‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 258 sur 336 · GRA · texte numérisé non relu

GRA

— Un fonctionnaire ayant reçu d'un solliciteur une balle de café, dit au porteur : « Prévenez votre maître que je ne prends pas mon café sans sucre. »

— Ralielais (lY. 3o), parlant de la .araisse de baleine, qui rapporte beaucoup d'argent, dit : « Ils cueillent la gres?se des roignons, laquelle ils disoyent estre fort utile et nécessaire à la guérison de certaine maladie qu'ils nomraoyent faulte d'argent. »

Grammaire, du grec grammatikos (par le latin). Le gendarme de la littérature.

— La grammaire est l'art de parler et d'écrire correctement. (Lhomond'.)

Délinition mauvaise, car TAcadémie définit Xart la méthode de faire quelque chose selon les règles : et la science, un ensemble de connaissances.

Avant de parler et d'écrire correctement, c'est-à-dire selon les règles de l'art, il faut connaître les éléments et les règles du langage. La grammaire est donc une science plutôt qu'un art, et je préfère la définition de Perron : « La grammaire est la science des éléments et des règles du langage. »

Grammairien, dérivé du précédent.

Rivarol disait du célèbre grammairien Beauzée :

Entre tes deux supins, ô sort digne d'envie ! (irammaticalement il consuma sa vie...

Le jésuite Bouhours, célèltre grammairien, dit, au moment de mourir : « Je vais, ou je vas, bientôt mourir : l'un et l'autre se dit, ou se disent. »

Grand, du latin grandem.

11 a ses augmentatifs : colossal, pyramidal, monstre. (Yoy. exagération.)

— En roman gran est commun aux deux genres :

De passe en (iran, et de f/ran en maior.

(Aiineric de Pégl'illai.n.)

Cependant les troubadours l'ont employé au féminin, mais rarement :

Sn beutat es tan i/nimld.

(A. Damk,..)

— Grand a conservé sa forme connnune dans grand'mèrc. grand'messe, grand'rue, qu'on écrit aujourd'hui a\ec une apostrophe, comme s'il y avait eu élision.

GRA o3o

Le Petit Chaperon rouge va voir sa mère-grand, qui est malade.

— De grand cœur. On écrivait jadis : de gréant cœur (de cœur qui agrée).

— A grande montée, grande descente.

Deposut'f pofeii/f's de sede. et exallnril humiles. (Magniprai j Il a déposé les puissants, et élevé les humides.

— Service de grands n'est pas héritage : (pii sert les grands, serf devient.

Ce n'est pas un petit mérite que de plaire aux grands.

Principihns ijlociiixse viri\- non itllhim /'"/>•■ esl.

Traite les grands comme le leii : n'en sois jamais ni trop éloigné ni trop près. (Diogène.)

— Un pamphlétaire avait dit, pendant la Révolution : « Les grands ne sont grands que parce que nous les portons sur nos épaules : nous n'avons qu'à les secouer pour en joncher la terre. «

Prudhomme, dans son Recueil des Révolutions de Paris, a arrangé ces paroles comme il suit : « Les grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux : levons-nous ! »

— Une grande vie est une pensée de jeunesse exécutée dans l'à.ue mùr. (A. Comte.)

Grandeur, dérivé du précédent.

Sa Grandeur, titre honorifique donné aux évèques. On dit aussi : Sa Hautesse le Sultan, Sou Altesse. Ces titres ne prouvent pas que les princes sont haut, mais que les hommes sont has.

— Un tailleur ayant fait une culotte trop étroite pour M^'^ de la Ferronays, évéque de Lisieux, lui dit : « Je vois bien. Monseigneur, qu'elle est trop petite pour le derrière de Votre Grandeur. — Dites plutôt pour la grandeur de mon derrière. «

— Les grandeurs nous forcent à baisser la tète sous toutes les portes.

Gras, du latin crassum, épais, grossier.

Gras à lard, gras comme un chanoine, ...comme un clou.

Et je les \oy conitr.e jongleurs Fins gras (iu"abl)ez no que i»rleiu-s.

{Roman de la Hose.)

— Pour engraisser, buvez beaucoup, mangez beaucoup de pain et d'aliments amylacés, fatiguez peu.

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