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GRA

Pour maigrir, buvez du Ain pur eu petite quantité, mangez peu de pain, peu d'aliments gras, dormez peu, fatiguez.

— Gras et maigre: asperge et potiron : le duo du billwquet, la boule et le manche s'en allant de compagnie, avec la ficelle de l'amitié ; ronde-liosse et bas-relief.

— L'antagonisme entre les gras et les maigres a été de tout temps la cause des révolutions. En Angleterre, où il existe une opulence monstrueuse, les maigres commencent à s'apercevoir qu"il n'y a pas assez de pommes de terre dans leur assiette.

— Parler gras : tenir un langage grossier et obscène ; dire des mots graveleux : se servir d'expressions libres, grivoises, licencieuses. Style gaulois; propos libres; gros mots.

C'est, en un mot, appeler les choses par leur nom, éviter les fades périphrases des bourgeois et des prudes.

— Rabelais parle souvent de livres et de bréviaires de « liaulte gresse ». Il entendait par là, peut-être, les bréviaires qu'on a tant maniés, que la couverture et les feuillets en sont graisseux. Mais il l'entendait plus probablement des propos libres et graveleux qu'ils contenaient, et comme on en trouve dans le sien.

— Les jours gras, qui terminent le Carnaval, correspondent aux Saturnales des Romains.

Le Mardi-Gras, les clercs de la Basoche plaidaient une cause qui prêtait aux paroles licencieuses.

Martin Husson, dans son Traité de V avocat, désapprouve cet usage de plaider des causes grasses, qui s'était répandu dans quelques provinces.

— Les Romains appelaient fcscennina cju-mlna (vers fesceiiniens) ceux où la pudeur n'était pas ménagée.

C'est ce qu'Horace appelle fescennina Hcentia, du nom de Fescennia, en Étrurie. où se firent les premiers vers nuptiaux ou épithalames.

— Dormir la grasse matinée. On disait autrefois: la grand matinée.

Grappiller, de grappe, bas-latin Qrampa.

Expression familière : faire de petits vols; prendre ce que laissent les autres. Métaphore empruntée aux vendanges : les grappilleurs passent après la vendange, comme les glaneuses après la moisson.

Gratification, de gratta m et /acere.

Synonymes : la bonne main, épingles, gants, pot-de-vin, denier à Dieu, pourboire.

Gratis, mot latin : pour rien.

Synonymes : à l'œil (au commandement, pouraudoigl et à l'œil) : gratis pro Deo : pour le roi de Prusse.

Gratter, origine germanique ; bas-latin cratare. Se gratter où il ne démange pas (Ral)elais) : feindre. Qui llatte, gratte.

Gratter quelqu'un où il lui démange, (;'est-à-dire le llatter. Un âne en gratte un autre : Asinus asinum fricat. Ancien proverbe, souvent cité. La Fontaine s'en est souvenu.

Ces ânes, non contents de s'être ainsi grattés, S'en allèrent dans les cités L"an l'autre se prôner...

(Fables H. 5.)

De même C. Marot, quand il écrivait :

...Huet et Sagon se jouent Par escrit, l'un l'autre se louent.

Et semblent (tant ils s'entreflattent) Deux vieux ânes qui s'entregrattent.

— Trop gratter cuit, trop parler nuit.

Gravier, dérivé prol»al)le de grève, comme fjmvois : plutôt que de ffravis, comme veulent quelques-uns, sous prétexte qu'on s'en sert pour lester les navires. Suhurra nacem (jracare. (Tite-Live.)

Gravité, de gravem, lourd.'

La gravité est le refuge des sots.

La gravité qu'afîectent certains hommes sérieux, n'est souvent que le masque imposant de la sottise. La gravité est une cuirasse contre les traits légers de la moquerie. Certaines intelligences creuses cherchent ainsi à se donner les dehors de la solidité ; le poids qui leur manque, ils y suppléent par la pesanteur. Le sérieux est pour eux cette l>ase de plomb qui tient en équilibre des diablotins de sureau.

Grec, nom historique : Grœcum.

— Voleur au jeu {grœca fuies).

11 n'y eut jamais grec, de malice net.

Timeo Vanaos cl doua ferentes.

,Vm„;„,k.)

— Les Grecs du Bas-Empire étaient des Orientaux agglomérés

autour du Bospliore, à la suite du transfert de l'Empire à Constantinople. Ils n'avaient rien de commun avec les Grecs de l'antiquité, dont ils n'acceptaient même pas le nom, puisqu'ils s'appelaient Rômaioi (Romains).

S"ils parlaient grec, c'est parce que cet idiome était alors la langue universelle, en Orient.

Qui nous délivrera des (Irecs et des Romains?

(Bkrchoux.)

— Le génie de la langue, française est peu propre à former des mots qui expriment avec précision des idées complexes. Aussi a-t-elle emprunté au grec quantité de termes d'arts et de sciences.

Vers le xii'' siècle, on commença à introduire dans le français quelques termes tirés de la pliilosopliie d'Aristote, et ce fut vers le xvie siècle que la médecine se servit de mots grecs.

Quand on dit « les anciens »^ il faut entendre les Grecs et les Romains.

