doigts. Les Arahes emploient toujours ce moyen primitif de porter les aliments à la bouche, qui a été en usage chez nous jusqu";i lu lui du xive siècle.

Fourmi, du latin formim (ferre niieani '■?).

.Jadis for mi était du masculin.

« Le formi est ainsi nommé pour ce qu'il porte les grains. «

Un escorpioa ' Combaltail un fremion

A olioval sur une cliièvre.

(f'.li.iiison salir-ique de 1577. — Co'j-d-l'dne dv Saii'crre.]

Fourrer, comme fourreau, goth. fodr (gaine).

Au propre, c'est mettre uile enveloppe, et, comme un fourreau est creux, fourrer a pris au xvi= siècle, le sens de mettre dans, faire pénétrer. Dans l'ancien français il avait le sens de fourrager^ aller au feurre (ou paille).

Fourrier, jadis fourrager : soldat qui va au fourrage.

Aujourd'hui, sous-oflîcier qui va en avant préparer les logements des troupes. Il est distributeur-comptable-écrivain. Les soldats l'appellent gralte-papier ^i rogneur (de portions).

— Mauvais fourrier, indique une personne qui sert très ])ien les autres et ne garde rien pour elle.

Fourrière, jadis forrière, champ destiné à la pâture des bestiaux.

On appelle, dans le Berry, fourrière, le râtelier où l'on met le fourrage pour le bétail.

— Mettre en fourrière : mettre un animal domestique dans une écurie, où il est nourri à tant par jour, aux dépens de son propriétaire, jusqu'à ce que le dégât commis par l'animal ait été réparé.

Fourrure : une peau qui cliange de l)ête.

Fourvoyer, de /or^ e? yo/e; mettre liors de la voie, hors du bon chemin.'

Foutre. Foutre le camp ; Jean foutre.

F. Génin explique ces locutions par les mots féal et féauté, qui prenait les iormes feuté et foute, signifiant foi jurée, serment prêté au souverain.

Il y avait aussi l'adjectif foutu, pour désigner cehii qui avait trahi ce serment. (V. Ducange, Fidelitas.)

Ce mot était la plus sanglante injure, car, sous le régime féodal, la fidéUté était la seule garantie sociale : « Barthélémy Gentil, qui estoit un faulx, mauvais, traistre, fautif et foutu chevalier. » (1410).

Aujourd'hui l'injure est devenue banale. On dit : « un foutu savetier, un foutu gredin », sans y attacher d'autre idée que celle de mépris.

— Foutre le camp, s'est dit d'un soldat qui abandonne l'armée pour passer à l'ennemi ou pour déserter.

Gomme les déserteurs s'enfuient au plus vite, on a dit, pour renvoyer quelqu'u» : fous le camp ; fous-moi ton camp, où l'adjectif possessif ton ajoute à la précision de l'idée, constate mieux la trahison.

— Un Jean-foutre est un homme qui joint l'hypocrisie à la lâcheté. Il se vante, fait le brave, mais fuit au premier danger.

Le peuple estropie quelquefois les mots, parce qu'il est ignorant ; mais il n'estropie jamais l'idée ; et, malgré l'erreur où l'on est sur

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