■La Grèce antique se résuuie dans Athènes, Sparte. Coriullic Syracuse. Ses trois grands historiens sont : Hérodote, Thucydide, Xénophon.

■ ...Excmplaria grœca yociurnn versate manu, vermte diurna.

(I|mi;a.:i.)

(Feuilletez jour et nuit les modèles grecs.)

— Bossuet lisait souvent Homère en grec et disait: « J'allume mon llambeau aux rayons du génie... »

— A. Dacier, savant latiniste, ayant épousé M"e Lefèvre, traductrice d'Homère, on dit : « C'est l'union du grec et du latin. »

— La Grèce antique a jeté au vent sa science, dans son art et sa poésie, que s'est partagés, comme un héritage sublime, le reste du monde. (A. Dumas.)

— Trois peuples de l'antiquité ont légué aux modernes ce qu'ils possèdent de plus solide. Les Grecs nous ont donné la science et l'art : les Romains, le droit et la politique : les Juifs, la religion.

Gredin, origine incertaine ; peut-être gothique gredags. alïamé. Est synonyme de fripon, mauvais garnement.

— Désigne aussi un petit chien de race anglaise, à longs poils noirs, très propre. à quêter et à piller.

Greffer, dérivé de greffe : latin graphium. Anciennement enter.

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Ral)elais (I, 24) dit adultérer.

Adalteratur cimygdalina nuce. (Pline.)

— La greffe est un bourgeon que l'on enlève à un arbre cultivé, pour l'implanter sur un autre arbre, sauvage ou cultivé, que l'on veut améliorer.

Grège, origine incertaine.

Se dit de la soie telle que le ver l'a produite, mise dans l'eau bouillante et dévidée d'autant de cocons qu'on veut obtenir de brins par fil.

Grêlé, origine incertaine.

Marqué de la petite vérole.

Synonymes : vacciné à coups de piocbe, écumoire, râpe à sucre. M. des gréions.

Grelot, latin crolalam (?) : d'où grelotter, treml)ler comme un grelot.

Trembler le grelot. (Saint-Gelais.)

— Attacher le grelot : faire les premiers pas dans une entreprise difticile. (La Fontaine, Fables, II, 1.)

Grenadier, de grenade : mala granata.

Pline dit : Est circa Carthaguiem punicinn malu/n... allqui granatum appellant.

De là viennent les mots ponceau {punicuin) et grenat {granatum).

— En provençal, la grenade s'appelle migrane (mille grains), à cause du grand nombre de ses graines.

Migraine, couleur écarlate. (Rabelais, I, 08.)

— L'écorce du grenadier est très chargée de tannin : elle est purgative et vermifuge.

— Soldats d'élite, ainsi nommés de ce qu'ils portaient des grenades, qu'ils lançaient avec la main. L'institution des grenadiers date de 1667, où l'on plaça quatre grenadiers dans chaque compagnie du Royal-Infanterie.

Aujourd'hui on appelle grenadiers les soldats d'élite de la l''^ compagnie de chaque bataillon. Ils portent des épaulettes rouges et des grenades sur leur uniforme.

Grenouille, autrefois ranouille : latin ranunculant.

La grenouille coasse. Il parait que pour nos pères elle chantait.

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comme l'indique le nom de la rue Chanlereine (pour rainer d'où rainette), située dans le quartier de la Grange-Batelière.

Ans que chant lu granoilln.

(G. DE BERGUtDAN.)

(Avant que chante la grenouille.) i

La fana chant cl vicier.

(Marcabrus.)

(La grenouille chante au vivier.)

Peire d'Alvernhe a lai cotz Que chante ciim çjranolh en potz.

(P. d'Auvergne.)

(Pierre d'Auvergne a telle voix qu'il cliante comme grenouille en puits.)

Encore (jue le liray duii asne ou la chanson D"une importune rano ait beaucoup plus doux son.

(Dl: Bellay.)

Vocales ranœ ultra solitum. signa tempestatis sunt. (Phne.) Quand les grenouilles coassent plus fort qu'à l'ordinaire, c'est signe d'orage.

— Tout le monde connaît l'emploi de la rainette en guise de baromètre.

— Il n'est pas cause que les grenouilles n'ont pas de queue. Se dit d'un pauvre d'esprit.

— Manger la grenouille. Se dit d'un caissier inlidèle, qui vole une association.

Grève, du celtique graé (?) gravier.

— Se mettre en grève, faire grève : cesser de tra\ ailler.

Se dit des ouvriers qui refusent de travailler si on n'augmente leur salaire ou le^prix de la main-d'œuvre.

Cette locution vient de ce que la place de l'Hôtel-de-Ville de Paris, autrefois place de Grève, était le lieu de réunion des ouvriers sans travail, où les patrons allaient les embaucher, et où ils retournaient pour se procurer un emploi, s'ils en manquaient.

— En temps de révolution, le capital fait grève.

Gribouille, semble venir du verbe gribouiller.

Fin comme Gribouille, qui se jette à l'eau par crainte de la pluie.

Allusion plaisante à ceux qui se mettent dans un grand embarras pour éviter un petit désagrément.

Peut-être Gribouille est-il le nom d'un niais de farce ou de comédie, de la famille des Jocrisse et des Cadet-Roussel.

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